‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 14 sur 65 · PROCÉDÉ PAR L'IMAGE RENVERSÉE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ PAR L'IMAGE RENVERSÉE

l'une de ces trois distances. Cette image grandit en raison de son éloignement : plus elle sera grande, moins elle sera éclairée, puisque la même somme de rayons lumineux se répartira sur une surface de plus en plus grande. L'image la plus rapprochée, qui passe par le point F sera située à une distance minimum de 4 2 centimètres,

Fig .16. — Marche des rayons convergents dans le procédé par l'image renversée.

parce que c'est à cette distance qu'est fixée la limite moyenne de la vision distincte rapprochée pour l'œil normal; pour la viser, l'observateur sera obligé de se placer lui-même à une distance minimum de 42 centimètres de l'image, c'est-à-dire à 24 centimètres de l'œil observé. A cette distance inférieure à la réalité, l'éclairage commence à devenir insuffisant : par conséquent, à moins que ce nesoitpendantuneffortd'accommodation,la lentille biconvexe sera toujours nécessaire pour examiner l'œil emmétrope. Nous avons établi qu'il n'en est plus de même pour le myope, soit dans les hauts degrés de myopie, soit dans les myopies moyennes pendant la mise en jeu de l'accommodation. Disons donc en résumé: chez l'emmétrope et le myope, à moins que l'œil ne soit accommodé pour une très-courte distance ou qu'il ne soit très-fortement myope, l'image aérienne, telle qu'elle tend à se former par l'action du système réfringent de l'œil, ne peut être utilisée pour l'exploration ophthalmoscopique. Le concours de la lentille biconvexe est indispensable : elle a pour effet d'opérer l'entre-croisement des rayons lumineux , et par conséquent la formation de l'image en un point situé en deçà de son foyer. Nous avons reproduit, dans la figure 17 la marche et la déviation des faisceaux lumineux. L'arc rétinien AB de l'œil 0, accommodé pour la distance D,

0PHTHALM0SCOP1E.

aurait son image A'B' dans un plan passant par D. Par l'interposition de la lentille L, les faisceaux sont déviés de façon à fournir une image plus petite A"B", située entre la lentille et son point focal F. L'image sera d'autant plus éloignée du point focal et d'au-

Fig. 17. — Marche des rayons convergents déviés par l'interposition d'une lentille

biconvexe.

tant plus petite que la convergence sera plus grande. Il en résulte que chez les myopes, l'image du fond de l'œil doit être plus petite qu'à l'état normal, et que, pour conserver les mêmes rapports de grandeur, il est indispensable d'employer une lentille moins convergente.

L'image A"B" ainsi rapprochée et fixée pourra dès lors être utilisée si, par le choix de la lentille, on la met à la portée de la vue de l'observateur sans que celui-ci ait besoin de s'éloigner au delà des limites exigées pour un bon éclairage.

Plus la lentille biconvexe sera puissante, plus limage déterminée par elle sera rapprochée de sa surface et plus aussi elle sera petite et lumineuse. On voit ainsi combien il serait inexact de comparer, comme on l'a fait, l'effet de la lentille biconvexe employée en ophthalmoscopie, à l'effet de cette même lentille employée comme loupe. Ici, elle grossit les objets placés en deçà de son foyer; là, elle fixe l'image indéterminée produite par l'œil, et la ramène approximativement dans son plan focal ; mais, en la rapprochant, elle la diminue d'étendue, et cette diminution est en raison directe de sa puissance convergente. Par conséquent, plus la lentille sera puissante, c'est-à-dire aura un numéro élevé, plus l'image sera petite et lumineuse, et réciproquement, si l'on

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