RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRE
les fois que les opacités siègent à la partie antérieure du corps vitré.
L'éclairage au miroir servira pour Texploration de la masse entière.
Symptômes. — Us sont objectifs ou subjectifs.
Les symptômes objectifs sont fournis exclusivement par Téclairage ophthalmoscopique. S'il existe une cataracte, le tremblement de riris ou de la cataracte elle-même représente la seule ressource.
Dans le synchysis composé, on constate la présence de corps opaques, noirs ou gris, qui s'agitent dans le champ éclairé par le miroir, quand Tœil est en mouvement et mieux encore au moment où il s'arrête. Ces petites masses, qui se ilétachent sur le fond rouge, sont produites par les corps opaques mobiles que renferme le corps vitré.
Voici sous quels aspects principaux on les observe.
Dans certains cas, les corps flottants forment un pointillé très-fin, comparable à une poussière fort ténue, dont les grains isolés échappent à l'observation, à moins que quelques-uns ne brillent d'un éclat très-vif, comme il arrive quand il existe parmi eux de petits cristaux de cholestérine. Ailleurs, quelques corps flottants plus volumineux apparaissent dans cette masse de corpuscules presque imperceptibles : leur présence suffit pour assurer le diagnostic. La masse de ces corpuscules forme une sorte de nuage qui voile rimage ophthalmoscopique. Si Ton imprime à Tœil des mouvements réitérés, ce nuage se déplace : il se condense sur certains points qui paraissent plus obscurs, et découvre certains autres qui deviennent plus clairs. Pour bien saisir ces délicates transformations, il est utile de se servir du miroir plan et d'une lumière peu intense. Mais c'est surtout sur l'image renversée que se traduisent bien ces modifications. Celle-ci a perdu son éclat, ses éléments sont confus, difficiles à délimiter. On suit à peine le trajet effacé des vaisseaux rétiniens, leur centre de confluence laisse plutôt deviner que reconnaître la situation et les contours de la papille optique (PI. X, fig. S). Chacune de ces parties a perdu sa couleur propre, et le tout est coloré par un reflet rougeâtre plus sombre qu'à l'état normal. Nous avons constaté que dans ces conditions la coloration du fond de l'œil était d'un rouge plus foncé. S'agit-il là d'un effet de diffraction à travers cette poussière organique, ou bien d'june véritable congestion de la choroïde ?
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Nous serions disposé à admettre cette dernière interprétation, parce que cette forme de corps flottants se rattache assez souvent à l'existence d'une choroïdîte dont elle est la première manifestation.
Les corps flottants se présentent souvent sous une autre forme, . qui réclame tout autant d'attention que la précédente. Ici, ce sont de petits filaments grisâtres, extrêmement minces, très-mobiles, qui se meuvent principalement dans les régions déclives du corps vitré. Cette seconde forme se combine fréquemment avec la première, elle occasionne les mêmes modifications de l'image ophthalmoscopique. Même nuage grisâtre mal délimité, répandu sur toute la surface, subissant des déplacements pendant les mouvements de l'œil. Avec un peu d'attention et de persévérance, elle n'échappe pas à l'observateur comme la première, pendant l'exploration au miroir seul. Il est aisé de découvrir sur le fond rouge une foule de petites stries longues et très-ténues, presque transparentes, et qui sont animées plutôt d'un mouvement d'oscillation que de translation.
La troisième forme sous laquelle apparaissent les corps flottants, renferme de nombreuses variétés qui ont toutes pour caractère commun d'être très-faciles à reconnaître : tantôt il semble que ce sont des grains de tabac à priser qui se meuvent dans l'œil ; ailleurs, ce sont de véritables membranes d'étendue et de forme trèsdiverses. Ces membranes' ressemblent assez parfois à des pellicules opalines qui flottent sur un liquide transparent. Elles changent de forme, de couleur, elles s'enroulent sur elles-mêmes lorsque l'œil se meut. Dans d'autres cas, elles sont épaisses, résistantes, très-opaques, elles adhèrent par l'une de leurs extrémités aux membranes profondes, et ne sont flottantes que par l'autre. L'ombre qu'elles projettent sur le champ éclairé est complète, ce qui fait que le fond rouge est irrégulier, voilé dans la partie qui leur correspond, et mobile pendant les mouvements du globe.
Enfin une quatrième variété de synchysis est caractérisée par la présence dans le corps vitré, parfaitement transparent du reste, d'une foule de petites paillettes qui, réfléchissant vivement la lumière, brillent à la moindre agitation de l'œil d'une couleur jaune, blanche ou irisée dans le champ éclairé de la pupille. C'est à cette forme, qui a depuis longtemps excité la curiosité des observateurs, que l'on donne le nom de synchysis étincelant. Ces petits corps flottants sont constitués par des cristaux de cholestérine.
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Nous avons déjà mentionné la présence accidentelle de ces cristaux dans les autres formes de synchysis composé. Alors, ils sont mêlés à des masses opaques plus ou moins abondantes parmi lesquelles ils attirent peu Tattention. Ici, au contraire, ils sont isolés, nagent dans un milieu bien transparent ; c'est à peine si, dans certains cas, on parvient à découvrir quelques stries grisâtres.
Les opacités mobiles du corps vitré, si variables dans leur forme, se rencontrent fréquemment réunies chez le même sujet, et groupées de la façon la plus bizarre. Il n'est pas rare que de petits corpuscules se fixant stax extrémités de corps flottants, filamenteux ou membraneux et leur forment une sorte de bordure perlée très-délicate. Si, parmi les premiers, se rencontrent des cristaux de cholestérine avec leurs reflets brillants, Taspect du fond de Fœil au miroir oculaire est à la fois'des mieux caractérisés et des plus pittoresques.
Les symptômes subjectifs sont fournis par Texamen attentif de rétat de la vision. La forme, le siège, la mobilité, l'opacité des corps flottants peuvent être ainsi fidèlement traduits : toutefois, si Taltération est peu marquée, si le malade est peu intelligent, il est sinon nécessaire, du moins fort utile de recourir à Texamen entoptique. On sait que pour le pratiquer il faut diriger le regard, à travers une carte percée, vers une surface éclairée et éloignée, un mur blanc, un ciel couvert par exemple. On sait aussi qu'on perçoit d'autant plus nettement les images entoptiques que l'appareil de réfraction est adapté pour une plus courte distance et, que, par conséquent, il est toujours utile d'armer l'œil observé d'un verre convexe à court foyer.
Dans ces conditions, on constate dans l'œil le plus sain la présence d'un grand nombre de corpuscules mobiles qui donnent naissance aux mouches volantes. A cet égard, il serait fort difficile de marquer les limites de l'état physiologique. Ce que la pratique enseigne, c'est que fréquemment, au début du synchysis, avant que l'ophthalmoscope ait révélé la présence de corps flottants, les mouches volantes ont augmenté de nombre, de volume, et pris une teinte plus^ombre. A une période plus avancée, le malade constate dans son champ visuel la présence de mouches plus volumineuses, de taches, de stries noires, très-variées dans leur forme, qui sont produites par l'ombre, plus ou moins grandie suivant leur siège, que les corps flottants projettent sur la rétine. Le rapport de ces ombres aux opacités qui leur donnent naissance est assez exact pour qu'il soit possible au d'en indi-
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quer à peu près le nombre et la forme. Ces taches attirent surtout l'attention au moment où le malade ouvre les yeux dans un milieu éclairé. Tant qu'elles sont rares, elles disparaissent habituellement dès que le regard est fixé, elles gênent par conséquent peu la vision. Mais sitôt qu'elles deviennent plus nombreuses et plus volumineuses, elles occasionnent un trouble permanent que le sujet compare à l'effet d'un réseau opaque placé devant son œil, et, à travers les mailles duquel seulement, la vision est à peu près nette. Chaque fois qu'il exécute un mouvement de la tête ou de l'œil, ce réseau change de forme ou se replie sur lui-même, en ouvrant pendant un instant un champ plus vaste à la vision distincte. Ce changement à vue est si marqué, qu'il frappe généralement l'attention, et qu'il représente l'un des meilleurs signes distinctifs du synchysis composé. Quand les corps flottants sont représentés par ces petits corpuscules dont l'agrégation forme un véritable nuage mobile, la vision est plus gravement troublée. Tous les objets sont vus à travers un brouillard très-épais. C'est à peine si, à l'aide de mouvements rapides et répétés de l'œil, le pauvre malade parvient à obtenir une éclaircie fugitive. Dans cette forme de synchysis, les troubles visuels les plus graves coïncident avec les altérations les moins appréciables à l'ophthalmoscope. C'est ainsi qu'elle donne souvent lieu à une erreur de diagnostic.
Nous avons remarqué assez souvent que dans le synchysis composé le malade éprouvait des sensations lumineuses comme dans le glaucome. Elles consistent en des cercles ou des croissants d'un blanc éclatant, qui entourent l'orbite, en des paillettes, des étincelles qui traversent rapidement le champ visuel. Chez un malade que nous avons actuellement en observation, l'œil est fréquemment entouré d'un cercle lumineux, comparable à celui que fournirait la flamme d'une bougie animée d'un mouvement rapide. Il voit souvent aussi de petites paillettes jaunâtres, de rapides étincelles, etc. Ces phantasmes ne sont pas produits par le synchysis lui-même ; ils témoignent de sa coïncidence fréquente avec un excès de pression intraoculaire auquel il est rationnel de les attribuer.
Diagnostic. — Reconnaître les opacités flottantes du corps vitré est chose facile lorsqu'elles ont acquis un certain développement. On pourrait les confondre avec les opacités siégeant dans le cristallin. Mai» ces dernières sont fixes ; pendant les mouvements de l'œil, elles ne se déplacent que dans le sens du mouvement opéré. Enfin l'éclairage oblique les fait voir avec leur forme, leur couleur, tandis