BLANCHIMENT PAU LES CHLORUKES ALCALINS
d’une chaudière amène de la vapeur qui se condense, porte bientôt la lessive à l’ébullition, il faut retenir les toiles au moyen d’une claire voie faite avec des solives, afin que le soulèvement des toiles n’ait pas lieu par les mouvements dus à l’ébullition.
Précautions. — Les toiles que l’on immerge dans la lessive ne doivent pas être complètement sèches ni complètement mouillées, parce qu’elles seraient plus difficilement ou inégalement pénétrées; il faut qu’elles soient dans un certain état de moiteur. Le refroidissement et le chauffage des cuves doivenlêtre gradués pour éviterde fixer la matière colorante au lieu de la dissoudre. 11 faut renouveler souvent la lessive afin de ne laisser venir à sec aucune partie des tissus au dehors, et d’éviter une action trop énergique de l’alcali, c’est-à-dire, la désagrégation complète du tissu.
Bain acide. — Afin de réagir sur la matière résineuse, qui laisse au tissu une teinte opaline, que les chlorures alcalins n'en lèveraient pas, on a recours à un bain acidulé. Dans la Flandre, dans le Hainaut, on se sert de lait aigri étendu, de lait de beurre avec son caillé; le fromage semble jouer un rôle, et ce procédé donne même les meilleurs résultats pour les dentelles, batistes, etc. L’acide sulfurique étendu de deux cent cinquante fois son volume d’eau, quelquefois moins suivant le tissu, remplace presque partout le lait aigri ; les toiles doivent être complètement immergées dans ce bain acide, parce que si une partie se trouvait hors du bain l’eau s’évaporerait et l’acide détruirait promptement la matière textile. L’acide chlorhydrique, qu'on substitue souvent à l’acide sulfurique, agit aussi bien et présente moins de dangers. Le bain acide sert tant qu’il n’est pas trop coloré.
Là se termine quelquefois le blanchiment; on le parfait au moyen d'un savonnage ou d’un bain de savon qui rend au fil sa souplesse primitive.
Mais le plus souvent on a recours au blanchiment sur le pré, ou aux chlorures décolorants.
Exposition sur le pré. — Le pré est formé de bandes séparées par des canaux ou fosses remplis d’eau ; l’herbe doit être assez grande pour laisser circuler l’air et empêcher l’affaissement
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UVOIIIS.
complet des toiles; si l’herbe n’est pas assez haute, on arrose de temps en temps avec une eau limpide et aussi pure que possible, et on retourne souvent les toiles. On sait que c’est à la lumière qu’il faut attribuer le blanchiment, parce qu’elle favorise l’oxydation de la matière colorante, et peut-être bien sa destruction complète en eau et acide carbonique; on l’alterne avec des lessives alcalines. La rosée et la neige, auxquelles on a fait jouer un grand rôle, ne semblent agir que par la grande quantité d’oxygène quelles renferment, en môme temps que leur eau remplit l’office d’un arrosage. Un nouveau lavage termine le blanchiment. 11 ne reste plus qu’àazurer et à apprêter.
Apprêt. — V apprêt se fait avec de la gomme, de la dextrine, du salep, de la fécule; enfin, avec une matière pouvant donner de l’empois, auquel on ajoute le plus souvent Y azur. Les toiles y sont plongées, et, à mesure qu’elles sont bien imprégnées, on les enroule sur un cylindre au moyen d’une manivelle et on les fait sécher.
Azurage. — L’azur est ordinairement du sulfate d’indigo, ou du tournesol.
Séchage. — Les séchoirs sont de plusieurs sortes : - 1° Séchoir à air libre. Ce sont des pyramides quadrangulaires en charpente et assez élevées pour qu’on puisse y développer les pièces dans toute leur longueur en les faisant reposer par leur moitié sur un rouleau de bois. L'air arrive par des persiennes que l’on peut ouvrir et fermer à volonté suivant, la direction du vent et l'exposition naturelle du séchoir.
2U Séchoir à air chaud. Ils sont parfaitement clos; l'air était autrefois chauffé ù sa partie inférieure par des poêles ; on fait arriver maintenant l’air chaud, par des bouches ouvertes au niveau du sol du séchoir; l’air chaud, plus léger que l’air froid, s’élève, et, tenant une plus grande quantité de vapeurs d’eau, acquiert un volume plus grand, ce qui active son ascension en le rendant plus léger. 11 s’établit un courant d’air chaud ascendant, et un courant d’air saturé d’humidité qui se refroidit et se précipite au dehors par des ouvertures inférieures et se rend dansl’atmosphère par plusieurs cheminées plus élevées que les séchoirs.
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3 0 Séchoirs à la vapeur. — Ces séchoirs sont chauffés par la vapeur que l’on fait circuler dans des tuyaux en tôle qui ont assez de pente pour ramener l’eau condensée dans la chaudière.
4° Par ventilation forcée mécaniquement.
5° Au moyen de cylindres tournant autour d'un axe horizontal, dans lesquels on fait passer un courant de vapeurs suffisant pour maintenir la surface du cylindre à une température convenable. Les pièces mouillées, ou roulées sur des tambours, viennent passer successivement sur tous ces cylindres ; elles sont guidées par des fils sans fin. On emploie jusqu’à dix cylindres chauffés par la vapeur.
La compression mécanique est aussi très-heureusement employée pour enlever aux tissus la plus grande partie de l’eau qui les mouille. On diminue ainsi la quantité de combustible.
Une dernière opération à faire subir aux toiles est celle du calandrage et du maillage.
Calandrage.— -Le calandrage est une opération mécanique qui a pour but de comprimer fortement la surface des toiles pour la rendre unie et lisse et bouclier les interstices des mailles.
Maillage. — Le maillage consiste à plier les toiles en plusieurs doubles de manière à former une forte épaisseur, à les arranger sur une table bien polie, souvent en marbre, et à les battre avec de gros maillets de chêne.
Calandrage au moyen de rouleaux. — Le passage du linge avec un fer chaud est une sorte de calandrage. On opère en grand au moyen de deux cylindres de hêtre, autour desquels on enroule le linge encore humide; on place ces rouleaux entre deux planches très-unies et solides : l’inférieur fixe, le supérieur mobile et formant le fond d'une caisse qu’on charge à mille kilogrammes. A l’aide d’un petit nombre d’allées et venues qu’on fait subir à cet appareil on obtient le résultat cherché ; c’est la pression qui s’exerce successivement sur toute la surface du rouleau qui donne le lustrage.
On a remplacé ce procédé par celui-ci : on fait usage de trois cylindres superposés; celui du milieu, plus petit que chacun
LAVOIliS.
des deux autres, est métallique, les deux autres en bois; un moteur quelconque imprime le mouvement à ces cylindres. L’étoffe pénètre entre le cylindre moyen et le cylindre inférieur, puis repasse entre le cylindre supérieur et le cylindre moyen; c’est-à-dire sort par le chemin opposé à celui de son entrée. Un courant de vapeur chauffe le cylindre moyen, elle arrive par son tourillon, qui est creux. Après ce lustrage on mesure et on plie les toiles.
Blanchiment par le chlore.
Dans une chambre de huit mètres de longueur, quatre mètres cinq centimètres de large, trois mètres de haut, divisée dans sa longueur en trois compartiments au moyen de traverses supportées par des montants fixées au plafond on fait arriver un courant de chlore. Toute cette chambre est tapissée d’une couche de ciment épaisse de trois centimètres ; les traverses, portant des chevilles distantes de trois centimètres et demi, sont peintes avec trois couches de peinture à l'huile. Le chlore est produit parla méthode ordinaire au moyen du peroxyde de manganèse, de l’acide sulfurique et du chlorure de sodium, ou simplement du peroxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique.
Les pièces de lin ou de chanvre sont mises pendant douze heures dans l’eau tiède, puis pendant une heure dans un bain de savon gras bouillant, enfin au foulon. Cela fait, on les lessive avec une solution de potasse à demi-degré jusqu’à ce que l’eau sorte presque aussi chaude que lorsqu’on la coule; on emploie toujours une lessive neuve ; on foule de nouveau, on lave à grande eau, et on accroche les pièces aux chevilles de l’appareil qui a été décrit ; on ferme la porte, on scelle les carreaux avec de la terre glaise et l’on fait arriver le chlore dans la chambre par des tuyaux de plomb. Les proportions de matières à employer varient avec les dimensions de la chambre et la nature du tissu. — Quand on a laissé les toiles pendant douze à seize heures dans la chambre, après quatre heures environ de dégagement de chlore, on ouvre les carreaux et la porte , et on n’entre que deux heures après pour retirer les pièces, qu’on met