‹ Traité pratique d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 32 sur 34 · CG · texte numérisé non relu

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La microphthalmie congénitale, qui a aussi été observée sur plusieurs enfans d'une même famille (Pônitz, Fischer) est la suite d'un arrêt de développement de l'œil, et selon l'époque à laquelle cet arrêt de développement se déclare, les degrés de la maladie sont variables et Gescheidt*) les distingue de la manière suivante: i) Si l'arrêt de développement a lieu à l'époque où la formation de l'iris n'a pas encore commencé, la petitesse de l'œil existerait avec absence de l'iris, degré le plus bas de la microphthalmie qui à la vérité n'a pas encore été démontré par l'expérience, mais qui peut être admis d'après plusieurs observations faites sur l'absence de l'iris 5 2) si le développement de l'œil est arrêté à une époque où l'iris a déjà commencé à se former avant que la fente dans la choroïde et le corps ciliaire ne fussent fermés , la microphthalmie sera compliquée de colobome de l'iris; 3) lorsque l'obstacle au développement de l'organe se présente au moment, où l'œil est régulièrement formé dans toutes ses parties, et n'a plus qu'à augmenter de volume, on observe le troisième et le plus faible degré de la microphthalmie. — L'état dans lequel se trouve l'œil immédiatement après la naissance, peut s'améliorer à mesure que l'enfant prend de l'accroissement, comme cela a été observé dans le cas rapporté par Pônitz, où déjà à la fin de la quatrième semaine, il y eut un commencement d'amélioration , et dans la douzième, la cornée des deux yeux n'était pas seulement devenue sensiblement plus grande, mais aussi plus claire, plus transparente, et plus distinctement limitée d'avec la sclérotique.

*) Uebcr Microphthalmus otler die angcborcne KIcinlicit der Augen; d'Ammon's Zcitschrift fur Ophthalmologie. Bd. II, H. 2, S. 271.

H n'existe pas encore d'observation faite sur le cadavre qui puisse décider, si dans la micropbthalmie l'obstacle au développement de l'organe se trouve primitivement dans l'œil ou clans les parties du cerveau, dans sa masse centrale en général , ou dans l'entrecroisement du nerf optique en particulier, et agit alors secondairement sur le globe. En attendant , Gescheidt croit devoir admettre cette dernière hypothèse , en jugeant d'après la forme particulière du crâne de trois individus affectés de microphthalmie.

On trouve des cas de microphthalmie rapportés dans: Pônitz, Dresdener Zeitschrift fur Natur- und Heilkunde. Bd. II, S. GO.

Mit Abbild.

Fischer, HiiFEf.AivD's Journal. Supplementheft. J. 1827. S. 22. Weller, Krankheiten des menschlichen Auges, S. 255. Wutzer, Meckex-'s Archiv. 1830. S. 179.

Escher, Ueber den angeborenen, gânzlichen und theihveisen Mangcl der

Iris. Erlangen 1830.

Sentir*, v. Ammon's Zeitschr. f. Ophthalmologie. Bd. 1. Gescheidt, ibid. Bd. II, H. 1, S. 257. Jaeger, ibid. Bd. V, S. 9.

Shilling, Holscher's Hannôver'sche Annalen. Bd. I, S. 489.

On fera encore mention ici de la réunion des deux yeux en un seul, la cyclopie qu'on observe assez fréquemment chez l'homme ou les animaux, seule ou avec d'autres vices de conformation. Quant aux degrés plus ou moins prononcés de cyclopie, on en connaît un très grand nombre. Ordinairement il existe une réunion des deux hémisphères du cerveau et des nerfs optiques, et c'est sans doute là l'origine de cette difformité. Le nez manque, et cà sa place on trouve ordinairement au front un prolongement en forme de trompe.

Nous avons déjà parlé de l'absence congénitale de l'iris en traitant de la mydriase.

De l'application des yeux artificiels.

L'application des yeux artificiels qui étaient déjà en usage dans les temps les plus reculés, n'a pas seulement pour avantage de faire disparaître la difformité causée par la perte de l'œil, mais encore de prévenir les inconvéniens qui peuvent résulter de la perte du globe , pour la position et le mouvement des paupières; — car si le globe de l'œil est réduit à un petit volume, ou manque complètement, les paupières s'enfoncent dans l'orbite, deviennent immobiles en ce qu'elles perdent leur point d'appui et leur élasticité, tandis que les plis de la conjonctive qui dans l'état normal s'étendent par dessus les deux tiers antérieurs du globe de l'œil, se retractent peu à peu et disparaissent. De ces changementSj il résulte que les larmes et le mucus ne se trouvent pas convenablement évacués, s'amraassent derrière les paupières, les font agglutiner ensemble et occasionnent une irritation continuelle. — Ces accidens sont ordinairement diminués ou complètement écartés à l'aide d'un œil artificiel, en ce que, par ce moyen, les paupières conservent leur point d'appui et l'élasticité nécessaire à leurs mouvements. Les plis de la conjonctive s'écartent, et par les mouvemens des paupières les larmes sont ramenées vers les points lacrymaux.

Les yeux artificiels des anciens étaient faits avec des lames métalliques peintes, ou recouvertes d'émail: on en avait de deux espèces, les uns Ecblephara , étaient fixés devant le moignon, lorsqu'avec la perte du bulbe il y avait en même temps manque de paupières, et les autres, Hypoblephara, étaient placés dessous les paupières.

Les yeux artificiels sont fabriqués, avec des lames d'or, de verre, de fayence, ou d'émail; les derniers sont les plus avantageux. Pour en faire usage, ou bien on en? choisira un dans une collection d'yeux artificiels pouvant

convenir au malade, mais on aura soin de se rappeler que lorsqu'il est mis en place, il paraîtra plus foncé que lorsqu'on le tient à la main; ou bien on fait peindre l'œil artificiel d'après l'œil sain ou d'après une image exacte qui en a été faite. — 11 faut surtout être attentif, k ce que la cornée soit placée de manière que sa distance de l'angle externe soit plus grande que de l'interne, et qu'elle soit aussi plus loin du bord supérieur que de l'inférieur; la pupille doit représenter une contraction moyenne et la voussure de l'œil artificiel doit correspondre exactement à celle de l'organe sain.

On ne doit pas placer l'œil artificiel avant que le travail morbide qui a causé la destruction de l'organe ait complètement cessé , ou que toute irritation ait disparu dans le moignon. Pour introduire l'œil artificiel , on doit procéder de la manière suivante. On le saisit avec le pouce et l'index de la main droite, et on le plonge dans de l'eau pure; avec le pouce de la main gauche on soulève la paupière supérieure et on glisse dessous celle-ci la partie la plus convexe de l'œil artificiel, aussi haut qu'il est nécessaire pour que son bord inférieur vienne à dépasser le bord de la paupière inférieure, en abaissant un peu cette dernière, puis en pressant un peu sur l'œil artificiel, et enfin en lâchant de nouveau la paupière inférieure; la pièce artificielle se place d'elle même dans l'orbite. — Cette opération est si facile qu'après quelques essais le malade peut la faire lui même. — Lorsqu'on veut de nouveau enlever l'œil artificiel, on abaisse la paupière inférieure, on glisse une sonde en argent ou une tête d'épingle sous le bord de l'œil artificiel, on le soulève, et il tombe aussitôt dans la main gauche qui a abaissé la paupière inférieure.

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