ABERRATION DE RÉFRANGIBH.JTÉ OT' ABERRATION CHROMATIQUE
Le plus souvent l*œil n*est pas simultanément au point pour les lignes horizontales et pour les lignes verticales, situées à égale distance. Que l'on fixe un instant des lignes perpendiculaires entre elles (Tabl. typ. XV) et situées dans le champ de la vision distincte, on remarquera, pour peu que Tœil soit atteint de ce défaut de réfraction, qu'on voit nettement et avec une couleur noire franche, soit les rayons verticaux, soit les rayons horizontaux, tandis que les rayons qui leur sont perpendiculaires ont une teinte grise et comme effacée.
Cette particularité témoigne manifestement d'une inégalité dans la valeur réfringente de deux méridiens perpendiculaires entre eux.
C'est h cette seconde forme d'aberration monochromatique que l'on a donné le noiQ d'astigmatisme ((^ privatif, eiarfYiKx, point, c.-à-d. sans point focal).
En raison de son importance pratique, elle sera étudiée ultérieurement avec tous les développements qu'elle comporte.
ARTICLE III
Aberration de réfrangibilité ou aberration chromatique.
L'aberration de réfrangibilité ou chromatisme des images, provient de ce que les rayons lumineux de différentes longueurs d'onde, qui représentent les couleurs spectrales, ont des réfrangibilités différentes dans des milieux identiques, liquides ou solides, et par conséquent convergent en des points différents. L'œil n'^est pas achromatique. Fraûnhofer etHelmholtz ont constaté, en éclairant le même objet avec les diverses couleurs du spectre, qu'il possède des distances focales différentes pour les rayons de différentes couleurs. La démonstration de ce fait est rendue plus complète et beaucoup plus simple par l'emploi de notre Optomètre dont il sera bientôt question. Il suffit d'éclairer successivement l'objet avec les diverses couleurs du spectre, non-seulement pour constater cette différence, mais encore pour la mesurer en déterminant pour chacune d'elles la limite éloignée de la vision distincte. Le chromatisme de l'œil était déjà connu de Newton, qui a mentionné l'apparition de bords colorés autour des objets lorsqu'on recouvre à moitié la pupille. Néanmoins la dispersion des couleurs se fait peu sentir dans la vision ordinaire, et Ton peut admettre que les images perçues par un œil sain et normal sont achromatiques.
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c'est-à-dire que le contour des objets qu'il perçoit n'est point entouré d'une auréole colorée.
On explique le peu d'intensité dli pouvoir dispersif de l'œil humain, comparé ii celui des instruments d'optique, par ce fait que la dispersion de l'eau et de la plupart des solutions aqueuses est en général beaucoup plus faible que celle du verre. Comme les indices de réfraction des milieux de l'œil ne diffèrent pas sensiblement de celui de l'eau, on en déduit que leur pouvoir dispersif, au moins en ce qui concerne l'hnmeur aqueuse et l'humeur vitrée, est aussi de même valeur. Le pouvoir dispersif de Tœil humain se rapprocherait donc beaucoup de celui d'un œil rempli d'eau distillée ; cependant l'expérience, répétée de différentes façons, démontre qu'il est un peu plus fort, ce qui conduit à admettre que le cristallin fournit, par rapport à son pouvoir réfringent, des aberrations un peu plus marquées que l'eau pure.