Gottingen
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Caivella, Riflessioni criticlie ed esperienze sul modo di operarc la cata-
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La Kératonyxis s'accorde, quant à son but, parfaitement avec la scléroticonyxis , en ce qu'à l'aide d'une aiguille introduite à travers la cornée, on déchire et on coupe la capsule et qu'on morcelle ou qu'on déprime le cristallin CDiscisio cataraclae — Depressio — Rcclinatio per corneam. s. Keratonyxidem).
Ce sont les observations que firent Wenzel et Gleize !), dans le cas où après que l'incision de la cornée fût faite, le cristallin ne pût pas être extrait mais la capsule simplement incisée — et dans lequel la cataracte disparût également après un certain temps par absorption, qui déterminèrent Conradi 2) et Beer 3) à essayer dans ce but l'incision de la capsule à travers la cornée; mais comme le succès ne fut point favorable, ils renoncèrent bientôt à ce procédé; — Buchhorn *) fut le premier, qui, d'après des essais faits sur
des jeux d'animaux et des cadavres pour enlever la cataracte à l'aide d'une aiguillé introduite par la cornée en suivant une méthode particulière, fixa les règles de la réclinaison et de la décision de la cataracte pratiquées par cette voie. — Langenbeck 5) le premier mit cette opération en usage sur le vivant, il en modifia le procédé, et l'introduisit réellement dans la pratique. — La facilité dans l'exécution et l'innocuité qu'on attribua à cette méthode, la firent bientôt répandre et adopter en Allemagne. Ce furent surtout de Siebold 6) et de Walther 7) qui la défendirent, et pendant quelque temps elle parut devoir être préférée à toutes les autres méthodes. Mais elle ne tarda pas à être ramenée dans ses justes limites; Langenbeck8) lui-même semhla en revenir ; il n'y a que de Walther qui continua encore à la pratiquer exclusivement. — En France, en Italie et en Angleterre elle n'a pas obtenu beaucoup de succès 9).
') Nouvelles observations sur les maladies de l'œil. Paris 1786.
3) Arnemann's Magazin Bd. i, H. 1, S. 61. Gottingeu 1797. — Coniudi enfonça une aiguille à cataracte, d'une et demie à deux lignes de large et à double tranchant, dans la moitié de sa longueur à travers la cornée dans le sens de son diamètre transversal, pénétra avec la pointe de l'instrument dans la pupille et s'en servit pour déchirer la capsule.
3) Ibid Bd. I, H. 3, S. 284. — Beek conduisit le couteau à cataracte dans la chambre antérieure jusque dans la pupille et ouvrit la capsule avec la pointe de l'instrument.
*) Diss. de Keratonyxide. Halae 1806. De Keratonyxide nova cataractae aliisquc oculi morbis medendi methoda. Magdeburg 1810.
•\> Prùïung der Keratonyxis. Gôttingen 1811. Bibliothek fur Chirurgie und Ophthalmologie. Bd. II, St. 3, S. 522. Bd. IV, St. 2, S. 333.
S Salzburg, med. chirurg. Zeitung 1811. Bd. I, S. 377.
7) Uebersicht der Krankheitsfâlle ira chirurg. Klinikum zu Laudshut: Salzburg, med. chir. Zeitung 1813—1818.
8) Neuc Bibliothek fur die Chirurgie und Ophthalmologie. Bd. Il, St. 3, S. 437.
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G Mlle, Bibliothèque nphthalmoiogiquc. Fa&c. I.
D'après Hkckkr (Hecker et Graefe , fiber Keratonyxi.s ; Aniialcn der gesamqkteu Médecin. Bd. 111. H. 4) co fut une t'enmio oculiste anglaise, qui pratiqua la première la ponction île la cornée au dessus de la pupille et laissa écouler l'humeur trouble. Montaw (Journal do Médecine par Lu Roux, vol. XXXVIII) prétend avoir fait la Kéràtonyxis avant d'avoir eu connaissance qu'elle ait été pratiquée en pays étranger. — Demours (Journal général de Médecine, Vol. XVIII, p. 285) se l'attribue. Compar: aussi Richter (Aufangsgrunde der Wundarzneikuust. Bd. 111. §. 235).
On a indiqué plusieurs procédés pour faire la kéràtonyxis, mais les principales différences ne sont relatives qu'à la forme des aiguilles et au choix du lieu où devra être faite la ponction de la cornée.
L'aiguille de Buchhorn est médiocrement courbée, augmentant graduellement d'épaisseur vers sa tige: plus tard, il se servit d'une autre montée sur un collet rétréci. — Celle de Langenbeck est à double tranchant légèrement courbée; — Sieeoed se servit de l'aiguille de Schmidt rendue plus étroite, plus courte et à double tranchant; — celle de Waether était d'abord un peu courbée; plus tard, presque droite, il double tranchant et en forme de fer de lance; — Reisinger fit usage d'un fer de lance formant angle droit avec son col (Baier'sche Annalen Bd. I, S. 66, Taf. I, Fg. 1); — Beer, Andreae, employèrent des aiguilles droites, à double tranchant qui furent aussi mises en usage par Langenbeck. Rûsas et autres pour faire la discision: — celle de Graefe est en faucille munie d'une traverse ou d'un renflement à son col; — celle de Saukder est a double tranchant, peu courbée; — le Ceratotome de Langenbeck et de Graefe est en forme de faucille. Buchhorn introduisit l'aiguille, sa concavité tournée en bas, a une ligne de la sclérotique dans un endroit correspondant à celui où l'on pratique la scléroficonyxis, à travers la cornée. — Beer, Graefe et autres choisirent la ponction latérale. — Langenbeck abaisse avec le médius de la main gauche la paupière inférieure, applique le col de l'instrument sur la gouttière de l'ongle de l'index gauche, et l'enfonce d'une à deux lignes au dessus du bord de la pupille dilatée, souvent aussi au centre de la cornée. — Kutt- UKGER (Schraegek's Annalen des Chirurg. Klinikums zu Erlangen. Bd. I, S. 31) enfonce l'aiguille avec sa convexité tournée vers le nez et la concavité vers les tempes, la glisse en avant en la tournant sur sou axe. eu dirige la concavité vers le côté interne de la cornée par ce mouvement et la pousse enfin vers le cristallin. — De Walther passe par Je centre de la cornée ou un peu au dessous de son diamètre transversal; — Jûngken pénètre a une bonne demie -ligne au dessous du centre de la cornée. On fera encore mention du procédé de ÀTontain (Traité de la cataracte etc., suivi de la description d'une nouvelle méthode d opérer.
Paris 1812), qùî le premier a elierclic à disloque] lu catitracto »Vfi« une aiguille et ù la déprimer seulement au bout de quelques jour*.
On pratique le plus convenablement la kératonyxis de la manière suivante: la pupille étant suffisamment dilatée par une instillation préalable d'une solution d'extrait de belladone, le malade commodément assis et la paupière supériere fixée par un aide, l'opérateur abaissera avec l'index et le médius de la main gauche la paupière inférieure, il prendra une aiguille droite en forme de fer de lance, la tiendra comme une plume à écrire, ses tranchants dirigés vers les angles de l'œil, il posera le petit doigt sur la joue pour soutenir la main; puis il enfoncera l'instrument un peu au dessus du bord inférieur de la pupille dilatée, ou encore au centre de la cornée. L'aiguille a-t-elle pénétré jusqu'à son col, il faut la conduire, si on veut faire la réclinaison, dans la pupille, vers le bord supérieur de la cataracte, et en soulevant le manche on déprime la cataracte de manière à ce que sa face postérieure devienne inférieure, et l'antérieure supérieure. On laisse reposer l'instrument un peu sur la cataracte , puis on le ramène dans la pupille , et si la cataracte ne remonte pas, on le sort complètement de l'œil. — Dans le cas où le cristallin remonterait, il faudrait répéter son abaissement jusqu'à ce qu'il reste définitivement déprimé. — Si le cristallin remontait toujours, ou bien si l'aiguille s'enfonçait dans la masse de la cataracte à cause de son extrême mollesse, ou bien si on s'était décidé à entreprendre tout d'abord la discision et le broiement, après avoir reconnu que la cataracte est molle ou fluide, il faudrait tourner un des tranchants de l'instrument vers la capsule et faire sur sa paroi antérieure des incisions en diff'érens sens. Si alors la cataracte se divise, il faut chercher à déprimer les fragments les plus volumineux, les petits tombent ordinairement d'eux-mêmes dans la chambre antérieure. Dans le cas où la cataracte est fluide, le liquide s'épanche dans la chambre antérieure, aussitôt qu'on a incisé la capsule, et trouble l'humeur aqueuse. Ce qu'il importe le plus dans
cotte opération, c'est île diviser la capsule à son centre dans une étendue assez considérable (ce à quoi on parvient le plus facilement, lorsqu'on fait des môùvémèns circulaires avec l'instrument), de ramener ^aiguillé à plusieurs reprises dans la chambre antérieure et de la reporter de nouveau vers la cataracte; — lorsqu'on ne prend pas cette précaution, on embroche facilement le cristallin, et alors, malgré les mouvements les mieux dirigés, on ne fait que disloquer la lentille, mais on ne déchire pas convenablement la capsule et on ne divise pas le cristallin.
Une aiguille droite en forme de lance assez fine et à double tran: c.liant est évidemment la plus avantageuse, tant pour faire la réclinaison que la discision. On l'introduit facilement et sûrement, on agit sur la cataracte par une grande surface et sur des points précis. — Lorsqu'on enfonce des aiguilles courbes dans la cornée, on a toujours besoin de faire un double mouvement, celui d'abaisser et d'avancer le manche; par là il arrive facilement, et d'autant plus facilement que la courbure de l'aiguille est plus forte, que l'œil se dirige en baut et que l'opération en soit entravée. — L'inconvénient qu'on attribue à l'aiguille droite de ne toucher le cristallin qu'avec sa pointe et non avec sa face, et d'embrocher l'organe lorsqu'on cherche à. le déprimer, n'est pas réel: car si l'aiguille est dirigée obliquement vers le bord supérieur du cristallin , comme on doit le faire, on touche la lentille, non avec la pointe, mais avec la partie la plus large de l'instrument. — Lorsqu'on enfonce une aiguille courbe il faut soulever le manche de l'instrument assez baut pour que sa pointe fasse un angle droit avec la tangente de la cornée : c'est dans cette position qu'il faudra passer l'aiguille jusqu'au milieu de sa courbure à. travers la cornée et ensuite la conduire dans la pupille vers le bord supérieur du cristallin en abaissant le manche. — Si pendant qu'on fait ces mouvemens, qui doivent être calculés sur le degré de courbure de l'aiguille et exécutés lestement mais avec sûreté , on enfonce l'instrument plus bas qu'on ne devrait, on court risque d'embrocher aussitôt le cristallin. (Jlngkeiv. Lehrc von den Augenoperationcn. S. 763.) — Les aiguilles courbes ne sont jamais convenablement tranchantes et d'autant moins qu'elles sont plus fines. — C'est pourquoi plusieurs chirurgiens, tels que Langenbeck, Rosas et autres, qui préfèrent l'aiguille courbe pour la réclinaison, se servent d'instruments droits pour la discision. L'excessive ténuité qu'on a cherché «à donner aux aiguilles destinées h faire la kératonyxis . pour diminuer autant que possible retendue de la plaie de la cornée, est h rejeter. Avec des aiguilles tellement fines, il n'est pas possible de récliner sûrement la lentille, encore moin» d'inciser ou de déchirer la capsule. J'ai quelquefois observé qu'après que la réclinaison de la cataracte avait été faite avec des aiguilles cvre.ssivcment fines, la pupille avant été complètement nette après l'opération,
et .lorsque la paroi antérieure était devenue opaque consécutivement , on ne pouvait apercevoir qu'une toute petite ouverture à la partie supérieure de la capsule, par laquelle l'aiguille avait pénétré.
Tous les mouvemens de l'aiguille dans l'œil doivent être exécutés d'après les lois d'un levier de premier genre, c'est-à-dire que la pointe ne doit être mue qu'en sens inverse du niaiiclie. Tq\H autre mouvement ncrasionc des tiraillemens . des affaissements ou des contusions de la cornée. — D'après Langhnbeck il serait tout à fait indispensable de soutenir l'aiguille avec l'index de la main gauche , afin d'éviter que la cornée ne soit tiraillée ou confuse, et ne devienne le point d'appui du levier. Ce précepte est tellement contre toutes les lois de la mécanique , qu'il ne mérite pas d'être réfuté. — Aussi Jlngken (lor. cit. p. 760» ne veut-il pas faire de l'index le point d'appui de l'aiguille, mais il recommande d'appliquer ce doigt contre l'instrument et d'en suivre les mouvements.
Pour ce qui regarde le passage des fragments de la cataracte dans la chambre antérieure, nous ne pouvons que répéter ce que nous en avons déjà dit ci - dessus (§. 341) à l'occasion de la discision pratiquée par la sclérotique. — C'est toujours une circonstance heureuse lorsque des portions de cristallin tombent dans la chambre antérieure, car cela prouve que la capsule a été suffisamment divisée: il est superflu de chercher à pousser les fragments dans la chambre antérieure dans l'intention de les faire résorber plus vite. Langenbkck et autres y ont renoncé avec raison.
Les accidents qui peuvent survenir pendant l'opération sont: 1) une grande agitation et la fuite de l'œil en liant, en sorte qu'en ne peut pas voir la pointe de l'aiguille et en diriger les mouvements avec sûreté. — S'il est impossible de ramener l'œil dans une position convenable à l'aide de l'aiguille, ou bien si en maintenant celle-ci en repos on ne parvient pas à faire redresser l'œil par le malade lui-même, il faut bien peser s'il est permis de continuer la dislocation de la cataracte et la déchirure de sa capsule en faisant agfi" l'aiguille avec précaution; ou s'il n'est pas plus prudent de retirer l'aiguille et de remettre l'opération à un autre moment; — 2) une contraction subite de la pupille qui empêche de faire les mouvements nécessaires avec l'aiguille sans blesser le bord pupillaire. Si alors, tandis qu'on maintient l'aiguille en repos, la pupille ne se dilate pas de nouveau, il faut retirer l'instrument et entreprendre l'opération par une autre méthode; — 3) l'aiguille peut échapper de l'evii trop fortement agité avant que l'opération ne soit terminée :
il est alors plus prudent de la remettre que d'enfoncer de nouveau l'aiguille dans la cornée, car il faut s'attendre à dos difficultés plus grandes encore; d'autant plus que l'œil est déjà très mobile.
D'autres accidents pendant l'opération, tels (|ue le tiraillement et la contusion de la cornée, les lésions de l'iris au moment de la ponction ou des autres mouvements de l'aiguille, doivent être attribués au (l)iiurgien et être combattus par un traitement antiphlog-istique très large.
Le traitement qu'on doit faire subir au malade après avoir pratiqué la kératonyxis, est absolument le même que celui après la scléroticonyxis , car les mêmes accidents peuvent survenir. L'inflammation de la membrane de l'humeur aqueuse, qu'on a dit être caractérisée par la suffusiôn de la cornée, a été faussement attribuée par Schindler, Langexbeck et autres à . la kératonyxis ; elle peut aussi survenir après la scléroticonyxis, comme nous l'avons indiqué en parlant de l'inflammation de l'iris : elle débute toujours par. l'iritis et doit être combattue comme telle. — Si après le broiement du cristallin pratiqué à travers la cornée, la résorption ne se fait pas convenablement, il faut se conduire absolument de la même manière qu'après la scléroticonyxis.
On a aussi prétendu cju'il survenait souvent des vomissemens après la kératonyxis (Dupuytken); lorsque cela a lieu, il faut l'attribuer à des mouvements imprudents et trop étendus de l'aiguille par lesquels la rétine ou les nerfs eiliaires ont été blessés.
Il faut encore faire mention du soulèvement (.Sublatio) de la cataracte proposé par Pauli, *) procédé par lequel on préviendrait le retour de la cataracte dans la pupille. Cet opérateur pénètre avec une aiguille courbe par le centre de la cornée à travers la pupille très dilatée au moyen de narcotiques, jusqu'au bord supérieur du cristallin, et pratique, en tournant la concavité de l'aiguille en bas, une incision semi-lunaire dans le corps vitré, puis il passe avec l'instrument au dessous du bord inférieur de la lentille, applique contre elle la concavité de l'aiguille, soulève la cataracte en
abaissant le manche et la pousse dans la plaie du corps vitré. Pendant tous ces mouvemens on doit éviter soigneusement d'entamer l'iris ou la capsule, et lorsqu'on retire 1 instrument de l'œil , il faut agrandir la plaie de la cornée d'un quart ou d'une demi -ligne. Dans le principe, Pauli a entrepris ce soulèvement de la cataracte par la sclérotique, mais pins tard seulement par La cornée.
*) Loc. cit. p. 184.
De V extraction de ta cataracte.
Daviel, Sur une nouvelle méthode de guérir la cataracte par l'extraction;
mémoires de l'académie, de chirurgie. Vol. II, p. 337. Dr. la Faye, Mémoire pour servir à perfectionner, la nouvelle méthode
de faire l'opération de la cataracte: ibid. p. 536. JkrssiETi et Thurant , Ergo in cataracta potior lentis cristallinac extractio
per incisionem corneae, quam defiressio per acum. Paris 1752. Sigwart, Diss. de extrartione cataractae ultro perlicienda. Tubing. 1 7 r> 2 . Sharp. In Philosophical Transactions. Vol. 48. 1753. Warner, Cases in Surgery. London 1754.
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L'extraction de la cataracte est une opération , dans laquelle on ouvre la cornée par une incision convenable (Kêratoiomië), on divise la capsule, et on enlève la cataracte par I la plaie faite à la cornée.
L'extraction de la cataracte à travers une plaie pratiquée à la sclérotique, telle qu'elle a été diversement proposée et exécutée par B. Bkt.l (Chirurgie. Vol. II), — Butter (new proposition for the extraction of the cataract. London 1783). — Eari.e (an account of a new mode of operation. London 1801), — Quadri (Salzburg. med.-chîruig. 2eitung 1811. Vol. II. p. 28), — LubÉnstein-Lobel (Allgcmeine hied. Annalen 1816, p. 81) — et Ritterich (Beîtriige zur Vervollkommnung der Augenheilkunde. Leipzig 1827), doit être rejetée comme dangereuse sous tous les rapports et ne mérite qu'une mention historique.
Nous trouvons déjà dans l'histoire des temps les plus reculés des traces de l'extraction de la cataracte telle qu'elle a été exécutée par Antyllus et Lathyrion x) vers la fin du premier siècle. Ali àbas 2) parle aussi de l'extraction de la cataracte: d'après Avicennes 3), cette opération était très usitée en Perse; la cornée était ouverte avéc une lancette à double tranchant (qu'il nommait clef). — Cette méthode fut pourtant rejetée par plusieurs, comme dangereuse et difficile 4). — Elle fut remplacée par la méthode de succion indiquée par Abulkasem 5), et surtout par la dépression, — et n'a été reproduite que par Freytag6) (1G94), qui après avoir ouvert la cornée, pénétra avec une aiguille à crochet, décolla la cataracte et en fit l'extraction; elle fut exécutée, d'après Albinus 7), par des oculistes ambulants, qui passèrent à travers la cornée avec une pince pointue et retirèrent la cataracte par morceaux.
Ciieuos, Ophtlmlniologle. Vol M. ] $
') D'après Rhazbs (Contin. L. IL c. 3. f. 41. Vcnet. 1660) la eornéc fut ouverte par Antyixus avec un couteau , une aiguille fine fut ensuite conduite à travers la pupille jusqu'au cristallin, puis tournée sur son axe, et la cataracte fut extraite avec cet instrument. — Lathyrion doit avoir agi de la même manière.
*) Practic. Lib. IX. c. 28. f. 163. Vcnet. 1492.
") Canonis Lib. V. Vol. II. f. 3. tract. 4. p. 353. Vcnet. 1564. edit. Joh. Castre! : Et bomincs quidam habent vias diversas in exertendo curam aquac (i. e. cataractac) quae fit cum instrumento ita, ut quidam sint, qui disrumpunt inferiorem partem corneac et extrabunt aqUam per eam , et hoc est in quo est timor, quoniain cum aqua, quando est grassà, egreditur albugineus.
*) Avenzoar (Tajcssir sive Thcysir. Venct. 1553) regarde l'extraction de la cataracte comme impraticable et Jse Eben Au (Jésus de oculis. f. 7. Venet. 1506) la décrit comme elle a été exécutée par d'autres, mais regarde sa description comme plus facile que son exécution.
*) Chirurg. Lib. II. Sect. 23. p. 168 cet auteur indique comment en Perse on suçait la cataracte à l'aide d'une aiguille creuse. Dans le quatorzième siècle Galeatius de Saiscta SomiA, un commentateur de Riiazes , s'est attribué cette invention , et au dix-septième siècle Matmolvs augmenta l'appareil de succion d'un pinceau en fil d'or, destiné a passer à travers la canule jusqu'à la cataracte pour la broyer, et ensuite l'extraire par succion. Bunrhi, Lamzwerdb et autres , recommandèrent aussi cette méthode. Voy. Lamzwerdk, App. ad armament. Scueteti. Lugd. B. 1692. p. 61. T. XIV. f. 1. 2, 3, 4.
°) Dissert, de cataracta. Argent 1721. Hai.lert disput. chirurg. Vol. IL p. 47.
Dissert, de cataracta. Francof. a. M. 1695. Hat.leri disput. chirurg. Vol. II. p. 47.
F. P. Petit 0 et St. Yves, 2) ainsi que Duddel 3) firent l'extraction du cristallin tombé dans la chambre antérieure^ et ce dernier ne recommanda l'e*traction que dans les cas de cataracte molle et non susceptible d'être déprimée; inaispi ce fut Daviel4) (1748) qui, ainsi que Petit, avait été dans; le cas de retirer un cristallin tombé dans la chambre antérieure, qui fit de celte opération une véritable méthode; Tiirkant A) et Palucci 6) lui ont en vain disputé la priorité. Lafaye,7) Voigt,8) Sharp, 9) se prononcèrent en faveur de cette opération, et quoique Morand,10) Righellini , 1 ') Gentil,1'-) NIankonj js) et Taylop 14) ne furent pas aussi bie*
disposes pour elle, à cause du danger des violentes inflammations et de son succès comparé à celui obtenu par dépression , — elle se répandit' néanmoins avec rapidité ; ce à quoi Wenzbl 1S) en France, et Riciiteii 1G) en Allemagne, ont le plus contribué par des améliorations notables dans les procédés, ainsi que plus tard Bartii et surtout Beër. — Elle éclipsa pour un moment la dépression ; jusqu'à ce que Scarpa la combattit, et que, par la polémique sur la kératonyxis, les opérations avec les aiguilles furent de nouveau mises en faveur, et l'extraction ainsi resserrée dans des bornes plus étroites.
') Mémoires de l'académie des sciences. 1707.
2) Tbid. 1708.
3) Treatisç on the diseases of the horny coat. London 1729.
*) Nouvelle méthode d'extraire la cataracte ; mémoires de l'académie
de chirurgie. Vol. II. p. 337.
5) Diss. an. in eataracta pofior lentis cristallinae extractio per incisio-
nem in cornea , quam depressio per acum. Paris 1752. — In
Haixeri disput. chiruvg. Vol. II. p. 167. r') Description d'un nouvel instrument propre à abaisser la cataracte.
Paris 1750. — Méthode d'abattre la cataracte. Paris 1752. — De-
scriptio novi instrument pro cura cataractae. Viennae 1763. 7) Mémoires de l'académie de chirurgie. Vol. II. p. 563. s) Ibid. p. 345.
9) Philosophical transactions. Vol. 48. P. 1. p. 161.
I0) Mémoires de l'académie de chirurgie. Vol. H. p. 578.
1 ') Diss. an in deprimeuda eataracta ipsius capsula inferne et posticc imprimum secanda est. Paris 1752. In HAixERiDisp. chir. Vol. II. p. 185.
I2) Osservazioni sopra alcuni casi rari medici e chirurgici. Venet. 1764.
1 Tratt. chir. sopra la simplicita di niedicam. Firenze 1761.
'*) Lettre à Mrs. de l'académie de chirurgie etc. — où on démontre les dangereuses conséquences de l'opération de la cataracte par extraction. Paris 1764.
IS) Diss. de extractionc cataractae. Paris 1779. Traité de la cataracte1
avec des observations etc. Paris 1786. *6) Observationes chirurgicae. Fasc. I. Gotting. 1770. — Taf. II. 1776.
Abhandl. von der Auszichung des grauen Staares. Gottingen 1773.
Il n'y a guères d'opération pour laquelle on ait indiqué plus de procédés divers que pour l'extraction de la cataracte: ces différences sont relatives à la r/randeur. à la
direction et au choija du Heu de l incision à la cornée, à la forme des instruments mis en usage, h la manière d'ouvrir la capsule et à la sortie du cristallin. <|
Daviel ouvrit avec une lancette pointue, bien tranchante, bien affilée lo bord inférieur de la cornée, aggrandit cette plaie avec un instrument émoussé et arrondi à son extrémité et en forme de feuille de myrthe, et la rendit encore plus large de deux côtés à l'aide de ciseaux particuliers. La cornée fut ainsi divisée dans les deux tiers de sa périphérie. Ware étendit l'incision de la cornée aux neuf dixièmes de sa circonférence. La plupart des autres opérateurs rendirent la plaie plus petite, en sorte que ce ne fut à peu près que sa moitié ou un peu plus qu'on divisa, et toujours au segment inférieur. Wenzel ainsi que Demours et Roux donnèrent h l'incision une direction oblique de haut en bas, et de dehors en dedans; dans le cas où la cornée était couverte de cicatrices en bas et en dehors, ils recommandèrent de faire l'incision vers le haut , en sorte que la section tomba sur la demi- circonférence supérieure. B. Bell (Chirurgie. Vol. III), en s'appuyant sur des expériences faites sur des animaux, proposa cette dernière direction — et Santarelli (Ricerche per facilitare il cateterismo e l'estrazionc délia cataracta. Vien. 1795) pratiqua souvent la section de la cornée à son tiers supérieur. D'après Wagner (Journal von Graefe uncl Walther. Bd. IX. S. 547) , ce même procédé fut aussi mis en usage par Alexandre à Londres , ainsi que par Lawrence, Green et Tirrel, dans les cas où la cornée était couverte de taches ou d'un arc sénile. F. Jaeger (1825) chercha à faire adopter ce procédé comme méthode générale; — Rosas, de Graefe et autres l'approuvèrent. — Dans tous ces procédés, on détachait la cornée en demilune d'un huitième jusqu'à un quart de ligne de son bord ; ce n'est que Sigwart qui donna à l'incision une forme triangulaire, et Garengeot une rhomboïdale. Wardrop conduisit le couteau introduit dans la chambre 1 antérieure droit en avant , et termina l'incision dans cette direction.
Les instruments dont on s'est servi pour ouvrir la cornée sont très nombreux et extrêmement variables depuis que La Fayk (1752) a abandonné la feuille de myrthe de Daviel et proposé le premier couteau à cataracte, formé par une lame étroite, flexible, légèrement courbée sur son bord et sur son plat. — On peut les classer le plus convenablement d'après Schreger, suivant les différentes formes de leur dos et de leur tranchant : »