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SÉRODIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS

La réaction d'agglutination ne peut pas servir ici; l’agglutination se produit en effet souvent seule, sans aucune intervention.

Réaction de Wassermann.

Wassermann (1) est parti de l’idée d'appliquer à la syphilis la réaction de Bordet-Gengou, de fixation du complément (TX, p. 415).

D’après ces expérimentaleurs, un antigène, influencé par une senstbilisatrice spécifique correspondante, a le pouvoir de fixer l'alexine ou complément qui se trouve en présence; la réaction d'hémolyse, au contact d’un système hémolytique inactivé (T, p.416), mdique done, si elle se produit, la présence de complément libre, son absence par contre, c'est-à-dire sa fixation lorsqu'on en a ajouté, si elle fait défaut.

Ainsi, quand on réunit un antisérum avec de l'antigène homologue et qu'on ajoute en proportion voulue du complément, ce complément

(4) Wassenmanx, Neisser et Brucx, Eine serodiagnostische Reaktion bei Syphilis (Deutsche med. Wochenschr., 1906, p. 745). — Weitere Mittheilungen über den Nachweiss specifischluetischer Substanzen durch Komplementverankerung (Zeitschr. für Hygiene, LV, 1906, p. 451).

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est fixé et par conséquent mis en situation de ne pas agir; si l’on vient à ajouter un système hémolytique inactivé, il ne se fait pas d'hémolyse. Ce système hémolytique inactivé est donc un réactif du complément, qui, s'il ne se produit pas d'hémolyse, sera ou absent ou fixé (si l'on en a mis, il ne peut être que fixé), libre au contraire dans lé mélange si l’'hémolyse se produit.

Dans l'infection par le Spirille pâle, il y a à reconnaître une action locale, provoquée par la pullulation du microbe en des endroits déterminés, qui donne des lésions variées, chancre, plaques muqueuses, syphilides papuleuses, roséole, gommes, lésions artérielles, lésions méningées; puis des modifications générales, surtout une altération de la composition chimique du sang qui doit contenir, on peut raisonnablement le penser, des anticorps syphilitiques, sensibilisatrices (ambocepteurs) spécifiques, provenant ou des sécrétions ou de la destruction des microbes.

Wassermann a cherché à déceler la présence d’une sensibilisatrice spécifique dans le sang ou les humeurs des syphilitiques en appliquant les données établies par Bordet et Gengou.

Technique de la réaction de Wassermann. — Les produits à mettre en présence pour rechercher la fixation du complément dans les conditions énoncées par Wassermann sont :

1° Le sang ou la sérosité à examiner, où l'on veut rechercher la présence de sensibilisatrice ou anticorps syphilitique;

2% Un antigène syphilitique capable de fixer le complément sous l'influence de la sensibilisatrice spécifique, si elle est contenue dans le sang employé ;

3° De l’alexine ou complément :

4° Un système hémolytique inactivé.

1° Prélèvement du sang à examiner. — I en faut une quantité assez grande, 10 à 15 centimètres cubes par exemple, au grand minimum 9 à 6.

On peut appliquer, à la région lombaire, une ou deux ventouses scarifiées, ou bien pratiquer une ponction veineuse dans une veine du pli du coude (I, p. 314), en se servant d’une seringue assez grosse, munie d’une aiguille un peu forte et bien acérée, stérilisées en toute assurance. La piqüre doit être faite en sens inverse du cours du sang, la pointe de l'aiguille dirigée vers la main; l'aspiration se fait lentement. La piqüre du doigt ou du lobe de l'oreille donne trop peu de sang. On peut se servir de sang obtenu d’une saignée, ou d’une hémorragie quelconque, nasale par exemple. Le sang recueilli est mis dans un tube ou flacon stérilisé, aussi rapidement que possible si l'on a pris une seringue, pour éviter la coagulation dans l'instrument. Ces objels divers doivent être bien asséchés avant d’avoir contact avec le sang; l’eau produirait en effet un peu d'hémolyse de globules et pourrait ainsi rendre la réaction moins nette; on peut aussi, s’ils sont encore humides, les passer à la solution physiologique qui n’attaque pas les globules.

On laisse le sang se coaguler et exsuder le sérum, que l'on décante, au mieux avec une pipette, et place dans un autre tube ou flacon.

Le sang ou le sérum est remis ou envoyé au laboratoire avec tous les soins voulus, tubes bien bouchés et bien emballés.

Si le sérum renferme quelques globules rouges, avant de l'employer il est centrifugé pour les séparer et l’obtenir bien limpide.

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Ce sérum doit être chauffé à 56° pendant une demi-heure pour détruire le complément qu'il peut renfermer, complément qui dans le sang humain n'est pas constant et varie en proportions.

On peut se servir d’autres sérosités, le liquide céphalo-rachidien surtout, recueilli par ponction lombaire (I, p. 315); comme ce liquide ne renferme pas de complément, il est inutile de le chauffer; on le centifuge pour l'avoir tout à fait limpide.

2° Préparalion de l'antigène. — L’antigène idéal à employer serait d'une culture de Spirille pâle. On n’en obtient pas ou très difficilement el irrégulièrement. Wassermann a choisi autre chose qu'il supposait en contenir, du foie de fœtus hérédo-syphilitique, ordinairement très riche en Spirochèles. On peut utiliser une préparation de foie frais ou une de foie desséché. ù

Extrail de foie frais. — On prélève aseptiquement l'organe le plus tôt possible après la mort. La vésicule biliaire est ôtée. Le tissu du foie est haché finement et trituré, le mieux au broyeur. On met macérer de seize à vingt heures à la glacière, dans de la solution physiologique additionnée de 0,5 p. 100 d'acide phénique, en proportions de 1 partie d'organe pour 5 de solution. On filtre et centrifuge pour obtenir un liquide très clair.

Ce produit est très peu stable; il perd ses propriétés en quelques jours, même à la glacière. Il est à recommander de ne l’employer que fraîchement préparé. |

Extrait de foie sec. — En desséchant le foie broyé dans le vide, on obtent une poudre qui peut rester active pendant plusieurs mois si on la conserve à l'abri de l'humidité et de la lumière. Un gramme de cette poudre est mis à macérer pendant vingt-quatre heures dans 15 céntimètres cubes de solution physiologique; on centrifuge. Mais les variations possibles obligent à un litrage nouveau chaque fois.

Extrait alcoolique de foie. — On traite 1 gramme de foie broyé par » centimètres cubes d'alcool absolu. La macération est faite à 37° pendant quarante-huit heures, dans un flacon rempli, bien bouché et luté à la paraffine. On centrifuge et sépare le liquide clair. Ce liquide peut être conservé plusieurs semaines à la glacière.

3° Préparation du complément. — On utilise comme comp'ément le sérum frais de cobaye normal, qui en renferme en quantité assez élevée. On recueille le sang par saignée de la carotide ou en ponctionnant le cœur avec une pipelte à pointe acérée. Le mieux est de défibriner et de centrifuger. Le sérum se conserve vingt-quatre heures au plus.

4° Préparation du système hémolylique inaclivé. — Pour obtenir le sérum hémolylique, renfermant de la sensibilisatrice ou ambocepleur hémolylique, on procède comme il a été dit I p.415. Le lapin est saigné par la carolide. Après coagulation, le sérum antimouton est recueilli et mis en ampoules scellées qui sont chauflées pendant une demi-heure à 56° pour détruire le complément, inactiver le sérum. A la glacière, un tel sérum hémolytique peut conserver son activité pendant plusieurs mois, desséché, sa conservation est plus longue.

Pour obtenir des globules rouges, on recueille, aussi aseptiquement que possible, du sang de mouton à l'abattoir, dans un flacon à large ouverture où l’on a mis de petits morceaux d’agitateurs et des perles de verre, le tout stérilisé. On agite aussitôt pour défibriner.

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Le sang est centrifugé et les globules lavés plusieurs fois de suite au centrifugeur avec de la solution physiologique. Pour préparer l'émulsion de globules qui doit servir, on met dans de la solution physiologique » p. 100 de globules lavés, 1 volume de globules pour 19 volumes de solution, et on émulsionne par agitation.

Essais des oder — Pour être certain de l’activité de ces réactifs divers, il est nécessaire de les éprouver. Pour les produits obtenus très fraîchement, l'essai est moins utile: il est de rigueur lorsqu'on fait usage de produits conservés.

T'ilrage de l’antigène. — On part d'une dilution d’antigène à 1 p. 20 dans la solution physiologique. Dans une série de petits tubes on . Oce,1, Occ,2, Occ,3, 0cc,4 d’antigène et, dans les tubes respectifs, Occ,7, Oce, Occ,5 5, ; De, 4 de solution physiologique ; on place une heure et demie à n puis, dans chaque tube on ajoute 0,1 de sérum antimouton et 1 cen- timètre cube d’émulsion de globules rouges de mouton à 1 p. 20; on remet à l’étuve. Si l'hémolyse se fait dans les trois premiers, par exemple, la quantité maxima d’antigène à prendre pour une réaction est 066,3.

Titrage du complément. — On part d'une dilution du sérum à complément à 1 p. 5 de solulion physiologique. On met dans une série de petits tubes respectivement Oc,01, Occ,03, Occ,05, Occ,1, Oce,2 de complément et Occ,89, Occ,87, Occ,85, Occ,8, Occ,7 de solution physiologique ; on ajoute à chaque tube 0,1 de sérum antimouton et 1 centimètre cube d'émulsion de globules rouges de mouton ; on met à l’étuve et on regarde après une demi-heure et une heure. On constate que dans le premier tube l’'hémolyse est nulle ; dans le second elle est faible, dans le troisième incomplète ; elle est totale dans les deux autres. La dose à choisir est donc de Occ,1 de complément, pour qu'on puisse compter sur une réaction bien nette.

T'ilrage de la sensibilisatrice anlimoutlon(ambocepleur). —Onpartd'une dilution à 1 de sérum hémolytique inactivé pour 4 de solution physiologique. On en prépare des dilutions à 1 p. 10, 1 p. 20, 1 p. 30, 1 p. 40 de solution physiologique. On met 1 centimètre cube de chacune dans de petits tubes, on ajoute 0,1 de complément et 1 centimèlre cube d’émulsion de globules rouges de mouton. On agite bien et met à l'étuve à 37°; on examine après une demi-heure et on note l'état des tubes. Le tube où l’hémolyse se sera faite nettement indiquera le ütre du sérum antimouton à employer. Le sérum antimoulon doit être essayé avant son inactivation par chauffage; il doit alors nettement provoquer l'hémolyse des globules rouges de mouton.

Dispositif de la réaction. — On prépare une série de neuf tubes à essai de 1 centimètre de diamètre sur 10 centimètres de longueur, qui devront servir, les uns à éprouver les divers réactifs employés, les autres à instituer la réaclion elle-même.

Ces tubes, ainsi que les pipettes graduées à un dixième de centimètre cube qui doivent servir à mesurer les réactifs, doivent être parfaitement secs, pour éviter toute action d’eau sur les globules rouges, produisant un peu d'hémolyse pouvant rendre la réaction moins nelte. Au besoin, “on peut les laver à la solution physiologique qui n’altère pas les globules.

Pour la réaction proprement dite, on utilise les réactifs dans les proportions et les dispositions qui suivent :

684 BACTÉRIACÉES. ts On mélange dans un tube :

Antigène à 1 p. 20 de solution physiologique...:..........2.. Occ,3 SÉTUM)SUSDEC LS Rebelle ne er tieee lt AL Dilet e PR UIENS Occ,2 Complément à 1 p. 5 de solution physiologique.... ..... Ur occ,1

On ajoute de la solution physiologique pour Compléter à {20e 5. On met à l’étuve à 37° pendant une heure et quart à une heure et demie en agitant quelques fois ; puis on ajoute :

Sérum antimouton (ambocepteur) dilué à 4 p. 4............. Vol Émulsion de globules de mouton à 4 p. 20..................... CN: On met à l'étuve à 370. On agite de temps en temps. On note l’état depuis une demi-heure jusqu'à deux heures,

Dans les neuf tubes préparés, on verse les doses ci-après indiquées des divers produits mentionnés, complétant à 26,5 avec la solution physiologique ; on procède ensuite comme il vient d’être dit ci-dessus, mettant les tubes à 37° pendant une heure et quart à une heure et demie avant l'addition du système hémolytique, puis les \ maintenant après

celte addition pendant deux heures pour constater à ce moment l'effet

produit.

Ces neuf tubes sont disposés de la façon suivante, les sept premiers pouvant permettre un contrôle sérieux des produits employés, le huiième et le neuvième constituant la réaction elle-même que lon recherche :

Tube n° 1: Antigène, 0®€,3 + Sérum syphililique inactivé, 0,2 + Complément, 0,1 + Système hémolytique inactivé (comme ci-

DESSUS) NS TRE A RE RS AE LA Ne PC TN ARE Pas d'hémolyse.

ins no 2 : Sérum syphilitique inactivé, 0,2 + Complément, 0cc,1 + Système hémolytique inactivé (comme ci-dessus)........ Hémolyse.

ne no 3: Antigène, 0,3 + Complément, 0€,1 + Système eee

IbiqueMnachMÉ (COMMEMEARSSUS) EEE ER CCE NM EP PAP TEE Hémolyse. Tube n° 4: Complément, 0€1 + Système hémolytique inactivé

(COMMECETESSUS ES SEP NN RS EC RE Cher Peer Hémolyse. Tube n°5: Solution physiologique + Système hémolytique inactivé |

(ComMmMeENCÉdESSNSE AA PMER ET DNS CE EE MORE DD Pas d'hémolyse.

Tube n°6: Antigène, 0,3 + Sérum nel inactivé, 0,2 + Core

plément,0€,1 + Système hémolytique inactivé (comme ci-dessus). Hémolyse. Tube n° 7 : Antigène, 0,3 + Système hémolytique inactivé (comme

CldesSSUuS Erin Te SR TE eve see el TE OR Pas d'hémolyse. Tube n° 8 : Antigène, 0,3 + Sérum suspect inactivé, 0€,2 + Com-

plément, 0ec,1 + Système hémolytique inactivé (comme ci- me Pas d'hémolyse. Tube n° 9: Antigène, 0,3 + Sérum suspect inactivé, 0,2 + Com-

plément, 0tt,1 + Système hémolytique inactivé (comme ci-dessus). Pas d’hémolyse.

Dans les tubes n° 8 et n° 9, si l’hémolyse se produit il n’y a pas eu de fixation de complément, par conséquent il n’y a pas de sensibilisatrice syphilitique dans le sérum examiné, {a réaclion de Wassermann est négative; S'il n'y a pas d'hémolyse, 11 y a eu fixation du complément, par conséquent il existe une sensibilisatrice syphilitique dans le sérum examiné, la réaction de Wassermann est positive.

Les constatations doivent se faire dans l’ordre suivant :

Le tube n° 5 ne doit pas hémolyser, sans quoi le réactif (système hémolytique INAGUVE) est mauvais.

Le tube n° #4 doit hémolyser, sans quoi le complément est inactif ou le système hémolytique inactivé mauvais.

Le tube n° 3 doit hémolyser, ou bien l’antigène est mauvais ou à dose

ne. ss el.

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trop forte ; il faut recommencer en diminuant la dose ou faire un Utrage plus serré.

Le tube n° 2 doit hémolyser, le sérum syphilitique seul, sans antigène, ne pouvant pas fixer le complément.

Le tube n° 1 ne doit pas hémolyser, le complément étant fixé par l'antigène sous l'influence de la sensibilisatrice du sérum syphilitique.

Le tube n° 6 doit hémolyser, le complément n'étant pas fixé par l'antigène en l’absence de sensibilisatrice syphilitique dans le sérum normal.

Le tube n° 7 ne doit pas hémolyser, puisqu'il ne renferme pas le complément nécessaire pour l'hémolyse.

Les tubes n°3 et n° 9 hémolysent lorsque le complément n’est pas fixé par l’antigène, que le sérum suspect ne contient pas de sensibilisatrice syphilitique; la réaction est alors négalive. Où n'hémolysent pas lorsque le complément est fixé par l’antigène, que le sérum suspect contient de la sensibilhisatrice syphilitique ; /a réaction est alors postlive.

En opérant avec un sérum suspect, s’il ne se produit pas d'hémolyse, onest autorisé à conclure que ce sérum renferme des anticorps syph1litiques et que le sujet qui l’a fourni a la syphilis.

La réaction de Wassermann permet donc de déterminer &n vitro si un sérum donné, soit sérum humain, soit sérum d'animal infecté, contient des anticorps vis-à-vis de substances qui proviennent du développement du microbe de la syphilis. C’est, à proprement dire, la recherche d’anticorps syphilitiques dans le sérum ou un autre liquide employé, surtout le liquide céphalo-rachidien.

Critique de la réaction de Wassermann. — Telle est celte réaction, compliquée assurément, mais se compliquant surtout quand on cherche à y mêler des considérations théoriques pouvant soi-disant conduire à expliquer les faits qui se produisent, alors qu'il faut surtout chercher à pouvoir les constater et les apprécier nettement.

De ce côté, les phénomènes produits peuvent être très nets; il n'y a pas de doute alors sur leur signification.

Mais ils peuvent aussi ne pas avoir une complète netteté. La fixation du complément surtout peut ne pas être absolue, d'où hémolyse plus ou moins faible; il faut alors recommencer en employant plus d’anügène, si on n’a pas utilisé la dose maxima indiquée par le titrage.

La complication du dispositif employé vient en grande partie des nombreuses constatations indépendantes de la réaction proprement dite, constatations qui nécessitent les sept premiers tubes de la série venant d'être citée, tubes qui ne servent, dans l'appréciation définitive, qu’à donner l'assurance que les divers produits employés se comportent d'une façon convenable; c'est là une donnée de très grande importance qui donne une haute valeur à l'emploi de la méthode ainsi comprise.

D’autres objections peuvent être faites, qui ont. une portée beaucoup plus grande.

On peut critiquer d’abord la sûreté de divers réactifs employés. Beaucoup de liquides albumineux ou d'extraits cellulaires opèrent la fixation du complément sans action de sensibilisatrice et empêchent l'hémolyse, surtout après un certain temps de conservation, quand ils ne sont pas frais. D'où la nécessité de n'opérer qu'avec des matériaux fraichement préparés et surtout de ne pas se départir des différents essais de produits

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que comportent les sept premiers tubes cités. On peut même multiplier les tubes et les examens.

La réaction de Wassermann n'a pas une valeur absolue. Il y a d'abord des syphilitiques avérés chez qui elle fait défaut; les statistiques diverses donnent, suivant le cas, une moyenne de 80 à 90 p. 100 de réussite chez les syphilitiques, un manque de 10 à 20 p. 100 par conséquent. D'un autre côlé, on peut la trouver positive chez des malades souffrant d’autres affections, que rien n'autorise à regarder comme syphilitiques. On la observée positive dans la scarlaline, certains ictères, dans le paludisme, dans la lèpre (Babès) (1), dans la frambæsia ou pian (Landsteiner); Müller l’a constatée avec le sang d'animaux atteints de diverses trypanosomiases, de dourine particulièrement. En plus, d’après Bruck, elle ne serait pas utilisable sur le cadavre, où elle se montre souvent positive sans qu'on puisse relever le moindre indice de syphilis (2).

Enfin, on doit douter de sa spécificité. Wassermann l'avait considérée comme due à la fixation du complément sur un antigène véritablement spécifique, en présence d'une sensibilisatrice spécifique. Or, il est bien démontré que les soi-disant antigènes syphilitiques n'ont pas de rapports directs avec le microbe de la syphilis. Sachs (3) a vu que le foie syphilitique, employé par Wassermann House avantageusement remplacé par le cœur de bœuf. Levaditi et Marie (4) ont obtenu les mêmes effets avec de l'extrait de foie normal, des sels biliaires: même Weil (3)avec des extraits de sarcome. L'emploi d'alcool, pour retirer la substance active, doit, du reste, faire écarter de suite la présence de corps véritablement spécifiques, insolubles dans ce réactif. Landsteiner, Müller et Pützl (6) disent que l’on réussit tout aussi bien avec des extraits alcooliques ou aqueux d'organes divers provenant d'animaux sains. D’autres substances, bien mieux définies, peuvent donner des résultats aussi bons et identiques ; Levaditi et Yamanouchi (7) citent le taurocholate et surtout le glycocholate de soude, et plus faiblement la lécithine ; Porges et Meier(8), la lécithine ; Sachs et Altmann (9), l’oléate de soude : : Fleischmann (10), la cholestérine. Beneke (11) fait intervenir la saponificalion des graisses, conséquence de la macération subie par le foie des syphilitiques mort-

(1) Basës, Ueber specifische Reaction bei Lepra (Zeilschr. für Immunilätsforschung, I, 1910, p.573).

(2) Bzumenrar, Die Serodiagnostik der Syphilis (Dermalol. Zeitschr., XVII, 1910, nos 4 el 2).

(3) Sacus et Ronponi, Beiträge für Theorie und Praxis der Wassermann'schen Syphilisreactions (Zeitschr. für Immunilälsforschung, 1908).

(4) Marie et Levaorri, Les anticorps syphilitiques dans le liquide céphalo-rachidien des paralyliques généraux et des tabéliques (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXI, 1907, p. 138).

(5) We, Ueber den Luesantikôrpernachweïis im Blute von Luetischen ( Wiener klin. Wochenschr., 1907, n° 18, p. 257),

(6) LanpsreiNer, Murrer et Püôrzz, Ueber Komplementhindungreaktionen (/bid., nos 46 et 50).

(7) Levanrri et Yamanoucnr, Le sérodiagnostic de la syphilis (C. R. de la Soc. de Biol., 1907, n° 38, p. 740).

(8) PorGes et Merer, Ueber die Rolle der Lipoide bei der Wassermann'schen Syphilisreaction (Berl. klin. Wochenschr., 1908, n° 15, p. 731).

(9) Sacs et AurManx, Ueber die Wirkung der oleinsäuren Natron (/Zbid.; 1908 n° 10, p. 491).

(10) FreiscaManN, Sem. méd., 1908, p. 107.

1) Beneke, Zur Wassermann'schen Syphilisreaktion (Zbid., 1908, n° 15, p. 730).

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nés. Wassermann même admet que la matière active de ce qu’il considère comme antigène pourrait se rattacher au groupe des lhipoïdes, solubles dans l'alcool.

Il semble bien que les corps pouvant servir de ce fait à obtenir la réaction, en sé comportant comme de prétendus antigènes, soient des lipoïdes, des sels biliaires, des savons. Ce sont des substances qui se trouvent normalement dans l'organisme, chez les individus indemnes de syphilis, mais dont la proportion augmenterait beaucoup sous linfluence de l'infection syphilitique. Leur présence, en ces conditions, ne peut toutefois pas impliquer un état de virulence active, d’inoculabilité.

L’infection par le Spirille pâle provoquerait donc, dans l’organisme, une surproduction de ces substances, prétendues antigènes, et en plus apparition d'anticorps vrais (sensibilisatrice, ambocepteur) qui, en présence de ces dits anligènes, déterminent sur eux la fixation du complément dont lintervention serait nécessaire pour que l’hémolyse se produise. Il y a bien réellement fixation du complément sous ces influences combinées quand elles se rencontrent, mais pas sous l’influence d’une combinaison entièrement spécifique, par action de substance de nature syphilitique vraie.

On a nié aussi la spécificité des anticorps (sensibilisatrices), qui parait cependant bien à admettre. Weil et Braun (1) les considèrent comme des précipilines. Bruck et Stern (2) font cependant observer que ces produits, considérés comme anticorps, sont tout à fail sans action sur le virus syphilitique chez les singes.

Il semble donc que l’on ne doive accorder à la réaction de Wassermann qu'une spécificité relative, bien loin de la haute spécificité de la réaction de fixation du complément que l’on peut établir avec le Bacille d’Eberth.

Pour que la réaction se produise, l’antigène, ou tout au moins la substance qui en joue le rôle, peut varier; on a vu que cela pouvait être de l'extrait de foie syphilitique, de l'extrait de foie normal, une solution de lécithine, de glycocholate de soude, d'oléate de soude. Mais ce qui semble nécessaire pour qu'elle se produise avec un sérum d'origine humaine, c'est que, à part quelques exceptions citées, ce sérum provienne d'un individu syphililique, les humeurs des syphilitiques renfermant seules, à part ces exceptions, les anticorps qui, en présence de proportions suffisantes des substances soi-disant antigènes, déterminent sur elles la fixation du complément et empêchent l'hémolyse de se produire dans les conditions fixées.

Il y a quelques réserves à faire en outre à propos de cette réaction.

Tout d’abord, elle ne se produit d'ordinaire que vers la cinquième ou sixième semaine de l'infection; avant, elle est toujours plus ou moins chanceuse.

On doit considérer les résultats positifs comme seuls valables, en se souvenant toutefois des quelques exceptions possibles, et encore que la réaction peut être positive chez des sujets que rien n'autorise à consi-

(1) Wars et Braun, Ueber die Beeinflüssung von Antistoffen durch alkoolische Organetrakte { Wiener klin. Wochenschr., 1908, n° 2, p. 52).

(2) Brucx et Srern, Die Wassermann, A. Neisser, Bruck'sche Reaktion bei Syphilis (Deutsche med. Wochenschr., 1908, n°510, 11 et 12, p. 401, 499 et 504).'

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dérer comme entachés de syphilis. Les résultats négatifs ne peuvent pas servir à poser une conclusion ferme ; lorsque la réaction se montre négative, pour s'en bien assurer on peut recommencer en prenant des précautions supplémentaires, employer des quantités suffisantes de sérum el d'antigène, ne pas faire la recherche sur des sujets soumis peu avant à un traitement intensif, ce qui peut la faire échouer, comme le pense Citron (1). Le traitement mercuriel, ou parle 606, fait disparaitre la réaction, mais pas toujours; de plus, disparue, elle peut reparaître sans nouvelles manifestations. 6

Elle ne peut donner aucune indication comme pronostic.

En faisant des examens successifs chez un même individu, on peut même constater des résultats contradictoires.

Pour son application chez les animaux infectés, il faut se souvenir que fréquemment le sérum normal de singe ou de lapin donne une réaction positive ; de cette dernière, on ne peut donc tirer aucune déduclion sûre.

Il faut done être très circonspect dans l'appréciation el exiger, avant de se prononcer, toutes les assurances possibles. Dans ces conditions, la réaction de Wassermann peut rendre indéniablement de très grands services tout en ne donnant pas une absolue certitude.

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