‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 32 sur 65 · INFLAMMATION DU CORPS VITRE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU CORPS VITRE

corps vitré vient faire hernie, et fournir l'occasion d'étudier en quelque sorte de visu les transformations qu'il subit. C'est surtout à la suite de l'extraction de la cataracte que se produit cet accident.

Procédé «l'explora!!©». — C'est à l'éclairage oblique qu'il faut avoir recours autant que possible. Toutefois ce moyen d'exploration n'est possible qu'autant que l'altération siège à la partie antérieure du corps vitré, dans les plans qui confinent à la cristalloïde postérieure. Si l'altération siège plus profondément, on lui substituera le miroir oculaire. La pupille sera dans tous les cas préalablement dilatée par l'atropine, et la cavité oculaire soigneusement explorée dans tous les sens.

Symptômes. — Le corps étranger provoque rapidement autour de lui une légère opacité : celle-ci s'épaissit, mais, en s'épaississant, elle diminue d'étendue, elle se délimite mieux et représente une sorte d'enveloppe membraneuse qui dérobe le corps étranger à l'observateur. C'est quelque chose d'analogue à ce que l'on observe autour des corps étrangers implantés dans la cornée. Dans certains cas l'altération reste ainsi tout à fait locale; dans d'autres, il survient, à une certaine distance du foyer primitif du mal, un pointillé fin grisâtre qui peu à peu revêt les caractères de ce dernier.

Ces petites opacités sont fréquemment méconnues, surtout si elles sont trop profondément situées pour être accessibles à l'éclairage oblique. En raison de leur exiguïté et de leur immobilité, de leur couleur grise et de leur demi-transparence, elles sont perdues dans une petite partie du champ visuel : plus elles se rapprochent de la rétine, c'est-à-dire du foyer de l'appareil réfringent oculaire, plus elles seront grossies et par conséquent faciles à reconnaître. Contrairement à l'opinion de Schweigger, nous attribuons les difficultés du diagnostic dans ces cas particuliers au caractère de ces délicates altérations, sans faire jouer aucun rôle aux difficultés que peut éprouver l'observateur à accommoder exactement pour leur position respective. Il importe de signaler les difficultés de cette recherche, parce que ces opacités entraînent de grands troubles de la vision. Elles voilent des parties 'étendues du fond de l'œil, et donnent à l'image ophthalinoscopique un défaut de lumière et de netteté facilement attribué à des opacités rétiniennes. Jusqu'alors l'examen au miroir est possible : il ne révèle rien du côté de la choroïde ou de la rétine.

Dans d'autres cas plus graves, l'opacité du corps vitré augmente d'intensité et d'étendue, elle gagne les régions déclives, prend une

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teinte jaunâtre et devient le siège d'un travail pyogénique. La tendance que les opacités ont dans ces circonstances à gagner les parties les plus déclives a conduit Ritter à croire que le pus était constamment fourni par le stroma choroïdien. Mais les recherches de Donders mentionnées ci-dessus, lui ont nettement démontré que le travail de suppuration est circonscrit autour du corps étranger, et qu'au moment où il commence, les cellules du stroma choroïdien sont entièrement saines.

La suppuration s'observe aussi dans certains cas de prolapsus persistant du corps vitré. C'est dans ces conditions qu'il a été si bien observé par de Grœfe. La portion herniée non réduite perd sa transparence et se transforme progressivement en une sorte de fausse membrane chargée de globules purulents. Schweigger a constaté que cet aspect résulte du développement derrière l'hyaloïde d'un nombre très-considérable de petites cellules, semblables par leurs caractères microscopiques au globule purulent ; il a cité quelques cas dans lesquels la suppuration du corps vitré s'est développée chez des opérés de cataracte avec une effrayante rapidité, sans que pour cela il se soit révélé une participation quelconque de la choroïde. Ce travail de désorganisation s'effectue silencieusement, il peut même passer inaperçu pour tout observateur qui n'a pas recours à l'ophthalmoscope à cette période du mal. Si la pyogénèse est limitée, la guérison est encore possible. Mais le plus fréquemment tout le corps vitré est envahi, l'injection sous-conjonctivale, l'apparition du cercle vasculaire précornéen, un état chémotique, indiquent l'invasion d'une choroïdite suppurative qui entraîne rapidement une atrophie aiguë du globe. Autant qu'on peut en juger par le petit nombre de faits que possède la science, ce n'est qu'au début de ces proliférations cellulaires et pyogéniques du corps vitré, qu'il est possible de les différencier de la choroïdite. Ajoutons d'ailleurs que, dans les cas où les deux affections se ressemblent assez pour être confondues, le traitement ne diffère pas. Les accidents dont nous venons de parler affectent une marche rapide.

11 arrive le plus souvent que le corps vitré est le siège d'une opacification plus lente, sans tendance à la suppuration et se traduisant par la formation de nouveaux éléments, semblables à ceux du tissu cellulaire. On est naturellement conduit à attribuer cet état à une inflammation chronique. Il s'observe à la suite des opérations de cataractes dans lesquelles l'hyaloïde a été rompue. Quelques jours après l'opération, parfois un peu plus tard, on voit à l'éclairage

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