DE L'EVALUATION DU POUVOIR D'ACCOMMODATION. 'M
^on normale , pour cette distance de 12 pouces. La convergence restant la même, l'accommodation peut se faire avec une tension plus considérable, soit 5 pouces par exemple, comme aussi elle peut reculer la limite de la vision distincte jusqu'à 70 ou 76 pouces.
L'adaptation dans ces deux sens, dont le premier représente la partie positive, et le second la partie négative, est un fait incontestable. En visant avec les deux yeux un objet situé à une distance de 12 pouces, on peut s'assurer que l'interposition d'un verre positif ou négatif approprié, lequel augmente ou diminue nécessairement l'accommodation mise enjeu, n'empêche pas la vision nette.
ARTICLE VL De l*évalttation du pouvoir d'accommodation.
Le pouvoir d'accommodation a pour effet de faire voir nettement à toutes les distances comprises entre le ptmctum remotum (r) et le punctum proximum (p).
Si l'on compare un œil emmétrope qui peut accommoder pour tout objet situé entre l'infini et une distance de quelques pouces, 6 pouces par exemple, et un œil fortement myope qui ne peut adapter' que pour des objets, distants de 6 pouces au plus et de 3 pouces au moins, il semble au premier abord que ce dernier ait un pouvoir d'accommodation bien plus restreint que le premier. Mais si l'on place devant cet œil myope une lentille concave de 6 pouces de foyer, qui lui permet de voir distinctement à l'in*fini, on constate que cet œil armé du verre correcteur, peut, aussi bien que l'œil emmétrope, accommoder depuis l'infini jusqu'à- une distance de (> pouces, et qu'il possède par conséquent une amplitude d'accommodation tout aussi grande. On doit en conclure que, pour évaluer comparativement l'amplitude d'accommodation de deux yeux ayant de^ portées visuelles différentes, il ne suffit pas de connaître la distance de leur punctum remotum h leur ptmctum proximum. Il faut, au préalable, les concevoir ramenés au même état de réfringence par l'addition d'un verre correcteur approprié, s'il y a lieu.
De cette façon, quel que soit l'état de la réfraction dans l'œil observé, le punctum remotum sera toujours placé à l'inGni.
Quant au punctum proximum^ sa situation n'a pas toujours été
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évaluée de la même façon. D'après Donders, elle serait à 3 ou 4 pou- €es. Chez un jeune homme de quinze ans, la limite rapprochée de l'accommodation absolue fut trouvée par lui à 3,69 pouces, et chez le même sujet, la limite de l'accommodation binoculaire, à 3,9 pouces. Mais il est bien peu d'yeux capables de lire un caractère un peu fin à cette distance. Ils se fatiguent très-vite. Ce qui était net devient trouble, parce que Teffort d'accommodation ne peut se soutenir à ce degré. Pour ce motif, la plupart des auteurs ont placé cette limite à 8 pouces. Donders fait observer, non sans raison, qu'à cette distance quelques personnes se plaignent de ne pouvoir lire un caractère un peu fin à la lumière d'une bougie ; pour ],ui«une telle limite témoigne déjà d'un commencement de presbytie. Pour concilier ces deux opinions, on s'accorde communément à fixer à une distance de 6 pouces la limite de la vision distincte rapprochée, soit pour l'œil emmétrope, soit pour l'œil amétrope corrigé. A cette distance, on peut faire usage de ses yeux longtemps et sans fatigue.
On peut donc établir que l'accommodation a pour limite éloignée l'infini, et pour limite rapprochée, un point situé à 6 pouces de l'œil.
Pour en exprimer la valeur et l'étendue, Donders a eu recours à la proposition suivante qui, au point de vue de l'optique, offre les caractères de l'évidence. Le pouvoir d'accommoder se justifie par des changements de courbure appropriés du cristallin ; c'est une lentille biconvexe, dont le foyer devient de plus en plus court, et par conséquent dont la valeur réfringente augmente. En <;omparant le système réfringent de l'œil à un appareil d'optique ordinaire, il est hors de doute que l'effet produit par l'accommodation peut être obtenu à l'aide d'un verre convexe: c'est ce que l'on constate chaque jour chez les opérés de cataracte. Le pouvoir d'accommodation peut donc être représenté par une lentille idéale qui, placée devant la cornée, imprimerait aux faisceaux de lumière émanés du puncturn proximum^ la direction qu'ils auraient s'ils venaient du puncturn remotum^ c'est-à-dire les ferait passer de la divergence extrême à l'état de parallélisme. Il suffit dès lors de déterminer la longueur focale de cette lentille idéale, pour avoir l'évaluation du pouvoir accommodatif lui-même. Donders a résolu ce problème par la discussion fort élégante de la formule qui règle les rapports des foyers conjugués avec la distance focale principale dans une lentille. Nous ne pouvons que renvoyer au livre spécial du