DE L'ACUITÉ DE \A VISION
0"', 00438, et d'après les mensurations de Kollikcr, le diamètre des cônes dans la tache jaune est de 0"\004r) à 0"', 00^)4. L'unité a été obtenue par voie expérimentale en choisissant pour types un grand nombre de sujets jeunes, doués d'une bonne vue, et en prenant la moyenne des résultats obtenus. Cette unité n'a donc pas de valeur absolue. Elle représente une moyenne suffisamment exacte pour les besoins de la physiologie et de la clinique. Elle varie en particulier avec l'âge. Ces variations ont été l'objet de recherches intéressantes de la part de Vrœsom de Haan. D'après des observations relevées chez 281 individus dont l'œil ou les yeux étaient normaux, jusqu'à concurrence d'un degré d'hypermétropie inférieur à cet
observateur a constaté :
r Que l'acuité visuelle ne se modifie pas jusqu'à 27 ans, et qu'alors elle diminue de façon à être réduite de moitié dans un âge avancé ;
2° Que l'acuité visuelle est en moyenne supérieure à l'unité de Snellen et de Giraud-Teulon jusqu'à 42 ans : l'acuité visuelle la plus élevée trouvée par lui a été de 1,7 ;
3" Que les variations dépendant de différences dans l'éclairage du jour et dans l'état de l'individu font osciller, chez le même sujet, la valeur de l'unité de l'acuité visuelle entre et ;
4° Que la diminution de l'acuité visuelle occasionnée par l'âge provient à la fois d'une altération dans la transparence des milieux réfringents et d'un affaiblissement de l'appareirsensorial. Celui-ci provient surtout d'un épaississement verruqupux de la lame élastique de la choroïde, qui envahit sur certains points la couche des bâtonnets et y détruit un certain nombre de ses éléments.
.j" L'acuité visuelle diminue plus rapidement dans l'œil myope que dans l'œil emmétrope. Chez les sujets âgés de 60 ans, elle est généralement inférieure à ^ si la myopie est égale à - ou ^- Cette diminution provient de l'atrophie croissante des membranes intra-oculaires, d'une tension oculaire maintenue au maximum et de l'état jumenteux du corps vitré qui en est la conséquence. Malgré ces restrictions dont on pouvait encore augmenter le nombre, on peut, comme on le voit, accepter comme suffisamment rigoureuse l'unité adoptée par Snellen et Giraud-Teulon.
Ainsi donc le n° 1 de l'échelle typographique correspond à un caractère qui mesure transversalement 0'"'",1 et qui vu à 1 pied de distance (324 millim.), sous-tend un an glevisuel de 1 minute et
,,Q OPHTllALMOSCOPIE.
correspond à un arc rétinien de 5 millièmes de millimètre environ.
Les autres types typographiques sont répartis en il) numéros successifs et progressifs. Dans toute l'échelle, les parties noires, c'est-à-dire les caractères eux-mêmes sont égaux aux espaces hlancs qui les séparent de façon à isoler plus sûrement les unes des autres les images rétiniennes.
Le rapport qui a été choisi pour la graduation de l'échelle est des plus simples; il consiste à choisir pour chaque numéro des caractères de la grandeur du numéro qui précède immédiatement, augmentée de la valeur de l'unité, et à le placer à une distance telle que l'angle visuel ne change pas. Ainsi le n° 2 est égal comme grandeur au double du n" 1 ; lé n" 3 est égal au n" 2 plus le n" 1, et ainsi de suite. Pour que l'angle visuel ne change pas, le n" 2 devra évidemment èfl-e à une distance double, c'est-à-dire à 2 pieds; le n" 3, à une distance triple, etc. Le numéro respectif de chaque caractère est marqué au-dessus de lui, et il indique la distance à laquelle il doit être lu.
Ceci posé, il est évident que plus est grande la distance à laquelle une personne peut lire un caractère donné, toutes conditions d'éclairage égales d'ailleurs, plus est grande l'acuité de sa vision. En d'autres termes, l'acuité de la vision est en raison inverse de la grandeur de l'angle visuel minimum.
Pour déterminer l'acuité de la vision, il est toujours indispensable de se mettre à l'abri de l'influence que peut exercer l'état de la réfraction ou de l'accommodation de l'œil : sans cette précaution, on peut commettre de graves erreurs et attribuer à une altération de l'acuité, ce qui provient d'un vice de réfraction que l'on peut corriger avec des verres appropriés.
Dans ce but, on a recommandé de faire lire les caractères de l'échelle à travers un disque opaque muni d'un petit trou au centre, et qui porte le nom de lunette sténopéique. Celle-ci peut être remplacée simplement par une carte opaque percée d'un trou d'épingle. On supprime de la sorte tjous les faisceaux de lumière, qui ont une direction tant soit peu oblique, et on ne laisse pénétrer que des rayons centraux qui ne sont pas modifiés dans leur marche quel que soit l'état de la réfraction; mais on conçoit que dans de telles conditions, l'intensité de l'éclairage soit considérablement amoindrie. Aussi faut-il, pour réparer cette perte, prendre soin d'éclairer fortement les caractères de l'échelle.
Ces précautions prises, la détermination de l'acuité visuelle
DE L'ACUITÉ DE LA VISION. H' devient facile et exacte. On fait lire à une distance quelconque, pourvu qu'elle ne dépasse pas la limite de l'échelle, qui est de 200 pieds (65 mètres) dans celle de Giraud-Tculon, des caractères de moins en moins gros, jus'qu'à ce que l'on soit arrivé au caractère le plus petit qu'il soit possible de voir distinctement. Cependant il est préférable, pour corriger plus complètement les effets d'un mauvais éclairage, de choisir une distance moyenne commode, soit 10 pieds ou 3",24, par exemple. Admettons que le n*^ 10 soit lu facilement, sans épeler, et ici, il faut tenir grand compte de la rapidité avec laquelle se fait la lecture, on en conclura que l'acuité visuelle est normale, puisque ce numéro lu à cette distance sous-tend un angle visuel qui correspond à un arc rétinien de 1 degré. Mais supposons que la vision distincte s'arrête au n" 20, qui pour un œil normal doit être lu à une distance double, soit 20 pieds (6 '",48). On en conclut que l'angle visuel minimum sous lequel la rétine peut être impressionnée est double de l'angle normal, et par conséquent que l'acuité visuelle a diminué de moitié. Si pour la même distance de 10 pieds, la vue distincte s'arrêtait au n» 30 de l'échelle qui doit être vu à 30 pieds (9'"72), on en conclurait que l'acuité visuelle est au tiers de sa valeur. Et ainsi de suite. Donders a donné une formule à l'aide de laquelle on peut exprimer la valeur de l'acuité de la vision pour tous les cas qui peuvent se présenter. Cette formule présente surtout l'avantage de mettre à la disposition de tous les observateurs un mode uniforme de notation.
Il exprime par S l'acuité de la vision, par N le numéro du caractère le plus petit qui peut être lu, et par D la distance à laquelle cette lecture est possible ; on a alors :
Pour servir de guide, nous allons appliquer cette formule aux différentes hypothèses admises dans l'exemple précédent :
1° Le n" 10 est lu à 10 pieds de distance. D 10, N = 10 : d'où S= = 1, expression de la vue normale.
2° Le n° 20 seulement est lu à 10 pieds de distance, D = 10 ;
N = 20 : d'où S = '^^ = [.
3° Si c'est le n° 30 qui est lu à 10 pieds, on aura : D= 10 ; N=: 30 :
d ou b = 3-7 =
OPHTHALMOSCOPIE
Par ce procédé on mesure très-exaclement 1 acu, e visuelle. Ma^ on n*^ pas toujours à sa disposition une échelle graduée. Pom- Tes besoins de la pratique les différents caractères typoaZhinues d'un journal pourront suffire au diagnostic. Ainsi un Squi ira à travers le trou d'épingle et avec un bon éclairage etus petit caractère à une distance de 12 pouces (36 cent.) et ren-t te du journal à une distance de 20 pieds (G"',48 , pourra être considéré comme doué d'une acuité visuelle normale. Les divers caractères d'un livre serviront au même but avec un peu d habitude Mais ces ressources extemporanées pourront être surtout utilisées sans crainte d'erreur grave par les observateurs habitués à procéder rigoureusement. C'est pourquoi nous ne saurions trop conseiller d'acquérir promptement, par emploi de l'échelle typographique, cette habitude, ce coup d œil qui aident beaucoup ensuite à pouvoir sien passer.