‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 58 sur 112 · DES CHANGEMENTS OPÉRÉS DANS L'ÉTAT DE I/OEIL, ETC · texte numérisé non relu

DES CHANGEMENTS OPÉRÉS DANS L'ÉTAT DE I/OEIL, ETC

une règle ou sur une planchette deux épingles éloignées l'une de l'autre de 20 à 25 centimètres, et que l'on essaye de les voir simultanément dans le sens de leur alignement, on constatera de suite qu'il est impossible d'y arriver. Si Ton vise la plus rapprochée, on la voit distinctement, mais la seconde paraît grossie, diffuse. Et de même, si le regard est dirigé vers la plus éloignée, l'autre n'est perçue qu'imparfaitement. Ce qui veut dire évidemment que, quand je fixe l'une des deux épingles, les rayons émanés de l'autre se rencontrent soit en deçà, soit au delà de la rétine, et produisent sur cette membrane des cercles de diffusion, suffisants pour nuire à la netteté de l'image. Cette simple épreuve, que chacun peut varier à son gré, démontre deux choses : d'abord, que l'œil peut s'accommoder pourdesdistancesdifférente9;ensecond lieu, qu'il nepeutvoir distinctement et simultanément deux objets inégalement éloignés.

ARTICLE 1

Des changements opérés dans Tétat de l'œil pendant

racoommodation.

La solution de cette question à été cherchée par un grand nombre de physiciens et de physiologistes. Elle a donné lieu aux opinions les plus divergentes et souvent les plus contradictoires. La construction de l'appareil de réfraction, dont les différentes surfaces ne sont point de révolution ni rigoureusement symétriques autour d'un axe commun, et par conséquent ne doivent pas donner un point focal^ mais bien une ligne focale (Sturm, etc.), la contraction de la pupille pendant la vision rapprochée (Hal ler,Hill, Mill , etc.), un changementde courbure de la cornée (Albert, Home, R.imsden, etc.), la brièveté du rayon de courbure du cristallin (de Haldat), un déplacement du cristallin (Kepler, etc.), ont été invoqués tourà tour pour servir de base à autant de théories spécieuses que la nature de ce travail ne nous permet pas de reproduire pour en faire la critique.

Dans ces derniers temps, des faits décisifs ont démontré que toutes ces opinions ne représentaient point la vérité, et que le changement qui s'opère pendant l'accommodation, consiste en une modification dans la forme du cristallin. Celui-ci devient plus convexe surtout du côté de sa face antérieure, et il se rapproche de la cornée. Cette opinion est loin d'être récente; on la rencontre déjà dans les , l'crits de* Descartes, et dès le commencement de ce siècle Thomas Young entreprit de la démontrer par des expériences qui n'ont été

286 OPTOMÉÏRIE.

appréciées à toute leur valeur qu'au moment où, tout récemment, furent apportées les preuves directes, péremptoires, qu'il importe de rappeler avec quelques détails.

En 1823, Purkinge appela Tattention sur les images qui se forment sur la cornée, et sur les deux faces de la cristalloïde, faisant ofSce de miroir. Ces images, produites par réflexion, devinrent entre les mains de Sanson, un excellent signe pour reconnaître les opacités du cristallin ; mais ce moyen, devenu rapidement classique, perdit toute son importance pratique dès que les procédés d'éclairage artificiel de Tœil permirent d'atteindre le même but avec plus de facilité et de certitude. Maximilien Langenbeck eut le premier l'idée de recourir de nouveau aux images de Purkinge pour s'assurer directement si, pendant l'accommodation, le cristallin subissait un changement soit dans sa forme, soit dans son siège. Maximilien Langenbeck fit usage d'une méthode défectueuse : néanmoins il constata ce fait capital, que dans l'adaptation pour les objets rapprochés, la face antérieure du cristallin devient plus convexe.

Frappé de l'importance et de la rigueurde ce moyen de démonstration, Donders en fit de nouveau l'application : en raison des moyens imparfaits mis en œuvre, il n'obtint rien de satisfaisant. Cependant il n'en conclut pas moins, tant la méthode lui paraissait sûre, que les images réfléchies permettraient de voir avec certitude si, pendant l'accommodation, il se produit un changement de courbure et de situation dans les deux surfaces du cristallin. On sait, en eSet, que les miroirs, tant convexes que concaves, donnent par réflexion des images, situées, pour les premiers en arrière, et pour les seconds en avant de la surface réfléchissante, et que les grandeurs de ces images sont en raison directe du rayon de courbure du miroir* La cornée et la surface antérieure du cristallin représentent des miroirs convexes; la surface postérieure du cristallin ou plutôt la surface antérieure du corps vitré qui y correspond représente un miroir concave. Un corps lumineux placé devant l'œil, doit donc provoquer la formation de trois images, deux droites, fournies par les surfaces réfléchissantes convexes, et une renversée, fournie par la surface réfléchissante concave. Ces images sont peu éclairées, parce que la différence entre la réfringence des milieux de l'œil et celle de leurs surfaces de séparation est faible et, par suite, les effets de réflexion, peu considérables. On peut cependant les distinguer nettement ; il sui'fit pour cela de choisir un milieu obscur et d'exposer devant l'œil, suivant la direction d'une ligne formantavcc

DES CHANGEMEBITS OPÉHÉS DANS l.'ÉTAT Dt) L'CEIL, ETC. 387 I'axe\i8uelunaaglede30°à46'', une petite Itammebrillante OU même la flamme d'une bougie. Eu se plaçant sur le trajet de la ligne de réflexion, on reconnaît aisément trois petites images, situées l'une à côté de l'autre dans le plan de la pupille et dans l'ordre indiqué par la figure suivante {fig. 40).

a représente l'image fournie par la cornée; elle est droite, virtuelle et la plus lumineuse; b, celle de la surface antérieure du cristallin; elle est aussi droite et virtuelle, plus grande que la précédente, mais beaucoup moins brillante et moins nette dans ses contours: c repré-

,,. , , , » Cip. M. — Images de Purtinge

sente 1 image fournie par la surface pos- p«ndsnt is vision «loignéa.

térieure du cristallin : elle est renversée

et réelle; elle est la plus petite, assez brillante et bien nette.

Nous avons supposé l'œil adapté pour une grande distance. Si, sans changer les conditions de ^expérience, on fait viser un objet situé à 15 ou 20 centimètres, on voit brusquement l'image b diminuer d'étendue, se rapprocher de l'image a et s'éloigner de l'image c, comme l'indique la figure suivante [fig. 44).

C'est sur ces données que Cramer, en t85f, imagina un instrument destiné à rendre l'observation de ces changements plus facile et plus rigoureuse. Son appareil avait surtout pour but de produire ^ un grossissement de dix à vingt diamètres. Il put de la sorte évaluer la diminution de volume de l'image b pendant la vision rapprochée et conclure avec certitude, que, pendant l'accommodation, la convexité de la face antérieure du cristallin augmente, et que son rayon- de courbure diminue.

De son côté, Helmhoitz, peu de temps après, sans avoir connaissance des travaux deMaxîmilien Langenbecketde Cramer, qutn'a- Taient été signalés que dans de courtes notices et avaient passé inaperçus, découvrit à son tour la véritable cause de l'accommodation. Ilétablit en outre que la petite image c diminue un peu de grandeur ré^e pendant l'accommodation, ce qui ne peut être attribué qu'à

288 OPTOMÉTHIE.

une lé^fëre augmeotation dans la convexité de la Burfaee postérieure du cristallin. Toutefois le même physiologiste .1 démoatré parle calcul, qu'en raison de compensations accidentelles l'influence du changement de courbure de la surface postérieure du cristallin est nulle, ou tout au moins peut être négligée. On est donc autorisé à conclure d'une façon suffisamment rigoureuse que l'image e ne varie pas pendant l'accommodation.

Le changement de place des images, mentionné ci-dessus, est occasionné par un changement dans la situation réciproque du cristallin et de la cornée. De ce que l'image b se rapproche de l'image a pendant la vision rapprochée, Cramer en conclut que la surface antérieure du crislallin, en même temps qu'elle devient plus convexe, se rapproche de la cornée. Notons cependant que ce déplacement, en raison de l'asymétrie de l'œil, ne devient probant qu'autant qu'on s'est assuré, par une série d'expériences faciles à exécuter, qu'ilest toujours le mémepour une même distance et quelle

Fig. 4!> — Figure schématique destinée il démontrer les relations (les images de Purkinge entre elles.

que soit la position de l'œil. Sauf cette restriction, tout changement de rapport des images démontre un changement dans la situation réciproquedes surfaces du cristallin et de la cornée. Cette relation est rendue évidente dans la figure schématique suivante imaginée par Dondf.Ts{fig. M). A'a est l'axe de la cornée que l'on suppose confondu

DES CHANGEMENTS OPÉRÉS DANS L'ÉTAT DE i;i*:iL, ETC. 289

avec Taxe du cristallin L; celui-ci a été représenté sous deux formes : le trait plein le représente pendant la fixation d*un objet éloigné ; le trait ponctué, pendant la fixation d'un objet rapproché. Au point /est une lumière ; au point 0, Toeil de 1 observateur : ces deux points sont disposés de telle sorte que les lignes qui en partent coupent Taxe sous des angles semblables. Il en résulte que les rayons, renvoyés par les surfaces réfléchissantes de Tœil observé au niveau des points où ces surfaces sont traversées par Taxe, arrivent à Tœil de l'observateur.

De la sorte Timage réfléchie de la cornée est vue dans la direction 0-i ; celle de la face antérieu re du cristallin , dans la direction 0-3, et celle de la surface postérieure, dans la direction 0-4(en négligeantla réfraction opérée à travers les surfaces situées en avant). Projetées sur le plan 11^ elles se placent Tune à côté l'autre aux points a\, d, c.

Si la surface antérieure du cristallin est déplacée jusqu'au niveau de la ligne ponctuée, la seconde image se voit dans la direction 0-2' et se projette sur le plan en h\ c'est-à-dire en un point plus rapproché de l'image a de la cornée.

Il est donc démontré d'une façon certaine que, pendant l'accommodation de l'œil pour les objets rapprochés, la surface antérieure du cristallin devient plus convexe et se rapproche de la cornée ; que ces deux t^hangements sont nets et très-apparents ; que la surface postérieure du cristallin devient aussi un peu plus convexe, mais d'une façon assez peu sensible pour être négligée.

Dans ces changements réside le principe et la raison optique de l'adaptation. .

On a contesté cette relation, on a cité des cas dans lesquels l'œil aurait conservé la faculté d'accommoder après l'extraction de la cataracte. Szokalski en particulier prétend avoir observé un malade qui, privé de cristallin, pouvait à volonté, avec les mêmes lunettes, voir soit nettement, soit confusément un objet situé à une distance quelconque. Selon toute raison, ces faits ont été peu rigoureusement observés. Pour échappera toute méprise, il importe de ne pas perdre de vue que l'on distingue nombre d'objets malgré la difi^usion, pourvu qu'ils soient suffisammentgros et surtout vivement éclairés. De ce qu'un opéré de cataracte avec les mêmes lunettes, maintenues à la même distance de l'œil, lit un texte ordinaire et reconnaît à distance une statue, un arbre, etc., il ne faudrait pas conclure qu'il possède la faculté d'accommodation. Chacun peut se convaincre qu'en fixant un objet situé à la distance

29U OPïOMEÏRrK.

d'un pied par exemple, ou en voit d'une façon satisfaisante une foule d'autres qui sont éloignés.

On peut accepter comme démontré que l'ablation du cristallin entraine la perte de l'accommodation . Le fait a été constaté et signalé bien des fois, mais il a été surtout démontré avec une grande précision dans les observations suivantes dues à Donders. L'ingénieux ophthalmologiste choisit pour sujet de recherches un jeune homme atteint de cataracte congénitale et qui avait été opéré avec un plein succès. L'acuité de la vision n'était point altérée ; avec des verres de 3 pouces de foyer , placés à S lignes (0"*,Oll) en avant des yeux, cet opéré voyait très-distinctement et sous une forme ronde un petit point lumineux situé à une grande distance.

Une mire fut alors placée entre l'un des yeux et ce point lumineux. En dirigeant le regard vers elle avec des lignes visuelles convergentes, le point lumineux ne variait pas ou devenait seulement plus petit et plus distinct sans changer de forme. Mais dès qu'on éloignait ou qu'on rapprochait la lentille de quelques millimètres, le point lumineux cessait d'être rond ; il s'allongeait dans une direction pour prendre la forme d'une ligne; dès lors, même avec le plus puissant effort et la plus puissante convergence vers la mire, la ligne lumineuse devenait seulement un peu plus courte, ce qui tenait au resserrement de la pupille qu'il était aisé de constater directement. Le même essai appliqué successivement aux deux yeux donna un résultat identique.

Chez un autre sujet privé également de cristallin, l'absence totale d'accommodation fut démontrée de la même façon. Donders constata en outre qu'après avoir armé l'œil d'un verre sphérique convenable pour voir nettement un point lumineux situé à une grande distance, il suffisait d'ajouter à cette lentille un verre sphérique trèsfaible, convexe ou concave, ^Q obtenu par combinaison soit de ^

avec — ^ , soit de — ^ avec ^ , pour détruire la netteté de la Vision. Le verre convexe donnait au point lumineux la forme d'une petite ligne verticale, et l'autre, d'une ligne horizontale. 11 n'en est pas ainsi pour l'œil doué de la faculté d'accommoder. L'interposition d'un verre sphérique faible ne trouble pas la netteté des images.

ARTICLE IL Du mécanisme et des agents de l^accommodation.

Nous avons posé en principe que, dans Toeil normal, Taccommodation est à Tétat d'indifférence ou de repos pendant Texercice de la vision éloignée ou, en d'autres termes, que Tœil normal possède un pouvoir réfringent fixe tel que les faisceaux lumineux qui y pénètreat suivant des directions parallèles, ont leur point de rencontre sur la rétine. L'accommodation n'interviendrait plus on moins activement qu^autant que les rayons lumineux deviendraient assez divergents pour déplacer sensiblement le foyer. Plus la divergence augmente, plus l'accooimodation est active et son maximum d'effet correspond au point le plus rapproché de la vision distincte. Rien ne prouve absolument qu'il en soit ainsi ; de bons observateurs admettent même que l'état d'indifférence ou de repos ne correspond, ni à la vision la plus éloignée, ni à la vision la plus rapprochée, mais bien à une distance intermédiaire. De cette façon l'accommodation interviendrait pour voir de loin aussi bien que pour voir de près.

Une semblable opinion complique inutilement la question ; elle a d'ailleurs contre elle des arguments très-sérieux. Nous nous bornerons à citer les principaux d'entre eux.

La plupart des personnes ont conscience de l'effort exercé pendant la vision rapprochée.

La fixation longtemps soutenue d'un objet rapproché est suivie d'un sentiment de fatigue que ne provoque jamais l'exercice de la vision éloignée.

Une instillation d'atropine a pour effet de reculer progressivement le point le plus rapproché de la vision distincte, et, après une heure environ, de ne plus permettre de voir nettement que les objets éloi^gnés. Ce ne peut être qu'en vertu d'une action paralysante, laquelle devrait se faire sentir sur la vision éloignée comme sur la vision rapprochée, si le point de repos était intermédiaire. On pourrait admettre, il est vrai, que l'accommodation emprunte son innervation à deux sources distinctes et que l'atropine, en paralysant l'agent de l'accommodation pour la vision rapprochée, respecte et même excite l'agent de l'accommodation pour les objets éloignés : on sait qu'il en est ainsi pour Tiris dont les fibres circulaires sont paralysées

202 OPÏOMËTRIK.

par la belladone, tandis que les fibres radiées sont au contraire excitées. Admettre des actions similaires pour l'accommodation ne serait donc pas inadmissible, si Ton n'en était éloigné par l'observation suivante.

La paralysie du nerf moteur oculaire commun entraîne le plus souvent la perte de l'accommodation. Dans ces cas la vision des objets éloignés persiste seule; et, en instillant de l'atropine, on ne change pas les conditions de la vision. L'adaption pour les objets éloignés correspond donc à la paralysie totale, et il n'existe pas un seul exemple dans lequel la vision des objets rapprochés ait été conservée, ce qui arriverait nécessairement si l'accommodation à grande distance était active. Il n'est pas rare cependant de rencontrer des sujets myopes qui assurent posséder une accommodation active pour des distances supérieures aux limites de leur vision distincte; ils voient mieux et ils ont conscience de l'effort qu'ils font pour y arriver. Mais si l'on observe rigoureusement le fait en mesurant à l'échelle typographique, on s'assure que cet effort ne leur donne pas une vision nette comme l'accommodation. L'amélioration est due au resserrement de la pupille qui amène une diminution des cercles de diffusion.

En raison de son mode de fonctionnement le pouvoir accommodatif devait être attribué à une action musculaire. Aussi est-ce dans cette voie qu'ont été dirigées les recherches des physiologistes pour en trouver la source.

Descartes, dans sa Diopirique^ suppose que le cristallin change de forme, par l'effet de la* contraction de ses propres fibres, qu'il jugeait être par cela même de nature musculaire.

Young reproduisit plus tard la même hypothèse, mais l'anatomie démontre que le cristallin ne renferme aucune fibre musculaire. D'ailleurs on s'est assuré expérimentalement qu'il n'est pas doué de contractilité. Un courant électrique puissant fut dirigé par Cramer sur un cristallin isolé de toute connexion ; il ne se produisit aucun changement de forme. Il n'en fut plus de même sur un œil muni de son cristallin et séparé de son appareil moteur. Sur un jeune phoque récemment tué, le même observateur constata dans les images de Purkinge des modifications identiques à celles que l'on observe dans Tœil vivant pendant Taccommodation à courte distance. Ces deux épreuves contradictoires démontrent, qae le cristallin ne possède pas en lui la force qui modifie sa forme; que celte force réside en dehors de lui, mais dans l'intérieur du globe

oculaire; enfin, qu'elle peut être mise en jeu par l'électricité.

Les rapports anatomiques du cristallin avec le ligament ciliaire, devaient naturellement conduire à attribuer ce rôle à ce dernier. Et, chose singulière, on trouve déjà cette opinion émise dans une autre partie des œuvres de Descartes. Dans le Traité dç thomme^ réminent philosophe invoque déjà, pour expliquer l'accommodation, des changements de forme du cristallin qu'il attribue aux filets noirs venant de la choroïde, qui embrassent l'humeur cristalline. Rien ne s'oppose à comprendre sous cette dénomination non-seulement les procès ciliaires, mais encore le corps ciliaire luimême. Pendant la vision rapprochée, le ligament ciliaire déprimerait le cristallin sur ses bords et le renflerait au centre. Cette opinion, née de l'induction, ne pouvait être confirmée qu^ par la constatation dans ce ligament de l'élément contractile mis en évidence par l'expérience de Cramer, précédemment citée.

La question des agents de Taccommodation, resserrée dans des limites aussi étroites et aussi précises, provoqua de nouvelles recherches sur la structure vraie du ligament ciliaire. Elles furent couronnées d'un plein succès ; à peu près à la niéme époque Brûcke et Bowman découvrirent que ce prétendu ligament était en réalité un muscle représenté par une lame épaisse de fibres lisses et radiées, qui s'étend du bord antérieur de la sclérotique au corps ciliaire. Son insertion atitérieure se fait sur la sclérotique en cet endroit, qui est creusé d'un petit sillon et qui concourt à la formation du canal veineux de Schleem. Les fibres naissent là d'un ruban particulier dense et uni (Kôlliker) qui forme la paroi interne de ce canal et qui prend naissance à la fois dans le tissu même de la sclérotique etdans le réseau fibreux fourni par le prolongement de la membrane de Descemet. De ce point de départ antérieur le faisceau musculaire se dirige en arrière, et se termine par des fibres qui affectent trois directions difi'érentes: les plus externes, qui sont aussi les plus longues, se rendent dans la choroïde jusqu'à l'ora-serrata, d'autres se confondent avec l'insertion de l'iris, d'autres enfin, les plus internes, se portent dans la partie fixe des procès ciliaires, mais non dans ces corps eux-mêmes. Ces éléments musculaires, d'après KoUiker, sont an peu plus courts {0'",002) et plus larges (0",003 à 0"*,004), que les cellules fibreuses ordinaires ; leur tissu est finement granulé et trèsdélicat; ils sont si fragiles qu'ils ne peuvent être aisément isolés chez l'homme.

Ce muscle, qui porte le nom de muscle de Briicke , a été décou-

202 OPTOMETRIi:.

par la belladone, tandis que les fibres radiées sont au contraire excitées. Admettre des actions similaires pour Taccommodation ne serait donc pas inadmissible, si Ton n'en était éloigné par l'observation suivante.

La paralysie du nerf moteur oculaire commun entraine le plus souvent la perte do l'accommodation. Dans ces cas la vision des objets éloignés persiste seule; et, en instillant de l'atropine, on ne change pas les conditions de la vision. L'adaption pour les objets éloignés correspond donc à la paralysie totale, et il n'existe pas un seul exemple dans lequel la vision des objets rapprochés ait été conservée, ce qui arriverait nécessairement si l'accommodation à grande distance était active. Il n'est pas rare cependant de rencontrer des sujets myopes qui assurent posséder une accommodation active pour des distances supérieures aux limites de leur vision distincte; ils voient mieux et ils ont conscience de l'effort qu'ils font pour y arriver. Mais si l'on observe rigoureusement le fait en mesurant à l'échelle typographique, on s'assure que cet effort ne leur donne pas une vision nette comme l'accommodation. L'amélioration est due au resserrement de la pupille qui amène une diminution des cercles de diffusion.

En raison de son mode de fonctionnement le pouvoir accommodatif devait être attribué à une action musculaire. Aussi est-ce dans cette voie qu'ont été dirigées les recherches des physiologistes pour en trouver la source.

Descartes, dans sa Dioptrique^ suppose que le cristallin change de forme, par l'effet de la' contraction de ses propres fibres, qu'il jugeait être par cela même de nature musculaire.

Young reproduisit plus tard la même hypothèse, mais l'anatomie démontre que le cristallin ne renferme aucune fibre musculaire. D'ailleurs on s'est assuré expérimentalement qu'il n'est pas doué de contractilité. Un courant électrique puissant fut dirigé par Cramer sur un cristallin isolé de toute connexion ; il ne se produisit aucun changement de forme. Il n'en fut plus de même sur un œil muni de son cristallin et séparé de son appareil moteur. Sur un jeune phoque récemment tué, le même observateur constata dans les images de Purkinge des modifi'cations identiques à celles que l'on observe dans l'œil vivant pendant l'accommodation à courte distance. Ces deux épreuves contradictoires démontrent, que le cristallin ne possède pas en lui la force qui modifie sa forme ; que celte force résidé en dehors de lui, mais dans l'intérieur du globe

oculaire; enfin, qu'elle peut être mise en jeu par rélectricité.

Les rapports anatomiques du cristallin avec le ligament ciliaire, devaient naturellement conduire à attribuer ce rôle à ce dernier. Et, chose singulière, on trouve déjà cette opinion émise dans une autre partie des œuvres de Descartes. Dans le Traité d§ rhomme^ réminent philosophe invoque déjà, pour expliquer l'accommodation, des changements de forme du cristallin qu'il attribue aux filets noirs venant de la choroïde, qui embrassent l'humeur cristalline. Rien ne s'oppose à comprendre sous cette dénomination non-seulement les procès ciliaires, mais encore le corps ciliaire luimême. Pendant la vision rapprochée, le ligament ciliaire déprimerait le cristallin sur ses bords et le renflerait au centre. Cette opinion^ née de l'induction, ne pouvait être confirmée qucf par la constatation dans ce ligament de l'élément contractile mis en évidence par l'expérience de Cramer, précédemment citée.

La question des agents de l'accommodation, resserrée dans des limites aussi étroites et aussi précises, provoqua de nouvelles recherches sur la structure vraie du ligament ciliaire. Elles furent couronnées d'un plein succès ; à peu près à la même époque Brûcke et Bowman découvrirent que ce prétendu ligament était en réalité un muscle représenté par une lame épaisse de fibres lisses et radiées, qui s'étend du bord antérieur de la sclérotique au corps ciliaire. Son insertion atitérieure se fait sur la sclérotique en cet endroit, qui est creusé d'un petit sillon et qui concourt à la formation du canal veineux de Schleem. Les fibres naissent là d'un ruban particulier dense et uni (Kdiliker) qui forme la paroi interne de ce canal et qui prend naissance à la fois dans le tissu même de la sclérotique etdans le réseau fibreux fourni par le prolongement de la membrane de Descemet. De ce point de départ antérieur le faisceau musculaire se dirige en arrière, et se termine par des fibres qui afiectent trois directions difi'érentes: les plus externes, qui sont aussi les plus longues, se rendent dans la choroïde jusqu'à l'ora-serrata, d'autres se confondent avec l'insertion de l'iris, d'autres enfin, les plus internes, se portent dans la partie fixe des procès ciliaires, mais non dans ces corps eux-mêmes. Ces éléments musculaires, d'après KoUiker, sont un peu plus courts (0'",002) et plus larges (0",003 à 0",004), que les cellules fibreuses ordinaires ; leur tissu est finement granulé et trèsdélicat; ils sont si fragiles qu'ils ne peuvent être aisément isolés chez l'homme.

Ce muscle, qui porte le nom de muscle de Briicke , a été décou-

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par la belladone, tandis que les fibres radiées sont au contraire excitées. Admettre des actions similaires pour l'accommodation ne serait donc pas inadmissible, si Ton n'en était éloigné par l'observation suivante.

La paralysie du nerf moteur oculaire commun entraine le plus souvent la perte de l'accommodation. Dans ces cas la vision des objets éloignés persiste seule; et, en instillant de l'atropine, on ne change pas les conditions de la vision. L'adaption pour les objets éloignés correspond donc à la paralysie totale, et il n'existe pas un seul exemple dans lequel la vision des objets rapprochés ait été conservée, ce qui arriverait nécessairement si l'accommodation à grande distance était active. Il n'est pas rare cependant de rencontrer des sujets myopes qui assurent posséder une accommodation active pour des distances supérieures aux limites de leur vision distincte ; ils voient mieux et ils ont conscience de l'effort qu'ils font pour y arriver. Mais si l'on observe rigoureusement le fait en mesurant à l'échelle typographique, on s'assure que cet effort ne leur donne pas une vision nette comme l'accommodation. L'amélioration est due au resserrement de la pupille qui amène une diminution des cercles de diffusion.

En raison de son mode de fonctionnement le pouvoir accommodatif devait être attribué à une action musculaire. Aussi est-ce dans cette voie qu'ont été dirigées les recherches des physiologistes pour en trouver la source.

Descartes, dans sa Dioptrique^ suppose que le cristallin change de forme, par l'effet de la' contraction de ses propres fibres, qu'il jugeait être par cela même de nature musculaire.

Young reproduisit plus tard la même hypothèse, mais l'anatomie démontre que le cristallin ne renferme aucune fibre musculaire. D ailleurs on s'est assuré expérimentalement qu'il n'est pas doué de contractilité. Un courant électrique puissant fut dirigé par Cramer sur un cristallin isolé de toute connexion; il ne se produisit aucun changement de forme. Il n'en fut plus de même sur un œil muni de son cristallin et séparé de son appareil moteur. Sur un jeune phoque récemment tué, le même observateur constata dans les images de Purkinge des modifications identiques à celles que l'on observe dans Tœil vivant pendant l'accommodation à courte distance. Ces deux épreuves contradictoires démontrent, que le cristallin ne possède pas en lui la force qui modifie sa forme; que celte force réside en dehors de lui, mais dans l'intérieur du globe

oculaire ; enfia, qu'elle peut être mise en jeu par l'électricité.

Les rapports anatomiques du cristallin avec le ligament ciliaire, devaient naturellement conduire à attribuer ce rôle h ce dernier. Et, chose singulière, on trouve déjà cette opinion émise dans une autre partie des œuvres de Descartes. Dans le Traité dç Chomme^ réminent philosophe invoque déjà, pour expliquer Taccommodation, des changements de forme du cristallin qu'il attribue aux filets noirs venant de la choroïde, qui embrassent l'humeur cristalline. Rien ne s'oppose à comprendre sous cette dénomination non-seulement les procès ciliaires, mais encore le corps ciliaire luimême. Pendant la vision rapprochée, le ligament ciliaire déprimerait le cristallin sur ses bords et le renflerait au centre. Cette opinion^ née de l'induction, ne pouvait être confirmée qucf par la constatation dans ce ligament de l'élément contractile mis en évidence par l'expérience de Cramer, précédemment citée.

La question des agents de l'accommodation, resserrée dans des limites aussi étroites et aussi précises, provoqua de nouvelles recherches sur la structure vraie du ligament ciliaire. Elles furent couronnées d'un plein succès ; à peu près à la iriéme époque Brûcke et Bowman découvrirent que ce prétendu ligament était en réalité un muscle représenté par une lame épaisse de fibres lisses et radiées, qui s'étend du bord antérieur de la sclérotique au corps ciliaire. Son insertion antérieure se fait sur la sclérotique en cet endroit, qui est creusé d'un petit sillon et qui concourt à la formation du canal veineux de Schleem. Les fibres naissent là d'un ruban particulier dense et uni (Kôlliker) qui forme la paroi interne de ce canal et qui prend naissance à la fois dans le tissu même de la sclérotique etdansle réseau fibreux fourni par le prolongement de la membrane de Descemet. De ce point de départ antérieur le faisceau musculaire se dirige en arrière, et se termine par des fibres qui affectent trois directions différentes: les plus externes, qui sont aussi les plus longues, se rendent dans la choroïde jusqu'à l'ora-serrala, d'autres se confondent avec l'insertion de l'iris, d'autres enfin, les plus internes, se portent dans la partie fixe des procès ciliaires, mais non dans ces corps eux-mêmes. Ces éléments musculaires, d'après Kôlliker, sont un peu plus courts (0'",002) et plus larges (0",003 à 0",004), que les cellules fibreuses ordinaires ; leur tissu est finement granulé et trèsdélicat ; ils sont si fragiles qu'ils ne peuvent être aisément isolés chez l'homme.

Ce muscle, qui porte le nom de muscle de Brûcke , a été décou-

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par la belladone, tandis que les fibres radiées sont au contraire excitées. Admettre des actions similaires pour Taccommodation ne serait donc pas inadmissible, si Ton n'en était éloigné par l'observation suivante.

La paralysie du nerf moteur oculaire commun entraîne le plus souvent la perte de Taccommodation. Dans ces cas la vision des objets éloignés persiste seule; et, en instillant de l'atropine, on ne change pas les conditions de la vision. L'adaption pour les objets éloignés correspond donc à la paralysie totale, et il n'existe pas un seul exemple dans lequel la vision des objets rapprochés ait été conservée, ce qui arriverait nécessairement si l'accommodation à grande distance était active. Il n'est pas rare cependant de rencontrer des sujets myopes qui assurent posséder une accommodation active pour des distances supérieures aux limites de leur vision distincte; ils voient mieux et ils ont conscience de l'effort qu'ils font pour y arriver. Mais si Ton observe rigoureusement le fait en mesurant à l'échelle typographique, on s'assure que cet effort ne leur donne pas une vision nette comme l'accommodation. L'amélioration est due au resserrement de la pupille qui amène une diminution des cercles de diffusion.

En raison de son mode de fonctionnement le pouvoir accommodatif devait être attribué à une action musculaire. Aussi est-ce dans cette voie qu'ont été dirigées les recherches des physiologistes pour en trouver la source.

Descartes, dans sa Dioptrique^ suppose que le cristallin change de forme, par l'effet de la' contraction de ses propres fibres, qu'il jugeait être par cela même de nature musculaire.

Young reproduisit plus tard la même hypothèse, mais l'anatomie démontre que le cristallin ne renferme aucune fibre musculaire. D'ailleurs on s'est assuré expérimentalement qu'il n'est pas doué de contractilité. Un courant électrique puissant fut dirigé par Cramer sur un cristallin isolé de toute connexion ; il ne se produisit aucun changement de forme. Il n'en fut plus de même sur un œil muni de son cristallin et séparé de son appareil moteur. Sur un jeune phoque récemment tué, le même observateur constata dans les images de Purkinge des modifi'cations identiques à celles que l'on observe dans l'œil vivant pendant l'accommodation à courte distance. Ces deux épreuves contradictoires démontrent, que le cristallin ne possède pas en lui la force qui modifie sa forme; que cette force réside en dehors de lui, mais dans l'intérieur du globe

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oculaire ; enfin, qu'elle peut être mise en jeu par Télectricité.

Les rapports anatomiques du cristallin avec le ligament ciiiaire; devaient naturellement conduire à attribuer ce rôle à ce dernier. Et, chose singulière, on trouve déjà cette opinion émise dans une autre partie des œuvres de Descartes. Dans le Traité dg thomme^ réminent philosophe invoque déjà, pour expliquer l'accommodation, des changements de forme du cristallin qu'il attribue aux filets noirs venant de la choroïde, qui embrassent Thumeur cristalline. Rien ne s'oppose à comprendre sous cette dénomination non-seulement les procès ciliaires, mais encore le corps ciliaire luimême. Pendant la vision rapprochée, le ligament ciliaire déprimerait le cristallin sur ses bords et le renflerait au centre. Cette opinion, née de l'induction, ne pouvait être confirmée quer par la constatation dans ce ligament de l'élément contractile mis en évidence par l'expérience de Cramer, précédemment citée.

La question des agents de l'accommodation, resserrée dans des limites aussi étroites et aussi précises, provoqua de nouvelles recherches sur la structure vraie du ligament ciliaire. Elles furent couronnées d'un plein succès ; à peu près à la même époque Brûcke et Bowman découvrirent que ce prétendu ligament était en réalité un muscle représenté par une lame épaisse de fibres lisses et radiées, qui s'étend du bord antérieur de la sclérotique au corps ciliaire. Son insertion atitérieure se fait sur la sclérotique en cet endroit, qui est creusé d'un petit sillon et qui concourt à la formation du canal veineux de Schleem. Les fibres naissent là d'un ruban particulier dense et uni (Kôlliker) qui forme la paroi interne de ce canal et qui prend naissance à la fois dans le tissu même de la sclérotique etdans le réseau fibreux fourni par le prolongement de la membrane de Descemet. De ce point dedépartantérieur le faisceau musculaire se dirige en arrière, et se termine par des fibres qui affectent trois directions difi*érentes: les plus externes, qui sont aussi les plus longues, se rendent dans la choroïde jusqu'à l'ora-serrata, d'autres se confondent avec l'insertion de l'iris, d'autres enfin, les plus internes, se portent dans la partie fixe des procès ciliaires, mais non dans ces corps eux-mêmes. Ces éléments musculaires, d'après Kôlliker, sont un peu plus courts (0'",002) et plus larges (0",003 à 0"*,004), que les cellules fibreuses ordinaires ; leur tissu est finement granulé et très^ délicat ; ils sont si fragiles qu'ils ne peuvent être aisément isolés chez l'homme.

Ce muscle, qui porte le nom de muscle de Briicke , a été décou-

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vert en 1852. Trois ans plus tard, en 1855, Henry MùUer constata à la face profonde du faisceau radié précédent une couche musculaire circulaire qui représente un véritable anneau situé tout à fait en avant, c'est-à-dire vers l'insertion indienne du muscle ciliaire. Ces fibres circulaires, en raison de leur direction spéciale et de Timpor* tance physiologique qui leur fut attribuée, prirent le nom de muscle de MûUer.

On voit combien sont intimes les connexions du muscle ciliaire avec la grande circonférence de Firis. Si Ton ajoute qu'il reçoit, comme les fibres circulaires de l'iris, des filets nerveux émanés de la

branche motrice du ganglion ophthalmique,on aura la raison anatomique de l'association fonctionnelle qui existe entre les efforts d'accommodation et la contraction de la pupille, association si intime qu'elle a pu donner le change pendant longtemps sur le mécanisme de l'accommodation.

Malgré les récentes découvertes dont nous venons de parler, il faut bien convenir que tout n'est pas encore expliqué au sujet de cette fonction. Le plan d'insertion de la portion radiée du muscle ciliaire est situé en avant de la face antérieure du cristallin, puisqu'il siège au niveau du canal de Schleem, qui est invariable dans sa position pendant les efforts d'accommodation. Gomment dès lors comprendre que la contraction de ses fibres puisse changer le rayon de courbure du cristallin ? L'esprit saisit mal la possibilité d'une action directe et efficace ; aussi plusieurs auteurs ont^ls fait intervenir une action combinée du muscle ciliaire et de l'iris. Cramer a même été plus loin , il a admis que le changement de forme du cristallin pouvait être exclusivement attribué à l'iris. La contraction simultanée des fibres circulaires et des fibres radiées produirait une pression circulaire sur le bord de la lentille, augmenterait ainsi la convexité de sa face antérieure et la ferait saillir à travers l'ouverture pupillaire. Le muscle ciliaire n'aurait d'autres fonctions que d'empêcher la lentille d'être déplacée en totalité d'avant en arrière et de protéger la rétine contre l'excès de pression qui en serait la conséquence.

Mais la pathologie a démontré que l'iris n'a pas d'action directe sur l'accommodation. Il peut être adhérent à la cornée, flotter dans l'humeur aqueuse, réséqué en partie (iridectomie), et même complètement supprimé sans que le jeu de l'accommodation en soit troublé. Dans un cas très-propice où l'iris avait été enlevé en totalité par une opération, de Grsefe s'assura par des recherches précises

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