ARBRE VASCULAIRE DE PURKINGE
physiologiques. Il en résulte que l'omhre qu'ils projettent sur la rétine est plus nette et assez foncée pour donner, dans e-. céments, k change au malade et lui faire voirdes corps * « ^" més ou inanimés, de couleur noire, qui voltigent dans 1 a ^ tée et dont il cherche à protéger l'œil par des mouvements de la ma^n.
Ces illusions d'optique affectent des formes très- variées en i apport avec les corps opaques qui les produisent et aussi un peu avec l'imagination qui en fait le portrait : les plus communes sont comparées h des moucherons,à des araignées, à des papillons, a des fragments de papier brûlé, à une toile d'araignée, etc.
Les mouches volantes pathologiques sont toujours brunes ou tout à fait noires. Elles sont mobiles; elles parcourent 1 étendue du champ visuel par un mouvement lent et descendant, assez semblable à celui des spectres physiologiques. D'autres fois leurs mouvements sont très-limités et ne représentent que de simples oscillations, ailleurs, elles sont tout à fait fixes. Il arrive parfois que les mouches volantes morbides disparaissent et sont remplacées par des mouches fixes. Ce changement provient ou bien de ce que les corpuscules du corps vitré primitivement mobiles ont pris adhérence en quelques points sous l'infiuence d'un travail phlegmasique qui se continue, ou bien de ce que les mouches fixes étant plus grosses, plus noires généralement que les antres, les sujets finissent, par hai)itude, par négliger les premières et ne faire attention qu aux autres, ou bien, le plus souvent, parce que la vision est devenue
plus mauvaise. .
C'est au moment où le malade passe d'un milieu peu éclaire dans un milieu inondé de lumière que les mouches volantes sont h-, mieux marquées et le plus nombreuses, quand, par exemple, au sortir de l'appartement, il avise un mur blanc éclairé par le soleil. Voici pourquoi. La vitrine remplie de corps flottants pathologiques a beaucoup perdu de sa transparence. Il en résulte une grande perte de lumière, ce qui fait que, dans un milieu peu éclairé, les images rétiniennes ont peu d'éclat et sont peu propres à fournir des sensations précises. Mais vient-on à . doubler ou à tripler la puissance de l'éclairage, immédiatement les conditions changent, les images rétiniennes deviennent lumineuses, et les ombres qui s'y trouvent sont par cela même nettement dessinées et nettement accusées.
Arbre vascuiairc rte Purkinge. — On peut rattacher à une cause de même ordre certains pbénomènes subjectifs, très-curieu.v
OPIITHALMOSCOPIE.
au point do vue physiologique, et qui consistent dans la perception de l'ombre du réseau vasculaire de sa propre rétine.
Ces phénomènes se produisent rarement d'une façon spontanée. On doit à Listing le procédé suivant pour les obtenir. Le regard est dirigé en dedans aussi fortement que possible vers un fond sombre, puis un pinceau de lumière vive, soit de la lumière solaire recueillie à travers un petit trou pratiqué dans un volet, soit les rayons lumineux d'une bonne lampe, collectés par une lentille à court foyer, est dirigé sur le côté externe du globe : au bout de peu d'instants, l'œil en expérience voit apparaître dans son champ visuel des ramifications qui affectent la môme disposition que les vaisseaux rétiniens et qui tranchent par leur nuance sombre sur le fond clair général, comme on le voit dans la figure 2.t.
Fig. 25. — Arbre vasculaire de Purkinge.
On peut encore rendre la chose plus sensible en imprimant quelques mouvements à la source lumineuse de façon à déplacer son fover sur la rétine.
Le moyen le plus simple, qu'il est posssible de renouveler à volonté dans son cabinet, est celui qui a été indiqué par Purkinge. Il suffit de se placer dans une pièce sombre et de promener devant l'œil en observation, avec une certaine vitesse, la lumière d'une bougie. La distance qui m'a paru préférable pour obtenir le plus
AHBRE VASCULAIRE DE PURKINGE. 'Oli riche réseau est de 23 centimètres. Dans ces conditions, l'arbre vascnlaire est du plus beau noir et fort bien dessuie sur un tond
^'lu raison physiologique de ce phénomène est facile à trouver. En dehors des faisceaux lumineux utilisés pour former l'image de la bou-ie, il en est d'autres qui pénètrent dans l'œil et provoquent une sensation de lumière diffuse. Si la rétine était également impressionnée de toutes parts, le champ visuel, en dehors de l'image de la flamme, apparaîtrait comme une surface doucement et unitormément éclairée. Mais la présence des vaisseaux dans la couche antérieure ou interne de la rétine, intercepte une certaine quantité des rayons lumineux destinés aux parties sous-jacentes. Il en resuite une inégalité dans l'éclairage, qui est imperceptible quand la quantité de lumière diffuse est grande, mais qui, dans les conditions de l'expérience de Purkinge, se traduit par des arborisations sombres et même noires, représentant exactement celles des vaisseaux rétiniens, et se détachant sur un fond plus ou moins clair.
On rencontre parfois des sujets qui ont constaté spontanément sur eux-mêmes les arborisations rétiniennes. Ce sont des malades chez lesquels la cornée ou le cristallin sont devenus assez opaques pour s'opposer à toute réfraction régulière, tout en restant translucides. La lumière est ainsi dispersée dans l'œil suivant toutes les directions, comme dans l'expérience de Listinget dePurkinge. Des lors, la partie translucide du globe exposée à la lumière apparaît . comme un disque lumineux sur lequel se détache l'ombre du reseau rétinien. ^ . .
Non-seulement on peut voir l'ombre des vaisseaux relmiens, mais il est possible même de constater la circulation dans leur cavité. Ce phénomène, qui a été étudié par un certain nombre d'observateurs, est plus difficile à découvrir que le précédent. Vierord a indiqué, pour y arriver, le procédé suivant. On fixe avec les deux yeux le verre dépoli d'une bonne lampe, puis on interpose les deux doigts écartés de la main en leur imprimant un mouvement très-rapide. Après quelques instants le champ visuel s'obscurcit ; le plus souvent les arborisations apparaissent, et dans le calibre des plus gros troncs vasculaires, on aperçoit de petits corpuscules animés d'un mouvement rapide, qui ne peuvent représenter que l'image entoptique de la circulation rétinienne.
OPHTHALMOSCOPIE.