‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 15 sur 65 · PROCÉDÉ PAR LIMAGE RENVERSÉE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ PAR LIMAGE RENVERSÉE

veut obtenir une image aussi grande que possible, on devra choisir une lentille d'un foyer aussi long que possible; seulement, pour compenser le défaut de lumière qui en est la conséquence, il sera bon d'augmenter l'intensité de la source lumineuse.

On peut résumer la discussion qui précède dans la proposition suivante : Dans le procédé par fùnoge renversée, l'image de l'œil observé se fixe au foyer de la lentille biconvexe, si les rayons qui en émergent arrivent en parallélisme, c'est-à-dire s'il est normal et adapté pour l'infini ; l'image se fera entre le foyer et la lentille, si les rayons suivent des directions convergentes, comme il arrive chez le myope ou chez l'emmétrope accommodé pour une distance déterminée ; l'image se fera au delà du foyer, si les rayons sortent en divergeant, comme il arrive dans l'œil hypermétrope. Enfin elle ne se produira pas, si le degré de divergence est égal ou supérieur à celui qui existe pour les rayons lumineux fournis par une source placée au foyer de la lentille employée. Dans ces cas, il est nécessaire pour avoir une image d'employer une lentille plus puissante.

o. De l'influence de l'état de la vision île l'observateur sur l'observation ophthalmoseopique. — Nous avons admis implicitement jusqu'alors que l'observateur avait une vue normale, une accommodation intacte, qui lui permît de voir distinctement et sans efforts à une distance de 15 à 20 centimètres, l'image aérienne déterminée par la lentille.

S'il en est autrement, c'est-à-dire s'il est myope, hypermétrope ou presbyte, les conditions changent. L'image ne sera vue qu'autant qu'elle sera placée à la portée de chacun dans ces cas particuliers. Par conséquent le myope devra se rapprocher; l'hypermétrope et le presbyte, au contraire, s'éloigner, ce qui ne peut se faire sans rapprocher ou éloigner le réflecteur. Le rapprocher n'a pas grand inconvénient, mais l'éloigner nuit considérablement à l'éclairage, dont l'intensité est en raison inverse du carré de la distance. Pour obvier à ces inconvénients, il est utile toujours, indispensable souvent, de corriger ces défauts de la vision par des verres appropriés. Pour le myope, ce sera le verre concave ; pour l'hypermétrope et le presbyte, le verre convexe, qui leur permettront de voir distinctement à la même distance que l'œil normal. Dans ce but, on peut faire usage des lunettes dont on a l'habitude pour voir de près. Mais ces lunettes s'agencent mal avec le miroir. Il est beaucoup plus commode, et cet usage a prévalu,

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de placer le verre correcteur dans un encastrement dont est pourvue la face non taillée du réflecteur.

4. De l'étendu»? du fond de l'œil accessible à l'exploration oph-

thaimoscopique. — Elle est nécessairement limitée, dans tous les cas, à l'étendue qu'il est possible d'éclairer dans une direction donnée. Nous avons vu que l'éclairage bien dirigé pouvait fournir un cercle lumineux de diffusion sensiblement égal au cercle pupillaire. La partie de la rétine accessible à un moment donné sera donc tout au plus égale au diamètre de la pupille; elle sera d'autant moins étendue que la divergence des rayons incidents sera moins forte. En changeant la direction du cône lumineux éclairant, on change nécessairement la surface éclairée. Par conséquent, en suivant un certain ordre dans la direction de l'éclairage, on peut avoir successivement l'image des diverses régions de la rétine. Il est certain que plus cette direction s'éloigne de l'axe antéro-postérieur du globe oculaire, moins les images sont nettes; elles cesseront d'être appréciables au degré d'inclinaison pour lequel l'œil ne peut plus voir distinctement les objets extérieurs. On comprend ainsi pourquoi il n'est jamais possible de voir la partie antérieure de la cavité oculaire, e\ pourquoi il est nécessaire, pour explorer les parties accessibles, de les faire passer successivement sous le champ de l'ophthalmoscope.

5. Grossissement obtenu dans l'exploration ophthalmoscopique. —

Si l'on en excepte les hauts degrés de myopie, l'image ophthalmoscopique obtenue avec le miroir, seul ou combiné à une lentille dispersive, est droite et virtuelle; elle est au contraire renversée et réelle, si l'on fait usage d'une lentille collective. L'image droite est plus grande que l'image renversée.

a. Avec l'image droite, la grandeur de l'image est en rapport avec le degré de divergence des rayons émergents, comme s'il s'agissait d'une observation à la loupe. Il suffit de se rappeler la théorie de cet instrument ou de faire l'expérience avec une lentille biconvexe quelconque pour comprendre ce que nous résumons ici sous forme de proposition : plus la divergence des rayons est faible, plus l'image est grande et éclairée. Dans ces conditions, le grossissement correspond, suivant Helmholtz,à 24 diamètres. Plus cette divergence est forte, au contraire, plus l'image est petite, et aussi, moins elle est éclairée-

Pour l'œil myope, les rayons de retour étant plus convergents que dans l'œil emmétrope, la même lentille dispersive les rendra

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