‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 76 sur 112 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

ARTICLE IX

Traitement.

Le traitement de la myopie n'est point curatif ; il a pour objet principal le choix des verres correcteurs qui répondront le mieux aux deux indications suivantes :

l*" Placer le sujet dans les meilleures conditions pour prévenir ou atténuer le développement de la myopie ; 2'' lui restituer autant que possible les avantages de la vue normale.

L'observation a démontré que la production et le développement du staphylôme postérieur, cause de la myopie, sont favorisés par une application de la vue à des objets rapprochés, en raison des efforts de l'accommodation, de la position inclinée de la tête et surtout des mouvements de convergence des axes optiques qu'un semblable exercice impose. Il importe donc beaucoup de donner au myope des lunettes qui le fassent voir distinctement à une certaine distance et lui permettent de lire à 14 ou 16 pouces par exemple. Pour contrarier la tendance qu'a le jeune myope à rapprocher les objets en deçà du point qui lui est nécessaire, il est fort utile, surtout au début des études, d'employer des mesures qui le contrai gnent à ne travailler qu'à cette distance de 14 à 16 pouces, en Tobligeant soit à tenir le livre à la main, soit à se servir pour écrire d'un pupitre élevé. Des vertus curatives ont même été attribuées à ce pupitre. En 1840, Berthold prétendit qu'il guérissait les myopies légères par l'emploi méthodique d'un certain pupitre, décoré du nom pompeux de myopodiortholicon^ qui obligeait le myope à se tenir à une distance de plus en plus grande des objets d'étude. Ce pupitre a été vainement essayé dans ce but en Allemagne; mais s'il ne guérit pas, il impose de bonnes habitudes.

L'attitude inclinée de la tête et du tronc, qui gêne la circulation de retour dans les jugulaires plus ou moins comprimées, qui occasionne une stase du sang dans le système veineux céphalique, et par conséquent dans l'œil, de façon à augmenter la pression intraoculaire, a été signalée par Donders comme la cause prochaine de ces symptômes d'irritation, qui accompagnent d'ordinaire la myopie progressive.' C'est au même titre que les travaux graphiques sur une surface plane, un éclairage incomplet, défectueux, de

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même que toute occupation qui expose à Taccélération des mouvements du cœur, sont très-nuisibles pour les yeux myopes. Il en est de même de toutes les causes de congestion céphalique et oculaire, telles qu'un travail trop longtemps prolongé, l'action d'une lumière trop vive, la lecture dans un milieu trop chauffé, elc. Pour atténuer ces fâcheux effets, il est utile que le travail soit interrompu, chaque demi-heure, pendant quelques minutes.

Le choix des lunettes pour le myope est de la plus haute importance. En usant de verres peu appropriés, il court un véritable danger en raison de la tension oculaire qu'ils peuvent provoquer et de Taccroissement du staphylôme qui en est la conséquence. Un préjugé populaire, profondément enraciné, fait redouter l'usage des verres trop forts ; ce sentiment de défiance est surtout légitime en ce qui concerne la myopie, bien que dans des cas nombreux il puisse être aussi nuisible à un œil myope de ne point porter de lunettes ou d'en porter de trop faibles.

On pourrait croire qu'il suffit de neutraliser chaque degré de myopie pour obtenir tous les avantages de la vue normale. Mais il n'en est rien dans la plupart des cas. .L'organe ainsi corrigé voit bien de loin comme l'emmétrope, mais le fonctionnement de son acconimpdation en est profondément troublé ; d'autre part, l'acuité visuelle est assez souvent affaiblie, etc. La conduite à tenir doit ayant tout s'inspirer des circonstances particulières dans lesquelles chaque malade se trouve placé ; malheureusement elles se prêtent difficilement à rétablissement de règles fixes, définies et propres à servir de guide dans la pratique.

Pour se rapprocher le plus possible du but, le mieux est encore, à l'exemple de Donders, de partager les myopies à gouverner en deux groupes ; dans l'un figurent celles que l'on peutcorriger cornplétement: dans l'autre, celles qui ne doivent être corrigées qu'incomplètement ou qui ne doivent pas l'être du tout.

Premier groupe, — : Correction totale. La correctic[n totale offre l'avantage de replacer l'œil dans les conditions de l'enmdétropie et de rétablir le rapport normal entre raccommodation et la convergence, rapport si profondément troublé par l'état myopique en raison du peu d'éloignement du punctum remotum. Il est d'observation que la correction totale appliquée à propos et suivant les sages préceptes de Donders et de Gyd^fe est le moyen le plus puissant pour rendre l|i myopie stationnaire , t)u pour retarder consiidérablement son développement, . parce que la conver-

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