DE L'ÉTAT DE L'ACCOMMODATION DANS TA MYOPIE
connu lorsque des faits nouveaux permettront de l'étudier. Il doit être très-rare, puisque sur un nombre de deux mille cinq cents cas de myopie, Donders n'en a pas trouvé un seul exemple.
De l'état de l'accommodation dans la myopie.
La myopie n'exerce pas d'influence sur l'accommodation. On peut s'en assurer en donnant à un myope, et de préférence à un myope jeune, pour rendre l'expérience plus probante, un verre qui lui permette de voir distinctement de loin, La vision étant ainsi ramenée aux conditions de l'œil emmétrope, il pourra, comme ce dernier, lire distinctement et sans fatigue à la distance moyenne de 6 pouces, grâce cà l'accommodation. Celle-ci ne s'affaiblit que dans les hauts degrés par suite de l'atrophie du muscle et des nerfs ciliaires.. Encore ne l'observe-t-on guère qu'à un âge où la faculté d'accommodation est à peu près perdue.
L'œil myope dont le point éloigné de la vision distincte est limité, emprunte moins de ressources à l'accommodation que l'œil emmétrope. Celui-ci lui doit la faculté devoir depuis l'horizon (situation de r), jusqu'à 6 pouces (situation de p). Un œil myope au contraire dont r sera placé à 24 pouces, ne l'utihsera que pour voir depuis 24 pouces jusqu'à 6, 4, ou tout au plus 2 pouces. Le pouvoir d'accommoder étant le même de part et d'autre , il en résulte qu'il est relativementen excès dans l'œil myope. Contrairement à ce que nous verrons chez l'hypermétrope, il accommode moins, pour un degré de convergence donné, que l'œil normal. Au degré de convergence nécessaire pour fixer le pimctum remotum, l'accommodation est inutile au myope, et ses efforts incessants tendent à maintenir le pimctum remojwn binoculaire aussi loin que possible de l'teil.
Chez les myopes, l'amphtude de l'accommodation diminue avec l'âge comme chez l'emmétrope : l'œil devient presbyte, seulement, comme la presbytie ne commence qu'au moment où le punctum proximum est recule à 8 ou 10 pouces, il est, clair que ses effets sur la vision ne se manifesteront que dans les degrés de myopie inférieurs à oli -j^.
Causes de la myopie.
Nous avons établi que la cause immédiate de la myopie vraie, normale, réside dans l'allongement pathologique de l'axe optique, le système réfringent ne subissant aucune modification. Les causes de la myopie se confondent par conséquent avec les causes qui interviennent pour produire cet allongement.
Elles sont de deux ordres :
L'une est anatomique.
Les autres sont fonctionnelles.
A. Cause anatomique. — La cause anatomique réside dans un défaut de résistance des membranes oculaires. Celles-ci, par elles-mêmes
ou par les plans aponévroliques et musculaires qui les doublent, doivent avoir partout la même force de résistance pour conserver au globe sa forme sphérique. Sous l'influence de causes multiples, cette sorte d'équilibre disparaît, et au niveau du point ou des points affaiblis, le globe se déforme. 11 se produit de petites tumeurs plus ou moins globuleuses, qui portent le nom de staphylômes. Ces tumeurs surajoutées augmentent nécessairement de toute leur hauteur la longueur des axes qui les traversent. Leur influence sur la vision est loin d'être toujours la même. Lorsqu'elles se développent vers l'équateur de l'œil, elles n'intéressent que des parties peu utiles de la rétine; Siégent-elles sur la cornée, elles sont le plus souvent compliquées de désordres graves," d'infiltrations plastiques, de vascularisation ou de ramollissement du tissu de la membrane, qui troublent sa transparence, altèrent sa forme et donnent naissance à un haut degré d'amblyopie. Mais le plus souvent elles occupent l'hémisphère postérieur en un point situé tout près de la papille, le long de son bord externe. Tel est le staphylôme postérieur dont il a été longuement question déjà dans la première partie de ce travail. En raison de sa fréquence, de son siège qui correspond à la vision centrale, le staphylôme acquiert une importance capitale dans le développement de la myopie.
De Grœfe a établi que pour les degrés assez élevés, l'atrophie staphylomateuse, qu'il attribue à une scléro-choroïdite, existe neuf fois sur dix. Jaiger et d'autres observateurs adoptent cette