ANATOMIE DU CORPS VITRÉ. HZ
une écaille très-mince, luisante comme une membrane vitreuse desséchée. Replacé dans Teau, il s'en imbibe assez vite et reprend sa forme primitive.
La structure du corps vitré, malgré de nombreux travaux, est encore actuellement l'objet de vives controverses. Brucke avait établi qu'il est composé de lames concentriques analogues aux couches d'un oignon, et séparées par un liquide gélatineux. Mais cette opinion a été réfutée par Bowman, qui a montré que cette apparence était due à l'action de l'acétate de plomb, dont s'était servi Brucke, pour ses préparations ; et ce qui le prouve, c'est qu'avec ce réactif on crée cet aspect stratifié avec d'autres humeurs que le corps vitré. Hanover admet qu'il existe dans le corps vitré, traité préalablement par l'acide chromique, une multitude de cloisons qui se dirigent de sa périphérie vers son axe, et donnent à sa coupe transversale une certaine analogie avec la section d'une orange. Cette disposition aréolaire, qui existe chez le nouveau-né, n'a été mentionnée jusqu'alors que par Finkbeiner. Depuis l'avénement de la pathologie cellulaire, quelques micrographes ont admis, dans le corps vitré, un système de cellules fusiformes, anastomosées entre elles et suspendues sous la forme d'un réseau délié au sein de la masse gélatiniforme du corps vitré. Telle est l'opinion en particulier de C. 0. Weber et Iwanoff. Ce dernier auteur mentionne aussi une espèce spéciale de cellules étoilées, ressemblant à des cellules ganglionnaires, et dont les prolongements variqueux sont munis de petites vésicules sphéroïdales. 11 signale enfin la présence d'autres cellules auxquelles il attache la plus grande importance, et qu'il considère comme formant la plus grande partie des éléments cellulaires du cristallin. Elles renferment des vésicules qu'il compare aux éléments mucipares, et qui fourniraient au corps vitré ses éléments de réparation.
La plupart des anatomistes, se basant sur l'existence incontestée de ces cellules durant la vie embryonnaire, et aussi sur quelques faits pathologiques mal interprété, sont adopté cette manière de voir. Toutefois elle est nettement contestée par KôUiker et Ch. Ritter, qui n'admettent dans le corps vitré aucune espèce de structure propre. Dans leur opinion il représente une masse semblable à du mucus parfaitement transparent, sans organisation propre et analogue au contenu des kystes muqueux, normaux ou pathologiques.
La membrane qui enveloppe le corps vitré ou membrane hya-
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loïde est très-menue, délicate, transparente, à peine reconnaissable au microscope dans les parties postérieures de l'œil jusqu'à un millimètre et demi de Vora serrata^ c'est-à-dire jusqu'au point où elle commence à s'unir à la rétine. Au delà elle devient rapidement plus épaisse, se dissocie, en un nombre infini de fibres très-déliées qui résistent à l'action de l'acide acétique et sont totalement dépourvues de stries fibrillaires. Cette portion antérieure de la membrane hyaloïde porte le nom de portion ciliaire de rhyaloide ou zonule de Zinn. Elle s'étend jusqu'au bord du cristallin, puis se confond avec la capsule de celte lentille.
La zonule de Zinn ne s'interpose pas entre les plis des procès ciliaires, elle passe par-dessus. C'est la portion ciliaire de la rétine qui remplit ces intervalles. L'épaisseur de la zonule est plus grande en avant qu'en arrière, elle renferme des épaississements multiples ayant la forme de trabécules. Elle est constituée parles fibres mentionnées ci-dessus, qui sont disposées d'arrière en avant, dans la direction du méridien de l'œil, sans offrir ni anastomoses ni bifurcations. Avant d'arriver au sommet des procès ciliaires qu'elle recouvre, la zonule de Zinn se divise en deux feuillets, l'un antérieur et l'autre postérieur. Ce dernier, de structure vitreuse, très- mince, se dévie légèrement en arrière et vient s'unir à la capsule du cristallin un peu en arrière du bord de cette lentille. A ce moment elle cesse de former une membrane distincte et son épithélium disparait. La face postérieure de la capsule cristalline touche donc immédiatement le corps vitré, et lui sert d'enveloppe en avant. Le feuillet antérieur, composé de fibres qui s'anastomosent fréquemment entre elles, forme la zone de Zinn proprement dite. Plus résistant que le précédent, il adhère aux procès ciliaires, et vient se fixer, sous la forme d'une collerette, à la capsule cristalline un peu en avant du bord de la lentille.
La bifurcation de ces deux feuillets et l'équateur du cristallin circonscrivent un espace circulaire de forme triangulaire connu sous le nom de canal de Petit. Ce canal, dépourvu de couche épithéliale, renferme une petite quantité de liquide transparent auquel on a fait jouer un rôle important dans l'acte de l'accommodation. 11 est très-étroit pendant la vie, attendu que sa paroi antérieure étant unie aux procès ciliaires présente un nombre considérable de plis, qui viennent presque au contact de la paroi postérieure. Ces plis sont encore visibles au moment où la zone, abandonnant les procès ciliaires, passe sur le bord du cristallin. Son insertion