RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRE
qu'il laisse inaperçues les opacités du corps vitré, à moins qu'elles ne siègent immédiatement derrière la cristalloïde.
La constatation de la mobilité empêchera de confondre les opacités du synchysis avec les opacités fixes, circonscrites, de l'hyalitis.
Le diagnostic ne présente de véritables difficultés que dans les cas 011 les corps flottants sont à peine perceptibles et très-nombreux. Ici, comme nous l'avons dit, les troubles de la vision sont graves, l'examen ophthalmoscopique, pratiqué sans précautions spéciales, ne révèle rien qu'un défaut de netteté dans les détails du fond de l'œil. Si l'on n'y prend garde, l'erreur devient facile et l'on est entraîné à attribuer cet aspect à l'état des membranes intra-oculaires. Règle générale : toutes les fois qu'à l'examen par l'image renversée, on rencontre un éclairage mauvais, une image rétinienne sans netteté dans ses contours et voilée par un nuage grisâtre qui occupe toute son étendue, il faut songer de suite au synchysis.
Les affections de la choroïde et de la rétine offrent bien un aspect qui a quelque analogie avec le précédent, mais ici les altérations sont le plus souvent mieux limitées, plus circonscrites : elles ont un siège qui ne varie pas pendant les mouvements du globe, elles ont en outre un certain nombre de caractères propres que nous ferons connaître.
Les corps flottants peuvent encore être confondus avec un décollement de la rétine. Nous indiquerons, k l'occasion de ce dernier accident, les moyens d'échapper à l'erreur.
Pro7iostic. — Le pronostic du synchysis. est très-variable : d une façon générale, on peut établir que les chances d'amélioration ou de guérison sont en rapport avec l'état d'intégrité plus ou moins complet des membranes intra-oculaires. C'est ainsi que les opacités du corps vitré provenant d'une action traumatique, dun épanchement sanguin, bien que plus nombreuses, plus opaques, bien qu'assez graves au début pour abolir à peu près complètement la vision, sont les plus susceptibles d'amélioration ou de guérison. Je trouve dans mes notes l'observation d un jeun sculpteur qui, sujet à de violentes palpitations ^^^^f^^^yj^ll niqu^^ap^récLle, fut frappé à de couHs ^ f
opanchemont sanguin dans le corps viti»; vision L au point de ne p.us lui pern^oUro t^^^ ^^^U^r, n A\.r. trnifpmnnt nnnrom-ie, mais plus entuit.
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lUience d'un traitement approprie, mais plus enco it du temps, la -sorption s'opéra réguli remen a a^s^^^^ pour que, six mois après l'accident, il put icprcnui
OPUTIIALMOSCOPIE.
Toutefois cette amélioration une fois obtenue, l'affection demeura staUonnai're et un certain nombre d'opacités floconneuses résistent !lnns le corps Titré ramolli. Fort heureusement, amsi qu il arrive en nareil cas ces opacités assez denses occupent les parties déclives et n'apportent que peu d'obstacles à la vision tant que l'œil n'est pas dirigé dans une situation extrême.
Les corps flottants, au contraire, qui deriventd un trouble de nutrition des membranes ambiantes, à quelque cause qu'on le rattache d'ailleurs, déjouent tout traitement et sont bien souvent incurables. Cependant on a rapporté des faits dans lesquels les cristaux de cholestérine, qui existent en si grand nombre, et à l'état isolé dans le synchysis étincelant, auraient progressivement disparu par une sorte de résorption. Dans les trois exemples que nous suivons depuis plus de cinq ans, il ne nous a pas été possible de constater le moindre changement.
Traitement. — Peu certain, trop souvent insuffisant.
S'il existe une affection des membranes intra-oculaires dont la synchysis soit le symptôme, c'est contre ce dernier que sera dirigé le traitement.
Si l'on a des raisons de croire à l'existence d'un état diathésique, c'est la maladie générale qu'il faut combattre.
Lorsque les opacités proviennent d'épanchements sanguins, on a conseillé les déplétions sanguines locales, telles qu'applications fréquentes de quelques sangsues aux tempes, ventouses de Heurteloup, etc. Il convient en même temps d'activer les fonctions de la peau par des bains sulfureux, d'entretenir une légère dérivation intestinale à l'aide des eaux de Kissingen, de Pullna, etc. Le séton ajouté aux moyens précédents, et entretenu pendant la durée du traitement nous a paru utile. Wecker recommande la compression méthodique du globe pendant la nuit à l'aide du bandeau compressif. Tous ces moyens sont rationnels; ils sont justifiés par un certain nombre de succès ; mais l'observateur ne doit jamais perdre de vue que, dans la plupart des cas, ils seront superflus.
Cysticerques du corps vitré.
On a constaté dans un certain nombre de cas très-judicieusement observés la présence d'enlozoaires dans le corps vitré.
CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ. m
Los faits de ce genre sont très-rares, au moins en France; ils semblent plus fréquents en Allemagne. Comme il ne nous a pas été donné encore d'acquérir sur ce point une expérience personnelle, nous nous bornerons à rapporter brièvement les faits publiés par les auteurs allemands et judicieusement reproduits dans l'ouvrage de Wecker. Coccius fit le premier mention d'une ampoule sphérique, qu'il avait observée dans le corps vitré d'une femme, SAns se prononcer toutefois sur la nature de cette particularité. Un an plus tard, de Grfefe reconnut le premier avec certitude la présence dans le corps vitré d'un cysticerque qui fut décrit avec grand soin par Liebreicb. L'entozoaire était enkysté dans une membrane d'enveloppe qui le tenait suspendu entre le pôle postérieur du cristallin et un point voisin de la papille optique.
Quelque temps après, de Gra^fe publia une seconde observation dans laquelle la membrane d'enveloppe paraissait s'insérer sur le pourtour de la papille optique. En 18o7, nouveau fait, publié par le même auteur. Ici, l'entozoaire était libre dans le corps vitré. Le sujet, paysan de 56 ans, s'était aperçu, après un mouvement de tète, d'un trouble subit de la vision dans l'œil gauche. Ce trouble diminua ensuite progressivement pour reparaître un jour brusquement pendant la marche. Le champ visuel était rétréci en haut et en dehors. L'éclairage au miroir fit découvrir au milieu d'un grand nombre d'opacités mobiles une vésicule d'un bleu verdâtre, flottant à la partie infériepre et interne du corps vitré. On constata d'une manière évidente, dit l'observateur, les mouvements de contraction de l'animal. Le col, la tête et les suçoirs ne purent être clairement reconnus à cause de la position déclive occupée par
l'animal. u •+ 1
On se décida à tenter l'extraction, parce que l'œil malade était le siège d'une inflammation menaçante, et que l'autre œil accusait quelques troubles sympathiques. Une large iridectomie fut d aboixl pratiquée dans le but de faciliter l'inspection directe de la cavité oculaire et de mieux se renseigner sur la situation de 1 ammal. De Grœfe fit ensuite une ponction à travers la sclérotique avec une aiguille comme pour procéder à l'abaissement d une cataract^ mais dans un point situé à 3 ou 4 millimètres en classique. Il s'écoula une petite quantité du corps ^^^re qu accumula sous la conjonctive. Celle-ci fut incisée avec de c staux courbes. Une pince capsulaire fut alors introduite a tra..rs 1 pla . scléroticale et conduite entre le cristallin et le cysticerque. L ope-
OPHTHALMOSCOPIE.
134 , rateur tenta de saisir l'animal par le col c'est-à-dire par sa partie la plus résistante. La première tentative échoua ; dans une seconde, 1 ète et le col furent extraits avec des lambeaux de la vésicule. L'extraction eut pour effet de diminuer les phénomènes d'irritation inflammatoire, de faire cesser l'irradiation sympathique; mais les manœuvres qu'elle nécessita aboutirent à une augmentation du nombre des opacités du corps vitré et au développement ultérieur d'une cataracte.
Dans une seconde observation du même auteur, 1 extraction préparée avec autant d'habileté que de hardiesse par deux opérations préliminaires fut pratiquée avec tout le succès désirable en ce sens que le parasite sortit intégralement de l'œil au point de continuer de vivre pendant quatre heures. Mais les opacités du corps vitré dont l'existence semble liée au développement du cysticerque, persistèrent en partie, ce qui n'empêcha pas une amélioration trèssensible de la vue. On trouve dans l'atlas de Liebreich la mention d'une tentative d'extraction entièrement suivie de succès. Il est à regretter que l'auteur n'ait pas accompagné le fait de détails qui n'eussent pas manqué d'être fort intéressants. Nous croyons aisément, toutefois, qu'il ait pu mener à bien cette entreprise, si l'aspect du parasite était aussi caractérisé qu'il le paraît dans la planche VII, figure 5 de son atlas ; nous l'avons reproduit aussi fidèlement que possible [pl. XXIV). L'histoire inachevée d'un pseudocysticerque nous porte à croire que les choses ne se présentent pas toujours avec une aussi grande netteté. Il y a déjà quelques années, l'existence d'un cysticerque du corps vitré, né et nourri sur les bords de la Seine, fut annoncée et minutieusement circonstanciée dans les Annales doculistique. Plusieurs oculistes en renom signèrent à son identité. Grâce à l'obligeance de notre collègue le professeur Legouest nous pûmes , Follin et moi , voir le lait et reconnaître sans grande difficulté qu'il ne s'agissait là que d'un décollement de la rétine pourvue à sa surface de quelques opacités mobiles, qui avaient figuré une tête et un col animés.
La présence d'un cysticerque dans le corps vitré a pour conséquence de provoquer la formation d'opacités de plus en plus nombreuses, de plus en plus gênantes, et d'amener au bout de quelques années une irido-choroïdite, et une phthisie complète du globe.
On a vainement tenté pour arrêter le mal l'instillation de toutes les solutions anthelminthiques. L'insuccès de ces moyens, la gravité de l'affection justifient doncdela façon la plus complète l'interven.
DES VARIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DE L'IMAGE OPHTHALMOSCOPIQUE. 13a tion chirurgicale si brillamment inaugurée par de Grœfe. On peut juger parles faits que nous avons rapportés que l'extraction a d'autant plus de chances de succès qu'elle est pratiquée à une époque cil la transparence du corps vitré n'est pas. encore compromise.