‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 16 sur 89 · MALADIES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

MALADIES DU CORPS VITRÉ

ARTICLli PREMIEU Anatomie.

Le corps vitré remplit, dans la cavité oculaire, tout l'espace compris entre la réline et la face postérieure du cristallin 11 concourt [ maintenir la réline étalée à la face interne de la choroïde et a donner à l'œil sa consistance. Sa forme éminemment mobile est exactement moulée sur la cavité qui le renferme. En arrière et latéralement elle est convexe, en avant elle présente une surface concave, destinée à loger le cristallin et qui s'appelle la Fossette hyaloidienne. A l'exception du point correspondant au nerl optique au niveau duquel existent quelques adhérences, le corps vitre et la rétine sont simplement juxtaposés. Les adhérences sont au contraire Irès-solides entre le corps vitré d'une part, le cercle ciliaire et le

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cristallin de l'autre.

Le corps vitré, enlevé de l'œil, ne conserve pas sa forme; il s atfaisse s'aplatit considérablement, et perd une grande partie de l'eau qu'il renferme. Lorsqu'on le dessèche, il se transforme en

ANATOMIK DU COUPS VITllÉ.

une écaille très-mince, luisante comme une membrane vitreuse desséchée. Replacé dans Teau, il s'en imbibe asse^ v.te et reprend

SI forme primitive. .

La structure du corps vitré, malgré de nombreux travaux, es encore actuellement l'objet de vives controverses. Brucke avait établi qu'il est composé de lames concentriques ^^^^^^^'^'^^ couches d'un oignon, et séparées par un hqu.de gélatineux. Mai cette opinion a été réfutée par Bowman, qui a montre que cette apparence était due à l'action de l'acétate de plomb, dont s etai servi Brucke, pour ses préparations; et ce qui le prouve, c est au'avec ce réactif on crée cet aspect stratifié avec d'autres humeurs aue le corps vitré. Hanover admet qu'il existe dans le corps vitre, traité préalablement par l'acide chromique, une multitude de cloisons qui se dirigent de sa périphérie vers son axe et donnent a sa coupe transversale une certaine analogie avec la section d une orange. Cette disposition aréolaire, qui existe chez le nouveau-ne, n'a éié mentionnée jusqu'alors que par Finkbemer. Depuis 1 avènement de la pathologie cellulaire, quelques micrographes ont admis, dans le corps vitré, un système de cellules fusiformes, anastomosées entre elles et suspendues sous la forme d'un reseau délie au sein de la masse gélatiniforme du corps vitré. Telle est 1 opinion en particulier de C. 0. Weber et hvanoff. Ce dernier auteur mentionne aussi une espèce spéciale de cellules étoilées, ressemblant a des cellules ganglionnaires, et dont les prolongements variqueux sont munis de petites vésicules sphéroïdales. 11 signale enfin la présence d'autres cellules auxquelles il attache la plus grande importance, et qu'il considère comme formant la plus grande partie des éléments cellulaires du cristallin. Elles renferment des vésicules qu'il compare aux éléments mucipares, et qui fourniraient au corps vitré ses éléments de réparation.

La plupart des anatomistes, se basant sur l'existence incontestée de ces cellules durant la vie embryonnaire, et aussi sur quelques faits pathologiques mal interprété, sont adopté cette manière de voir. Toutefois elle est nettement contestée par Kôlhker et Ch. Kitter, qui n'admettent dans le corps vitré aucune espèce de structure propre. Dans leur opinion il représente une masse semblable à du mucus parfaitement transparent, sans organisation propre et analogue au contenu des kystes muqueux, normaux ou pathologiques. , , La membrane qui enveloppe le corps vitré ou membrane hya-

OPIITHALMOSCOPIE.

loïde est très-menue, délicate, transparente, à peine reconnaissable au microscope dans les parties postérieures de l'œil jusqu'à un millimètre et demi de Vora serrata, c'est-à-dire jusqu'au point où elle commence à s'unir à la rétine. Au delà elle devient rapidement plus épaisse, se dissocie en un nombre infmi de fibres très-déliées qui résistent à l'action de l'acide acétique et sont totalement dépourvues de stries fibrillaires. Cette portion antérieure de la membrane byaloïde porte le nom de portion ciliaire de l'hyaloide ou zonule de Zinn. Elle s'étend jusqu'au bord du cristallin, puis se confond av^c la capsule de cette lentille.

La zonule de Zinn ne s'interpose pas entre les plis des procès ciliaires, elle passe par-dessus. C'est la portion ciliaire de la rétine qui remplit ces intervalles. L'épaisseur de la zonule est plus grande en avant qu'en arrière, elle renferme des épaississements multiples ayant la forme de trabécules. Elle est constituée parles fibres mentionnées ci-dessus, qui sont disposées d'arrière en avant, dans la direction du méridien de l'œil, sans offrir ni anastomoses ni bifurcations. Avant d'arriver au sommet des procès ciliaires qu'elle recouvre, la zonule de Zinn se divise en deux feuillets, l'un antérieur et l'autre postérieur. Ce dernier, de structure vitreuse, très- mince, se dévie légèrement en arrière et vient s'unir à la capsule du cristallin un peu en arrière du bord de cette lentille. A ce moment elle cesse de former une membrane distincte et son épithélium disparaît. La face postérieure de la capsule cristalline touche donc immédiatement le corps vitré, et lui sert d'enveloppe en avant. Le feuillet antérieur, composé de fibres qui s'anastomosent fréquemment entre elles, forme la zone de Zinn proprement dite. Plus résistant que le précédent, il adhère aux procès ciliaires, et vient se fixer, sous la forme d'une collerette, à la capsule cristalhne un peu en avant du bord de la lentille.

La bifurcation de ces deux feuillets" et l'équateur du cristallin circonscrivent un espace circulaire de forme triangulaire connu sous le nom de canal de Petit. Ce canal, dépourvu de couche épithéliale, renferme une petite quantité de liquide transparent auquel on a fait jouer un rôle important dans l'acte de l'accommodation. Il est très-étroit pendant la vie, attendu que sa paroi antérieure étant unie aux procès ciliaires présente un nombre considérable de plis, qui viennent presque au contact de la paroi postérieure. Ces phs sont encore visibles au moment oii la zone, abandonnant les procès ciliaires, passe sur le bord du cristallin. Son insertion

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