SOLUTIONS DE CONTINUITÉ ANCIENNES
Divisions anciennes des paupières.
Lorsque dans les plaies des paupières, celles-ci ayant été divisées verticalement, n'ont pas été réunies et que les bords se sont cicatricés séparément, il existe un colobome des paupières. — Il faut rafraîchir les bords et les réunir d'après les règles indiquées §. 2.
De l'a fente de l'iris.
De Wai.tmer, sur un vice de conformation congénital de l'iris, non encore décrit, avec quelques remarques sur les vices de conformation en général; Journal de Waether et de Graefk. Vol. II. p. 601.
Heïtelder in novis actis Leopoldinis. p. 8.
D'Ammon, sur la division congénitale de l'iris, de la choroïde et de la rétine de l'œil de l'homme (son Journal d'Ophthalmologie. Vol. I. p. 55).
A. Gescheidt, de colobomate iridis. Comment, ophthalm. Praef. est Dr.
ab Ammon. Drcsden 1831.
M. Jaeger in v. Ammots's Zeitschrift fur Ophthalmologie. Bd. V. S. 17.
La division de l'iris, coloboma iridis, Iridoschisma, survient par suite d'ébranlement violent de l'œil, par déchirure ou bien par blessure de l'iris, principalement lors de
l'extraction de la cataracte {coloboma iriâis acquisitum), — ou bien elle consiste dans un vice de conformation congénital (coloboma iridis congenituiri). Dans le premier cas, elle peut présenter des particularités relatives à sa grandeur, à sa position et à sa complication avec d'autres états morbides de l'œil, ce qui dépend de la violence qui l'a produite, et dans ce cas son influence sur la vision est nulle ou préjudiciable. — Dans le second cas, la fente offre aussi des variétés de dimension et de position — mais toujours une certaine régularité.
Le colobome congénital de l'iris présente une fente qui se confond avec la pupille, en sorte qu'en ce point celle-ci n'est plus limitée par l'iris, et quelle s'étend jusqu'à une certaine distance vers le ligament ciliaire et atteint même ce dernier. Le plus souvent la fente existe à la portion inférieure de l'iris; cependant elle a aussi été observée, quoique plus rarement, à la partie interne, supérieure et externe. La fente se prolonge seulement sur une partie de l'iris (colobome incomplet), ou elle arrive jusqu'au ligament ciliaire (colobome complet). Dans le premier cas, il présente une forme triangulaire; dans le second, la fente ou bien se rétrécit vers le bord ciliaire — et est alors pyri- ou cordiforme — ou bien les angles de la fissure s'écartent, en sorte que la pupille ressemble à un cône qui s'élargit vers la base (comme je l'ai observé dans un cas), ou à une figure triangulaire à sommet supérieur et à base inférieure. Cependant le plus souvent la pupille conserve sa forme normale, et n'est pas déviée du coté de la fente, en sorte que l'iris paraît un peu plus large du coté opposé. — Les mouvements sont généralement lents, pourtant je les ai aussi trouvés tout -à- fait naturels. Les bords de la fente sont plus minces que ceux du restant de l'iris, souvent manifestement frangés, moins foncés en couleur — et aux angles de la fissure on observe quelquefois des points rouges jaunâtres très-apparents. — A la place qui correspond à la fente, on ne voit rien des procès ciliaires, ce qui peut dépendre soit d'un manque de ces organes, soit du manque d'une coucbe
opaque déniera ceux-ci. - Le volume et les autres jpMîtis du -lobe de L'œil sont en général normales (ce n'est que très-rarement qu'on l'a trouvé plus petit), la vue n'est pas affectée, et Le seul inconvénient qu'on observe, c'est souvent une sensibilité trop forte à une lumière très -vive. Dans quelques cas, on a remarqué une opacité du cristallin avec conservation encore assez notable de la vue, la lumière pouvant arriver par la fente de l'iris jusqu'à la rétine ; cependant on ne conçoit aucune connexion entre les causes de la cataracte et celles du colobome. — Ce vice de conformation peut exister soit sur un seul œil seulement — soit sur tous les deux; dans quelques familles on l'a trouvé héréditaire.
Les opinions sont diverses sur la cause de ce vice de conformation. — De Walther qui, à la vérité, n'a pas été le premier à observer le colobome de l'iris, mais qui s'est servi le premier de ce nom et a cherché à en déduire des vues pratiques, regarde cette affection comme un arrêt de développement de l'iris, à une époque de sa formation, en ce que le globe de l'œil, provenant de la réunion des deux moitiés, s'est trouvé arrêté dans cette réunion et qu'il en est résulté une fente de l'iris, comme on l'observe dans d'autres fentes congénitales. Cette opinion est partagée par Wagner, Erdmann, Schôn, Heyfelder et J. Mûller. — D'Ammon et Gescheidt n'admettent pas l'explication de de Walther, pareeque, dans les premiers temps de la vie du fœtus, ils n'ont trouvé dans l'œil aucune fente de l'iris, quoiqu'elle ait été observée par Kieser sur les poules et par Carus sur les chats et les veaux. — Partant de leurs recherches sur la formation de l'iris et sur la disposition des parties isolées de l'œil dans' lequel il existait une fente de l'iris , ils ont admis comme cause prochaine de ce vice de conformation non pas la solution de continuité du cercle de cette membrane, mais bien la fente de la choroïde qui reste plus long-temps ouverte que de coutume et ne se ferme qu'après la formation de l'iris, qui par là prend part au colobome. — D'Ammon, dans ses observations sur les yeux affectés
OnftltiH, Oplithnlinolo^ic. Vol. II. 2
du colobome, trouva, outre une saillie de la sclérotique, nue fente à la rétine et à la choroïde et de plus une cicatrice au corps ciliaire présentant une forme oblongue, trace évidente de l'existence d'une fente primitive. — Heyfelder1) et Wagner 2) n'ont pas trouvé cette fente , mais ils ont vu le corps ciliaire oblong. Ce dernier auteur a encore observé au crystallin l'absence d'un de ses secteurs correspondant à la fente de l'iris et J. Muller 3) ainsi que d'autres ont vu cette fente à la partie inférieure sur les plus jeunes embryons humains. — Gescheidt 4) a trouvé le corps ciliaire un peu ovale , au reste régulier dans sa structure, jusqu'au point où il correspondait à l'iris et où il était facile de voir s'étendre la fente jusque dans le corps ciliaire. Il manquait au corps ciliaire une portion sémilunaire d'une demie ligne de large, paraissant comme excisée; la choroïde et la rétine étaient régulières. — Suivant Arnold ô) ce vice de conformation dépend, d'après toutes les apparences, d'une déviation et d'un manque de réunion des vaisseaux iridiens pour se couvertir en arcades ; ainsi la fente de l'iris ne dépendrait pas d'un arrêt, mais d'un manque de développement. Seiler 6) se prononce de la même manière sur ce vice de conformation. Tout en contestant l'opinion de de Walther, il considère cependant le colobome comme occasionné en partie par un arrêt de développement. Les vaisseaux de l'iris offrent cela de particulier, qu'ils forment des anneaux à la circonférence externe et interne, et que les rayons partant de l'un de ces anneaux pour s'anastomoser avec les autres, s'avancent en serpentant sans se réunir en réseaux comme les vaisseaux de la choroïde. Si donc l'un ou plusieurs de ces vaisseaux destinés à compléter la continuité du cercle, vient à s'oblitérer, l'iris est arrêté à cet endroit dans son développement, tandisque les autres cercles vasculaires se sont développés sur le bord pupillaire, et de cette manière il s'est formé une fente là où le développement de l'iris s'est trouvé arrêté. — Ce n'est qu'au moyen de cette opinion émise par Arnold et Seiler qu'on peut expliquer aussi ce vice de conformation analogue au colobome, où le petit cercle des vaisseaux iridiens se réunit, tandisque le plus grand reste ouvert; d'où résulte une double ouverture de l'iris. Stilling "0 a vu un cas où sur un œil
il existait un colobome et sur l'autre une double ouverture en 8 de chiffre.
») y. Ammon's Zcitsclirift fur Ophtalmologie. Vol. 111. p. 277.
*) Ibidem p. 467.
») Ibidem Vol. î. p. 230.
*) Ibidem Vol. IV. p. 437.
5) Anatomische und physiologisclic Untersuchungen iiber das Augo des
Mcnschen. Heidelberg 1S32. p. 152.
(i) Beobachtungen urspriinglicher Bildungsfehler und gânzlichcn Mangels
der Augen. Dresden 1833. Fol.
') In Hoi-scher's hannôver'schen Annalen. Vol. I. p. 107.
Lorsqu'il y a une fente de l'iris congénitale ou accidentelle, il ne reste qu'à garantir l'œil d'une trop vive lumière ; il faut interdire les travaux près du feu et en général défendre d'appliquer cet organe à la vue de petits objets brillans, surtout quand il est très -sensible à la lumière vive. -— - J'ai pourtant vu des personnes affectées de colobome congénital qui se livraient continuellement à une tension soutenue de l'œil sans éprouver la moindre altération de la vue.