‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 61 sur 240 · BUANDERIES ET BLANCHISSERIES · texte numérisé non relu

BUANDERIES ET BLANCHISSERIES

Dans les campagnes, il y a d’aulres précautions à prendre toutes les fois qu’il n’existe ni égouts ni cours d’eau où les résidus des lessives et des liquides savonneux puissent se rendre.

Dans ce cas, les blanchisseurs ne devront jamais laisser couler leurs eaux sur la voie publique; car la présence du savon, jointe aux sulfates du sol parcouru, donne lieu à des eaux trèsputrescibles et qui dégagent des vapeurs d’hydrogène sulfuré très-fétides. Ces eaux altèrent le sol par infiltration dans une grande étendue de terrain, et sont pour les riverains, et pour toute une commune souvent, des causes d’insalubrité et d’incommodité très-réelles. L’autorité doit alors, usant de son droit, défendre la jetée de ces eaux sur la voie publique, — comme aussi leur réserve dans des citernes ou des marcs intérieures. On doit prescrire de les recueillir dans des tonneaux et de les porter chaque soir loin des habitations, au lieu de la voirie publique de la localité. Une fois au moins par an, quand l’eau circulant à ciel nu peut se rendre dans un égout, ordonner le curage à vif-sol et à vif-bord des ruisseaux, et le nettoyage régulier à grande eau, chaque jour, de toutes les rigoles d'irrigation ou de décharge où pénètrent et circulent ces eaux.

Les eaux savonneuses, dans l’intérêt des blanchisseurs, ne devraient jamais être perdues. — Traitées par l’acide sulfurique, elles forment un magma qui se vend très-bien et d’où l’on extrait les corps gras.

Prescriptions. — Bitumer le sol de la blanchisserie ou le daller.

Hourder les murs à deux mètres de hauteur, à la chaux et au ciment hydrofuge.

Faire écouler les eaux, selon les localités, dans des conduits souterrains ou simplement à ciel ouvert, mais dans des ruisseaux bien entretenus, jusque dans l’égout ou le cours d’eau le plus prochain.

Briser les glaces l’hiver.

Couvrir les chaudières avec de larges couvercles à soupape, et faire arriver la buée sous une botte communiquant avec la cheminée de la machine, ou par un tuyau particulier suffisamment exhaussé.

LAVOIRS

Ventiler convenablement toutes les pièces de l’usine.

S’il y a une essoreuse, la placer dans une chambre isolée.

ÎSTe jamais étendre le linge sur la voie publique.

Avoir une quantité d’eau suffisante à sa disposition.

Lavoirs publics.

Causes d'unsalubiuté . — Odeurs très-insalubres dans le cas où il n’y a pas écoulement permanent des eaux, — suites de la décomposition des eaux savonneuses.

Causes d’incommodité. — Mares d’eaux stagnantes et infectes.

Fumée des fourneaux.

Buées considérables venant des cuves.

Humidité du sol.

Action sur la santé des ouvriers et ouvrières (douleurs rhumatismales) .

Danger d’humidité pour les maisons voisines.

Écoulement considérable d’eaux colorées, sales et savonneuses, sur la voie publique. — Formation de glaces.

Prescriptions. — Pour les lavoirs à écoulement non permanent. — Piecevoir les eaux dans une citerne étanche. — Vider ces eaux une ou deux fois par semaine, la nuit, — et deux fois par an, au moins, désinfecter la citerne. — En principe, quand il s’agit d’autorisations nouvelles, les refuser, s’il n’y a pas un écoulement constant des eaux.

Du reste, mômes prescriptions que dans le cas suivant.

Pour les lavoirs à écoulement constant des eaux. — (Dans les villes.)

Diriger les eaux par des caniveaux souterrains vers l’égout le plus prochain. — Si cela n’est pas possible, en cas d’absence d’égout, balayer chaque jour le ruisseau. — Avoir à la disposition du lavoir une source abondante d’eau, de manière à entretenir le ruisseau en bon état de propreté.

Imposer l’obligation de briser les glaces pendant l’hiver.

Quant aux lavoirs publics établis dans l’intérieur des villes, prescrire tout autour de l’établissement et selon l’état cl la destination des maisons voisines, l’établissement d’une cloison qui

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