‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 21 sur 89 · ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE · texte numérisé non relu

ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE

lia planche VII, qui représente la papille vue à un fort grossissement, I donne une juste idée de ces trois zones et de leurs rapports. Pour < en comprendre la signification , il est nécessaire de rappeler la : structure anatomique du bout intra-oculaire du nerf optique. Celui-ci passe à travers un trou dont est perforée la sclérotique, son névrilème se confond à ce niveau avec le tissu de la membrane fibreuse elle-même. Comme, en ce point, la choroïde est le plus souvent dépourvue de pigment, le névrilème recouvert seulement par des membranes transparentes , réfléchit fortement la lumière et produit cette ligne blanche plus ou moins accusée que l'on désio-ne sous le nom de limbe de la papille.

^De tout le pourtour de l'anneau sclérotical émanent des fibrilles cellulaires qui traversent le nerf et forment par leur entre-croisement un véritable réseau à travers les mailles duquel passent les faisceaux nerveux. Ce réseau représente ce que l'on désigne sous le nom de lame criblée. Elle a pour effet d'augmenter la force de résistance du nerf optique, et de lui permettre de résister à la pression intra-oculaire : de nature fibreuse, elle réfléchit vivement la lumière. C'est elle qui correspond à la zone centrale de la papille, et qui est représentée par la tache blanche située immédiatement en dehors de l'origine des vaisseaux.

L'éclat et l'étendue de la lame criblée sont très-variables. Ces variations dépendent de la disposition affectée par les faisceaux de fibres nerveuses. Ceux-ci, après avoir traversé la lame criblée, ne s'étalent qu'au moment où ils se sont élevés au-dessus des couches externes de la rétine. Ce n'est que parvenues à ce niveau qu elles peuvent s'infléchir pour former en s'épanouissant la couche des fibres de cette membrane. Cette disposition tend a produire vers le centre de la papille une dépression en entonnoir au fond de laquelle la lame criblée est plus ou moins à découvert. La profondeur et l'étendue de cette dépression centrale dépendent de 1 état

des couches externes de la rétine. Si ^«l^^f' ^^^^'^^^^ ;;^tes dTépaisseur jusqu'au bord du nerf optique, les fibres neiveuses de

lairement, puis s'infléchir brusquement pour /-n^oi un angle

presque dr^it. Dans ces cas, elles restent lo^S^-^P; ^ h

Lslux; elles donnent à la P^F^^^ ^^^é -H^^ ^^^^ dépression centrale sera tres-profonde n. ^^^^ la lame criblée ne sera pas visible ou e seia ^ mensions d'une toute petite fossette blanche, au i

OPHTMALMOSCOPIE.

émergent les vaisseaux. Les Hgures 2, 3 4 de la planche VI repréen nt des cas dans lesquels la lame cnb ee n est point visible ; 1 f de la papille est d une teinte uniforme. Dans les figures 3 et Tde la planche VII, la lame criblée est réduite à de petites di- |

"^sTau^contraire, les couches rétiniennes s'amincissent en se rapprochant de la papille, les fibres nerveuses s'infléchissent plus tôt, d'une façon moins brusque, la dépression centrale augmente, et la lame criblée est mise à découvert dans une plus graade étendue. Dans ces conditions, qui sont les plus communes, la tache blanche est plus large. En raison de sa signification on lui donne le nom à'excavaiion physiologique. Vue à un grossissement suffisant, elle représente distinctement un réseau blanc éclatant dont les mailles ont une teinte grise, produite par les faisceaux défibres nerveuses qui les traversent perpendiculairement. On dirait assez exactement la coupe d'un jonc. L'excavation physiologique siège vers le centre de la papille : un peu plus rapprochée cependant du bord correspondant à la macula, sa situation est subordonnée au mode de distribution des fibres nerveuses dans la rétine. Celles-ci en très-grand nombre, quelques auteurs disent même en totalité se dirigent vers le côté nasal de la papille et se répandent jusqu'à la périphérie de la rétine, en décrivant autour de la macula des courbes qui les tiennent éloignées de ce centre ; du côté de la tache jaune, on ne rencontre que la quantité de fibres nécessaires pour établir ses rapports physiologiques avec le nerf optique. Il résulte nécessairement de cette disposition , que le côté nasal de la papille est masqué par la masse des fibres nerveuses, tandis que le côté interne reste découvert, ce qui met en vue la lame criblée et marque nécessairement la place de l'excavation physiologique.

Les faisceaux de fibres nerveuses représentent la zone d'un gris rosé, située entre le bord sclérotical et la lame criblée. Elle forme une espèce de croissant ou mieux de disque qui entoure l'excavation physiologique, qui est large du côté nasal, et très-étroit du côté de la macula. Par ce fait que la majeure partie des fibres nerveuses se porte vers le bord nasal, la papille est souvent plus élevée de ce côté que du côté opposé. H. Muller, le premier, a appelé l'attention sur cette différence de niveau. Nous empruntons à l'excellent travail de Schweiger une figure qui représente la coupe longitudinale du nerf dans un cas de ce genre {/îg. 27).

ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE. 145j

N indique le côté nasal ou interne, M le côté externe ou temporal tle la papille. Les couches externes de la rétine sont plus élevées du côté de N que du côté de M, et de plus l'épaisseur de la masse

pig, 27, — Coupe longitudinale du nei-f optique dans un cas d'élévation inégale

de la papille.

des fibres est plus grande vers le côté nasal que vers le côté opposé, ce qui établit nécessairement une différence de niveau bien marquée. Dans ces conditions l'excavation physiologique a des parois inégales : du côté interne, elle est limitée par un bord élevé très-aigu, du côté externe, au contraire, elle est moins profonde, son bord est peu marqué par cette raison que la papille s'élève au niveau de la rétine d'une façon insensible et qu'elle l'atteint au njveau de la limite du nerf optique.

Les bords de l'excavation physiologique n'atteignent jamais la limite scléroticale. Ils en sont séparés par une couche intermédiaire qui représente l'épaisseur de la couche des fibres, il est facile de le constater dans les figures 1,2, 3, 4, 5 de la planche VIII, qui représentent diverses variétés d'excavations physiologiques très-développées. Cette remarque est fort importante parce qu'elle marque la différence qui existe entre l'état physiologique et une altération pathologique spéciale aux a ffechons glaucomateuses, dans lesquelles les fibres nerveuses sont détruites et refoulées en arrière de façon à donner naissance a une excavation pathologique dont il sera question plus tard.

Les vaisseaux rétiniens contenus dans la couche des fibres nerveuses suivent nécessairement la direction de ces dernières Ils montent d'abord verticalement jusqu'au niveau du bord de 1 ex-

OPHTHALMOSCOPIE.

. . s'infléchissent brusquement pour se ramifier

rs la X. Cette disposition leur donne à rophthalmoscope un spec caractéristique; la portion située au delà de 1 excavation o^e rien de particulier, mais la partie située dans 1 excavation même, et qui s'élève le long de ses parois, n est visible au'en raccourci par un effet de perspective ; elle est des lors lu apparente, parfois même imperceptible, soit parce qu au fond de la cavité l'éclairage devient insuffisant, soit parce qu elle est recouverte par une légère couche de fibres nerveuses.

U en résulte que les vaisseaux rétiniens, situés du côté du bord aigu de l'excavation, paraissent se terminer sur ce bord en se recourbant en crochets [pl. VIII, fig. 4). Leur portion centrale située plus profondément n'est pas visible. Dans la figure 1 de la même planche, celle-ci est visible encore, mais avec moins d'éclat que les autres parties. On rencontre certains cas d'excavation trèslarge dans lesquels les vaisseaux sont flexueux à leur point d'émergence. Au lieu de s'élever directement le long de la paroi de l'excavation, ils paraissent s'infléchir tout d'abord sur la lame criblée, de telle sorte que leur direction générale affecte la forme de la lettre Z. On découvre alors au miroir un tronçon de vaisseau qui ne dépasse pas les limites de l'excavation et qui paraît sans rapports de continuité avec les vaisseaux rétiniens. La figure 2 de la planche VIII représente cette disposition que nous avons tenu à reproduire pour montrer qu'elle est compatible avec une bonne vue, malgré sa ressemblance avec l'excavation pathologique. Ici l'excavation est très-étendue, la lame criblée, large et brillante ; mais on peut se convaincre que de tous côtés son bord est séparé du limbe sclérotical par une zone intermédiaire rosée formée par les fibres nerveuses.

L'existence de l'excavation papillaire est la conséquence inévitable du mode de distribution des fibres nerveuses dans la rétine : elle a été constatée directement par l'anatomie pathologique. A son tour, le miroir oculaire permet de la reconnaître en faisant voir la différence de niveau qui existe entre la rétine à l'endroit où elle atteint le bord de l'excavation et le plan de la lame criblée. On y parvient par les deux procédés de l'image droite et de l'image renversée. Admettons pour fixer les idées que l'œil soit emmétrope et adapté pour les rayons parallèles, le plan de la réline fournira une image nette, les vaisseaux distribués à sa surface seront vus distinctement parce que les rayons réfléchis par elle sortent en pa-

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