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ASPECT DE LA TACHE JAUNE

figures 2, 4 et 5 de la même planche reproduisent des types qui se rapprochent de la pigmentation de la race nègre.

ARTICLE IL Aspect de la rétine.

La rétine à l'état normal est sur le vivant parfaitement transparente : elle ne reflète dès lors que très-peu de lumière et n'est point apparente. Moins la choroïde est pourvue de pigment, moins celuici est foncé, plus l'éclairage est intense, et plus par conséquent la rétine paraîtra transparente. Si au contraire la choroïde est très-foncée, la rétine reposant sur un fond mat et gris peut devenir légèrement apparente, comme dans Texemple rapporté cidessus. A un moindre degré, la membrane nerveuse est transparente dans presque toute son étendue, mais au niveau du nerf optique où elle atteint son maximum d'épaisseur, elle devient faiblement opaline. Cette légère opacité physiologique se rencontre chez les sujets dont la choroïde est très-fortement pigmentée au pourtour delà papille et principalement pendant qu'ils sont jeunes, ce qui résulte sans doute de ce que la papille est alors plus riche en fibres nerveuses, et aussi probablement de ce que le tissu conjonctif est le siège d'un certain degré d'infiltration. Quoi qu'il en soit, ce léger trouble rétinien péripapillaire peut être assez marqué pour diminuer la netteté des contours de la papille et des vaisseaux rétiniens, ou tout au moins voiler le côté nasal de son limbe. Les figures 4 de la planche YI, 6 de la planche IX, 4 de la planche X, donnent une idée aussi exacte qu'il est possible de la rendre par le dessin, de ces nuances si légères, si délicates. C'est à tort que Ton a signalé cet aspect de la rétine comme un état pathologique relié à diverses affections de l'encéphale et plus particulièrement à la méningite basilaire et à l'hémorrhagie cérébrale. Nous tenons à le répéter, on rencontre fréquemment cet aspect chez des enfants parfaitement sains.

ARTICLE m.

Aspect de la tache Jaune (macula lutea, fovea eentralis).

Sur un point de la surface rétinienne, correspondant à l'extrémité postérieure de l'axe optique, se trouve une petite surface fort impor-

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tante au point de vue physiologique et pathologique parce qu'elle est préposée à la vision directe et que les altérations dont elle est le siège entraînent des troubles visuels considérables. On la désigne sous le nom de tache jaune.

Rien n'est variable comme l'aspect de cette tache à l'ophthalmoscope. Lorsqu'elle est le mieux dessinée, son siège est marqué par une coloration plus foncée de la choroïde dans un espace arrondi un peu plus grand que la papille. L'attention une fois dirigée sur ce point, on découvre vers le centre de cette surface plus foncée une tache rougeâtre d'autant plus éclatante que la surface qui l'entoure l'est moins. Son aspect est tel, qu'elle a été fréquemment attribuée àunehémorrhagie. Enfin au centre de la tache rouge figure à un fort grossissement un point blanc formé par la fovea centralis {pi. VII, fig. 1). La surface brune excentrique est due à une pigmentation plus foncée de la choroïde ; la surface rouge, d'abord au peu d'épaisseur de la rétine qui, à ce niveau, ne renferme qu'un très-petit nombre de fibres nerveuses et d'éléments de tissu cellulaire, et ensuite à la couleur du pigment choroïdien.

D'autres fois la tache jaune n'a pas de limite précise. Elle porte mieux son nom, elle est indiquée par une surface assez large au niveau de laquelle la choroïde passe du rouge orangé à un rouge très-riche en jaune. Ce changement de couleur s'opère par gradations insensibles depuis le bord interne du nerf optique jusqu'au point occupé par la macula. On ne distingue plus ici à proprement parler la tache jaune, mais bien la région de la tache jaune.

Cet aspect est dû à ce que le pigment est moins foncé, et même toute fait jaune.

Le plus souvent, la macula ne présente aucun des caractères qui viennent d'être mentionnés. Elle se perd dans le fond choroïdien, on ne la voit pas, on ne la distingue, pas. Ajoutons d'ailleurs que l'examen en est beaucoup plus difficile que celui des autres parties du fond de l'œil. Gomme elle est la partie la plus sensible, la plus impressionnable de la rétine, elle est plus vivement excitée par la lumière du réflecteur, et provoque de plus énergiques contractions de l'iris. En outre , comme elle est située à l'extrémité de l'axe optique principal, il faut pour la voir que l'œil soit dirigé directement vers le miroir. Le reflet de la cornée est dès lors inévitable et suffisant pour voiler une partie de la pupille contractée. La meilleure condition d'observation consiste à employer l'image

ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE. Ul

droite ayec un miroir plan et en recommandant au malade de fixer le miroir tout près de son centre. Il est le plus souvent indispensable pour voir distinctement de placer derrière le réflecteur un Terre concave d'un foyer approprié. En dilatant préalablement la papille, l'examen est beaucoup plus facile ; mais alors il est indispensable, à moins qu'il n'y ait une anesthésie rétinienne, d'employer un éclairage très-modéré, une bougie par exemple. Le plus souvent on reconnaît la macula à sa position et ^ussi à ce que plusieurs rameaux ténus des vaisseaux rétiniens viennent y aboutir de diverses directions. Elle est située en dedans de la papille (image renversée) à une distance égale à deux fois le diamètre de cette dernière vue avec la lentille de 2 pouces 1/4 (61""). Elle est aussi sur un plan un peu plus élevé. Une ligne menée de son centre suivant le méridien horizontal , passerait à peu près au bord supérieur de la papille (image renversée). Ces indications de position sont faciles à déterminer et suffisantes. C'est donc, à proprement parler, la région de la tache jaune et non la tache jaune elle-même que Ton explore habituellement pendant l'examen ophthalmoscopique.

ARTICLE IV

Aspect de la papille optique.

La papille est formée par l'extrémité intra-oculaire du nerf optique. Elle est représentée par un disque de forme arrondie, de nuance gris rosé, de contours bien définis, caractères qui la mettent vigoureusement en relief sur le fond rouge de la choroïde. Il est impossible de la méconnaître ni de la confondre avec ce qui n'est pas elle, si l'on se rappelle que sur sa surface se trouve le point d'émergence des vaisseaux rétiniens. 11 arrive cependant qu'au début des exercices , on prend pour la papille l'une des deux images fournies par la lentille et qui sont représentées planche VI, figure 3). Il suffit, pour éviter cette erreur grossière, de s'assurer que ces images sont plus petites, marquées d'un point noir au centre, dépourvues de vaisseaux, et qu'elles se déplacent en sens inverse au moindre mouvement de rotation de la lentille sur son axe.

Dans certains cas, la papille n'est pas ronde, mais bien ovale soit dans le sens vertical {pL IX, fig. 2), soit plus rarement dans le

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sens transversal (pi. IX, fig. 4). Nous savons que le vice de réfraction qui caractérise Tastigmatisme , a pour effet optique de déformer Timage de la papille, et de lui donner une forme ovalaire. Nous avons insisté précédemment sur les moyens de distinguer cette illusion d'une véritable anomalie anatomique.

La couleur de la papille physiologique comporte une foule de nuances qui se refusent à la description et qui défient même le pinceau. Le ton général est du gris pénétré de rose et de jaune. Il est beaucoup plus clair vers le cen^ et à la circonférence, plus foncé, au contraire, dans les régions intermédiaires. Chez certains sujets c'est le gris qui domine [pi. VI, fiff. 5); chez d'autres c'est le jaune {pi. VI, fig. 26 ; pi. IX, fig. 2). Ailleurs, c'est le rouge {pi. VI, fig. 3, 4 ; pi. IX, fig. 4, 6, etc.). A cet égard, l'état physiologique comporte de tels écarts que ceux-ci sont fréquemment attribués à un état pathologique; on peut en juger en comparant entre elles les images consacrées à l'œil physiologique. La figure 6 de la planche VII , empruntée à un sujet cholérique , chez lequel l'acuité visuelle exactement déterminée était normale, représenterait aisément un type d'hypérhémie pathologique. Il en est ainsi de la figure 4 de la planche IX, qui représente le fond de l'œil d'une personne de 30 ans, douée d'une vision irréprochable, mais soumise, avant l'examen, à l'atropine, et de même la figure 5 de la planche VI, représentant la papille d'un vieillard, simule de bien près, avec ses reflets bleuâtres, certaine forme d'atrophie papillaire. Le ton jaune uniforme de la figure 2 de la planche IX ressemble singulièrement à ce que l'on observe pendant la première phase de quelques névrites optiques. Ces quelques exemples aideront à faire comprendre combien il est délicat dans certains cas de porter un jugement fondé exclusivement sur la coloration de la papille. Entre l'état sain et l'état pathologique au début, les nuances sont difficiles à saisir. Pour mettre en garde contre Terreur, nous avons reproduit scrupuleusement les principales variétés de papille physiologique, qui se sont présentées à notre observation.

La surface de la papille peut être le plus souvent décomposée en trois zones distinctes, l'une centrale, claire, qui correspond à la lame criblée, une seconde périphérique, marquée par une ligne blanche souvent interrompue du côté de la tache jaune^ qui correspond à la limite scléroticale du nerf optique, enfin, une zone intermédiaire grise, qui correspond à la couche des fibres nerveuses. La figure 4 de

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