ANATOMIE DU NERF OPTIQUE
de la lame criblée sont des cellules identiques à celles du stroma choroïdien; quelquefois ils sont entremêlés de cellules pigmentaires qui donnent parfois à la papille optique vue à i'ophthalmoscope un aspect tout particulier. La lame criblée est tendue, elle forme une légère concavité antérieure.
En avant de la lame criblée les fibres nerveuses perdent leur contour foncé, et se réfléchissent suivant des directions déjà mentionnées, pour se répandre dans toute l'étendue de la rétine. La couche qu'elles forment au niveau delà papille est nécessairement plus épaisse qu'en tout autre point (0mm,2 environ). C'est ce qui explique la saillie que fait cette dernière au fond de l'œil, et c'est ce qui lui a valu le nom de papille.
Les autres couches de la rétine n'apparaissent, ainsi que nous l'avons dit, qu'en dehors de la zone de réflexion des fibres nerveuses ; elles forment tantôt un relief taillé à pic, tantôt un bord mince qui s'épaissit graduellement.
Au centre de la papille, il existe un petit enfoncement qui résulte de l'inflexion des faisceaux de fibres dans toutes les directions. Généralement, cette petite fossette est le point d'émergence des vaisseaux rétiniens, mais dans quelques cas ces derniers, par suite de
Fig. 33. — Papille optique normale.
No, nerf optique. — Se, sclérotique. — Ch, choroïde. — lie, couches externes de la rétine. — Rn, couche des fibres nerveuses de la rétine. — Le, lame criblée. — Vc, vaisseaux centraux.
bifurcations prématurées, sortent de la papille en d'autres points. D'ailleurs, outre ces vaisseaux centraux, la papille en possède quelques autres plus petits qui naissent à sa périphérie. La fossette de la papille est très- variable en étendue. Elle est située
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un peu en dedans du centre et se traduit à l'ophthalmoscope par une teinte plus claire que le reste de la surface, ce qui est dû à ce qu'en ce point la lame criblée plus ou moins mise à découvert réfléchit plus vivement la lumière.
Lafigure précédente,empruntéeàratlasdeSchweigger,donneune idée satisfaisante de la structure anatomique de la papille [fig. 33).
ARTICLE II
Hypérhémie. — Anémie de la papille.
Ce que l'on désigne sous le nom d'hypérhémie et d'anémie de la papille ne représente le plus souvent qu'un écart physiologique sans signification propre. Nous avons recueilli un certain nombre d'images ophthalmoscopiques appartenant à des yeux tout à fait sains, doués d'une acuité visuelle normale, dans le but de montrer combien l'état physiologique est variable, en ce qui concerne la couleur et par conséquent l'état de la vascularisation propre du nerf optique. Ce n'est qu'avec une extrême réserve qu'il faut accepter des diagnostics ophthalmoscopiques fondés exclusivement sur l' hypérhémie ou l'anémie de la papille optique. On peut dire, sans crainte d'être démenti, que, la plupart du temps, ils procèdent d'une illusion ou masquent une erreur de diagnostic.
Il est à peine utile d'ajouter qu'il n'est pas question, dans ce qui précède, d'un état symptomatique d'une névrite ou d'une névro-rétinite, et dont il sera fait mention avec tout le soin qu'il mérite quand il y aura lieu.
ARTICLE III
Embolie de l'artère centrale.
Le tronc artériel de l'œil peut être envahi par un caillot embolique, qui, en entravant la circulation rétinienne, occasionne des troubles fonctionnels, puis des désordres graves du côté de cette membrane. Il appartient à Wirchow d'avoir démontré anatomiquement la réalité de cet accident. L'atlas de Schvveigger renferme un dessin qui reproduit d'après une préparation anatomique un très-bel exemple de ce mode d'obstruction [fig. 34). On y voit distinctement le caillot arrêté dans l'artère centrale à peu de distance de la papille.