DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION FIXE PAR L'OPHTHALMOSCOPE
par tâtonnement, suffit pour donner une image, indique à peu près le degré de la myopie. Lorsque celle-ci est assez forte pour que la limite éloignée de la \ision distincte ne soit pas située au delà de 6 à 8 pouces, on parvient, en éloignant progressivement le miroir, à avoir une image sans le secours de verre correcteur. Mais cette dernière, contrairement à celle de T hypermétrope, est réelle et renversée : elle sera contenue dans un très-petit ebamp visuel. On voit par là combien il est facile, une image étant obtenue avec le réflecteur tenu à la distance moyenne de 30 centimètres, de savoir si elle est droite ou renversée, virtuelle ou réelle, c'est-à-dire de savoir si l'œil est hypermétrope ou myope. L'image droite et virtuelle de l'œil hypermétrope deviendra d'autant plus nette et plus étendue que l'on rapprochera davantage le réflecteur ; au contraire, l'image renversée et réelle de l'œil suffisamment myope ne deviendra nette qu'autant que l'observateur s'éloignera assez pour la mettre à la portée de sa vision distincte. Plus il s'éloignera, plus elle deviendra nette et l'observation facile.
Le diagnostic de l'astigmatisme pathologique est tout aussi facile et non moins important. Cette anomalie de la réfraction est caractérisée, nous le verrons, par une différence dans la puissance réfringente de deux méridiens perpendiculaires entre eux. Habituellement, c'est le méridien vertical qui a la réfraction la plus forte, et par conséquent le foyer le plus court. Cet état se révèle au miroir d'une façon caractéristique. Dans l'examen à l'image droite, les milieux réfringents de l'œil font l'office de loupe comme nous venons de le dire. Ils donnent, comme ces instruments, un grossissement d'autant plus considérable que la distance focale est plus petite. Il en résulte que, chez l'astigmate, le grossissement est plus grand dans le sens du méridien le plus réfringent. De là nécessairement une déformation dans l'image des objets. L'image d'une surface ronde, comme la papille optique , paraîtra ovale et allongée dans le sens du méridien qui a le foyer le plus court. Il ne faudrait pas, toutefois, attribuer à ce signe une valeur trop absolue, et conclure du fait de la déformation ovalaire de la papille, à l'existence de l'astigmatisme. Il arrive, rarement il est vrai, que le nerf optique est anatomiquement ovalaire au lieu d'être rond. Dans un cas de ce genre on serait conduit à attribuer à l'astigmatisme ce qui n'est qu'une anomalie congénitale. Mais il existe une contre -épreuve qui supprime tout embarras. Elle est fournie par le procédé de l'image renversée. Nous avons dé-
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montré, en traitant de la théorie de ce procédé , que Timage est d'autant plus grande que le plan focal est plus éloigné. Il en résulte que si Tœil en observalion a des foyers de différentes longiïeu rs, la papille, supposée sphérique, deviendra ovalaire et allongée dans le sens du méridien le moins réfringent, c'est-à-dire qui a le plus long foyer. En termes généraux, on voit que, dans l'œil astigmate, la papille, vue à Timage droite, paraîtra oblongue dans le sens du méridien le plus réfringent ; vue à l'image renversée, elle paraîtra allongée dans le sens inverse. Ce double caractère ne laisse plus de place au doute, car Tobjet lui-même ne change pas de forme, et de telles modifications ne peuvent avoir pour cause qu'une illusion d'optique. On peut supposer le cas infiniment rare où Tœil observé aurait à la fois une papille anatomiquement ovalaire et de l'astigmatisme. 11 est facile de déduire de ce qui précède les résultats de l'observation. La déformation produite par l'astigmatisme exagérera ou corrigera plus ou moins la malformation congénitale. Si Ton emploie successivement les deux procédés, l'un exagérera la déformation, l'autre la corrigera : résultat qui ne peut encore être donné que par un effet d'optique.
Les détails dans lesquels nous venons d'entrer paraîtront peutêtre ardus à uiie première lecture, et d'autant moins faciles à comprendre qu'ils supposent, par anticipation, quelques connaissances en optométrie. Nous y attachons assez d'importance pour les recommander à une attention plus soutenue. Ils forment la base d'un procédé d'exploration trop négligé jusqu'alors et qui pourtant est le plus simple et le plus rapide pour reconnaître l'existence et les formes de l'amétropie ; ajoutons aussi qu'il est le plus précieux parce qu'il est exclusivement objectif. L'étude des développements théoriques sera d'ailleurs singulièrement facilitée par leur constatation expérimentale à l'aide de notre œil artificiel. Son agencement permet de relever successivement les divers cas qui se rencontrent dans la pratique.
EXAMEN DE f.A CORNÉE. 71