BLANCHIMENT PAK LES CHLORUHES ALCALINS
mentalion pour dissoudre le paron; il se forme un savon de chaux avec la matière grasse. Il faut tenir le tissu sans cesse mouillé pour éviter son altération; on ne court pas ainsi les dangers d’une trop longue fermentation. On n’a pas non plus à redouter le dégagement d'acide acétique ou carbonique , ainsi que l’odeur qui les accompagne , et l’on n’a pas besoin de les saturer par un alcali, chose bien souvent nécessaire dans le procédé précédent.
Lavage. — Le lavage succède à la fermentation, il est nécessaire pour séparer la plus grande partie des matières crasseuses autre que la matière colorante, qui sera l’objet d’une autre opération. 11 se faisait autrefois uniquement à bras d’hommes, aujourd’hui on se sert plus généralement de machines. Tantôt ce sont des séries de cylindres dont le supérieur est cannelé, tandis que l’autre est uni; les toiles passent entre ces différents cylindres en traversant chaque fois une nappe d’eau; tantôt ce sont des battoirs au nombre de trois ou de quatre, mis en mouvement au moyen des bras ou delà vapeur; la toile reçoit un filet d’eau continu en même temps qu’elle passe sous les battoirs.
Lessivage ou coulage de la lessive. — Le lessivage ou coulage de la lessive a lieu avec une lessive ou dissolution de potasse ou de soude rendue caustique par la chaux; il faut connaître la richesse alcalimétriquedesmaLières que l’on emploie, afin d’en régler la quantité pour chaque opération. La potasse et la soude doivent provenir de matières bien calcinées afin d’éviter toute coloration; le lessivage a pour but de dissoudre les savons de chaux, de cuivre (provenant des peignes et du paron), mais il n’y parvient pas toujours avec un succès complet.
Appareils et moyens divers mis en usage. — L’ancien appareil se compose d'une chaudière de tôle légèrement conique dont le bord supérieur affleure celui de la maçonnerie. A côté se trouve un cuvier dans le fond est garni de traverses de bois ou de sarments de vigne pour éviter le tassement et faciliter la filtration; un trou placé à la partie inférieure et latérale reçoit une bonde ou une cannelle pour laisser écouler la lessive dans la chaudière. Les toiles sont pliées et placées en couches successives, on
LAVOIRS
verse sur chacune d’elles une certaine quantité de lessive avant de disposer les autres. Quand le cuvier est presque plein, on achève de remplir l’espace qui reste avec de la lessive seulement : on tasse au moyen de sabots, et on recouvre le tout avec plusieurs doubles de grosse toile. On verse continuellement de la lessive chaude sur le cuvier, jusqu’à ce qu’elle en sorte presque au même degré, ce qui n’arrive qu’après plusieurs heures.
Dès 1718, on faisait usage, dans l’Inde, de la vapeur d’eau pour blanchir les toiles de coton. On les imprégnait d’abord de fiente de vaches, on les plaçait sur de grandes chaudières, on les soumettait à une lessive caustique, puis à la vapeur.
On a fait élever la lessive caustique sur le cuvier au moyen de la vapeur, par simple pression. (Bardel, 1801), et l’on s’est servi aussi de pompes particulières. (Widmer, 1804.)
Par circulation d'eau chaude. — On a mis et on met encore en pratique le lessivage par circulation d’eau chaude, comme elle a lieu pour le chauffage. On a modifié la chaudière en la faisant complètement close et munie d’une soupape de sûreté; on met dedans une lessive caustique : un tube part d’une faible distance du fond de la chaudière, passe à travers la paroi supérieure, se courbe pour se rendre au-dessus de la cuve; quand on chauffe, il se produit une quantité de vapeurs bientôt suffisante pour élever, par la pression qu’elle exerce, l'eau de la chaudière dans le tube et de là dans la cuve. La cuve, étant complélemcntclose et résistante, communique par sa partie inférieure avecla chaudière, cequi donne lieu à une circulation intermittente, dont les intermittences sont d’autant plus rapprochées que l’on arrive davantage vers la fin de l’opération, ce qui est nécessaire-
Une modification a été apportée à ce procédé (Bardel 1825) : elle consiste à placer directement le cuvier sur la chaudière, la lessive s’élève jusqu’à la surface supérieure et retombe sur les toiles en forme de pomme d’arrosoir.
Par condensation de la vapeur. — On a imaginé de tasser légèrement les toiles dans un cuvier et de faire arriver assez de lessive pour qu’elles en soient recouvertes. Un tube parlant