‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · PLANCHE XVII · texte numérisé non relu

PLANCHE XVII

Figure 1,

Rétinite albuminuiïque. — La région de la macula est couverte par une plaque blanche brillante, formée par l'agg'omération d'un grand nombre de petites masses distinctes. Ce mode de développement lui donne un aspect strié et comme rayonné à sa surface. Au centre se voit la tache jaune. Dans le voisinage, de nombreuses taches miliaires blanches disposées en groupes. Du côté opposé, la rétine présente deux taches opalines dues à de l'infiltration. La papille paraît saine, les vaisseaux inaltérés. Trois d'entre eux sont manifestement couverts par les opacités rétiniennes. Cette circonstance, importante pour le diagnostic, démontre que ces dernières siègent bien dans le tissu rétinien, et aussi qu'elles ne sont point limitées aux couches externes, par lesquelles débutent les altérations de la rétinite albuminurique. L'aspect si nettement strié de la tache est dû à l'altération scléreuse ou graisseuse des fibres deMùller. 11 existe, en outre, quelques extravasatious sanguines.

Voit à peine la lumière du jour.

Jeune soldat de 29 ans, atteint quelques mois auparavant de choléra. Entré à l'hôpital pour un affaiblissement progressif de la vision. L'aspect des manifestations intra-oculaires nous fait découvrir une albuminurie dont le diagnostic est confirmé par l'examen des urines, et quelques mois plus tard par l'autopsie.

Fig. 2.

Rétinite albuminurique à une période plus avancée. — L'image a perdu sa couleur rouge : elle est d'un jaune terne. La papille est tout à fait décolorée; ses bords sont voilés par une zone d'infiltration rétinienne. Les artères sont petites, les veines volumineuses. Il existe de nombreuses suffusions sanguines qui siègent principalement le long des vaisseaux ; elles affectent une forme allongée et paraissent striées. Taches graisseuses nombreuses et disséminées vers la région équatoriale.

Autre type de rétinite albuminurique. — La couleur de l'image est d'un gris jaunâtre, la papille est en voie d'atrophie ; elle est entourée d'une zone d'infiltration très-opaque; on ne distingue plus dans le tissu altéré et opalin de la rétine que les troncs veineux qui sont encore turgescents. Quatre taches blanches situées sur le trajet des vaisseaux représentent la dernière phase régressive d'anciens foyers hémorrhagiques.

Fig. 4.

Rétinite syphilitique. — Infiltration générale de la rétine, L'image ophthalmoscopiquc parait recouverte d'un vernis grisâtre semi-transparent, plus épais autour de la papille.

— Papille décolorée, voilée sur ses bords par l'infiltration ; tache jaune Indiquée par nue coloration rouge assez intense pour simuler un foyer hémorrhagique ; elle est entourée par une zone d'infiltration plus opaque que snr les autres points. Artères petites. — Veines énormes, colorées en violet foncé, effilées vers leur point d'émergence, allongées, variqueuses dans toute leur étendue.

Sujet syphilitique de 53 ans. — Douleurs nerveuses violentes pendant plusieurs mois ulluildisscment très- rapide de la vision. Une fumée épaisse uniforme COUfri tous les objets, elle devient assez intense en peu de jours pour permettre seulement la perception île la lumière d'une lampe Carcel.

Fig. 5.

Image ophlhalmo^copique obtenue dans un cas de synchisis compliqué d'un état jumenteux du corps vitré. Le fond de l'œil parait voilé par un brouillard épais qui diminue la netteté des détails. Cet aspect a été incomplètement rendu par la chromo lithographie. La papille en particulier, dont les limites sont si nettes, devrait être voilée sur ses bords et confondue avec le fond choroïdien. Les veines sont turgescentes, sinueuses, en raison de la diffusion de la lumière à travers la vitrine peu transparente; leur volume paraît augmenté, et leurs contours manquent de netteté. Le fond choroïdien est d'un rouge plus foncé qu'à l'état normal : au réflecteur, on voit à chaque mouvement du globe un nuage s'élever dans le corps vitré : il est assez épais pour masquer ce qui se trouve derrière, mais il retombe rapidement : on dirait le tourbillon que l'on obtient en agitant la vase déposée au fond d'un récipient rempli d'eau devenue limpide par le repos. Aucun corps flottant n'apparaît distinc-

tement. Acuité visuelle réduite à -— •

lo

Apoplexie choroïdienne che2 un sujet atteint d'atrophie papillaire à la suite d'une hémiplégie. Papille gris bleuâtre entourée d'un cercle d'atrophie choroïdienne non staphylomateuse, large foyer hémorrhagique dans la légion de la macula : d'autres foyers de même nature sont disséminés dans l'étendue du champ d'exploration. Altération profonde du tissu de la choroïde. Les couches pigmentaires en voie d'atrophie laissent à découvert le réseau vasculaire. Le siège des foyers hémorrhagiques est indiqué par leur forme, leur grande étendue, et la zone d'atrophie choroïdienne qui les entoure. Les vaisseaux rétiniens semblent pourtant recouverts par l'apoplexie en plusieurs points. Mais ceux-ci sont tellement grêles que l.ur passage au niveau d'une suiïusion sanguine doit suffire pour les rendre nvisibles. Abolition complète de la vision avant l'hémorrhagie.

PEKRIN. Ophthalmoscopie

REUNITES

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