TRAITEMENT. 3Ô
gence excessive et Tattitude inclinée de la tête sont évitées.
La correction totale convient aux faibles degrés de myopie ( ^ ou
tout au plus—)) pourvus d'une accommodation entière et d'une
acuité visuelle normale. Elle devra être prescrite [e plus tôt possible, parce que pendant la jeunesse l'accommodation est plus puissante, plus souple, parce que surtout les mauvaises habitudes telles que le rapprochement exagéré des objets, l'inclinaison de la tête, etc., ne sont pas encore contractées. Plus tard, chez le myope arrivée un certain âge, ces habitudes sont tellement invétérées, qu'elles rendent, même dans les cas légers, la correction totale mena* çante pour l'avenir de l'œil.
Quand les personnes faiblement myopes sont habituées dès l'enfance à porter des verres, leurs yeux sont en toiit point semblables à ceux de l'emmétrope et la myopie peut rester stationnaire. Donders a pu suivre des myopes auxquels les mêmes verres ont pu suffire pendant de longues années (de dix-sept à quarante-cinq ans). A l'âge seulement où les emmétropes ont besoin de verres convexes et même quelques années plus tard, les mêmes verres deviennent un peu trop forts; il suffit de les diminuer de quelques numéros, ce qui aura d^autant moins d'inconvénients que l'étroitesse de la pupille propre à cet âge remédiera d'une façon suffisante au défaut de netteté delà vision éloignée. Pendant la vieillesse, le myope, qui en a une longue habitude, peut encore continuer l'usage de ses lunettes en prenant le soin dé les mettre de côté pour la vision rapprochée.
Lorsque la myopie est à un degré un peu plus élevé, ^ et même
J^ , .on peut encore tenter la correction totale si le sujet est jeune,
raccommodation et l'acuité visuelle, intactes. Mais dans ces cas il faut aller progressivement, conseiller d'abord des verres plus faibles, puis lés remplacer au bout de quelques mois par des numéros plus forts corrigeant complètement. Si on donne d'emblée ces derniers, il survient le plus souvent un sentiment de fatigue (asthénopie) pendant la vision rapprochée. Toutefois il existe à cet égard de grandes différences suivant les personnes, ce qu'il faut attribuer aux variations de l'amplitude de Taccommodation.
A mesure que le myope avance en âge, la correction totale, dans tous les cas, est de moins en moins indiquée : on peut cependant la tenter à la rigueur tant que l'accommodation reste entière, pourvu que l'on exerce une surveillance attentive et prolongée. Si, malgré la
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correction, la convergence exagérée, Tattitude inclinée, la vision Irès-rapprochée des objets persistent sous la pression de Thabitude acquise, il faut se hâter de suspendre Tusage de lunettes qui deviendraient rapidement dangereuses. Pour peu même que la myopie ait fait des progrès sous cette influence, il est indispensable de proscrire tout travail un peu minutieux pendant un certain temps.
Pour jouir de tous les avantages de la correction totale, il est indispensable de porter dçs lunettes et de ne jamais les quitter : prescription à laquelle s'astreint aisément le myope en raison des avantages qu'il y trouve.
11 est à peine utile d'ajouter que la correction pourra toujours être totale, lorsque l'on ne se sert des verres que pour la vision à grandes distances et le plus habituellement sous la forme d'un pince-nez ou d'une face à main, que Ton tient par intervalles devant les yeux. Dans ces conditions l'accommodation est au repos et l'emploi des verres ne saurait être nuisible.
Deuxième groupe. — Correction partielle. La correction partielle doit être appliquée toutes les fois qu'il n'est pas possible ou prudent de faire autrement. Pouren juger, on tiendrasurtout compte des circonstances suivantes :
V Du degré delà myopie, — Lorsqu'elle atteint | et au-dessus, la correction totale, fût-elle appliquée de bonne heure et supportée sans asthénopie, n'est pas commode pour les travaux minutieux, parce que les images sont trop diminuées. Il est préférable de reculer le punctum remotum à 12 ou 18 pouces à l'aide de verres montés en lunettes. D'autres verres, égaux à la différence entre cette correction partielle et la correction totale, seront en même temps choisis et ajoutés aux précédents pour la vision à grande distance, sous la forme d'un lorgnon ou d'un pince-nez, qui s'adapte sur les verres de lunettes. L'idée que cette combinaison peut être funeste aux yeux est un préjugé dénué de fondement.
2° De r amplitude de V accommodation relative. — Le défaut d'amplitude d'accommodation peut provenir de l'âge du sujet : ainsi tel degré de myopie, ^ par exemple, pourra être corrigé complètement chez l'enfant; il n'en sera plus de même chez l'homme de trente ans. Le même défaut d^amplitude peut résulter du degré delà myopie. Plus ce degré est élevé, plus le trouble est profond entre la convergence et l'accommodation. En raison du peu de portée de la vue, le pouvoir accommodatif est relativement excessif, ce qui conduit à le maintenir le plus possible dans le relâchement. Il en
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résulte que pour chaque degré deconvergence^reffort accommodatif est beaucoup moindre que dans Toeil normal. Si à un moment donné on corrige complètement, Taccommodation devient insuffisante peu* dant la vision rapprochée. Dans ces conditions il faut s'en tenir à des verres qui reculent le punctum remotum à 24 ou 30 pouces. S*ils fatiguent pour le travail, on en diminuera encore la force. Ce n*est qu'après plusieurs mois qu'il sera prudent d^examiner de nouveau s'il est possible de prendre un numéro plus haut sans provoquer de Tasthénopie.
3* De t acuité de la vision. — De Grœfe a particulièrement insisté sur le danger de donner des verres trop forts pour la vision rappro* chée, lorsque l'acuité est diminuée. Sous leur influence, les objets et souvent les caractères d'imprimerie paraissent trop petits, et, pour les voir sous un angle visuel plus grand, le myope amblyope les rapproche le plus qu'il peut, ce qui le conduit à de violents efforts d'accommodation. Mais d'un autre côté ces mêmes yeux dépourvus de verres convergent trop. 11 y a là deux écueils en vue desquels on fera sagement de proscrire les travaux un peu délicats.
La circonstance la plus favorable que l'on puisse rencontrer est celle dans laquelle un seul œil est employé pour la vision rappro^ chée. II existe alors beauco^ip moins d'inconvénients à lire sans lunettes. Pour éviter Tattitude inclinée, Donders recommande toute^* fois de tenir le livre à la main et d'écrire le moins possible.
Pour les degrés très-élevés de myopie, compliqués d'une diminution de l'acuité de la vision, ce qui est à peu près constant, il n'existe plus d'autre ressource que l'usage momentané soit du verre conique de Steinheil qui équivaut à une petite lunette de Galilée, soit d'un verre qui corrige incomplètement et dont on se sert concurremment avec une loupe qui permet de tenir les objets plus éloignés : on trouve aussi un certain avantage à placer ce verre dans une monture sténopéique destinée à limiter les cercles de diffusion.
Toutes les fois qu'il existe des raisons pour ne pas tenter la correction totale, on se borne à choisir des verres qui reculent la limite éloignée un peu au delà de la distance à laquelle se trouve l'instrument de travail. C'est ainsi par exemple que des personnes qui lisent sans lunettes pourront avoir besoin, pour déchiffrer de la musique, de verres qui éloignent r à 18 ou 24 pouces. La même précaution est souvent très-utile pour écrire, afin d'empêcher la position inclinée çt la convergence.
3a4 OPTOMÊTRIE,
* Chez les sujets âgés qui n'ont plus qu'une accommodation affaiblie, on doit user de précautions, lors même qu'ils ont déjà porté des lunettes. S'il existe en outre une diminution de l'acuité yisuelle, l'embarras grandira encore. Le myope lira bien les plus fins caractères à 3 ou 4 pouces, mais il sera tout surpris de ne pouvoir, ayec ses lunettes, lire de gros caractères à 20 ou 24 pouces, parce qu'il ne se rend pas compte que la distance est cinq ou six fois plus grande, et que les images sont diminuées par les verres concaves. Le seul parti à prendre est de n'exercer ses yeux que sur des objets suffisamment gros, ou d'employer concurremment des verres concaves qui reculent le punctum remotum à la distance indispensable^ et une loupe qui grandit les images*
ARTICLE X
Traitement des complications.
a. Le myope, pendant la jeunesse de préférence, est fréquemment éprouvé par un sentiment de gêne et de fatigue oculaires, surtout le soir après une journée de travail. Pour y remédier, les moyens hygiéniques, le repos, seront employés tout d'abord : un bandeau imbibé d'eau fraîche et légèrement compressif sera maintenu sur les yeux pendant une demi-heure ou une heure, matm et soir. Une douche chaque soir sur les paupières closes avec le pulvérisateur est souvent utile. Si les symptômes persistent, quelques dérivatifs intestinaux, des embrocations stimulantesi avec des liquides peu volatils, sur les tempes et le front, seront essayés. Lorsque la myopie fait des progrès, un temps de repos est indispensable. Au moment de reprendre son travail, le myope, s'il a une myopie faible, laissera momentanément ses lunettes de côté, même lorsqu'il en a une longue habitude ; et si la myopie est élevée, il choisira des verres propres à ramener exactement le punctum remotum a la distance de 10 à 12 pouces. L'attitude de la tête sera dans ces conditions plus scrupuleusement surveillée.
Quand il y a lieu de craindre un spasme de l'accommodation, on prescrit l'atropine et on en continue l'usage pendant quelques jours, ce qui oblige à placer les objets à la distance du punctum remotum, La convergence est de ce fait diminuée : des verres teintés suppriment aisément ce qu'un éclairage trop intense, pour une large pupille, peut avoir d'offensant. Dans les cas rebelles, la ventouse