‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 20 sur 89 · ASPECT DE LA CHOROÏDE · texte numérisé non relu

ASPECT DE LA CHOROÏDE

plus foncé {pi.yi, fig- 2, 5; pl. IX, fig, 1, 2, 3, 4, etc..) produit par l'inégale répartition du pigment. Le même aspect se rencontre également lorsque le stroma est peu riche en pigment, pourvu que la couche épithéliale en soit pourvue. Ceci résulte de ce que le pigment épithélial, bien que renfermé dans une couche de cellules, est très- foncé, presque noir et à peu près complètement opaque. Avec une telle disposition l'image présente encore une coloration uniforme [pl. VII, fig. 1). Mais en examinant à un fort orossissement, on constate que le fond rouge est recouvert d'un piqueté brun délicat qui donne à l'ensemble une apparence chagrinée. Ce piqueté est produit parles cellules épithéliales remplies de pigment noir [ibid).

Les yeux d'enfants sont les meilleurs pour constater cette disposition. Chez eux, l'éclairage est excellent, le pigment de la couche épithéliale, très-foncé, tandis que celui du parenchyme est d'une couleur plus claire.

On rencontre assez souvent une troisième variété d'aspect qui est la plus intéressante en ce sens qu'elle s'éloigne le plus du type ordinaire représenté par un fond rouge orangé uniforme. Le parenchyme choroïdien est pourvu d'une quantité relativement considérable de pigment noir, la couche épithéliale est au contraire peu riche. Il en résulte que la structure du stroma choroïdien peut être en partie reconnue. Lesveines vortiqueuses situées dans les couches externes du stroma tout près de la sclérotique restent cachées, mais les vaisseaux choroïdiens moyens deviennent plus ou moins apparents. Tantôt ils sont encore couverts par une mince couche pigmentaire; dans ces cas, leur trajet se dessine, mais avec une teinte rouge un peu sombre : leur couleur propre, combinée avec celle des espaces pigmentaires intermédiaires couvre l'image de marbrures plus ou moins accusées et alternativement rouges et brunes [pl. VI, fig. 2, S, etc.). Tantôt ils sont au contraire très-apparents. Ils forment un réseau d un rouge ecailate, dont les mailles sont remplies par les masses Pi8»^<;^^t^"^ du parenchyme. Les espaces sombres sont désignes sous le nom ^espaces intervasculaires. Dans beaucoup de cas PJSnient lo inc une couche assez foncée pour donner à la choroïde 1 aspect d une surface ardoisée, sur laquelle s'étale un réseau rouge lA, M-

L;r'sque la choroïde renferme moins de sang ^^^^"^ par suite de quelque trouble profond dans la circulation gene

OPHTIIALMOSCOPIE.

raie les vaisseauxchoroïdiens pâlissent, deviennent couleur de chair tout' en restant assez marqués pour circonscrire les espaces pigmentaires Cet aspect a été reproduit dans la figure 6 de la planche VII, et dans la figure 6 de la planche X, empruntées à des sujets atteints de choléra.

La forme des espaces intervasculaires varie suivant la partie du fond de l'œil que l'on examine. Près de la papille et de la macula, ces espaces sont resserrés, petits, de forme ronde ou polyédrique [pl. IX, /ig. 1) ; à mesure que l'on se rapproche de Yora serrata les vaisseaux choroïdiens, plus volumineux, fournissent moins d'anastomose, ils sont plus éloignés les uns des autres et circonscrivent ainsi des espaces plus grands et surtout plus allongés [pl. IX, fig. 2). Cette disposition rayonnée des vaisseaux choroïdiens devient extrêmement marquée dans certaines formes d'atrophie de la choroïde [pl. XI, fig. 5 ; pl. XII, /îg. k. S, 6).

Les modifications apportées à l'image ophthalmoscopique par les variétés de couleur et de distribution du pigment donnent souvent le change, et des observateurs non suffisamment expérimentés prennent pour des produits pathologiques, ce qui n'est qu'un écart de l'état physiologique. Pour éviter l'erreur on tiendra compte des signes distinctifs suivants. La pigmentation pathologique de la choroïde se présente en masses irrégulières, non cir.conscrites par les vaisseaux : ces masses sont plus noires, plus saillantes, elles se rattachent le plus souvent à l'existence d'une choroïdite, elles sont disposées en bordure au pourtour d'autres altérations [pl. X\,fig. 1,6) ou disséminées irrégulièrement XII, fig. 2, 3) ne reproduisant jamais la régularité des espaces intervasculaires.

La choroïde chez quelques sujets, et tout particulièrement chez la race nègre et ses dérivés, étant plus fortement pigmentée, change complètement l'aspect du fond de l'œil. La couleur rouge orangé prend des teintes de plus en plus brunes. Le rouge peut disparaître complètement, et être remplacé par un fond ardoisé sur lequel la rétine devient visible sous l'apparence d'une membrane délicate d'un gris cendré, reflétant faiblement la lumière et présentant à sa surface des stries claires qui rappellent la direction générale des fibres nerveuses. Selon toute raison cette disposition striée n'est pas fournie par les fibres nerveuses elles-mêmes, mais bien par le tissu conjonctif interfibrillaire. La figure i de la planche VI, qui représente l'œil d'un nègre, donne une idée de cet aspect. Les

ASPECT DE LA TACHE JAUNE. 131) fi"-iires 2, 4 et 15 de la même planche reproduisent des types qui se rapprochent de la pigmentation de la race nègre.

Aspect de la rétine.

La rétine à l'état normal est sur le vivant parfaitement transparente : elle ne reflète dès lors que très-peu de lumière et n'est point apparente. Moins la choroïde est pourvue de pigment, moins celuici est foncé, plus l'éclairage est intense, et plus par conséquent la rétine paraîtra transparente. Si au contraire la choroïde est très-foncée, la rétine reposant sur un fond mat et gris peut devenir lé-èrement apparente, comme dans l'exemple rapporté cidessus. A un moindre degré, la membrane nerveuse est transparente dans presque toute son étendue, mais au niveau du ner optique où elle atteint son maximum d'épaisseur, elle devient faiblement opaline. Cette légère opacité physiologique se rencontre chez les sujets dont la choroïde est très-fortement pigmentée au pourtour delà papille et principalement pendant qu'ils sont jeunes ce qui résulte sans doùte de ce que la papille est alors plus riche n fibres nerveuses, et aussi probablement de ce que le tissu conjonc 1 est le siège d'un certain degré d'inhltration. Quoi qu il en soii, ce léger trouble rétinien péripapiUaire peut ^'^^^'^'^ pour diminuer la netteté des contours de la papille et des vais seaux rétiniens, ou tout au moins voiler le cote nasal de son 1 m^^^^ Les figures 4 de la planche VI, 6 de la planche IX, 4 de la p anche X

donnent une idée aussi exacte q-'^^ -^^^ ,1 1 Ho QÛ le dessin, de ces nuances si légères, - ^ehcates. C st a toi qn^^ l'on a signalé cet aspect de la rétine comme un état pat^^^^^^^ relié à diversesaffectionsdel'encéphale et plus P- -^^^^^^ à la méningite basilaire et à l'h^morrhagie cerebr^^^^^^^^^ nous à le répéter, on rencontre fréquemment cet aspect enfants parfaitement sains.

lo 1,1+pa fovea centralis).

Aspect de la tache jaune (macula lutea,

postérieure de l'axe optique, se trouve une petite

OPHTHALMOSCOPIE.

tante au point de vue physiologique et pathologique parce qu'elle est préposée à la vision directe et que les altérations dont elle est le siège entraînent des troubles visuels considérables. On la désigne

sous le nom de tache jaune. 4 u M' i

Rien n'est variable comme l'aspect de cette tache a 1 ophthalmoscope. Lorsqu'elle est le mieux dessinée, son siège est marqué par une coloration plus foncée de la choroïde dans un espace arrondi un peu plus grand que la papille. L'attention une fois dirigée sur ce point, on découvre vers le centre de cette surface plus foncée une tache rougeâtre d'autant plus éclatante que la surface qui l'entoure l'est moins. Son aspect est tel, qu'elle a été fréquemment attribuée àunehémorrhagie. Enfin au centre de la tache rouge figure à un fort grossissement un point blanc formé par la foma centralis [pl. VII, fig. 1). La surface brune excentrique est due à une pigmentation plus foncée de la choroïde ; la surface rouge, d'abord au peu d'épaisseur de la rétine qui, à ce niveau, ne renferme qu'un très-petit nombre de fibres nerveuses et d'éléments de tissu cellulaire, et ensuite à la couleur du pigment choroïdien.

D'autres fois la tache jaune n'a pas de limite précise. Elle porte mieux son nom, elle est indiquée par une surface assez large au niveau de laquelle la choroïde passe du rouge orangé à un rouge très-riche en jaune. Ce changement de couleur s'opère par gradations insensibles depuis le bord interne du nerf optique jusqu'au point occupé par la macula. On ne distingue plus ici à proprement parler la tache jaune, mais bien la région de la tache jaune.

Cet aspect est dû à ce que le pigment est moins foncé, et même tout à fait jaune.

Le plus souvent, la macula ne présente aucun des caractères qui viennent d'être mentionnés. Elle se perd dans le fond choroïdien, on ne la voit pas, on ne la distingue pas. Ajoutons d'ailleurs que l'examen en est beaucoup plus difficile que celui des autres parties du fond de l'œil. Comme elle est la partie la plus sensible, Ja plus impressionnable de la rétine, elle est plus vivement excitée par la lumière du réflecteur, et provoque de plus énergiques contractions de l'iris. En outre , comme elle est située à l'extrémité de l'axe optique principal, il faut pour la voir que l'œil soit dirigé directement vers le miroir. Le reflet de la cornée est dès lors inévitable et suffisant pour voiler une partie de la pupille contractée. La meilleure condition d'observation consiste à employer l'image

ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE. l il

droite avec un miroir plan et en recommandant au malade de fixer le miroir tout près de son centre. Il est le plus souvent indispensable pour voir distinctement de placer derrière le réflecteur un verre concave d'un foyer approprié. En dilatant préalablement la papille, l'examen est beaucoup plus facile ; mais alors il est indispensable, à moins qu'il n'y ait uneanestbésie rétinienne, d'employer un éclairage très-modéré, une bougie par exemple. Le plus souvent on reconnaît la macula à sa position et aussi à ce que plusieurs rameaux ténus des vaisseaux rétiniens viennent y aboutir de diverses directions. Elle est située en dedans de la papille (image renversée) à une distance égale à deux fois le diamètre de cette dernière vue avec la lentille de 2 pouces 1/4 (ei"""). Elle est aussi sur un plan un peu plus élevé. Une ligne menée de son centre suivant le méridien horizontal , passerait à peu près au bord supérieur de la papille (image renversée). Ces indications de position sont faciles à déterminer et suffisantes. C'est donc, à proprement parler, la région de la tache jaune et non la tache jaune elle-même que l'on explore habituellement pendant l'examen ophthalmoscopique.

Aspect de la papille optique.

La papille est formée par rextrémité intra-oculaire du nerf optique. Elle est représentée par un disque de forme arrondie, de nuance gris rosé, de contours bien définis, caractères qui la mettent vigoureusement en relief sur le fond rouge de la choroïde. Il est impossible de la méconnaître m de la confondre avec ce qui n'est pas elle, si l'on se rappelle que sur sa surface se trouve le point d'émergence des vaisseaux rétiniens II ariive cependant qu'au début des exercices , on F-^^d^P»" '^//r^ l'une des deux images fournies par la lentille q"' s»" -F^ sentées planche VI, figure 3). Il suffit, pour éviter cefiee . eu grossière, de s'assurer que ces images sont plus P«'''= ' d'un poi^t noir au centre, dépourvues de ' 'Jj^^

déplacent en sens inverse au moindre mouvement de rotation

la lentille sur son axe. , . ^

. Dans certains cas, la papille n'est pas ronde, "'^^^j^^^^^^^^^^ dans le sens vertical (pl. IX, fig. 2), soit plus laiement dans

OPHTIIALMOSCOPIE.

11 transversal [pl. IX, /iç- 4). Nous savons que le vice de réaction qui caractérise l'astigmatisme, a pour effet optique de déformer l'image de la papille, etde lui donner une forme ova- Uhe Nous avons insisté précédemment sur les moyens dedistmffuer'cette illusion d'une véritable anomalie anatomique.

La couleur de la papille physiologique comporte une foule de nuances qui se refusent à la description et qui défient même le pinceau Le ton général est du gris pénétré de rose et de jaune. Il est beaucoup plus clair vers le centre et à la circonférence, plus foncé au contraire, dans les régions intermédiaires. Chez certains sujets' c'est le gris qui domine [pl. VI, fig. 5); chez d'autres c'est le jaune \l, fig- 26; pl. IX, fig. 2). Ailleurs, c'est le rouge [pl. VI, fig. 3, 4 ; pl. IX, fig. 4, 6, etc.). A cet égard, l'état physiologique comporte de tels écarts que ceux-ci sont fréquemment attribués à un état pathologique; on peut en juger en comparant entre elles les images consacrées à l'œil physiologique. La figure 6 de la planche VII, empruntée à un sujet cholérique, chez lequel l'acuité visuelle exactement déterminée était normale, représenterait aisément un type d'hypérhémie pathologique. Il en est ainsi de la figure 4 de la planche IX, qui représente le fond de l'œil d'une personne de 30 ans, douée d'une vision irréprochable, mais soumise, avant l'examen, à l'atropine, et de même la figure S de la planche VI, représentant la papille d'un vieillard, simule de bien près, avec ses reflets bleuâtres, certaine forme d'atrophie papillaire. Le ton jaune uniforme de la figure 2 de la planche IX ressemble singulièrement à ce que l'on observe pendant la première phase de quelques névrites optiques. Ces quelques exemples aideront à faire comprendre combien il est délicat dans certains cas de porter un jugement fondé exclusivement sur la coloration de la papille. Entre l'état sain et l'état pathologique au début, les nuances sont difficiles à saisir. Pour mettre en garde contre l'erreur, nous avons reproduit scrupuleusement les principales variétés de papille physiologique, qui se sont présentées à notre observation.

La surface de la papille peut être le plus souvent décomposée en trois zones distinctes, l'une centrale, claire, qui correspond à la lame criblée, une seconde périphérique, marquée par une ligne blanche souvent interrompue du côté de la tache jaune^ qui correspond à la limite scléroticale du nerf optique, enfin, une zone intermédiaire grise, qui correspond à la couche des fibres nerveuses. La figure 4 de

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