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DES CORPS ÉTRANGERS DANS L OEIL

Des corps étrangers venus du dehors.

Des corps étrangers qui pénètrent dans l'œil du dehors, sont, ou bien des substances qui irritent d'une manière mécanique, tels par exemple que des fragments de verre, de

bois, de fer, du sable, des ailes d'insectes etc. ou bien des corps qui agissent en même temps par leur propriété chimique, comme la chaux, le tabac etc. — Les accidens qu'ils font naître sont toujours ceux d'une irritation ou d'une inflammation plus ou moins violente, et dépendent de la nature des corps étrangers, de la manière dont ils ont pénétré dans l'œil, de leur position et de la constitution du malade.

Les corps étrangers sont, ou bien libres entre la paupière et le globe de l'œil, ou bien ils sont implantés dans la conjonctive, ou bien encore ils ont pénétré dans la cornée ou la sclérotique, ou ont même traversé ces membranes; — ces corps, lors même qu'ils ne sont pas enlevés de l'œil, n'occasionnent pas toujours des accidents fâcheux; ils se recouvrent d'une enveloppe celluleuse et restent en place sans causer d'autre inconvénient; mais ordinairement il s'amasse du pus autour du corps étranger et celui-ci se détache. — Lorsqu'il est soluble, il peut être enlevé peu à peu par l'afflux des larmes. — Des fragmens de fer ou d'acier, qui fréquemment sont lancés dans l'œil chez les maréchaux et autres ouvriers, sont souvent encore en état d'ignition lorsqu'ils pénétrent dans l'œil, ils s'incrustent en formant des escarres , et s'oxident plus tard par l'afflux des larmes ; lorsqu'ils restent en place et se couvrent d'une enveloppe, ils forment assez souvent de petites taches dans la cornée; c'est à tort que Richter a cru que ces sortes de petits grains n'avaient pas pénétré dans l'œil depuis le dehors, mais s'étaient développés dans l'intérieur de la cornée même. — Des substances acres qui agissent d'une manière chimique sur l'œil, altèrent la matière de sécrétion dans le tissu de la cornée, la coagulent et donnent à la membrane un aspect blanc opaque, comme si elle était recouverte d'une enveloppe blanche; cela arrive par exemple lors des cautérisations par la chaux, de la même manière agissent les acides minéraux et leurs vapeurs.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître la présence d'un corps étranger dans l'œil. On ne peut pas toujours se

fier au dire du malade , lorsqu'il soutient qu'un corps lui est tombé dans l'œil, car la même sensation peut être produite par des vaisseaux de la conjonctive tendus comme des cordes. — Le diagnostic devient plus sûr par le développement subit de la douleur qui a son siège sur un point quelconque, et devient plus forte lorsqu'on ferme les paupières, et plus faible lorsqu'on les ouvre, et surtout lorsqu'on les éloigne un peu du globe de l'œil. — Quand la douleur augmente, ce sont principalement la pbotopbobie, et le larmoiement qui se font remarquer , et l'œil prend dans ce cas un aspect particulier qui se distingue des autres inflammations , mais qui ne peut guères être dépeint par des paroles. Si le corps étranger dans l'œil est libre, il peut être entraîné dans l'angle interne par les larmes qui affluent en abondance, et on le découvre facilement en ouvrant les paupières. — Le corps étranger est-il implanté dans la partie supérieure ou inférieure du globe de l'œil, ou dans la conjonctive de la paupière supérieure ou inférieure , il faut largement écarter les paupières, les éloigner du globe, souvent les renverser pour découvrir le corps étranger. — Celui-ci se trouve- 1- il dans la cornée, on le remarque surtout lorsqu'on regarde l'œil de côté.

Si on s'est assuré de la présence et du siège du corps étranger, il faut l'enlever aussitôt que possible; plus on s'y prend de bonne heure , mieux on réussit. Mais si l'œil est très irrité et enflammé par le long séjour du corps étranger, par des pressions réitérées, et par des frottemens exercés sur l'œil, il devient souvent très difficile, si non tout à fait impossible, d'enlever le corps étranger. Le plus souvent la photophobie est si grande que les paupières se ferment spasmodiquement et qu'à la moindre tentative pour les ouvrir, le globe de l'œil se tourne dans tous les sens par des mouvemens convulsifs. — Le repos et l'obscurité, les fomentations froides et même des émissions sanguines sont souvent ici seules en état de faire cesser la contraction spasmodique des paupières, et produisent toujours plus d'effet que les fomentations émollientes et calmantes, et même que les

antispasmodiques administres à 1 intérieur, ainsi que Beer l'a recommandé chez les sujets sensibles; pour enlever les corps étrangers,, il faudra procéder avec les plus grandes précautions. Les paupières ne doivent pas être trop écartées, on aura soin de ne pas laisser arriver dans l'œil plus de lumière qu'il n'est nécessaire. — Il sera toujours préférable que le chirurgien on l'aide ouvre l'œil avec les doigts au lieu de faire usage du releveur de la paupière.

Si le corps étranger est libre dans l'œil et se trouve, comme c'est ordinairement le cas, dans l'angle interne, il n'est pas difficile de l'enlever; on le saisit avec une pince fine , ou on le retire avec la barbe d'une plume, ou avec le coin d'une pièce de linge fin, ou avec un pinceau. — Si le corps étranger n'est que légèrement fiché dans la conjonctive, on peut le saisir avec la pince et le retirer. Mais si le corps étranger est implanté plus solidement et que l'on eût à craindre de déchirer la conjonctive , on ne fera que soulever le corps étranger avec une pince , et on l'excisera de la conjonctive à l'aide de ciseaux fins. — S'il est fortement enfoncé dans la cornée ou la sclérotique, et s'il ne proémine que peu au dessus de sa surface, au point de ne pas pouvoir être saisi avec la pince, il faut le soulever avec une aiguille à cataracte ou une lancette. On s'y prendra avec beaucoup de précaution , afin de ne pas enfoncer trop profondément la pointe de l'instrument et de ne pas perforer la sclérotique ou la cornée. On y arrive le plus facilement si on cherche à pénétrer avec le tranchant de la lancette entre le corps étranger et la cornée. Les parcelles de fer déjà oxidées et les éclats de bois devenus déjà friables se rompent facilement. On aura soin de ne rien laisser en arrière du corps étranger, on examinera avec la sonde ou avec la loupe la place qu'il avait occupée afin de s'assurer que tout a été enlevé. — Des échardes un peu longues, des barbes d'épis etc. seront saisies avec des pinces , et si on n'y parvient pas parcequ'elles ne sont pas assez saillantes, on pratiquera au devant d'elles avec beaucoup de précaution

une incision avec le couteau à cataracte afin de les saisir convenablement.

On a aussi recommandé l'emploi de l'aimant pour enlever de l'œil des parcelles de fer et Krimer propose pour les dissoudre un collyre (acide niuriatique gtt. xij. eau de roses muculagc de coings. 3j) qu'on doit faire tomber par gouttes dans l'œil; dix minutes après on ferait une fomentation froide.

Le corps étranger est-il entré dans le bulbe, il faut, lorsqu'il est couclié dans la chambre antérieure, et ne se laisse pas dissoudre par l'humeur aqueuse, le sortir à travers la plaie qui existe , ou par une incision faite au bord de la cornée. — Est-il dans la chambre postérieure, il peut avoir pénétré dans le cristallin, ou reposer dans le corps vitré ou sur la rétine. — Dans le premier cas, le cristallin deviendra opaque et devra être plus tard extrait 5 dans le second, il survient souvent une amaurose.

Le traitement après l'extraction du corps étranger devra être antiphlogistique et pins ou moins énergique selon les circonstances, afin de prévenir l'inflammation ou de la combattre lorsqu'elle existe déjà. Le plus souvent l'emploi convenable des fomentations froides sera suffisant.

Des pous et des vers dans l'oeil.

Des poux peuvent se loger près des racines des cils dans les sourcils et même dans la conjonctive, et entretenir une inflammation douloureuse par l'irritation continuelle qn ils causent: lorsque cette inflammation s'étend le long du bord ciliaire, elle a quclqu'analogie avec la psorophthalmie et

peut être confondue avec elle. — Cette affection n'est, pas toujours facile à reconnaître, et souvent on n'y parvient qu'en l'examinant avec soin à l'aide de la loupe, car les poux (ordinairement pediculus ferox pubis) s'enfoncent profondément dans la chair. On les rencontre surtout chez des personnes malpropres, qui ont encore des poux sur d'autres parties du corps, ou sont affectées de phthiriasis générale.

— On parvient facilement à faire disparaître cette vermine à l'aide de soins de propreté convenables, de lotions de solution de sublimé, de frictions d'onguent mercuriel , ou encore on peut s'en débarasser avec une pince ou une aiguille.

Scuon (loc. cit., p. 225) a réuni les observations suivantes de phthiriasis: Act. Erudit. Lips. 1696, p. 228. — Ephem. nat. cur. Cent. V et VI. Obs. 72. — Morgan , Transact. of the Society of Pliilad. II, Nro. 48. — Journal de Médecine par Convisart, Boyer et Leroux. T. 24. 1812. — Le cas de Pechi.in (Obs. phys. med. Hamb. 1691. Lib. II. Obs. 35 , p. 299) ne prouve pas d'une manière très positive l'existence des vers. — Celui de Le Jeune serait plus concluant (Traité des maladies des yeux par Guileemeau, augmenté par Verbrugge) : il avait épuisé tous les moyens pour combattre les douleurs de l'œil, jusqu'à ce qu'enfin une vielle commère fit sortir de la conjonctive, avec une aiguille en argent, une foule de petits vers qui ressemblaient à des poux. — Sauvages vit aussi des poux dans la conjonctive, là où existait une phthiriase universelle et Schenk (Obs. med. p. m. 175) rapporte des cas où de petits poux s'étaient fixés dans la conjonctive oculaire et avaient occasioné un prurit insupportable. — Scarpa (Traité des maladies des yeux. Paris 1821. T. I, p. 266) vit une ophthalmie opiniâtre produite par des poux, qui s'étaient enfoncés près des racines des cils et qu'il a découverts à l'aide de la loupe. — J'ai observé moi même deux cas pareils.

La présence dans l'œil humain de vers qui se forment par génération équivoque, est un phénomène tout aussi curieux que peu rare. Des recherches récentes et faites avec soin ont fourni des résultats remarquables. — Les différend vers observés jiisqu'aujourdliui dans l'œil de l'homme, sont: le fil aire de Médine sous la conjonctive, — le cysticerque celluleux dans la chambre antérieure et dessous la conjonctive,

— le flaire de l'œil humain, monnstome de la lentille, et le distome de l'œil humain dans le cristallin, — et Yèchinococque de l'homme entre la rétine et la choroïde.

Les observations anciennes sur la présence des vers dans l'œil, sont eu partie si rares, en partie si peu précises, qu'on reste dans le doute sur l'espèce de l'animal observé: telles sont p. ex. les observations de Rhodius (Observât, med. Cent. III. Francof. 1676. Cent. I. Obs. 83, p. 45) et Schulze (Eph. nat. curios. Dec. I, ann. 2, p. 43); — beaucoup plus précis sont les cas rapportés sur le filai re de Médine par Mongin (Journal de Médecine de Paris 1770. T. XXXII , p. 338), de Bajûn (Mémoires pour servir à l'histoire de Cajenne et de la Guyannc française etc. T. IL Paris 1777 — 1778). Larrey (Mémoires de chirurgie militaire. Vol. I) trouva souvent ce ver sous la conjonctive; Gartner (Schon loc. cit. , p. 226) l'a aussi observé. — Schott (Sômmering, Oken's Lsis. 1830. H. VII, p. 717. — Schott, die Controverse ïiber die Nerven des Nabclstranges und seiner Gefasse. Frankfurt 1836. Anhang) et Logan (Case of animacule in the Eye of a cliild. 1833. Mackenzik loc. cit.) ont fait des observations intéressantes sur le cysticerque celluleux dans les chambres de l'œil; — Neumaisin (Rust's Magasin. Bd. XXXIII, S. 529) a décrit un cas d'hydatides dans la chambre antérieure chez un garçon de 14 ans. — Mais de Nordmann (micographischo Beitrâgc zur Naturgeschichte der wirbellosen Thiere. H. II. M. 20 Kupfert. Berlin 1832) et Gescheidt (die Entozooen des Auges; v. Ammon's Zeitschr. fiir Opthalm. Vol. III , p. 405) méritent les plus grands éloges sur cette matière, en ce que le premier, par ses nombreuses recherches faites sur les yeux des poissons, d'amphibies, d'oiseaux et de mammifères, a découvert une foule d'helminthes nouveaux, vivants dans l'œil; il doit être regardé comme le fondateur de l'histoire naturelle des entozoaires de l'œil. Il a découvert le filaire de Vœil humain et le monoslome de la lentille dans la cataracte. Le second lit des expériences nombreuses sur différens yeux d'hommes et d'animaux, et trouva le distome de Vœil humain entre la lentille et la capsule cristalline dans une cataracte congénitale ; le filaire de Vœil humain dans des lentilles opaques et Véchinococque de l'homme entre la choroïde et la rétine.

En jugeant par analogie de la formation des vers en général , on peut en conclure que leur développement dans l'œil est précédé de quelques ebangemens morbides, de la décomposition de la lymphe, du mucus etc. — Mais comme les phénomènes de ces altérations coïncident avec ceux produits par la présence de l'entozoaire , il est difficile, morne impossible de les distinguer les uns d'avec les autres. Les climats, le séjour sous les tropiques, les habitudes et la nourriture ont une influence marquée sur la formation des vers, ainsi que cela est prouvé par la grande fréquence des vers dans l'œil chez les poissons d'étang comparativement à

ceux de rivière etc.*) — Les symptômes produits par les vers diffèrent d'après la sensibilité du malade, d'après le siège et d'après l'espèce de l'entozoaire.

*) Geschkidt loc. cit.

Le filaire de Médine qui se trouve dessous la conjonctive, produit les douleurs les plus violentes qui ne sont accompagnées d'aucune inflammation ; on voit sous la conjonctive une traînée filiforme, noirâtre, présentant quelques mouvements et changeant de place. — Il est assez probable, mais non constaté, que le ver puisse être poussé hors de l'œil, par formation d'abcès, comme cela arrive sur d'autres parties du corps. — La conjonctive doit être incisée et le ver extrait.

Mongin (loc. cit.) vit à St. Doniingue, sous la conjonctive d'une négresse, uu ver ressemblant à une corde à boyau , se mouvant extrêmement vite, et présentant une longueur d'un pouce et demi après avoir été extrait, il avait occasioné de violentes douleurs dans l'œil. — Gartner (loc. cit.) découvrit sous la conjonctive d'une jeune négresse une traînée noirâtre, liliforme, présentant des mouvements; au bout de quelque temps, cette traînée disparut, et il s'en présenta une autre à la paupière supérieure; elle était longue, bleuâtre comme une petite veine cutanée , mais elle offrait des mouvemens spiroides en tout sens , l'auteur enleva le ver par une incision.

On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule observation de cysticerque celluleux dessous la conjonctive du globe de l'œil; il formait une tumeur du volume d'un pois et n'occasionait d'autre incommodité qu'une légère sensation de pression.

Baum (Bcrl. med. Vereins - Zeitung 1838. 18. April) observa chez une lillc de vingt-trois ans une tumeur solidement fixée sur la sclérotique de l'œil droit vers l'angle interne et un peu en haut: elle avait le volume de la moitié d'un gros pois et se trouvait recouverte à moitié par la paupière supérieure lorsque l'œil était dirigé droit en avant; à en juger par son aspect extérieur, elle contenait uu fluide incolore: la conjonctive était fortement injectée à l'endroit où elle recouvrait cette tumeur, celle-ci avait été rrmarquée pUr la malade pour la première fois six mois auparavant et n'avait guères augmenté de volume depuis ce temps. Baum prenant celte tumeur pour un l.ygrome , en souleva un petit pli à sa partie inférieure à l aide de la pince erigne, et excLs» une portion de

Ciumi'R) Ophtlialinnlngie. Vol. II. ;}•>

conjonctive avec des ciseaux courbes. Au lieu de voir écouler un fluide aqueux, on observa une vésicule qui proéminait entre les lèvres de la plaie: lorsqu'on pressa légèrement en dessus, il s'échappa une véritable vessie que Baum reconnut aussitôt pour un cysticerque cellulcux. Le ver vésiculeux avait le volume d'un gros pois, était tout à fait sphérique et présentait dans son milieu la tache blanche, oblongue, qui était formée par le cou et la tête rentrée. On plaça l'animal aussitôt dans de l'eau tiède, dans l'espoir de lui faire sortir la tête et le cou; mais on n'observa à la vésicule que quelques étreintes qui ne disparurent plus, et point d'autres mouvemens. A l'aide du microscope on s'assura de la présence d» la tête, en ce qu'on reconnut distinctement les quatre suçoirs et la double rangée de crochets du ver: on vit aussi briller dans le parenchyme du cou les disques nombreux semblables à du verre.

Dans le cas où il existait un cysticerque celluleux dans la chambre antérieure de l'œil, on n'a point observé de symptôme d'inflammation , quoique ce ver se développe à la suite d'une inflammation violente. Ce n'est que dans un seul cas, qu'on vit une légère roug-eur autour de la cornée après que l'œil avait été beaucoup fatigué; il n'y avait point de douleur, et la vue ne devenait obscure que lorsque le ver par ses mouvemens venait à couvrir la pupille. — Le seul moyen sûr pour remédier à cette affection , c'est d'ouvrir la cornée et d'extraire le ver avec une pince érigne.

Dans le cas observé par Schott et Sômmuring (loc. cit.), on vit chez une jeune fille de 18 ans, bien portante du reste, un cysticerque celluleux vivant, de la dimension d'une vesce, dans la chambre antérieure de l'œil: il paraissait s'être développé après une violente ophthalmie , au moins la petite pellicule ou tache trouble ne fut-elle apperçue en premier lieu qu'après cette inflammation. Sômmering en prit le dessin environ deux mois après; la phlogose avait tellement disparu qu'on ne remarquait à peine qu'une légère teinte rouge autour de la cornée, quand l"œil était échauffé. L'animal n'occasionait point de douleur, à peine une légère sensation lorsqu'il faisait de forts mouvements, et ne gênait la vision que. quand il se plaçait devant la pupille. — Ordinairement il était logé à la partie inférieure de la chambre antérieure, comme un cristallin tombé dans cette chambre et non encore complètement dissout: il paraissait comme «n globe passablement transparent, n'étant opaque qu'à un seul point on il y avait une saillie blanche laiteuse: de ce point on vit souvent s'élever spontanément ou lorsqu'on frottait légèrement la paupière, la partie épaisse et ridée du cou du cysticerque, puis s'avançait lentement la portion mince filiforme du cou, et enfin la tète munie de ses quatre suçoirs et de sa double rangée de crochets; on ne les dis tinga cependant bien nettement

que lorsque le ver sorti de l'œil fut placé sous le microscope. Le corps yésïculeux du ver changeait, tantôt plus vite, tantôt plus lentement, sa tonne sphérique en une autre plus plate, ovale ou en forme de poire. Ordinairement il était couché à une demi -ligue ou u une ligne du bord inférieur de la cornée, parceque plus bas l'espace entre l'iris et la cornée était trop étroit pour le loger. Le cou pendait le plus ordinairement en bas et se mouvait librement en tout sens, en sorte que lorsque la fille remuait la tête, il en suivait tous les mouvemens, mais penchait plus particulièrement vers la cornée; rarement il semblait se tenir ferme. Après avoir été observé pendant sept mois dans l'œil , et avoir pendant ce temps acquis le double de son volume, il fut retiré encore vivant par Scuott, qui pratiqua une petite incision dans la cornée et l'enleva avec une pince érigne. Placé dans de, l'eau tiède, il fit encore des mouvemens pendant une demi -heure, et tandis qu'il devenait blanc et d'un aspect trouble, on vit distinctement à son centre, à l'aide du microscope, les quatre orifices de ses suçoirs et la double rangée de crochets.

Le cas décrit par Logan (loc. cit.) a pour sujet une jeune fille de sept ans, bien portante, qui avait eu fréquemment des inflammations à l'œil gauche. Logan trouva la cornée si trouble et l'ophtlialmic si violente qu'il craignit la perte complète de la vision. 11 traita la maladie comme une ophthalmie scrophuleuse. Après l'usage de moyens altérans et d'un vésicatoire derrière l'oreille, les symptômes inflammatoires disparurent, mais il resta cependant un léger obscurcissement à la partie inférieure de la cornée. Une semaine après, on ramena de nouveau l'enfant chez Logan, qui vit à son grand étonnement un corps demi-transparent de deux lignes environ de diamètre, nageant librement dans la chambre antérieure. Ce corps paraissait complètement sphérique, si ce n'est que de sa partie inférieure proéminait un petit appendice mince, de couleur blanche et légèrement renflé à son extrémité. — Cette partie semblait plus pesante que le reste de la vésicule, en sorte qu'elle pendait toujours fortement en bas. On observa aussi que de temps à autre elle s'allongeait et se raccourcissait, comme la vessie changait aussi souvent de forme. — Lorsque la malade tenait la tête tranquille par une lumière modérée, le ver couvrait les deux tiers inférieurs de la pupille. Souvent la partie vésiculeuse devint plus ou moins sphérique et reprit ensuite une forme applatic : alors la tête s'allongeait tout à coup jusqu'au bord inférieur de la chambre antérieure, elle se retira aussi si vite qu'on pouvait à peine la voir. Lorsque la jeune fille renversait la tête en arrière, la vésicule se tournait brusquement, de manière que la tête du ver était dirigée à la partie supérieure, alors devenue inférieure, de la chambre antérieure; la tête étant de nouveau ramenée en avant, la vessie reprit sa position primitive et empêcha la malade de voir droit devant elle. Pendant que Logan a observé ce cas, il n'a point remarqué que l'animal ait augmenté de volume. Mbiklk vit ce même ver pendant trois semaines avec beaucoup de soin, et n'observa pas d'autre changement qu'une légère diminution de la transparence de la vésicule. —

On proposa différents moyens pour tuer l'animal, et on s'attendait à le voir se rider, comme cela arrive quelquefois à la capsule lenticulaire: on indiqua des commotions électriques et galvaniques dans l'œil, des frictions d'huile de térébenthine dans les environs de cet organe; à l'intérieur de petites doses de ce médicament, ainsi que l'emploi continué du sulfate de quinine ou de tout autre médicament amer. — Plus tard le ver augmenta de volume, les vaisseaux de la conjonctive et de la sclérotique se gonflèrent , l'iris changea de couleur , fut moins libre dans ses mouvements, et l'enfant se plaignit de douleur dans l'œil, ce qui décida à faire l'extraction de l'animal, et l'opération fut entreprise par Robertson. L'incision de la cornée fut faite sans la moindre difficulté, mais il ne fut eusuite plus possible par aucun moyen de faire ouvrir à l'enfant les paupières. La petite fille devint si agitée et les muscles serrèrent tellement le globe de l'œil , que le cristallin fut poussé dehors et que l'hydatide se déchira. La malade fut portée au lit; le soir on parvint à lui faire ouvrir l'œil et on retira alors avec une pince les restes de l'animal par morceaux: il y eut une procidence de l'iris dans la plaie, et l'enfant ne souffrit pas qu'on fit le moindre essai pour la faire rentrer. — Après la guérison, la cornée conserva sa transparence, elle n'était semi-diaphane qu'à l'endroit de la cicatrice , la pupille était éliptique à cause de l'adhérence de l'iris, et la capsule cristalline était opaque. La malade percevoit la lumière.

Dans beaucoup de cas, lorsqu'il existait un filaire dans la chambre antérieure, comme cela s'observe souvent dans le cheval, on est parvenu à conserver l'œil en ouvrant la cornée et en enlevant le ver. Il faut encore noter la conduite de Chaignato (The Veterinariun. Vol. I, Mardi. 1828) applicable aussi au cysticerque , et peut-être aux autres vers dans l'œil de l'homme, laquelle avait pour but d'éloigner le ver sans opération, en laissant tomber trois fois par jour entre les paupières de l'animal dont il fit soulever la tète, une demi cuillérée à café d'un mélange à partie égale d'eau et de teinture d'aloës: au bout de 3—4 jours, le ver serait mort et après être resté pendant quelque temps au fond de la chambre, intérieure il aurait été résorbé.

La formation des entozoaîres dans la lentille est précédée pendant quelque temps par des changements de vitalité dans la capsule, dans le fluide de Morgagni et dans le cristallin, se faisant remarquer par un obscurcissement plus ou moins prononcé. Les vers une fois développés, entretiennent l'obscurcissement et l'augmentent encore, ainsi que le prouve l'observation de Gescheidt, où l'on vit à l'œil nu un obscurcissement beaucoup plus intense lorsque les distomes se sont trouvés entre le cristallin légèrement obscurci

soi

et sa capsule. Sous un verre grossisant, l'obscurcissement parut manifestement formé par une masse muqueuse, épaisse, dans laquelle on ne pouvait reconnaître aucun tissu organique, et qui parut d'autant plus trouble qu'elle s'approchait d'avantage de l'animal. La capsule lenticulaire était aussi devenue trouble et boursouflée aux endroits qui correspondaient aux entozoaires. Dans les cas où Gescheidt trouva trois filaires dans un cristallin opaque , dont il avaitfait l'extraction, les fibres de la lentille n'avaient plus leur direction normale, mais elles étaient embrouillées de manière qu'une fibre passait par dessus l'autre , qu'elles se croisaient en différens sens, sans cependant se confondre. Le feutrage était le plus prononcé là où se trouvaient les vers. Lorsque le cristallin fut placé dans l'eau, plusieurs lamelles s'en détachèrent, celles-ci placées dessous le microscope, firent voir très distinctement l'entrecroisement des fibres.

Dans deux cristallins extraits d'un homme âgé devenu aveugle par cataracte centrale , de Nordmann trouva dans l'humeur de Morgagni de l'une de ces lentilles encore en partie entourée de sa capsule, deux petits anneaux fins très délicats, qui placés dessous le microscope furent reconnus pour être deux filaires roulés. — On trouva dans une cataracte verte dont on avait fait l'extraction chez une vielle femme, un filaire long de cinq lignes et demie, dans l'autre cristallin qui fut aussi extrait, on ne découvrit aucun être vivant. — Gescheidt rencontra trois filaires dans le cristallin extrait d'un homme de 60 ans; la lentille était passablement grande, brune, jaunâtre à l'extérieur, de consistance pultacée, son noyau plus ferme à l'intérieur, parut plutôt jaune blanchâtre, et avait un aspect opalin particulier. — De Nordmann vit dans une lentille d'une vielle femme huit monostomes; les petits animaux se trouvèrent dessous la couche supérieure du cristallin, ils avaient un dixième de ligne de long, et mis dans l'eau chaude, ils firent des mouvemens à la vérité très lents.

Gescheidt trouva quatre distomes' entre la lentille et la capsule cristalline sur un œil d'un enfant mort d'un carreau qui avait duré cinq mois, et né avec une cataracte lenticulaire avee suffusion partielle de la capsule. Déjà à l'œil nu, on vit sous la paroi antérieure de la capsule, la place qu'occupaient ces animaux par quelques points troubles. Ces pelits vers d'un quart jusqu'à une demi ligne de long, étaient entourés d'une masse muqueuse opaque, et se présentaient dans différentes positions.

Les entozoaires entre les membranes de l'œil , la rétine et la choroïde, et entre celle ci et la sclérotique donnent

lieu à l'inflammation et à toutes ses suites; mais les vers vésiculeux, par la lenteur de leur accroissement, produisent les mêmes phénomènes que l'accumulation d'eau entre les membi'anes. — Lorsqu'ils se développent entre la choroïde et la rétine, ils dépriment celle-ci, ainsi que le corps vitré, et en produisent l'atrophie à mesure que l'animal prend de l'accroissement, en sorte que la rétine se trouve réduite à un petit paquet, ou à un cordon, comme on l'observe dans l'hydropisie entre ces membranes (§. 454). En outre, on remarquera encore des altération diverses dans la choroïde et la sclérotique, comme suites de la pression ou de l'inflammation. Gescheipt loc. cit.

Rossi (Mémoire délia reale Acadcmia délie scienze di Torino. T. XXXIY, Nr. 3. Torino 1830. — Hecker's Annalen. Bd. XXI. 1831. S. 499) trouva dans l'œil, entre la clioroide et la rétine, des hydatides de différente grandeur, et ayant donné lieu à divers maux d'yeux.

Des concrétions calcaires dans l'oeil.

Des concrétions calcaires ont été trouvées dans tous les tissus appartenants à l'œil. — Quant à leur origine et à leur siège , on distingue : 1) les concrétions qui se forment du fluide lacrymal ; 2) celles qui se développent dans les diverses parties du globe de l'œil; et 3) celles qu'on rencontre dans les paupières.

Les calculs lacrymaux, dacryolithes, produits par le fluide lacrymal, sont les concrétions calcaires qu'on rencontre le plus souvent; ils doivent leur origine, ou bien à une altération particulière de la sécrétion de l'humeur lacrymale, ou bien à une décomposition de ce fluide lorsqu'il est gêné ou arrêté dans son écoulement. Aussi les observe-t-on dans la glande lacrymale, entre le globe de l'œil et les paupières, ou sur

différents autres points des conduits lacrymaux: ils peuvent occasioner des accidents d'irritation, d'inflammtiou et d'obstruction des voies lacrymales; ils peuvent varier en couleur, en dimension et configuration , et ils se trouvent principalement formés de carbonate de cliaux avec quelques traces de pbosphate de chaux, d'albumine coagulée; ceux de la glande lacrymale sont composés, d'après Fourcroy et Vaucuelin, de phosphate de chaux. Selon le siège qu'ils occupent, ils doivent être enlevés d'une manière convenable, et l'écoulement libre des larmes sera rétabli; si la sécrétion du fluide lacrymal est pervertie d'une manière quelconque , on s'efforcera d'y remédier et de combattre au moyen d'un traitement approprié l'irritation ou l'inflammation de l'œil , si elle existe.

De Waether (Journal fur Chirurgie und Augenheilkunde. Vol. I, p. 163) observa chez une fille forte et bien portante d'ailleurs, à la suite de maux de dents très violents, qui ont duré pendant quatre mois, des constipations opiniâtres et des coliques, un sentiment de brûlure et de piqûre avec photophobie et larmoiement. Bientôt après, on vit à l'endroit où la conjonctive passe par dessus le bord antérieur de la glande lacrymale, un petit calcul blanc, anguleux, gros comme un pois, qui se laissa facilement écraser avec les doigts, et se réduisit en matière grasse, sabloneuse: quelques jours après, reparut à la même place un petit calcul semblable, et à mesure que les symptômes indiqués ci-dessus augmentèrent, la production de calculs devint plus prononcée, au point qu'il fallut peu de temps après enlever journellement deux à trois fois des calculs plus volumineux. De violentes inflammations du globe de l'œil avec des douleurs au front, de la photophobie, et du larmoiement, du gonflement et de la rougeur à la paupière supérieure, rendirent nécessaires des saignées répétées et un traitement antiphlogistique sévère ; on donna a l'intérieur une solution de carbonate de potasse avec sirop diacode et une infusion d'herbe de jacée; après quoi l'écoulement d'une urine trouble devint abondante, et il ne se forma plus de calculs; mais les mêmes symptômes se déclarèrent bientôt sur l'œil droit qui jusqu'alors n'avait pas été malade, ceux-ci disparurent sous l'influence du même traitement. La maladie avait duré en tout dix semaines. — Quelques années plus tard, il y eut une légère rechute qui céda à la même médication.

Des cas de concrétions calcaires entre le globe de l'œil et les paupières, se trouvent rapportés dans Guérin (Traité des maladies des yeux, p. 40. Lyon 1769) et dans le journal des savans. 1769. T. I, p. 282. Blasius (Observ. mcd. Tab. IX, fig. 10), Sandifout (Mus. Leidcns. T. I, p. 229), Schmuckeh. (vermischte chir. Schriftcn. Bd. 111, S. 254); virent des calculs dans la caroncule lacrymale: Blegrt (Zodiacus nicdicus galliae. An. I, Mart. Obs. 8, p. 63. April. Obs. 13, p. 79. Juni. Obs. l, p. 97), Vatrii (de calculis in locis inusitatis nnti.s et per vias

insolitas oxclusis. §. 8. in Halleri Disp. chir. T. I, p. 29), Sandifort (Muséum anatomicum. V. I, Scct. 6, Nr. 1. — Observât, anat. patholog. Lib. III, Cap. 4, p. 76. Tab. 8, fig. 3). — Travers (loc. cit., p. 238), dans les conduits lacrymaux ; — Sandifort (Muséum Leidcns. T. I, p. 229), dans le sac lacrymal; — Kriemer (Graefe et Walther Journal. Bd. X, S. 637) dans le canal nasal.

On a souvent observé des concrétions calcaires dans quelques unes des parties du globe de l'œil: elles ne se forment ordinairement que lorsque quelques tissus isolés, ou tout le globe de l'œil ont déjà subi quelqu'altération notable, et cbez des individus âgés, affectés de goutte ou d'autre dyscrasie et d'anomalie dans la composition des humeurs. — Dans le plus grand nombre de cas , c'est l'affection goutteuse qui est en rapport de causalité avec elles. — Le plus souvent, on les rencontre dans le corps vitré et dans le cristallin , mais on les a aussi observés dans les autres parties de l'œil , principalement dans la cornée , entre la choroïde et la rétine , et dans le nerf optique. — Ce n'est que dans l'ossification ou la pétrification du cristallin , impossible à reconnaître à l'avance, que l'opération pourra être utile, si l'œil est d'ailleurs dans des conditions favorables.

Caldani (opuscul. anaî. Patav. 1803, p. 33) trouva le corps vitré pétrifié au point de remplir toute la cavité du globe de l'œil en dedans de la sclérotique : Germann (de miracul. mortuor. Libr. III, §. 48, p. 1089) le vit de même. Le cas rapporté par Beer (Augenkrankheiten. Bd. Il, S. 581, Note) parait aussi s'en rapprocher. — Pujdolphi à la vérité croit, que les concrétions osseuses qu'on rencontre dans des globes de l'œil vidés et affaissés, ne se forment pas par ossification de quelque partie de tissus, mais par sécrétion morbide opérée par les vaisseaux de la choroïde; mais aussi de Walther (loc. cit., p. 164) vit une véritable pétrification du corps vitré qui, extraite de l'œil, était encore entourée de la rétine; la concrétion avait entièrement la forme et la dimension du corps vitré; donnait un son lorsqu'on la percutait avec une sonde métallique, et étant conservée dans l'esprit de vin , elle présenta encore au bout de longues années sa forme et sa structure primitive, et Grillo (Froriep's Notizen , Nr. 27) trouva une ossification du corps vitré dans les deux yeux d'un matelot, qui pendant 25 ans avait souffert de la goutte suivie d'une ophtlialmie goutteuse opiniâtre, de l'opacité de la cornée, de consomption lente de l'œil et de cécité complète; les yeux avaient été convertis peu à peu en deux boules blanches et dures. Le malade mourut apoplectique, et h l'autopsie on trouva le corps vitré totalement ossifié.

Les pétrifications de la lentille sont ordinairement accompagnées de désorganisation complète de l'œil (Schon loc. cit., p. 224), cependant il existe des cas où on n'a trouvé que la pétrification du cristallin, voy. St. Yves (loc. cit. P. II, Cap. 14), Morand (Mémoires de l'académie des sciences. 1730), Acrel (Chirurg. Vorfalle. Bd. 1, S. 131), Walther (Mus. anat. Nr. 264), Heister (med. cliir. Wahrnehmungcn. Bd. II), Pallas (chirurg. Beiner» kungen, p. 244), Richter (von der Auszichung des grauen Staares, p. 8). — Scarpa (loc. cit., p. 296) vit dans l'œil d'une vieille femme, dessous la choroïde, deux écailles dures, pierreuses, situées l'une derrière l'autre, tenant ensemble par une substance membraneuse dure, l'antérieure occupait la place du cristallin. — De Walther (loc. cit., p. 164) soumit à l'analyse chimique un cristallin ossifié et le trouva composé d'albumine, de phosphate de chaux et de carbonate de chaux.

Caldani (loc. cit., p. 33) et Scarpa (loc. cit., p. 297. Tab. II, fig. 8) trouvèrent le cristallin et le corps vitré pétrifiés à la fois. D'autres cas de concrétions calcaires dans l'intérieur de l'œil ont été rapportés par Schon (loc. cit., p. 224.)

J'ai souvent trouvé des concrétions calcaires dans d'anciens leucomes de la cornée chez des personnes goutteuses (ûber die durchsichtige Hornhaut des Auges. Carlsruhe 1818, p. 50); — Wardrop vit des grains de sable à la face interne de la cornée.

Panizza trouva entre la choroïde et la rétine une concrétion calcaire contenant dans son centre une substance blanche, gélatino - albumineuse dans laquelle la rétine comprimée en forme de poire s'étendait depuis l'insertion du nerf optique jusqu'au bord ciliaire; dessous elle, était la membrane hyaloïde et le corps vitré encore transparent, non adhérent à la face interne lisse de la rétine.

Haller (Obs. pathol. op. miuor. Obs. 65) trouva dessous la choroïde à la place de la rétine, une lame de pierre adhérente partout fortement à la membrane vasculaire; le corps vitré manquait, complètement et à la place du cristallin il y avait une masse calcaire irrégulière. — Des pierres ont été trouvées près du nerf optique par Haller, Morgagni, Blegnï, Schweig, Caldani, Walter (Schon loc. cit., p. 223); j'ai vu à l'insertion du nerf optique dans une niasse de fongus médullaire un grand nombre de calculs.

Des concrétions calcaires peuvent se former dans la peau des paupières et dans leurs environs: elles se présentent, ou bien sous forme de calculs du tissu cellulaire Çhistolilhes*), ou d'indurations produites par l'épaississement de la matière contenue dans d'anciennes chalazes ililhiasis , pierres des paupières, §. 506). — L'extirpation est la seule ressource dans ce cas.

*) Voy. mes observations sur les calculs du tissu cellulaire; Heidclb. klinischc Annalcn. Bd. IV, H 4.

Le cas rapporté par Platpîeu (Obs. Lib. III , p. 707) parait aussi dev oir être mentionné ici. Une tumeur située dans le sourcil contenait un calcul blanc, dur, de la dimension d'un pois.

Wellkii (Krankh. des menschl. Auges, p. 73) fait observer que les concrétions calcaires à la surface interne de la paupière, surtout de l'inférieure, ne sont pas rares, mais ne doivent pas être appelées des chalazes: elles consistent ordinairement dans de petits points crétacés un peu durs, irritant à peine l'œil, puisqu'elles sont plates et recouvertes de la conjonctive.

DE LA CONSOMPTION ET DE LA PERTE DE QUELQUE PARTIE OU DE LA TO- TALITÉ DE L OEIL.

La consomption de quelques parties de l'œil ou de l'organe tout entier, ainsi que sa perte complète arrivent, ou bien à la suite d'inflammation antécédente , d'ulcération, de gangrène , ou de blessures graves qui entravent la nutrition de l'organe à un haut degré, ou l'abolissent totalement, ou bien à la suite d'un vice de conformation congénital ou d'une opération qui a été pratiquée. Selon que la consomption est occasionée par la suppuration et l'ulcération, ou sans elles par simple perversion de nutrition, on distingue relativement à la cornée et à tout le globe de l'œil, une phthisie et une atrophie. — Une fois que l'œil se trouve dans cet état, tout espoir d'amélioration est perdu, et il est même très rare qu'on puisse arrêter les progrès de la consomption, lors même qu'on emploierait dès le commencement un traitement convenable, qui réponde aux causes qui l'ont produite.

De la perte des cils.

La perte ou la chute des cils, sans que ceux-ci se reproduisent (Psilosis, Ptilosis, Milphosis , Madarosis ciliaris) est la suite d'ulcérations chroniques profondes des bords des paupières , occasionaut la destruction des racines des cils ; c'est pourquoi elle est le plus souvent produite par des ulcérations scrophuleuses de longue durée, des inflammations impétigineuses, surtout varioleuses, herpétiques, et par psorophthalmie. — La perte s'étend à tous les cils ou à quelques uns seulement, et dans ce dernier cas, ceux qui restent sont le plus souvent plus forts ou plus petits et plus mous qu'à l'état normal. — En même temps le bord de la paupière est toujours malade, il est couvert de tubercules et d'indurations à la suite d'ulcérations scrophuleuses et syphilitiques, de taches rouges à la suite de la variole, et d'écaillés fines à la suite d'ulcères herpétiques , en même temps qu'il est rouge et atteint de mouvemens irréguliers. — Ces phénomènes persistent souvent pendant toute la vie, l'œil larmoie à chaque changement de température, autant de fois qu'il a été fatigué, et il est très disposé aux inflammations. — Comme l'organe est moins bien ombragé , et qu'il est plus exposé aux agents extérieurs, il est plus continuellement irrité. — Dans cette affection il n'y a d'autre traitement à employer qu'à ombrager convenablement l'œil, à le garantir contre la lumière trop vive et d'autres agents extérieurs nuisibles , tels que la poussière , le vent etc. et à appliquer des collyres astringents de sulfate de zinc ou de pierre divine avec du laudanum , ou des onguents avec des fleurs de zinc, de précipité blanc ou rouge.

De la perte des sourcils.

La perte des sourcils (Madarosis, Alopecia super ciliaris^ peut être occasionée par les mêmes causes que la chûte des cils, mais elle produit sur l'œil des effets bien inoins prononcés, vu que les sourcils protègent beaucoup moins cet organe que les cils.

De la perte de la caroncule lacrymale.

Si la caroncule lacrymale manque par suite de suppuration ou d'ulcération , ou pareeque, lors de l'extirpation d'un encanthis fongueux, on a enlevé trop de substance, l'absorption des larmes par les conduits lacrymaux est dérangée. 11 survient du larmoiement, en ce que les humeurs s'amassent dans le lac lacrymal et débordent {llhyas}. — Cette affection est incurable; le malade est obligé d'étancher de temps à autre, avec un morceau de linge, les larmes qui se trouvent dans l'angle interne de l'œil.

De l'atrophie de la cornée.

L'atrophie de la cornée iRhytidosis , Jîutidosis, Atrophia corncae) consiste dans un obscurcissement sale, avec

applatissement de la cornée, diminution sensible de la membrane qui cesse d'être régulièrement ronde. La chambre antérieure disparait complètement, la cornée et l'iris décoloré se touchent, la sclérotique est bleuâtre tout autour de la cornée, et la vue se trouve réduite à une simple sensation de lumière. — Cette affection est la suite d'ulcères chroniques et étendus, et d'infiltration de pus dans la cornée, surtout lorsque celle-ci est perforée, et que l'humeur aqueuse s'écoule continuellement; ou elle survient encore après que des blessures pénétrantes graves ont été faites à la cornée, ainsi qu'à la suite d'ophthalmies qui ont duré long -temps, comme celles qui sont entretenues par les cils renversés en dedans , par la lagophthalmie etc. — Les sources de l'humeur aqueuse doivent dans cette maladie toujours être considérablement dérangées , sans cela la cornée n'étant plus capable d'absorber, parcequ'elle a subi une altération de tissu, se distendrait par l'accumulation de l'humeur aqueuse. — Cette affection ne peut être guérie; ce n'est qu'au commencement de son développement qu'on peut, en éloignant avec soin les causes et en ménageant convenablement l'œil, empêcher peut être ses progrès.

II faut rapporter ici les obscurcissements de la cornée qui surviennent chez des sujets dont les yeux sont déjà faibles et épuisés par des travaux exagérés et des maladies fréquentes, surtout dans un âge avancé, par diminution de nutrition dans la cornée et de sécrétion de l'humeur aqueuse, lorsque les vaisseaux de l'œil perdent de leur énergie. Ces obscurcissements ne s'étendent ordinairement qu'à la circonférence externe et se bornent principalement à la partie supérieure de la cornée (arc, anneau sénile), mais souvent aussi ils occupent un plus grand espace et même toute la cornée, les cellules de la membrane s'éffacent, et son tissu devient semblable à celui de la sclérotique et enfin il peut même survenir une atrophie totale du globe de l'œil. — Dans ce cas seulement, on peut, par des soins convenables, par un régime fortifiant, en ménageant beaucoup l'œil, en administrant des médicamens toniques et en employant des frictions spiritueuses autour de l'œil, arrêter le» progrès du mal.

De la dissolution du corps vitré.

Lorsque l'humeur vitrée perd non seulement sa consistance naturelle semblable à celle du blanc d'œuf, mais qu'encore elle se trouve sécrétée en moins grande abondance, et qu'en même temps toute la membrane hyaloïde se ramollit et s'amincit, on appelle cet état dissolution du corps vitré, Synchyse iSynchisis corporis vitrei). — Cette maladie est caractérisée par un affaiblissement de la vue , qui finit par n'être réduite qu'à une simple perception de lumière. Tant que le malade voit , il est presbyte , la pupille est considérablement rétrécie, le bord pupillaire plus ou moins anguleux. Cet état est-il la suite d'une inflammation antécédente, l'iris est complètement immobile, ou ses mouvemens sont faibles ou manquent complètement, mais toujours on voit, lorsque le globe de l'œil se meut, une fluctuation de l'iris d'avant en arrière. Plus tard la lentille s'obscurcit, elle devient caséeuse et présente une couleur blanche, la sclérotique parait bleuâtre autour de la cornée. Dès le début de la maladie, le globe de l'œil perd sa résistance et son élasticité naturelles, est flasque et mou au toucher, et la sclérotique peut même être plissée par la compression, sans que le malade manifeste de sensation pénible. La marche de cette affection est tantôt rapide, tantôt lente, elle se termine par atrophie du bulbe qui n'est cependant jamais complète, à moins que des influences nuisibles spéciales ne viennent à y agir en même temps.

Les recherches anatomiques faites sur ces sortes d'yeux ont montré les cellules du corps vitré en partie diminuées, en partie éffacées, l'humeur vitrée en moins grande abondance et aussi ténue que de l'eau, diversement colorée surtout lorsqu'une inflammation a précédé, elle est souvent alors d'un rouge brunâtre. — Toute la membrane hyaloïde est en même

temps si mince et si friable qu'elle se rompt avec la plus grande facilite; c'est pourquoi, lorsqu'on entreprend l'extraction de la cataracte sur de pareils yeux , la membrane hyaloïde se déchire, et le corps vitré s'écoule avant qu'on aît touché la capsule ou le cristallin avec l'instrument; la membrane hyaloïde est détruite, lorsque le mal est arrivé à un haut degré.

Bebr, Lelire von dcn Augenkrankhciten. Vol. II, p. 257.

Adams, Trcatise on artificial pupil. London 1819, p. 116.

Schon, Haudbuch der pathologischen Anatomie des menschl. Auges, p. 215.

Rudolfhi (Grundriss der Physiologie. Bd. II, Abthl. 1, S. 152) a trouvé dans les yeux non distendus d'une personne syphilitique, la lentille et le corps vitré dissouls, au point qu'à l'intérieur de l'organe , il n'existait qu'un fluide aqueux homogène.

La nature de cette maladie est ordinairement envisagée comme une perte de la consistance albumineuse de l'humeur aqueuse, qui devient ténue comme de l'eau, en même temps que la membrane hyaloïde est amincie et rendue friable. — D'après Beer, ce serait principalement l'iritis syphilitique qui produirait cet état, mais moins l'inflammation elle-même que l'abus du mercure , surtout du calomel. C'est pourquoi l'on ne trouverait la dissolution du corps vitré, lorsqu'elle n'est pas la suite d'une inflammation, que chez des individus qui ont déjeà été syphilitiques, qui ont pris beaucoup de mercure, et chez lesquels la soi disant cachexie mercurielle est très prononcée, ou chez ceux qui sont très faibles, cachectiques et plus ou moins disposés au scorbut. Je ne puis pas adopter cette opinion comme généralement admissible; car assez souvent j'ai observé la dissolution du corps vitré chez des personnes qui avaient eu des ophthalmies internes sans la moindre trace de syphilis et qui n'avaient point subi de traitement mcrcuriel. — Dans la dissolution du corps vitré, il n'existe en général pas seulement une perte de la consistance albumineuse normale de l'humeur vitrée, mais encore une diminution dans la sécrétion de ce fluide, un état de ramollissement et d'atrophie du corps vitré. Sa cause prochaine consiste dans une diminution d'action du système

nerveux ciliaire , qui préside à toutes les fonctions de nu* trition et de sécrétion dans l'œil, mais principalement des rameaux nerveux qui entourent l'artère centrale de la rétine. Nous voyons donc dans toute dissolution un peu considérable du corps vitré, une diminution et un dérangement de nutrition dans les autres parties de l'œil : de là, la décomposition de la lentille et enfin l'atrophie de tout le globe de l'œil. — Toute inflammation violente interne de l'œil , et principalement aussi l'abus du mercure dans les maladies syphilitiques, les blessures considérables et les commotions de l'œil, surtout chez des sujets cachectiques, peuvent produire cet état, ainsi qu'il peut survenir dans le cours de plusieurs amauioses, ou plutôt précéder des atrophies du globe qui surviennent plus tard.

Le pronostic de la sytichise du corps vitré est toujours très défavorable: ce n'est que lorsque la maladie est à son début et qu'il n'y a encore qu'amblyopie, qu'elle est la suite d'une iritis syphilitique ou de l'abus du mercure , qu'on peut dans des cas très rares obtenir la guérison par un régime convenable , une alimentation fortifiante , le séjour dans un air pur, chaud et sec, par un exercice modéré, l'emploi de tisanes sudorifiques et du quinquina; de même aussi que j'ai vu dans quelques cas de synchise débutant chez des sujets cachectiques, obtenir d'excellents résultats par l'emploi externe des toniques , des vésicatoires répétés le long du trajet du nerf frontal et par des frictions spiritueuses aromatiques dans les environs de l'œil. — Si la dissolution du corps vitré est arrivée à un haut degré, elle doit être regardée comme incurable sous tous les rapports.

vr.

De l'atrophie du globe de l'oeil.

Dans l'atrophie du globe de l'œil (Atrophia, Marcor bulbi~) le bulbe diminue dans toute son étendue; la cornée, tout en devenant toujours plus petite, conserve sa forme régulièrement ronde ; la chambre antérieure disparaît presque complètement, et l'iris privé de pupille est accolé contre la face interne de la cornée. Le globe de l'œil devient de plus en plus petit, cependant il conserve la trace de sa structure normale, réduite à une petite échelle; il se rapetisse dans toutes ses proportions. La sclérotique semble à la fin se continuer complètement dans la cornée , et celle-ci disparaître presqu'en entier. La fente des paupières se rétrécit, la paupière supérieure est flasque et aplatie, et derrière elle, tout au fond de l'orbite, se trouve le globe de l'œil, sous la forme d'un petit corps blanchâtre et rond.

L'atrophie du globe de l'œil peut se déclarer après chaque inflammation violente des tissus externes de l'œil, à la suite de violentes ophthalmies et d'inflammations de la choroïde, elle arrive plus rarement après les blennorrhées de l'œil ou l'iritis , elle se rencontre le plus fréquemment à la suite des inflammations goutteuses. — Dans quelques cas rares, elle survient après la dépression de la cataracte par la sclérotique, où l'on voit se présenter d'abord un état paralytique de l'iris et ensuite, peu après, l'atrophie complète de l'œil. — Aussi dans l'amaurose, on observe souvent un état flasque du globe qui passe successivement à l'atrophie; et le soi disant glaucome se termine de même.

La principale cause de l'atrophie du globe de l'œil consiste dans une diminution d'action du système nerveux eiliaire

Chemvs! Ophthnliuologlt. Vol. il. 33

produite par l'inflammation, et l'altération morbide des tissus vasculaires et membraneux de l'œil; de là, cessation de la nutrition et des sécrétions de l'œil, ce qui est surtout prouvé par les atrophies qu'on voit survenir à la suite de scléroticonyxis qu'on ne peut pas attribuer à la perte d'une portion de corps vitré , ni à l'inflammation qui n'était pas trop intense, ou n'existait pas du tout, mais, simplement à la blessure de quelques nerfs ciliaires qui occasionne la paralysie de l'iris et des autres parties sensibles de l'œil, la cessation de nutrition et de sécrétion, et enfin l'atrophie de l'organe; — il eh est de même de l'atrophie qui survient quelquefois avec l'amaurose et le glaucome.

Le globe de l'œil ratatiné (Phthisis, consumlio bulbi) doit être distingué de celui qui est atrophié. La phthisie de l'œil est le résultat de la suppuration dans le cours d'une inflammation violente et surtout de celle qui est blennorrhoïque, l'œil se rompt alors et son contenu se vide, ainsi que cela peut aussi arriver après des blessures très considérables de l'organe. Dans ce cas, l'œil en entier est rapidement détruit, il n'en reste qu'une coque ridée, la sclérotique qui se retire au fond de l'orbite comme un moignon informe , au milieu duquel on remarque un sillon en forme de croix produit par les quatre muscles droits de l'œil.

Dans les yeux détruits par atrophie et par consomption purulente, le nerf optique se rapetisse aussi peu à peu jusqu'à son entrecroisement, et même plus loin encore.

La consomption du bulbe occasionne peu à peu la diminution rie la cavité orbifaire, d'où résulte alors un élargissement de la partie correspondante du crâne et un grand développement du lobe antérieur du cerveau, de là, Larrey (Clinique chirurgicale, T. V) a cherché à s'expliquer la grande délicatesse du sens du toucher chez les aveugles.

Ces affections morbides doivent être comptées parmi celles qui sont incurables. 11 ne peut être quention ici que de rendie la difformité moins frappante en appliquent un œil artificiel, en ayant égard aux conditions que nous indiquerons

plus tard. Lorsqu'un œil est affecté de consomption ou d'atrophie, celui qui est sain demande des soins tout particulière. L'expérience démontre que l'œil sain peut être facilement irrité et gorgé de sang, et de là dangereusement enflammé, en partie par les fatigues qu'il est obligé de supporter seul, en partie par les rapports sympathiques qu'il a avec celui qui est perdu. — Il faut donc pendant long- -temps donner des soins assidus, éviter toute fatigue de l'œil, régler le régime, placer des exutoires, et administrer des laxatifs rafraîchissants, jusqu'à ce que l'œil se trouve en rapport convenable avec les agents extérieurs et ait perdu sa tendance aux congestions sanguines.

De la petitesse et de l'absence congénitale

de l'oeil.

L'absence totale du globe a été assez souvent observée, cependant les cavités orbitaires existent alors ordinairement, et sont remplies avec un tissu rougeâtre, celluleux, mais elles peuvent aussi complètement manquer (Sprengel). Les nerfs optiques, leur entrecroisement, ainsi que leur origine au cerveau n'existent pas; les paupières (souvent adhérentes), les muscles de l'œil et les voies lacrymales peuvent subsister en ce que ces organes accessoires de l'appareil de la vision reçoivent en partie leurs nerfs de la première et de la seconde branche de la cinquième paire, mais en partie aussi, comme les muscles du globe de l'œil , ils ont des nerfs propres provenant directement du cerveau, troisième,- quatrième et sixième paire. On rencontre quelquefois plusieurs enfans d'une même famille , chez lesquels le globe de l'œil manque. *)

*) C'est ainsi que Se RENE (Recueil de la société tic Médecine de Marseille. Ann. 3, 18*28. Nr. 1, p. 151) a communiqué l'observation d'une Camille de six eufans dont trois sont nés sans yeux.

Fene.ch dit avoir connu une famille dont les trois ai nés n'avaient point d'yeux. W/lker vit deux sœurs privées d'yeux, tandis que leur frère en avait.

Il faut encore joindre aux observations recueillies par Schon (pathol. Auatomie des Auges", S. 2) sur le manque total du globe de l'œil, ceux de: Seiler, Beobachtungen ursprù'nglichcr Bildungsfehler und gânzliclieu

Mangels dar Augen. Dresden 1833. Fol.

Ollivier (Archives générales de médecine 1830. Mai. p. 415). J. J. Davaï, the Lancet. 1836. Avril, p. $3.

La petitesse congénitale d'un œil ou des deux yeux, microphthalmus, se présente dans diverses proportions, non seulement sous le rapport de ses dimensions, mais encore sous celui de la disposition intérieure de ses parties. Lorsque le globe de l'œil est diminué de volume à un certain degré, même jusqu'à être aussi petit qu'un pois, il n'est ordinairement pas rapetissé d'une manière égale dans toutes ses dimensions, mais présente fréquemment un applatissement plus grand à son segment inférieur, et de là provient que le diamètre longitudinal est un peu plus grand que le vertical. Le globe de l'œil ne remplit pas complètement l'orbite, les paupières, surtout la supérieure , sont un peu rétractées. — La cornée est prnportionellement plus petite encore que le globe , n'a que l'étendue d'une lentille etc. est plus ou moins aplatie, a perdu sa forme circulaire, tout simplement, ou par des prolongemens blancs divers, qui de la sclérotique s'avancent dans la cornée; elle est trouble, souvent entièrement leucomateuse et impropre à laisser passer les rayons de lumière. La limite entre la sclérotique et la cornée est presque toujours marquée par une strie blanche, bleuâtre comme dans l'anneau séuile; la sclérotique est au reste saine; l'iris est plus ou moins poussé en avant, ou se trouve appliqué contre la cornée; sa couleur est souvent ebangée, jaune grisâtre. La pupille est petite comme une tête de mouche, anguleuse, excentrique, et quoique ronde, peu ou point mobile; souvent 1 iris manque ou tiers inférieur (Coloboma iridis). — D'après

ces divers états de chaque tissu de l'œil , la vision est très faible, souvent il n'existe qu'une légère perception de lumière, ou bien la vue est complètement abolie. — Avec le miciophthalmus on observe le plus souvent des cataractes congénitales ou accidentelles, l'accumulation augmentée de l'humeur aqueuse (bydrops oculi anterior) ; de là, refoulement du cristallin vers le fond de l'œil, consomption du corps vitré , transparence particulière de l'œil , saillie conique de l'iris, et perte complète de la vision.

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