‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 8 sur 65 · DE L'ÉCLAIRAGE 0PHTHALM0SC0P1QUE · texte numérisé non relu

DE L'ÉCLAIRAGE 0PHTHALM0SC0P1QUE

la direction OA, ne peut être qu'en avant ou en arrière de A. S'il est en avant, il interceptera les rayons lumineux. S'il est en arrière, la lumière elle-même ou l'écran qui l'isole de la face de l'observateur fera obstacle à la perception de l'image rétinienne. C'est dans

Fig. 2. — Marche des rayons lumineux renvoyés par le fond de l'œil.

cette sorte de cercle vicieux que s'est agité si longtemps, sans progrès sensible, le problème de l'éclairage intra-oculaire. Ou bien on observait à la lumière du jour, et alors, tout en étant bien placé pour y voir, la pupille restait noire parce que l'éclairage était insuffisant; ou bien on observait dans un milieu obscur, avec une lumière suffisante, et alors on se plaçait inévitablement dans une mauvaise direction. Une seule modification dans le mode d'éclairage faisait disparaître toute difficulté. 11 suffisait de substituer à la lumière directe, la lumière transmise à l'aide d'un réflecteur, construit et disposé de telle façon que l'œil de l'observateur, placé derrière, pût voir à travers. C'est ce que Helmholtz comprit le premier, et ce qu'il réalisa dans l'expérience suivante [fig. 3) qui résume la découverte tout entière de l'ophthalmoscope.

Un foyer lumineux étant placé latéralement à une certaine distance, en F, par exemple, une plaque de verre transparente et à surfaces parallèles fut interposée entre l'œil observé B et l'œil de l'observateur A, que nous supposons tous deux normaux. Les faisceaux lumineux émanés de F, au moment où ils rencontrent la surface réfléchissante M convenablement inclinée, se partagent en deux parties: l'une traverse la lame transparente et ne change pas de direction ; l'autre est réfléchie vers la cornée de l'œil observé B, elle pénètre suivant une divergence égale à celle des rayons inci-

OPHÏHALMOSCOPIE

dents, et vient se réunir en un point P, si l'œil est convenablement adapté. Le point P, ainsi éclairé, renvoie à son tour des rayons lumineux qui sortent en suivant exactement la direction qu'ils avaient en entrant. Ces faisceaux rencontrent de nouveau la plaque

Fig. 3. — Expérience de Helmholtz.

M. Ils se partagent encore en deux parties, l'une qui est réfléchie vers le point lumineux, et l'autre qui traverse la Jame de verre et converge vers le point F' situé au delà de M, à une distance égale à celle de F. Ces faisceaux convergents pénètrent dans l'œil A supposé normal, c'est-à-dire propre à faire converger sur la rétine des rayons parallèles ou divergents. Ils s'entre-croisent nécessairement en un point 0 situé en avant de la rétine, et, continuant leur marche, ils forment, sur cette dernière, un cercle de diffusion égal à CC. Ce n'est qu'en plaçant sur leur trajet un verre concave qu'on peut rendre leur direction divergente et les amener à se réunir en P'. Dès lors le point lumineux F vient éclairer le point P de l'œil observé B, et ce point P doit être perçu distinctement par le point P' de l'œil observateur A. Ce qui est vrai pour un point l'est au même titre pour une surface éclairée de la rétine. Mais d'ailleurs que les rayons lumineux se rencontrent en P'dans l'œil observateur, ou en avant ou en arrière de lui, cela importe peu pour notre démonstration. On trouve toujours, dans ces conditions expérimentales, le moyen de faire miroiter à volonté le fond de l'œil, et partant la preuve qu'il était possible de fonder un procédé déclai-

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