MALADIES DE LA RÉTINE
ARTICLE PREMIER Anatomie.
La rétine est une membrane parfaitement transparente sur le vivant, mais qui devient blanchâtre et opaline après la mort. Elle est la plus interne des membranes intra-oculaires. Etalée entre la choroïde et le corps vilré, elle s'étend de la papille optique avec laquelle elle se continue par l'une de ses couches jusqu'à l'origine de la zonule de Zinn. Là, les éléments nerveux se terminent par un bord onduleux, uni intimement à la choroïde d'un côté et à la capsule hyaloïde de l'autre : au delà elle n'est plus représentée que par une couche celluleuse spéciale qui se prolonge en avant sur la portion ciliaire de l'hyaloïde.
Cette membrane est extrêmement mince. Son maximum d'épaisseur, qui se trouve au niveau du nerf optique, ne dépasse pas 2 à 4 dixièmes de millimètre. A partir de ce point, elle s'amincit progressivement, et de façon à être réduite à un dixième de millimètre d'épaisseur environ au niveau de son bord antérieur.
La rétine se compose de deux éléments fondamentaux, le tissu nerveux et le tissu cellulaire dans lequel il faut comprendre les tuniques vasculaires. La combinaison de ces deux tissus est tellement intime que, malgré les recherches les plus minutieuses, entreprises dans ces dix dernières années, tant chez l'homme que chez les animaux, il n'est pas encore possible d'en
ANATOMIE DE LA RÉTINE. in
déterminer la structure et d'en lixer les limites. Toutefois, en étudiant la rétine suffisamment durcie et sur des coupes verticales, les anatomistes sont d'accord pour lui reconnaître plusieurs couches, parallèles entre elles, superposées et comme stratifiées
Fir/. 31. — Coupe verticale de la rétine humaine, pratiquée à 0™,015 en avant de l'entrée du nerf optique. Grossissement de 350 diamètres.
I couche des bâtonnets; 2. couche granuleuse externe; 3, couche intermédiaire ;+, couche granuleuse interne; 5. couche grise finement granulée ; fl, couche de cellules nerveuses ; 7, fibres du nerf optique ; 8, libres de MiiUer ; 9, extrémités de ces fibres ; 10, membrane limitante.
Cet arrangement résulte de la disposition affectée par le tissu nerveux. Sa structure est telle que les éléments de même nature y forment entre eux un plan parallèle à la surface externe de la rétine, avec cette particularité bien intéressante qu'une série de ces éléments superposés représente le mode de terminaison d'une fibre
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On admet dans toute rétendue de la rétine cinq plans ou couches distinctes qui sont de dehors en dedans : l' la couche des halonnets ; 2' la couche granuleuse; 3" la couche de substance nerveus. grise ou la couche ganglionnaire ; la couche <i^^ «>l^^^~ provenant de répanonissemcnt du nerf opt.que ; S '» >"^™'^'^"'; in,inanle. Quelques auteurs, et en parlicnher R'""''' ' '^^J," couche granuleuse plusieurs couches dislnrctes. N»"' ^ '''' . i. 1 -ouvrage de Kôlliker {fig. 31) une coupe de la relme humai ne qn,
OPIITIIALMOSCOPIE.
donne une idée satisfaisante de ces différentes couches et de leurs
''Tcouche des bâumnels. - Elle est composée d'une foule innombr ble de corpuscules en forme de bâtonnets ou de cônes qui re- S nt fortement la lumière et qui sont disposes avec une merveil-
use régularité. H appartient à II. MûUer d'avoir démontre m'elle se compose de deux éléments, les bâtonnets et les cônes. Leur disposition générale est telle que les bâtonnets^ ont tous leur grosse extrémité dirigée en dehors, tandis que les cônes affectent une disposition inverse, ce qui fait que ces derniers, examines superficiellement, paraissent former une couche interne spéciale, située entre les extrémités des bâtonnets.
Les bâtonnets sont représentés chez l'homme par des corpuscules cylindriques étroits, allongés, et dont l'extrémité interne se termine par un prolongement fiUforme appelé fibre de Mûller, qui établit les rapports de continuité avec les couches internes, et tout spécialement, sinon exclusivement, avec les cellules pourvues de prolongements.
Les fibres de Mûller traversent toutes les couches, et se terminent sur la membrane limitante. Au fond de l'œil et aussi longtemps que les fibres du nerf optique forment des faisceaux sépares par de simples fentes, elles se réunissent en lames minces dont l'épaisseur et l'étendue sont en rapport avec les dimensions de ces fentes ou mailles.
Dans la seconde moitié de leur trajet, elles sont isolées, séparées les unes des autres, et se terminent par un épanouissement en éventail.
La matière qui forme les bâtonnets est homogène, transparente, d'un aspect graisseux ; elle est très-cassante, ce qui fait que les bâtonnets sont d'une extrême délicatesse et fort difficiles à isoler.
Les cônes ne sont que des bâtonnets présentant un renflement conique, un peu plus courts en général que les précédents, et terminés comme eux par un prolongement qui les relie aux parties internes de la rétine.
Ces deux éléments sont disposés les uns à côté des autres comme des tuyaux d'orgue, suivant une direction normale à la surface externe de la réline, de telle sorte que l'une de leurs extrémités est dirigée vers la choroïde et l'autre vers la deuxième couche rcinienne.
2" Couche (jraniileuse. — Elle est formée de corpuscules transpa-
ANATOMIE DE LA RÉTINE. 195 rents, rcfraclanl fortement la lumière et se troublant au contact de l'eau. Ces corpuscules sont de forme sphérique ou ovalaire : ils forment toujours chez l'homme deux couches distinctes, l'une externe, plus épaisse, et l'autre interne, plus mince, séparées par une couche intermédiaire plus transparente, plus finement granulée. La couche externe est constituée par des corpuscules appUqués contre les bâtonnets et les cônes. La couche interne est en connexion avec les prolongements filiformes de ces mêmes éléments.
Fia. 32. - Éléments de la couche des bâtonnets, leurs co-^nexions avec les fibres de Muller, cliez l'homme. Grossissement de 350 diamètres.
OUes et fitres ,e MUlUr, a, partie rennje du côn^ou f^^^^^j^^ Jô-^T-^^nl surmontent, et dont Tun est plus long; c, crête circu aue V- ^^jg..^^ fibre de Mï.llcr
muni d-un noyau {corps de cellule) situé déjà dans la "''''"'i', dedans;
avec laquelle ce renflement se continue ; prolongement f^.^' ''^^"^ *; ^.'s de Midl^ f, grain cellule, de la couche granuleuse interne; f/, «tremU- ."'nsvcrsale à leur extrémité interne;
2, Ilàlor.nnel.'! et fibres de Aluller, a, bâtonnets; b, «'«^'"^^-^^f,!^"/, ",,„e dont l'un est applique c, origine des fibres de MiiUer ; d, éléments de la couche S"-» " f' .i ,,,^sentc un p.oloncontre le bâtonnet; e, fibres de Millier dans la eouche intermédiane , f. gra.n qu i
gemcnt latéral ; g, extrémité interne des fibres de Ç''- ^..,-„ements ; le plus externe parmi ces
3. Éléments de la couche granuleuse nUerne avec ''^^^^^''"/^terne 6, et plusieurs bâtonnets, prolongements se ramifie et porte plusieurs corpuscules de la couche
dont un seul a été dessiné.
3" Couche de substance ffrise ou ^««^«"""«^•-'^''t't'rmoins tcnent délimitée du eôtéde 1. couche S^»""'^«=; ' "^r^fP ,3 du côté interne. Elle se compose d'une couche externe Ihiemcnl
OPHTIIALMOSCOPIE.
ranulée et striée, ou couche de fibres grises de Pacini, et d'une couche interne de ceUules nerveuses multipolaires. Ces dernières ressemblent à celles du cerveau, seulement elles paraissent un peu plus claires. Toutes sont pourvues de prolongements dont le nombre varie de 1 à 6 et même plus, et qui sont analogues à ceux que Bowmann a observés le premier dans les cellules du système nerveux central. Lorsque, dans la préparation d'une coupe perpendiculaire de la rétine, on est assez heureux pour rencontrer une de ces cellules, munie de ses prolongements, on constate que deux d'entre eux se dirigent en dehors et se perdent dans la couche granuleuse externe, tandis que les autres marchent horizontalement pour se continuer tantôt avec les fibres du nerf optique, tantôt avec d'autres cellules nerveuses.
4° Couche des fibres nerveuses. — Elle est constituée par l'épanouissement dû nerf optique. A partir de la saillie que ce nerf forme à la face interne de la rétine et qui porte le nom de papille optique, les fibres nerveuses se dépouillent chez l'homme et chez beaucoup d'animaux de leur double contour, elles deviennent transparentes, jaunes ou grisâtres et analogues aux fibres les plus fines du système nerveux central. Ces fibres manquent de noyaux, elles ont un pouvoir réfringent relativement considérable et affectent constamment après la mort une disposition variqueuse : on peut conclure de ces caractères qu'elles sont pourvues, sinon d'une moelle analogue à celle des nerfs ordinaires, du moins d'un contenu liquide probablement de nature graisseuse. KôUiker n'a jamais constaté de cylinder axis dans les fibres de la rétine. Mais il croit avoir reconnu distinctement une gaîne propre au niveau des varicosités. On peut en conclure que les fibres de la rétine ne se composent pas exclusivement ni même principalement de myéline, et leur résistance à l'éther témoigne qu'elles sont constituées principalement par une substance azotée.
Les fibres nerveuses émanées de la papille optique s'irradient dans toutes les directions de façon à former une véritable membrane continue depuis le nerf optique jusqu'à l'ora serrata , en exceptant toutefois un point spécial sur lequel nous allons revenir et qui porte le nom de tache jaune : là il y a une interruption. Les libres qui composent cette membrane sont réunies en faisceaux un peu aplatis qui s'anastomosent sous un angle aigu, ou cheminent parallèlement dans toute leur étendue. Ils sont beaucoup plus nombreux du côté interne que du côté externe de la papille, en