‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 94 sur 240 · OCRES · texte numérisé non relu

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vrir les chaudières ou marmiles, qui seront elles-mêmes séparées l’une de l’autre, avec un couvercle à bascule jouant librement.

Surmonter le four d’une large botte, communiquant avec une cheminée haute de dix à quinze mètres.

OCRE JAUNE (Calcination de l ) POUR LE CONVERTIR EN OCRE ROUGE (oc classe). — 14 janvier 1815.

Sous le nom d’ocres, on comprend de nombreuses espèces d’argiles contenant des proportions variables de sesquioxyde de fer.

Détail des opérations. — Ces ocres sont jaunes si le sesquioxyde est hydraté, elles deviennent rouges si on leur fait subir une calcination suffisante pour rendre cet oxyde de fer anhydre, et brunes si elles contiennent en outre des traces de manganèse, ou même de bitume. Cette calcination s’opère dans des fourneaux en briques et ne donne que peu de fumée.

On en connaît différentes sortes :

Sanguine.

C’est une ocre à texture compacte, facile à briser, douce au toucher, tachant les doigts. On en trouve beaucoup en Allemagne, en Bohême : elle sert à faire les crayons rouges.

Pour préparer ces crayons, on débite la sanguine en parallélipipèdes, à l’aide d’une scie, ou bien on en fait une pâte en la mêlant broyée avec un mucilage de gomme arabique, auquel on ajoute quelquefois de l’eau de savon.

Bol d’Arménie.

Cette ocre, connue encore sous le nom de terre sigillée, terre de Lemnos, nous venait autrefois du Levant avec des empreintes; il y en a plusieurs sortes. On la tire maintenant des environs de Saumur et de Blois.

Ocres.

Ocre ordinaire. L’ocre jaune se trouve abondamment en France dans le voisinage du Cher, de la Nièvre, et dans la Brie,

OU (FONDERIE d'). — CHANGEURS. 253

on l’ obtient bien fine uniformément par lévigation. Elle est naturellement jaune; on la calcine pour l'avoir rouge.

Terre d’Ombre.

C’est une argile ocreusc très-estimée à cause de la pureté et de la finesse de son grain; elle est jaune brunâtre et devient d’un rouge sombre au feu. Elle vient de la province d’Ombrie en Italie et du Levant.

Terre de Sienne.

La terre de Sienne est une masse jaune brunâtre, sous forme de pains, à cassure luisante. Calcinée ou brûlée , elle devient d’un brun rougeâtre très-foncé. Elle vient de Sienne en Italie.

Brun de Prusse.

On emploie dans les arts, surtout dans la peinture, sous le nom de brun de Prusse, le sesquioxyde de fer, résidu de la calcination du bleu de Prusse. On l’obtient en calcinant à l’air des fragments de bleu de Prusse dans une cuiller de fer chauffée au rouge, sans pousser trop loin la calcination, de manière à obtenir une nuance plus belle.

Ces ocres servent dans la peinture fine et dans celle des bâtiments; on les emploie à la coloration des papiers de tenture et à divers autres usages.

Causes d’insalubrité. — Aucune.

Causes d’incommodité. — Fumée de fourneau.

Un peu d’odeur.

Prescriptions. — Recouvrir le fourneau d’une hotte large, qui recueillera toutes les vapeurs et les portera dans la cheminée du foyer, à tirage suffisant.

Elever la cheminée à deux ou trois mètres au-dessus des toits voisins.

OR (Fonderie d’). — CHANGEURS (5U classe, par ass:milation aux fonderies au creuset). — 14 janvier 1815.

Détail des opérations. — Ces opérations sont celles de la fonte au creuset dans des limites restreintes. — Dans les grandes

OnSEILLE.

villes, presque tous les changeurs ont dans leur arrière-boutique un laboratoire où ils fondent habituellement un certain nombre: de matières d’or et d’argent. Ils opèrent dans un creuset.

Causes d’insalubrité. — Aucune.

Causes d’incommodité. — Fumée du foyer.

Quelquefois, danger d’incendie, quand ils portent à un degré très-élevé la chaleur de leur fourneau.

Vapeurs métalliques pendant la fusion.

Eaux de laboratoire.

Eaux qui ont servi à éteindre la lingolière.

Prescriptions. — Construire le fourneau de fusion en fer et briques.

Ne jamais l’adosser à des murs mitoyens, l’en isoler par le tour du chat, ainsi que la cheminée elle-même.

Couvrir le fourneau d’une botte qui puisse recueillir toutes les vapeurs produites.

Faire parvenir ces vapeurs, ainsi que les produits de la combustion du foyer, dans une cheminée élevée de deux mètres au moins au-dessus des toits voisins.

Mettre au pied du fourneau une plaque de fonte pour éviter l’incendie, en cas de chute de parties de combustible enflammé.

Paver, daller ou bitumer l’atelier de fonderie.

Ne jamais écouler d’eaux acides sur la voie publique avant de les avoir neutralisées par l’eau, la craie ou la chaux.

Limiter le nombre et la capacité des creusets.

Rendre incombustibles les pièces de bois de l’atelier, en les recouvrant de maçonnerie ou de tôle, ou d’une solution de silicate pierreux.

ORSEILLE.

Orseillc (Fabrication île I') par l'urine (1" classe). — 1-1 janvier 18i">. Orseillc (Fabrication de I ) à vases clos et par des sels alcalins ou

l’eau unuuonincnlc (2* classe). — 6 mai 18-49. — Arrêté du président de la République.

L’orseille est une matière colorante et tinctoriale d’un rouge violacé qu’on produit avec plusieurs espèces de lichens, entre autres, avec le roccella tinctoria et le variolaria dealbata , par

OnSEILLE (FABRICATION DE l ) PAR l’urine et par les sels. 255

l’action simultanée de l’air, de l’humidité et de l’ammoniaque. Les variolaires , nommés souvent yarelles, en forment la plus grande partie, ils croissent sous les laves volcaniques; on en fait la récolte l’hiver à l’aide d’un couteau à lame mince, par un temps de pluie, pour favoriser considérablement leur extraction; la France en produit peu de bonne qualité, elle en importe beaucoup des pays méridionaux. 11 faut les faire sécher pour empêcher la fermentation de s’y établir et de diminuer ainsi leur puissance tinctoriale ; on y arrive en les étendant en couches de cinq à six centimètres d’épaisseur dans un grenier bien aéré. On les débarrasse ensuite de la mousse qui s’y attache en les passant sur des étoffes à longs poils ; on les sépare des matières terreuses au moyen d’urine ou d’ammoniaque étendue.

Procédé par l'urine.

Détail des opérations. — On commence par écraser les lichens avec addition d’eau au moyen de meules verticales; on place mille kilogrammes de la pulpe qui en résulte dans une grande caisse en bois ou barque , on verse dessus cent vingt kilogrammes d’urine, et pendant quarante-huit heures on brasse le mélange de deux en deux heures, en maintenant la caisse exactement fermée dans l’intervalle. Le troisième jour de la mise en train, on ajoute cinq kilogrammes de chaux, cent vingtcinq grammes d’alun et autant d’acide arsénieux (cette addition est tout à fait inutile), on en rend le mélange aussi intime que possible.

La chaux, agissant sans doute sur l'urine en décomposition, donne lieu à une fermentation, qui n’est due probablement qu’à l’ammoniaque dégagée; il faut brasser avec un grand soin toutes les heures et même toutes les demi-heures, selon l’activité du mouvement intérieur, pour donner le contact de l’oxygène. On ajoute un kilogramme de chaux après deux jours de brassage, et on continue cette opération pendant quinze jours en prolongeant de plus en plus les intervalles, de manière à ne brasser que de six heures en six heures sur la tin de l’opération. En vingt-trois jours pour les lichens ordinaires, et en

OliSEILLE.

trente au moins pour ceux qu’on a choisis, on atteint le maximum d’intensité de coloration.

La substance pâteuse qui est le résultat de ce travail constitue l’orseille en pâte; on la conserve dans des tonneaux; sa teinte s’enrichit encore pendant un an, mais commence à s’altérer à la troisième année. Si on y ajoute de l’alun ou du chlorure d’étain, on avive sa couleur rouge; si on emploie un alcali, on la rend plus violacée.

La théorie qui explique l’action que l’ammoniaque joue dans cette circonstance est à peu près à faire; les uns la regardent comme une fermentation, d’autres, comme une réduction; l’ammoniaque n’aurait plus alors d’autres fonctions que de saponifier les matières grasses résinoïdes du lichen. Elle semble cependant transformer l’orcine du lichen en orcéine et produire la couleur cramoisie qui est si recherchée. La saison chaude est la seule pendant laquelle la fabrication est possible, le froid l’arrêtant complètement.

Procédé par l ammoniaque.

L’ammoniaque à cent cinquante degrés a été proposée et mise en usage pour remplacer l’urine. On en obtient de bons résultats, mais il paraît que, si l’orseille préparée par ce moyen a une teinte plus vive, elle donne des couleurs qui ont moins de fond; ce qui oblige à faire usage d’urine au moins pour une partie du liquide. A l’ammoniaque pure étendue, on a substitué, sans profit pour la qualité, Y esprit d'urine ; c’est le produit de la distillation de l'urine avec la chaux, en un mot, de l’ammoniaque impure.

Le carmin d’orseille est f extrait desséché à une douce température; on l’obtient en épuisant par l’eau la pâte d’orseille.

Le persio est une orseille desséchée, livrée au commerce sous la forme d'une poudre violette.

Causes d’insalubrité. — Odeur fétide et putride de l’urine en fermentation.

Action de l’ammoniaque sur la santé des ouvriers (inflammation chronique des paupières et de la conjonctive).

OS (BLANCHIMENT des) POUR LES ÉVENTA ILLISTES.

Danger de l’emploi de l'acide arsénieux.

Causes d’incommodité. — Odeur des cuves à fermentation.

Écoulement des eaux de fabrication.

Phescriptions. — Ne pas proscrire l'emploi de l’urine d’une manière absolue.

Opérer toujours en vases clos et sous une botte qui porte toutes les vapeurs et buées des cuves dans la cheminée du foyer, qui dépassera de deux mètres les toits voisins.

Aérer énergiquement l’atelier.

N’emmagasiner qu’une quantité de tonnes à urine en rapport avec l’importance de la fabrication.

Ne jamais ajouter d’acide arsénieux dans les cuves.

Daller ou bitumer le sol de l’atelier.

Faire écouler les eaux par des pentes convenables et à l’aide de conduits souterrains dans l'égout le plus voisin.

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