De l'éclat de limage ophthalmoscopiquc. Plus l'image est
lumineuse, plus l'exploration est facile, et mieux aussi les moindres détails sont exactement appréciés. L'éclat de l'image ophthalmo-
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scopique est une source fréquente d'illusions et d'erreurs de diagnostic de la part de ceux qui n'ont pas encore une expérience suffisante. Si, pour une raison quelconque, on voit chez un premier malade mieux que chez un second, si l'on distingue avec plus de netteté les contours de la papille, le tracé des vaisseaux de second ordre, etc., on sera tout naturellement conduit à attribuer cette différence à des différences dans l'état des parties, quand elle a sa raison d'être dans l'état de l'éclairage. De là ces diagnostics basés sur l'aspect, le nombre et le volume des vaisseaux de la rétine ou de la choroïde : un observateur novice y verra facilement des signes de congestion ou d'inflammation, quand la plupart du temps le mal réel réside dans un trouble quelconque de l'état dioptrique de l'organe. Cette observation générale trouvera fréquemment son application par la suite.
L'éclat de l'image ophthalmoscopique dépend de trois conditions principales :
a. D'abord de l'intensité de la source lumineuse. Il -est évident que, plus celle-ci est grande au photomètre, toutes conditions égales d'ailleurs, plus l'image aura d'éclat. Toutefois, la nature de la lumière employée joue un rôle important, parce qu'elle exerce une influence sur la couleur du fond de l'œil. Le gaz a un pouvoir photométrique plus élevé que l'huile et même que le pétrole, Timage qu'il fournit doit avoir plus d'éclat ; mais, par la nature de ses rayons lumineux, il donne une image décolorée, beaucoup plus pâle, qui éblouit sans éclairer. La lumière électrique, la lumière de Drummond, la lumière solaire, qui sont très-péniblement supportées par l'œil, produisent des effets analogues et à un degré plus élevé. A tous égards, l'éclairage à l'huile est encore le meilleur, et la lampe capable de fournir le plus de lumière devra être préférée.
b. L'éclat de l'image dépend aussi de l'étendue de la surface éclairée. Plus celle-ci est grande, plus la quantité de lumière extériorée de l'œil est considérable ; cette étendue est en rapport direct, nous l'avons établi, avec les dimensions de la pupille.
c. La quantité de rayons lumineux émergents varie considérablement, suivant l'état organique des membranes profondes. Avec la même source lumineuse , la même ouverture pupillaire , elle sera très-différente selon que l'œil est peu ou fortement pigmenté, que les membranes iutra-oculaires sont saines ou malades. Un œil brun, richement pigmenté, donnera une image
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sombre, estompée sur fond noir ou ardoisé ; un œil blond produira une image claire et comme noyée dans une éclatante auréole. Et de même, avec un œil sain, on aura une image dans laquelle les vaisseaux rétiniens de premier ordre seuls seront vus distinctement. Avec un œil atteint d'atrophie choroïdienne, au contraire, la sclérotique, qui réfléchit fortement la lumière, étant à découvert au niveau des surfaces atrophiées, les vaisseaux de deuxième et même de troisième ordre deviendront facilement apparents.
Enfin l'éclat de l'image est aussi subordonné au degré de transparence des milieux réfringents ou de leurs surfaces de séparation. Le fond de l'œil est vu avec beaucoup plus de netteté chez les jeunes gens que chez les vieillards. Au déclin de la vie, le cristallin réfléchit une plus grande quantité de lumière, il prend vers son centre une teinte jaune ambré très-marquée ; le corps vitré se trouble, la pupille se rétrécit : toutes conditions qui, ajoutées au défaut de fixité dans le regard, rendent l'examen ophthalmoscopique beaucoup plus difficile.