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RÔLE ÉTIOLOGIQUE

Le rôle éliologique du Spirille pâle paraît très bien établi aujourd'hui.

Sa constance dans les lésions syphilitiques, son absence quand la syphilis n'existe pas, la production, sous sa dépendance, de lésions syphilitiques chez l'homme et les animaux réceptifs, établissent nettement son importance.

Chez l'homme, il se trouve dans la lésion primaire, le chancre induré, qui se forme au point d'inoculation; en même temps, il se rencontre dans les ganglions qui se montrent influencés.

Il se rencontre aussi dans toutes les manifestations secondaires, dans les plaques muqueuses, les papules, les plaques de roséole. Il a été trouvé dans le sang de la circulation générale, mais pas d’une façon absolument constante, Au cours de la syphilis secondaire, tous les organes sont virulents. Finger et Landsteiner (1) ont pu transmettre la syphilis au singe par injection de sperme humain. Hoffmann (2), puis Levaditi (3), ont trouvé des Spirochètes dans les ovules de fœtus syphilitiques.

Dans les lésions tertiaires, la présence du Spirille pâle est moins constante. La constatation directe est moins facile. La virulence est cependant fréquente, comme le montre l'inoculation.

Dans la syphilis héréditaire, par contre, on le rencontre en très grande abondance, souvent dans tous les organes, même les ovules, comme on vient de le voir, sans qu’on puisse cependant affirmer la possibilité de transmission au rejeton par l'intermédiaire de l'ovule.

IMMUNITÉ, VACCINATION, SÉROTHÉRAPIE

L'observation clinique, chez l’homme, a depuis longtemps montré que l'infection syphilitique occasionnail une immunité complète du sujet qui l'avait subie, à l'égard de la syphilis. On connaît cependant un assez grand nombre d'exemples de réinfection qui paraissent bien établis (4).

Chez les singes, l'infection expérimentale détermine aussi limmunité; il y a aussi cependant quelques exemples de réinfection, celui de Finger et Landsteiner qui ont pu réinoculer la syphilis à un cynocéphale dix mois après une première infection, celui de Neisser qui a réimfecté un macaque un an après la première infection.

On saitaussi que la mère d'un hérédo-syphilitique devant sa syphilis uniquement au père est immunisée contre la syphilis, sans que son état d'infection se manifeste par un signe extérieur: elle est en puissance de syphilis seulement.

D'une facon générale, un tel état d’immunité paraît solidement établi.

On a naturellement songé à la possibilité de créer l’état réfractaire,

(1) FinGEr et LaANpsreINER, Loc. cil., p. 676.

2) Horrmann, Die Aetiologie der Syphilis, 1906.

(3) Levaprrr et SauvAGE, C. R. de l’Acad. des sc., CXLIII, 1906, p. 559).

(4) Miraw, Réiufection syphilitique (Bull. de la Soc. franc. de dermatol., 4 avril 1910, p 83).

“SPIRILLUM PALLIDUM. 679

comme moyen de préservation, et essayé, pour y parvenir, de tous les procédés qui peuvent conférer l'immunité acquise.

Tous les essais de vaccinalion tentés jusqu'ici ont été infruclueux. Il n’a pas été possible d'obtenir un virus atténué; soumis à toutes les causes d'atténuation, ou le virus est mort lorsque l’action a été trop complète, ou il conserve sa puissance infectante entière si elle a été insuffisante.

Roux et Metschnikoff, après une série de passages d’un virus de chimpanzé sur le macaque rhesus, ont observé une atlénuation nette du virus pour le rhesus; mais le virus atténué n'avait plus aucun effet sur le chimpanzé.

Les divers essais de préparation d'un sérum immunisant et de sérothérapie n’ont pas donné de résullats.

RECHERCHE ET DIAGNOSTIC

L'importance du diagnostic de la syphilis est considérable. Ce diagnostic peut être très difficile à bien établir cliniquement:; dans beaucoup de cas on peut obtenir une très grande probabilité, mais pas de certitude; dans d’autres, nombreux encore, l'affirmation n'est pas possible, 1l y a lieu de douter. Et A pour le traitement, pour la prophylaxie, pour de graves raisons, on a grand intérêt à être renseigné.

Aussi, les méthodes de laboratoire, la constatation du Spirille pâle, celle des effets qu'il peut déterminer dans des organismes réceptifs, celle des produits dont il est la cause de la formation chez l'individu qu'il infecte, ont-elles, à ce point de vue, une très grande valeur.

En outre, on peut avoir à faire un diagnostic alors qu'il existe des lésions fournissant de bonnes indicalions, mais aussi quand elles font défaut ou qu'on ne peut les voir, comme dans la syphilis conceptionnelle de la mère ou l’hérédo-syphilis congénitale de l'enfant.

Dans le premier cas, les recherches pourront porter sur l'accident primaire, le chancre induré, sur des lésions secondaires, plaques muqueuses, syphilides maculeuses ou papuleuses, ou sur des lésions tertiaires, gommes principalement ou processus ulcéreux.

Dans le second, on peut faire la recherche dans les tissus, organes des hérédo-syphilitiques morts, recueillis à l'autopsie, ou dans le sang de la mère ou des hérédo-syphilitiques vivants.

Les produits que l’on peut avoir à examiner sont susceptibles d'être soumis à diverses méthodes d'examen. L'infection par le Spirille pâle peut se reconnaîilre :

1° Par l'examen au microscope ;

2° Par l'inoculation aux animaux réceptifs ;

3° Par l'emploi des méthodes dites de sérodiagnostic.

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