ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE
la planche VU, qui représente la papille vue à un fort grossissement, donne une juste idée de ces trois zones et de leurs rapports. Pour en comprendre la signification, il est nécessaire de rappeler la structure anatomique du bout intra-oculaire du nerf optique. Celui-ci passe à travers un trou dont est perforée la sclérotique, son néyrilème se confond à ce niveau avec le tissu de la membrane fibreuse elle-même. Comme, en ce point, la choroïde est le plus souvent dépourvue de pigment, le névrilème recouvert seulement par des membranes transparentes , réfléchit fortement la lumière et produit cette ligne blanche plus ou moins accusée que Ton dé* signe sous le nom de limbe de la papille.
De tout le pourtour de Tanneau sclérotical émanent des fibrilles cellulaires qui traversent le nerf et forment par leur entre-croisement un véritable réseau à travers les mailles duquel passent les faisceaux nerveux. Ce réseau représente ce que Ton désigne sous le nom de lame criblée. Elle a pour effet d*augmenter la force de résistance du nerf optique, et de lui permettre de résister à la pression intra-oculaire : de nature fibreuse, elle réfléchit vivement la lumière. C*est elle qui correspond à la zone centrale de la papille, et qui est représentée par la tache blanche située immédiatement en dehors de Torigine des vaisseaux.
L'éclat el l'étendue de la lame criblée sont très-variables. Ces variations dépendent de la disposition affectée par les faisceaux de fibres nerveuses. Ceux-ci, après avoir traversé la lame criblée, ne s'étalent qu'au moment où ils se sont élevés au-dessus des couches externes de la rétine. Ce n'est que parvenues à ce niveau qu'elles peuvent s'infléchir pour former en s'épanouissant la couche des fibres de cette membrane. Cette disposition tend à produire vers le centre de la papille une dépression en entonnoir au fond de laquelle la lame criblée est plus ou moins à découvert. La profondeur et refendue de cette dépression centrale dépendent de l'état des couches externes de la rétine. Si celles-ci gardent toute leur épaisseur jusqu'au bord du nerf optique, les fibres nerveuses devront nécessairement s'élever plus haut, à peu près perpendicu-lairement, puis s'infléchir brusquement pour former un angle presque droit. Dans ces cas, elles restent longtemps réunies en faisceaux ; elles donnent à la papille une grande hauteur, et la dépression centrale sera très-profonde, mais très-étroite. Dès lors la lame criblée ne sera pas visible ou elle sera réduite aux dimensions d'une toute petite fossette blanche, du fond de laquelle
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émergent les vaisseaux. Les figures 2, 3, 4 de la planche VI représentent des cas dans lesquels la lame criblée n'est point visible ; la surface de la papille est d'une teinte uniforme. Dans les figures 3 et 6 de la planche VII, la lame criblée est réduite à de petites dimensions.
Si, au contraire, les couches rétiniennes s'amincissent en se rapprochant de la papille, les fibres nerveuses s'infléchissent plus tôt, d'une façon moins brusque, la dépression centrale augmente, et la lame criblée est mise à découvert dans une plus gradde étendue. Dans ces conditions, qui sont les plus communes, la tache blanche est plus large. En raison de sa signification on lui donne le nom à'excavation physiologique. Vue à un grossissement suffisant, elle représente distinctement un réseau blanc éclatant dont les mailles ont une teinte grise, produite par les faisceaux défibres nerveuses qui les traversent perpendiculairement. On dirait assez exactement la coupe d'un jonc. L'excavation physiologique siège vers le centre de la papille : un peu plus rapprochée cependant du bord correspondant à la macula, sa situation est subordonnée au mode de distribution des fibres nerveuses dans la rétine. Celles-ci en très-grand nombre, quelques auteurs disent même en totalité se dirigent vers le côté nasal de la papille et se répandent jusqu'à la périphérie de la rétine, en décrivant autour de la macula des courbes qui les tiennent éloignées de ce centre ; du côté de la tache jaune, on ne rencontre que la quantité de fibres nécessaires pour établir ses rapports physiologiques avec le nerf optique. Il résulte nécessairement de cette disposition , que le côté nasal de la papille est masqué par la masse des fibres nerveuses, tandis que le côté interne reste découvert, ce qui met en vue la lame criblée et marque nécessairement la place de l'excavation physiologique.
Les faisceaux de fibres nerveuses représentent la zoAe d'un gris rosé, située entre le bord sclérotical et la lame criblée. Elle forme une espèce de croissant ou mieux de disque qui entoure l'excavation physiologique, qui est large du côté nasal^ et très-étroit du côté de la macula. Par ce fait que la majeure partie des fibres nerveuses se porte vers le bord nasal, la papille est souvent plus élevée de ce côté que du côté opposé. H. MuUer, le premier, a appelé l'attention sur cette différence de niveau. Nous empruntons à l'excellent travail de Schweîger une figure qui représente la coupe longitudinale du nerf dans un cas de ce genre {fig, 27).