‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 10 sur 65 · PERFECTIONNEMENTS DE L ÉCLAIRAGE OPHTHALMOSCOPIQUE · texte numérisé non relu

PERFECTIONNEMENTS DE L ÉCLAIRAGE OPHTHALMOSCOPIQUE

lentilles. Ruete a employé un miroir concave d'un foyer approprié ; Hasner, une lentille convexe étamée sur l'une de ses faces, ce qui revient au même; Coccius, un miroir plan, muni d'une lentille convexe, etc.

Le miroir concave réunit les rayons qui frappent sa surface en un point d'autant plus rapproché que la source lumineuse est elle-même plus éloignée. Si cette dernière est assez loin pour fournir des rayons sensiblement parallèles, ceux-ci se réunissent au foyer principal du miroir. Au fur et à mesure que la source lumineuse se rapproche, les rayons ont des directions de moins en moins convergentes, et forment foyer en un point de plus en plus éloigné. Ce foyer siège exactement au centre de courbure, lorsque la source lumineuse y est elle-même placée. Celle-ci est-elle rapprochée davantage, le foyer s'éloigne encore, jusqu'à ce que les rayons lumineux prennent une direction parallèle quand la lampe est au foyer principal. On voit que, par ce mode d'éclairage, le degré de convergence des rayons est subordonné à la longueur focale du miroir et à la distance à laquelle est placée la source de lumière.

Lorsqu'on a recours au miroir plan sur lequel on fait arriver des rayons rendus plus ou moins convergents par l'interposition d'une lentille biconvexe, les rayons réfléchis vers l'œil observé affectent, ainsi que nous l'avons vu, le même degré de convergence que les rayons incidents. Il en résulte que, sans modifier les distances respectives de la lampe au miroir et du miroir à l'œil observé, on peut modifier à volonté la convergence des rayons réfléchis en changeant ou en déplaçant seulement la lentille. Pour ce motif, l'instrument de Coccius, composé d'un miroir plan et d'une lentille mobile, est le plus commode lorsqu'on tient à conserver le même rapport de distance entre la lampe, le miroir et l'œil observé.

L'étendue de la surface éclairée par les rayons convergents est en rapport avec leur degré de convergence. Plus celui-ci sera élevé, plus le point d'entre-croisement sera éloigné de la rétine, plus la surface de diffusion qu'ils produiront après leur rencontre sera étendue. Cette relation est traduite dans les deux figures suivantes [fig. 4 et 5).

L'arc rétinien AB de l'œil 0 est manifestement moins étendu que l'arc rétinien A'B' de l'œil 0', parce que, dans le premier cas, le point d'entre-croisement est moins éloigné de la rétine que dans le second.

OPHTUALMOSCOPIE.

b. Lçs rayons divergents qui arrivent à l'œil sous un degré de divergence suffisant se réunissent en arrière de la résine :' ils for-

Fig. i. — Éclairage par les rayons convergents.

ment sur cette membrane un cercle de diffusion d'autant plus étendu que leur point, focal est plus éloigné ou, en d'autres ternies,

Fuj. 5. — Éclairage par les rayons convergents.

qu'ils sont plus divergents. On peut en juger facilement par la figure suivante (fig. G). Les rayons émanés de la source lumineuse L

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ont, par hypothèse, un degré de divergence qui permet à l'œil de les réunir au point 0, situé sur la rétine. Ceux qui proviennent du point L', étant plus divergents, ne se réuniront qu'en 0', et formeront un cercle de diffusion dont l'étendue est égale à AB. Ceux qui proviennent du point L" ayant une divergence plus grande, se réu-

Fig. 0. — Éclairage par les rayons divergents.

niront en 0", et formeront sur la rétine un cercle de diffusion A'B' plus grand que AB.

Le degré de divergence indispensable pour fournir un cercle de diffusion, est variable suivant l'état de la réfraction de l'œil observé. Celui-ci est-il trop court (conditions optiques de l'œil hypermétrope), tous les degrés de divergence atteindront le but à des degrés variables ; s'il est emmétrope ou myope, ils devront avoir une divergence plus grande que celle qui correspond au point de la vision distincte le plus rapproché pour le moment. Ainsi, que dans un cas donné, l'œil à examiner soit accommodé pour une distance d'un pied, le degré de divergence devra être plus élevé que celui qui est fourni par une source lumineuse placée à un pied.

Comme l'état de l'accommodation varie à chaque instant, on conçoit que les conditions de l'éclairage par les rayons divergents doivent varier dans la même mesure. C'est ainsi que l'éclairage commencera!?* des cercles de diffusion au moment où l'œil est accommodé pour une distance relativement éloignée se transforme instantanément, à l'insu de l'observateur, en éclairage par images lumineuses au moment où l'œil s'accommode pour la vision la plus rapprochée. Cette transformation est d'autant plus fréquente que le patient est incité à faire des efforts d'accommodation par l'éclat de la flamme éclairante.

L'éclairage avec des rayons divergents est obtenu par divers procédés. On peut faire usage d'un miroir plan, en ayant le soin de disposer la lampe près du réflecteur, à une distance inférieure à la limite de la vision rapprochée du sujet.

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On peut aussi employer un miroir convexe, ou, ce qui revient au même, une lentille sphérique biconvexe, étamée sur une de ses faces. Avec ce genre de miroir, les rayons parallèles, c'est-à-dire émanés d'un foyer situé à grande distance, sont réfléchis en divergence suivant des directions qui, prolongées, passeraient par le foyer principal du réflecteur. A mesure que la source lumineuse se rapproche, les rayons réfléchis deviennent de moins en moins divergents, et quand elle se trouve à une distance égale à la longueur focale du miroir, ils sont réfléchis suivant des directions parallèles.

Le miroir concave peut aussi concourir à cet éclairage ; disons même que c'est à lui que l'on a recours le plus habituellement dans la pratique, surtout en France. Les conditions qu'il doit réaliser pour fournir des rayons suffisamment divergents, sont faciles à déduire. Il faut que l'entre-croisement s'opère en un point situé au-devant de l'œil observé, à une distance inférieure à la limite rapprochée de la vision distincte de ce dernier.

c. Quel que soit le miroirauquel on ait recours, le moyen le plus simple pour obtenir le maximum de divergence, et par conséquent pour éclairer la surface la plus étendue de la rétine, consiste à interposer entre l'œil observé et le miroir une lentille biconvexe que l'on maintient devant la cornée, a une distance un peu supérieure à sa longueur focale. Cette lentille a la propriété de réunir en un point plus ou moins rapproché, mais toujours peu distant de son foyer principal, les rayons éclairants, qui viennent la traverser et qui, continuant leur marche, arrivent à l'œil en très-forte divergence. La figure suivante [fig. 7) reproduit la marche des rayons lumineux, que nous venons d'indiquer.

La lampe A, placée près de l'œil observé, envoie vers le miroir concave M, des rayons lumineux qui, réfléchis par lui, rencontrent sur leur trajet la lentille biconvexe L. Celle-ci modifie leur marche, les réunit en un point F, situé approximativement au niveau du point focal antérieur de l'appareil réfringent de l'œil observé. De là, ils se dirigent en forte divergence vers l'œil 0, subissent une seconde réfraction qui les rend parallèles et arrivent sur la rétme où ils forment un cercle de diffusion, dont la section, représentée par la ligne SS', est égale au diamètre de la pupille.

Quand ces conditions sont réalisées, la cornée du sujet est éclairée tout entière par un cercle lumineux, au centre duquel se trouve un petit point noir bien marqué, correspondant au petit trou cen-

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