‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 32 sur 112 · CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ. J · texte numérisé non relu

CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ. J

Les faits de ce genre sont très-rares, au moins en France ; ils semblent plus fréquents en Allemagne. Comme il ne nous a pas été donné encore d'acquérir sur ce point une expérience personnelle, nous nous bornerons à rapporter brièvement les faits publiés par les auteurs allemands et judicieusement reproduits dans l'ouvrage de Wecker. Coccius fit le premier mention d'une ampoule sphérique, qu'il avait observée dans le corps vitré d'une femme, sans se prononcer toutefois sur la nature de cette particularité. Un an plus tard, de Graefe reconnut le premier avec certitude la présence dans le corps vitré d'un cysticerque qui fut décrit avec grand soin par Liebreich. L'entozoaire était enkysté dans une membrane d'enveloppe qui le tenait suspendu entre le pôle postérieur du cristallin et un point voisin de la papille optique.

Quelque temps après, de Grœfe publia une seconde observation dans laquelle la membrane d'enveloppe paraissait s'insérer sur le pourtour de la papille optique. En 1857, nouveau fait, publié par le même auteur. Ici, l'entozoaire était libre dans le corps vitré. Le sujet, paysan de 56 ans, s'était aperçu, après un mouvement de tête, d'un trouble subit de la vision dans l'œil gauche. Ce trouble diminua ensuite progressivement pour reparaître un jour brusquement pendant la marche. Le champ visuel était rétréci en haut et en dehors. L'éclairage au miroir fit découvrir au milieu d'un grand nombre d'opacités mobiles une vésicule d'un bleu verdâtre, flottant à la partie inférieure et interne du corps vitré. On constata d'une manière évidente, dit l'observateur, les mouvements de contraction de l'animal. Le col, la tête et les suçoirs ne purent être clairement reconnus à cause de la position déclive occupée par FanimaL

On se décida à tenter l'extraction, parce que l'œil malade était le siège d'une inflammation menaçante, et que l'autre œil accusait quelques troubles sympathiques. Une large iridectomie fut d'abord pratiquée dans le but de faciliter l'inspection directe de la cavité oculaire et de mieux se renseigner sur la situation de l'animal. De Graefe fit ensuite une ponction à travers la sclérotique avec une aiguille comme pour procéder à l'abaissement d'une cataracte, mais dans un point situé à 3 ou 4 millimètres en arrière du lieu classique. Il s'écoula une petite quantité du corps vitré qui s'accumula sous la conjonctive. Celle-ci fut incisée avec des ciseaux courbes: Une pince capsulaire fut alors introduite à travers la plaie scléroticale et conduite entre le cristallin et le cysticerque. L'opé-

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rateur tenta de saisir Tanimal par le col, c'est-à-dire par sa partie la plus résistante. La première tentative échoua ; dans une seconde, la tête et le col furent extraits avec des lambeaux de la vésicule. L'extraction eut pour efifet de diminuer les phénomènes d'irritation inflammatoire, de faire cesser l'irradiation sympathique; mais les manœuvres qu'elle nécessita aboutirent à une augmentation du nombre des opacités du corps vitré et au développement ultérieur d'une cataracte.

Dans une seconde observation du même auteur, l'extraction préparée avec autant d'habileté que de hardiesse par deux opérations préliminaires fut pratiquée avec tout le succès désirable en ce sens que le parasite sortit intégralement de l'œil au point de continuer de vivre pendant quatre heures. Mais les opacité^ du corps vitré dont l'existence semble liée au développement du cysticerque, persistèrent en partie, ce qui n'empêcha pas une amélioration trèssensible de la vue. On trouve dans l'atlas de Liebreich la mention d'une tentative d'extraction entièrement suivie de succès. Il est à regretter que l'auteur n'ait pas accompagné le fait de détails qui n'eussent pas manqué d'être fort intéressants. Nous croyons aisément, toutefois, qu'il ait pu mener à bien cette entreprise, si l'aspect du parasite était aussi caractérisé qu'il le paraît dans la planche VII, figure S de son atlas ; nous l'avons reproduit aussi fidèlement que possible {pi. XXIV). L'histoire inachevée d'un pseudocysticerque nous porte à croire que les choses ne se présentent pas toujours avec une aussi grande netteté. Il y a déjà quelques années, l'existence d'un cysticerque du corps vitré, né et nourri sur les bords de la Seine, fut annoncée et minutieusement circonstanciée dans les Annales <P oculistique , Plusieurs oculistes en renom signèrent à son identité. Grâce à l'obligeance de notre collègue le professeur Legouest nous pûmes , FoUin et moi , voir le l'ait et reconnaître sans grande difficulté qu'il ne s'agissait là que d'un décollement de la rétine pourvue à sa surface de quelques opacités mobiles, qui avaient figuré une tête et un col animés.

La présence d'un cysticerque dans le corps vitré a pour conséquence de provoquer la formation d'opacités de plus en plus nombreuses, de plus en plus gênantes, et d'amener au bout de quelques années une irido-choroïdite, et une phthisie complète du globe. On a vainement tenté pour arrêter le mal l'instillation de toutes les solutions anthelminthiques. L'insuccès de ces moyens, la gravité de l'afiection justifient donc delà façon la plus complète l'interven-

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