‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 29 sur 112 · LNFLAMMATION DU CORPS VITRE · texte numérisé non relu

LNFLAMMATION DU CORPS VITRE

sur la capsule représente nécessairement une ligne ondulée, et son aspect une sorte de petite collerette, comme nous Tavons dit précédemment.

On a signalé l'existence d'une couche épithéliale à la face interne de rhyaloîde : les auteurs ne sont pas d'accord à cet égard. La plupart d'entre eux ne l'admettent pas. Ch. Ritter affirme au contraire son existence. Dans l'opinion de cet anatomiste, l'erreur résulterait de ce que les procédés de préparation, même les plus délicats, ont pour conséquence de détacher la plus grande partie des cellules épithéliales et d'en détruire la cohésion. La plus légère altération cadavéreuse exercerait une action destructive plus rapide encore. 11 assure au contraire être parvenu à constater un grand nombre de cellules épithéliales, en employant des yeux bien frais ou préalablement durcis, soit dans une solution faible de chromate de potasse, soit dans un mélange à parties égales d'alcool et d'eau. Cette couche épithéliale recouvre toute l'hyaloïde et passe sur la zonule. Les cellules qui la constituent ont un contour à peine perceptible à l'état frais ; elles sont finement granulées, rondes ou polygonales ; chacune d'elles contient un grand noyau à contour accentué et généralement dépourvu de nucléole. Ces cellules sont de grandeurs différentes : lès unes, plus petites, adhèrent plus à la membrane et sont les plus faciles à observer, les autres, plus grandes, se détachent généralement pendant les manœuvres, même les plus délicates, nécessitées pour la préparation. Elles forment à une certaine profondeur dans l'épaisseur du corps vitré une zone parallèle à la surface ÎQterne de l'hyaloïde. Ces cellules, détachées et comme noyées dans la vitrine au voisinage de leur siège primitif, avaient été déjà mentionnées par KôUiker. Apparemment leur présence avait pu donner le change aux anatomistes qui ont attribué au corps vitré une structure cellulaire.

ARTICLE II Inflammation dn corps vitré (hyalitis).

Les détails anatomiques qui précèdent montrent l'incertitude qui règne encore parmi les micrographes au sujet de la composition du corps vitré. Il en résuite nécessairement une certaine confusion dans la description ou tout au moins dans l'interprétation des phénomènes que l'on désigne sous le nom d'hyaiitis. Pour admettre dans le corps vitré une inflammation propre, il n'est pas nécessaire d'y

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constater des vaisseaux et des nerfs ; mais il faut tout au moins admettre la structure cellulaire, car, sans Télément cellule, le processus inflammatoire manque de substratum. Disons toutefois que Tanatomie pathologique du corps vitré faite avec tant d'autorité par Donders et de Grsefe, ajoute un grand poids à Topinion des anatomistes qui croient à une structure cellulaire.

Des difficultés d'un autre ordre concourent encore à obscurcir la pathologie du corps vitré. Il est partout enveloppé de membranes auxquelles il emprunte tous ses matériaux de nutrition et de reconstitution et par conséquent sous la dépendance desquelles il se trouve absolument. Comment dans un cas donné faire la part de ce qui lui appartient en propre et de ce qui est la conséquence d'une lésion primitivement développée autour de lui? Sans nous engager autrement dans la question nosologique, nous considérerons comme appartenant au corps vitré les altérations qui seront limitées à sa substance et dans lesquelles l'ophthalmoscope ne fera découvrir aucune modification appréciable dans l'état des membranes ou des organes voisins.

Causes. — Il n'existe à proprement parler que deux conditions dans lesquelles on conçoive et on puisse admettre l'inflammation du corps vitré. Ces conditions sont réalisées : l^ lorsqu'un corps étranger pénètre dans son épaisseur sans qu'il en résulte de lésion notable des membranes enveloppantes, que ce corps étranger vienne du dehors comme il arrive pour des éclats de capsule, de petits fragments de silex, des poussières métalliques, etc., ou qu'il soit représenté par un épanchement de sang. Les faits de cette nature sont rares dans la pratique. Pour y suppléer, Donders a eu recours à la physiologie expérimentale et mis en œuvre un procédé des plus ingénieux. Il traversa l'œil de part en part avec un fil de caoutchouc. Il tendit fortement ce fil par ses deux extrémités, puis le coupa des deux côtés^au ras de la sclérotique. Le fil revenu sur lui-même, ne représenta plus qu'une petite masse entièrement plongée dans , le corps vitré. On obtient un résultat analogue , mais avec moins de certitude, en plongeant dans l'œil une aiguille à cataracte qui divise la choroïde sur son passage et occasionne une petite hémorrhagie dont le produit s'épanche dans le corps vilré. Wecker est parvenu à provoquer artificiellement l'hyalitis en injectant dans le corps vitré à l'aide d'une seringue de Pravaz, quelques gouttes d'une solution assez concentrée de sucre; 2* lorsque, à travers une plaie accidentelle ou chirurgicale, le

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corps vitré vient faire hernie, et fournir l'occasion d'étudier en quelque sorte de visti les transformations qu'il subit. C'est surtout à la suite de l'extraction de la cataracte que se produit cet accident.

Procédé d*exploratloii. — C'est à l'éclairage oblique qu'il faut avoir recours autant que possible. Toutefois ce moyen d'exploration n'est possible qu'autant que l'altération siège à la partie antérieure du corps vitré, dans les plans qui confinent à la cristalloïde postérieure. Si l'altération siège plus profondément, on lui substituera le miroir oculaire. La pupille sera dans tous les cas préalablement dilatée par l'atropine, et la cavité oculaire soigneusement explorée dans tous les sens.

symptômes. — Le corps étranger provoque rapidement autour de lui une légère opacité : celle-ci s'épaissit, mais, en s'épaississant, elle diminue d'étendue, elle se délimite mieux et représente une sorte d'enveloppe membraneuse qui dérobe le corps étranger à l'observateur. C'est quelque chose d'analogue à ce que l'on observe autour des corps étrangers implantés dans la cornée. Dans certains cas l'altération reste ainsi tout à fait locale; dans d'autres, il survient, à une certaine distance du foyer primitif du mal, un pointillé fin grisâtre qui peu à peu revêt les caractères de ce dernier.

Ces petites opacités sont fréquemment méconnues, surtout si elles sont trop profondément situées pour être accessibles à l'éclairage oblique. En raison de leur exiguïté et de leur immobilité, de leur couleur grise et de leur demi-transparence, elles sont perdues dans une petite partie du champ visuel : plus elles se rapprochent de la rétine, c'est-à-dire du foyer de l'appareil réfringent oculaire, plus elles seront grossies et par conséquent faciles à reconnaître. Contrairement à l'opinion de Schweigger, nous attribuons les difficultés du diagnostic dans ces ' cas particuliers au caractère de ces délicates altérations, sans faire jouer aucun rôle aux difficultés que peut éprouver l'observateur à accommoder exactement pour leur position respective. 11 importe de signaler les difficultés de cette recherche, parce que ces opacités entraînent de grands troubles de la vision. Elles voilent des parties étendues du fond de l'œil, et donnent à l'image ophthalmôscopique un défaut de lumière et de netteté facilement attribué à des opacités rétiniennes. Jusqu'alors l'examen au miroir^est possible : il ne révèle rien du côté de la choroïde ou de la rétine.

Dans d'autres cas plus graves, l'opacité du corps vitré augmente d'intensité et d'étendue, elle gagne les régions déclives, prend une

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teinte jaunâtre et devient le siège d'un travail pyogénique. La tendance que les opacités ont dans ces circonstances à gagner les parties les plus déclives a conduit Ritter à croire que le pus était constamment fourni par le stroma choroïdien. Mais les recherches de Donders mentionnées ci-dessus, lui ont nettement démontré que le travail de suppuration est circonscrit autour du corps étranger, et qu'au moment où il commence, les cellules du stroma choroïdien sont entièrement saines.

La suppuration s'observe aussi dans certains cas de prolapsus persistant du corps vitré. C'est dans ces conditions qu'il a été si bien observé, par de Grsefe. La portion herniée non réduite perd sa transparence et se transforme progressivement en une sorte de fausse membrane chargée de globules purulents. Schweigger a constaté que cet aspect résulte du développement derrière Thyaloïde d'un nombre très-considérable de petites cellules, semblables par leurs caractères microscopiques au globule purulent ; il a cité quelques cas dans lesquels la suppuration du corps vitré s'est développée chez des opérés de cataracte avec une efifrayante rapidité, sans que pour cela il se soit révélé une participation quelconque de la choroïde. Ce travail .de désorganisation s'effectue silencieusement, il peut même passer inaperçu pour tout observateur qui n'a pas recours à l'ophthalmoscope à cette période du mal. Si la pyogénèse est limitée, la guérison est encore possible. Mais le plus fréquemment tout le corps vitré est envahi, l'injection sous-conjonctivale, l'apparition du cercle vasculaire précornéen, un étal chémotique, indiquent l'invasion d'une choroïdite suppurative qui entraîne rapidement une atrophie aiguë du globe. Autant qu'on peut en juger par le petit nombre de faits que possède la science, ce n'est qu'au début de ces proliférations cellulaires et pyogéniques du corps vitré, qu'il est possible de les différencier de la choroïdite. Ajoutons d'ailleurs que, dans les cas où les deux affections se ressemblent assez pour être confondues, le traitement ne diffère pas. Les accidents dont nous venons de parler affectent une marche rapide.

Il arrive le plus souvent que le corps vitré est le siège d'une ©pacification plus lente, sans tendance à la suppuration et se traduisant par la formation de nouveaux éléments, semblables à ceux du tissu cellulaire. On est naturellement conduit à attribuer cet état à une inflammation chronique. 11 s'observe à la suite des opérations de cataractes dans lesquelles l'hyaloïde a été rompue. Quelques jours après l'opération, parfois un peu plus tard, on voit à l'éclairage

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oblique dans le champ de la pupille et sur un plan plus profond que Tenveloppe cristalline de petites stries grisâtres, tantôt parallèles entre elles, tantôt entre-croisées de façon à représenter un véritable réseau. Les mailles de ce réseau sont d'abord transparentes, mais elles ne tardent pas à se remplir d'une matière opaline. Quelle qu'ait été leur forme primitive, elles sont représentées à un moment donné par une plaque grisâtre, profondément située et présentant sur ses bords des stries fines de même couleur qui se perdent dans la masse transparente du corps vitré. Ârlt a cité des cas dans lesquels l'opacité était unie à la cicatrice cornéenne, par l'intermédiaire d'un cordon blanchâtre qui déprimait le bord de l'iris dans son passage à travers la pupille. Ces opacités peuvent être assez légères et surtout assez circonscrites pour nuire peu à la vision; d'autres fois elles envahissent toute la pupille et sont assez opaques pour permettre seulemeht au malade la perception de la lumière du jour. Nous avons en ce moment en observation un fait de ce genre. Il s'agit d'une opacification dense, étendue, survenue à la suite d'un épanchement de sang causé par un grain de plomb qui est venu heurter la sclérotique sans pénétrer dans l'œil.

Enfin dans d'autres circonstances infiniment plus graves, mais toujours reliées à un travail inflammatoire des membranes intraoculaires, le corps vitré tout entier est envahi par le développement de masses cellulaires qui, à une époque plus avancée de leur évolution, exercent leurs propriétés fétractiles, entraînent un décollement complet de la rétine, la formation entre cette membrane et la choroïde de dépôts plastiques qui subissent dans certains cas la transformation osseuse, et finalement aboutissent à l'atrophie complète du globe.

Ces opacifications chroniques du corps vitré occupent le plus souvent, en raison des causes qui leur donnent naissance, la partie antérieure du corps vitré.

Lorsque les proliférations cellulaires restent circonscrites, elles sont généralement suivies de guérison ', le corps vitré recouvre sa transparence, au moins à un degré suffisant pour permettre une bonne vue, car à l'éclairage au miroir, on pourra s'assurer bien souvent qu'à ce travail d'opacification a succédé un ramollissement de toute la vitrine, ce que l'on reconnaît à l'existence d'une certaine quantité de corps flottants.

Le traitement des hyalitis offre peu de ressources. Quand les

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opacités qui en sont la conséquence sont peu étendues, récentes, elles disparaissent lentement sans l'intervention d'aucune médication. S'il s'agit de situations graves dans lesquelles tout le corps vitré est envahi, il faut recourir au traitement de la choroïdite éuppurative, mais il faut bien le dire, sans grand espoir d'échapper à une destruction complète de l'organe.

Dans certaines situations intermédiaires, marquées par ces opacifications étendues, l'intervention chirurgicale trouverait des indications plus efficaces. Il est rationnel d'admettre que dans les cas où les membranes internes restent intactes, on pourrait, une fois le travail de prolifération cellulaire épuisé, restituer un certain degré de vision par la destruction ou le déplacement de l'opacité. De Gréfe l'a tenté déjà : dans un cas, il obtint une remarquable amélioration. Ce qui doit surtout encourager dans cette voie, c'est qu'il s'agit de remédier à une infirmité incurable à l'aide d'une opération fort peu dangereuse pour l'oçil. Quand le moment sera venu, je me propose d'y avoir recours dans le fait mentionné ci-dessus.

ARTICLE m.

Ramollissement. Corps flottants du corps vitré.

Le ramollissement du corps vitré, la présence dans sa masse de corps plus ou moins flottants, représentent beaucoup moins des afiections distinctes que les suites de maladies ou d'accidents existant préalablement. Dans certains cas, le corps vitré perd sa consistance en conservant ses autres qualités ; dans d'autres beaucoup plus nombreux, le ramollissement se complique d'une diminution de la transparence et du développement d'opacités plus ou moins nombreuses,

Bamolllsseineiit «Impie (syncliysiB simple). — Le corps vitré peut devenir entièrement fluide sans tenir de corps étrangers en suspension, sans rien perdre de sa transparence. On comprend sans peine, après ce que nous avons dit de la structure de cet organe, que l'on ignore absolument si dans ces cas une atteinte quelconque est portée à ses éléments. On sait seulement qu'il augmente de volume par suite de la pénétration dans sa masse d'une plus grande quantité d'eau, et que cette augmentation coïncide, dans la plupart des cas, avec une augmentation de volume du globe lui-même.

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Le synchysis simple occupe, en général, toute la masse du coq^s vitré : exceptionnellement il est local. L'anatomie pathologique a démontré qu'il peut être limité à la partie antérieure ou à la partie postérieure.

Causes. — Les causes du synchysis sont de deux ordres : les unes sont mécaniques et agissent directement sur les éléments du corps vitré. Les corps étrangers introduits accidentellement ou expérimentalement dans Tœil, les manœuvres de rabaissement du cristallin cataracte, la hernie du corps vitré pendant l'extraction, représentent des causes de ce genre. C'est dans ces circons^ tances que le ramollissement est parfois local et limité à la partie antérieure. Ce travail résulte moins souvent de la lésion directe du corps vitré que de l'irritation des nerfs ciliaires par l'instrument du chirurgien, ou le gonflement de la substance du cristallin abaissé.

Les autres causes sont organiques. Tantôt elles se rattachent au processus glaucomateux. Dans ces cas les nerfs ciliaires sont le siège d'une irritation persistante qui aboutit à une hypersécrétion de liquide. lien résulte à la fois et un excès de pression intra-oculaire et un ramollissement du corps vitré. Celui-ci s'observe encore dans des yeux atteints d'altérations régressives, telles que la dégénérescence graisseuse des vaisseaux choroïdiens, les diverses formes d'atrophies de cette membrane, la sclérose avancée du noyau cristallinien. Ici, le ramollissement est la conséquence d'un trouble profond survenu dans la nutrition des membranes intra-oculaires ; le corps vitré se liquéfie parce qu'il est privé de ses matériaux de reconstitution. Le marasme sénile, la phthisie progressive de l'œil, les hauts degrés de staphylôme postérieur sont les causes prochaines habituelles de cette forme de ramollissement. Dans un cas de staphylôme postérieur, Ârlt a constaté à l'autopsie que le corps vitré avait conservé en avant sa consistance physiologique, tandis qu'il était complètement liquéfié en arrière au niveau de l'altération choroïdienne.

Symptômes et diagnostic. — Le synchysis coïncide souvent avec une diminution de la tension intra-oculaire, mais il n'en est pas toujours ainsi, puisqu'on le rencontre dans le glaucome qui a précisément poui: symptôme fondamental un excès de pression.

Le tremblement de l'iris est un excellent signe diagnostique. Quand on le trouve, on peut affirmer sans autre examen, l'existence du ramollissement ; mais il existe rarement. Pour qu'il se produise,

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il faut non-seulement que le corps vitré ait perdu sa consistance, mais aussi que la zonule de Zinn et la cristalloïde antérieure qui lui offrent un plan résistant à Tétat physiologique, soient détruites ou notablement relâchées. Alors Tiris privé de soutien est agité de petites et rapides oscillations pendant les divers mouvements du globe. Ces oscillations sont le plus souvent communes à Tiris et au cristallin, mais il n'est possible, on le conçoit, de constater Tébranlement de ce dernier qu'autant qu'il est cataracte (cataracte branlante). Pour rechercher le tremblement de l'iris il faut examiner très-obliquement le malade à la lumière du jour, en lui recommandant de porter lentement et successivement l'œil dans diverses directions. Les mouvements brusques sont moins favorables.

Le synchysis simple ne s'accompagnant d'aucun trouble dans la transparence, l'éclairage ophthalmoscopique ne fournit aucun renseignement. Disons pourtant que dans certains cas, bien qu'il n'y ait pas d'opacités appréciables, l'éclairage à moins de vivacité. On remarque dans le fond rouge éclairé un espace plus terne, comme grisâtre, qui se déplace pendant les mouvements du globe.

La vision n'est pas sensiblement troublée par l'existence du synchysis simple, autant du moins qu'on a pu en juger dans les rares occasions qui ont permis d'observer cet état pendant la vie. Cependant il est de remarque que chez la plupart des personnes myopes à un haut degré, le nombre des mouches vplantes augmente considérablement au point de les tourmenter et de les conduire à réclamer des soins. Comme le staphylôme postérieur s'accompagne assez souvent de ramollissement , il est rationnel de lui attribuer cette abondance de mouches volantes plus grosses, plus variées, plus noires qu'à l'état normal.

Le diagnostic du synchysis simple manque le plus souvent de précision; fort heureusement il n'a d'importance réelle que chez les cataractes, quand il s'agit de faire choix d'un procédé. Dans ce cas, le tremblement de l'iris est le seul signe qu'il faille rechercher.

Le traitement du synchysis simple n'offre aucun intérêt; il est entièrement subordonné à la nature des causes qui l'ont occasionné.

Bamolllssemeiit composé («yncliysls composé, synchysis éilnceiant). — Autant le synchysis simple est rare, peu intéressant, difficile à reconnaître sur le vivant, autant le synchysis composé est fréquent, d'un diagnostic facile, d'une importance clinique

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considérable. Ce qui représente le caractère propre de ce dernier, c'est la suspension de corps étrangers plus ou moins opaques dans la vitrine liquéfiée.

Causes. — Ces corps étrangers ont plusieurs origines.

i"* Les uns proviennent d'une altération des élémentsdu corps vitré, déterminée soit par un vice de nutrition, soit par une action irritante. Pour les auteurs qui attribuent au corps vitré une structure cellulaire, ils sont dus à une prolifération lente, progressive ; les opacités qui en résultent sont d'abord fixes, mais elles ne tardent pas à subir la dégénérescence graisseuse et à devenir mobiles et flottantes. Pour ceux qui n'admettent dans le corps vitré aucune structure propre, l'évolution de ces opacités reste la même ; seulement le point de départ, au lieu d'en être placé dans le corps vitré, se rattacherait à un trouble de nutrition ou bien à une affection des membranes profondes.

2° Les corps flottants du corps vitré ont le plus souvent pour origine un épanchement de sang. Celui-ci résulte habituellement de la rupture de quelques vaisseaux choroïdiens, ceux de la partie antérieure de préférence. Là, en effet, la choroïde est accessible aux corps vulnérants, elle est plus vasculaire, et, de plus, ses rapports avec le corps vitré sont plus immédiats, puisque la rétine n'est représentée en ce point que par quelques rares et minces faisceaux cellulaires.

Le sang épanché pénètre dans le corps vitré en dissociant les éléments de la rétine et en déchirant la membrane limitante et i'hyaloïde. On peut dans certains cas, alors que l'exploration opbthalmoscopique est encore praticable, reconnaître la trace de la déchirure rétinienne sous l'aspect d'une petite cicatrice blanche, bordée de pigment.

Le sang extravasé est rarement fourni par les vaisseaux rétiniens. Ceux-ci sont plus petits, mieux protégés, et s'ils viennent h se rompre, leur contenu franchit difficilement la membrane limitante.

Les épanchements de sang dans le corps vitré sont occasionnés souvent par un trouble profond survenu dans l'état de la circulation de l'œil. Tantôt c'est la pression interne qui s'est accrue, comme il arrive dans l'irido-choroïdite, le glaucome ; tantôt, au contraire, cette pression subit une brusque diminution, comme il arrive lorsque l'humeur aqueuse est trop rapidement évacuée, ou, plus fréquemment encore, lorsque, pendant l'extraction de la cataracte, le cristallin est violemment expulsé et I'hyaloïde rompue. On conçoit

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de même que les maladies du cœur ou des gros vaisseaux, et tout trouble de la circulation centrale, de même que les altérations organiques des vaisseaux choroïdiens, exposent aux mêmes accidents. C'est ainsi que se justifie leur coïncidence avec les maladies du cœur, les pertes de sang abondantes, avec la myopie, etc. Les contusions du çlobe oculaire, le choc d'un grain de plomb, la piqûre d'une pointe de compas ou de fleuret, la plaie produite par un éclat de capsule, entraînent fréquemment des épanchements de sang dans le corps vitré. Enfin il survient aussi sans cause connue.

3** Les corps flottants du corps vitré reconnaissent encore pour cause la migration d'éléments cellulaires qui ont pris naissance soit dans la couche épithéliale de l'hyaloïde, soit dans son voisinage. Dans ce dernier cas il s'agit presque toujours de matériaux fournis par la choroïde. D'après les recherches de Ch. Ritter, ceux-ci proviendraient de la segmentation des noyaux des cellules non pigmentées du stroma choroïdien. Tant qu'ils sont en petite quantité ils s'accumulent entre la choroïde et la rétine ; mais si la prolifération devient plus abondante, les éléments de la rétine se dissocient, et la membrane limitante ainsi que l'hyaloïde se rompent pour leur livrer passage. Ce travail de migration assez analogue à celui du pus dans l'épaisseur de nos organes ne porte pas une atteinte bien grande aux fonctions de la rétine, parce qu'il s'effectue sur une très-petite étendue et siège le plus habituellement vers Yora serrata^ c'e^t-à-dire dans une région où la membrane nerveuse concourt très-peu à la vision.

4° On voit, par l'énumération précédente, que le synchysis a pour cause soit une action traumatique, comme les manœuvres de l'abaissement, l'irritation provoquée par une cataracte réclinée, une hernie du corps vitré pendant l'extraction, etc. ; soit une affection organique ou un trouble de nutrition des membranes intraoculaires, par exemple la choroïdite ou la rétino-choroïdite, les diverses formes de la choroïdite atrophique, etc. Dans toutes ces conditions, on peut facilement établir une relation entre la cause et ses effets. Mais, ailleurs, cette relation échappe. L'examen ophthalmoscopique ne révèle rien d'appréciable ni du côté de la choroïde ni du côté de la rétine. C'est alors que l'on admet volontiers, pour peu que les circonstances s'y prêtent, une action diathésique ou spécifique qui aurait pour conséquence la production de corps flottants dans le corps vitré sans autre altération organique. Parmi ces dernières, l'influence syphilitique est

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encore considérée, à tort ou à raison, comme l'une des plus actives. S*il était permis de tirer une conclusion d'un petit nombre de faits, nous y ajouterions l'intoxication alcoolique au moins pour ce qui concerne la production du synchysis étincelant. Nous avons observé, durant plusieurs années, Irois cas de cette curieuse et rare affection, trois fois elle avait élu domicile chez des ivrognes incorrigibles et en proie à des accidents alcooliques variés. Il serait facile, avec Taction bien connue de Talcool sur les principaux organes, d'admettre une sorte d'infiltration graisseuse des vaisseaux choroïdiens et du corps vitré. Mais nous préférons mentionner le fait sans commentaire.

Nature des corps flottants. — Nous avons déjà dit que fréquemment les corps flottants commençaient par être fixes, et ne devenaient mobiles que par les progrès de leur évolution régressive : il en résulte que les corps flottants ont fréquemment une origine et une nature identiques à celles des opacités immobiles dont il a été question à propos de Thyalitis. C'est pour ce motif que nous avons négligé jusqu'alors de parler de la nature des opacités du corps vitré.

Celles-ci, soumises à l'examen microscopique, se composent de trois éléments distincts : cellules de diverses formes; masses fibri-' neuses; sang et cristaux.

1* L'élément cellulaire est représenté par les cellules épithéliales qui tapissent la face interne de l'hyaloïde, par des cellules arrondies, pourvues de noyaux en voie de segmentation ou renfermant des grains d'un pigment foncé, par de grandes cellules s'anastomosant entre elles à l'aide d'appendices qui traversent le corps vitré et forment de véritables membranes réticulaires, enfin, par des noyaux libres, analogues aux globules du pus. Schweigger a constaté dans certains cas de choroïdite aiguë, que le corps vitré était infiltré d'un liquide opalin coagulable. Le même observateur s'est assuré au microscope que de petites opacités étaient uniquement composées de petits grains pigmentaires, blanchâtres, contenus dans des canaux anastomotiques.

Ces diverses formes cellulaires sont fréquemment atteintes de dégénérescence graisseuse. Lorsque celle-ci est assez avancée, les parois des cellules peuvent être détruites, et l'on voit alors de petites agglomérations de corpuscules graisseux disséminés dans la masse du corps vitré. C'est alors aussi que l'on constate une grande quantité de granulations pigmentaires tantôt libres, tantôt agglomérées.

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tantôt contenues dans une membrane cellulaire. Quelles que soient la forme des éléments cellulaires observés et la période de leur évolution, on peut toujours, parmi ces éléments si multiples, retrouver, excepté dans les cas où il y aurait pénétration accidentelle d'éléments étrangers, les traces de la structure anatomique et de Farrangement des éléments cellulaires que quelques auteurs attribuent au corps vitré. C'est pourquoi nous avons dit déjà que, malgré rincertitude créée par les assertions contradictoires des micrographes^ Tanatomie pathologique fournissait de sérieuses présomptions en faveur de la structure cellulaire. .

Lorsque le développement d'éléments cellulaires nouveaux est assez prononcé pour constituer de véritables membranes ou des lambeaux de tissu cellulaire, il s'y forme quelquefois des dépôts calcaires, .comme il arrive en tant d'autres circonstances. Ce n'est que dans des cas très-rares que l'on y rencontre un véritable travail d'ossification. Cependant, un fait de ce genre très-bien observé a été rapporté par de Wittich. Nous verrons, au contraire, que les proliférations cellulaires de la choroïdite donnent assez souvent naissance à des ossifications attribuées sans raison suffisante jusque dans ces derniers temps à une transformation de la rétine.

2^ Les masses fibrineuses du synchysis se présentent ordinairement sous l'aspect de filaments très-ténus, qui affectent une disposition réticulairé, et représentent le substratum par l'intermédiaire duquel les grandes cellules dont il a été question plus haut sont reliées entre elles.

3** A la suite des épanchements de sang on retrouve dans le corps vitré, durant un certain temps, tous les éléments de ce liquide agglomérés de façons très-diverses, et figurant des grumeaux, des fragments fibrineux, colorés par l'hémato^cristalline et par du pigment. Ces éléments subissent un travail de dissociation et de résorption assez rapide, et dont on suit les progrès à l'ophthalmoscope. Il en résulte que le corps vitré, après quelques mois, recouvre en grande partie sa transparence et ne renferme plus que des cristaux. Ceux-ci sont composés principalement de cholestérine. On les rencontre à l'état isolé ou adhérents à des masses fibrineuses, ou bien réunis entre eux par des filaments délicats et formant des plaques, des réseaux, etc. Les cristaux du corps vitré sont le plus ordinairement accompagnés de nombreux corpuscules pigmentaires qui en changent la coloration.

Mode <t examen. — L'éclairage oblique devra être préféré toutes

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