‹ Traité pratique de bactériologieChapitre 129 sur 210 · SPIRILLES DE L'ESTOMAC ET DE L’INTESTIN · texte numérisé non relu

SPIRILLES DE L'ESTOMAC ET DE L’INTESTIN

tement le milieu ; très bien dans le bouillon, qui se décolore et se couvre d’un voile blanc grisâtre.

Dans les cultures sur gélose, on ne trouve que des bâtonnets droits ou légèrement courbés; dans le bouillon, on a de vrais Spirilles

Dans le contenu intestinal, on peut rencontrer plusieurs sortes de Spirilles, que l’on reconnaît aux caractères de forme et de coloration sur les préparations microscopiques, au milieu de nombreuses autres formes microbiennes (fig. 157). Leur diagnose complète n’est pas faite.

Le Dantec (1) a signalé la présence de nombreux Spirilles dans les selles d’une affection dysentériforme, commune dans la région de la Gironde, sorte de dysenterie spirillaire (p. 247). Ces Spirilles de la dysenterie seraient très fins, longs de 6 à 14 y, ayant d'ordinaire trois ou quatre tours de spire, mais atteignant parfois 30 et 40 p.. L’épithélrum intestinal se desquame, les cellules sont creusées par les Spirilles qui s’enfoncent plus ou moins dans leur protoplasma. Troussaint et Simonin (2) auraient retrouvé de E Fig. 157. — Spirilles et autres microbes. formes dans un cas de diarrhée ie de la muqueuse intestinale, chronique prise au Tonkin; 2000 /1 pour eux, ce seraient plutôt de simples saprophytes qui n’auraient rien à voir avec la maladie, ou ne détermineraient qu’une infection associée ou secondaire,

Doreau (3) en Abyssinie, Rispal (4) à Toulouse, dans des selles d’entérite dysentériforme, J. Courmontet Lesieur (5), à Lyon, dans des selles de choléra nostras, ont observé des éléments spirillaires semblables à ceux signalés par Le Dantec, en association avec d’autres microbes. Il est difficile de préciser en particulie r le rôle que pouvaient jouer ici les Spirilles qui n’ont pas pu être obtenus en cultures.

Les matières fécales, humaines et animales, les purins, renferment en très grande abondance des formes spirillaires, appartenant à des espèces variées certainement, dont la distinction est encore peu avancée (6). Plusieurs espèces sont des formes courtes, appartenant au type Vibrio, voisines comme aspect, et a aussi comme propriétés,

(1) Le Danrec, Dysenterie spirillaire (Soc. de Biol., LV, 1903, p. 617). (2) Troussanr et Smoniw, Diarrhée fonkinoise ea . Caducée, 7 mai 1904). — Dysenterie spirillaire et diarrhée à protozoaire (/bid., 21 janvier 1905).

(3) Doreau, Ann. d'hyq. el de méd. colon., 1909.

(4) Rispaz, Province médicale, 29 octobre 1910.

(5) J. Couruonr et Lesrur, Entérite cholériforme à Spirilles et à Bacilles verts (Lyon médical, 1911).

(6) Kurscner, Die Vibrionen und Spirillenflora der Düngerjauche (Zeztschr. für Hygiene, XX, 1895, p. 52).

des Vibrions cholérigènes. D’autres, moins nombreuses, sont du type spirochétique, dépendant peut-être de formes décrites ci-dessus.

La présence de tels microbes dans les eaux peut servir d'indication de souillure par des matières fécales ou des produits similaires. Leur recherche et leur constatation se font commeila été dit page 649 à propos des Vibrions cholériques. Toutefois la spécification de ces Vibrions des eaux est encore à faire; on ne s’est guère préoccupé jusqu'ici que de rechercher le pouvoir pathogène en vue du diagnostic possible du Spirille du choléra.

SPIRILLUM RUGULA Muizier.

(Vibrio rugula.)

C'est une espèce assez mal définie, dont on connaît peu les caractères, malgré la fréquence qu'on lui attribue. Elle abonde dans les eaux croupies, les liquides putréfiés, le tartre dentaire, les selles diarrhéiques.

Comme elle est anaérobie, elle ne s'y développe qu’en même temps que d’autres formes absorbant l'oxygène, qui lui est nuisible.

Les éléments sont des bâtonnets de 6 uà 16 ude longsur 0,5 à 2,54 de large, courbés en arc ou formant un tour de spirale très aplatie (fig. 158; À, B, C). Ils sont isolés ou réunis en courtes chaînes; par fois associés en zooglées floconneuses par du mucilage. Les mouvements sont vifs; les bâtonnets se meuvent tantôt simplement en ligne droite, tantôt en tournant sur eux-mêmes, en mouvement de vrille. D'après Koch, l’une des extrémités posséderait un cil évident

VA

Fig. 158. — Spirillum rugula (d'après d'après d'autres, un faisceau de no huit à quinze cils.

A, B, C, cellules végétatives ; D, E, bà- Les cultures doivent se faire à tonnets à spores. 1000/1. l'abri de l'air.

Sur plaques de gélatine, il forme en un à deux jours, de petites taches sphériques jaunâtres, ressemblant assez, d’après Bonhoff (1), aux cultures du Bacille du charbon; elles s’entourent, dès le troisième jour, d’une zone de liquéfaction.

Dans la gélatine en piqûre, d'après Vignal (2), dans une atmosphère d'hydrogène, au bout de vingt-quatre heures, il se fait une mince culture

(1) Bonuorr, Untersuchungen über Vibrionen und Spirillen (Arch. für Hygiene, XXVI, 1896, p. 166). — Kurscuer, Die Vibrionen und Spirillenflora. Düngerjauche, (Zeitschr. für Hygiene, XX, 1895, p. 58). j

(2) ViGxaz, Recnerches sur les microorganismes de la bouche (Arch. de physiol., 1885).

; SPIRILLUM PLICATILE. | 705

blanchâtre, filamenteuse; la liquéfaction commence le lendemain et a envahi tout le tube en huit jours. En culture ordinaire, il pourrait se développer dans les couches profondes de la gélatine.

Sur gélose, on observe, en deux jours, de petites taches blanches qui s'étendent plus tard et forment une mince pellicule plissée.

Le sérum est liquéfié. Le bouillon est rapidement troublé et offre un dépôt blanc abondant. Le lait n'est pas modifié, même après longtemps.

Sur pomme de terre, d'après Prazmowski (1), il forme une membrane blanc jaunâtre, ridée, qui envoie des tractus pénétrant profondément dans la substance du milieu.

Les cultures dégagent une odeur fécaloïde intense. L'action physiologique est peu connue; Prazmowski le considère comme un agent énergique de la décomposition de la cellulose, ce qui n'a pas été vérifié (1, p. 59). Il n’a aucune propriété pathogène.

SPIRILLUM CULICIS JaArré.

(Spirochæte culicis.)

La présence de Spirochètes a été constatée à diverses reprises dans le contenu intestinal des insectes piqueurs, cousins, anophèles, glossines, elc. Jaffé (2) a donné le nom de Spririllum culicis à une espèce qu'il a trouvée dans l'intestin de larves de Culex et dans les tubes de Malpighi d'un moustique.

Il a une épaisseur moyenne de 0,5 4 et se dissout complètement dans la potasse à 1 p. 100. Il est très mobile et très flexible.

La méthode de Giemsa le colore en rose pâle. On ne peut lui colorer

aucun cil.

SPIRILLUM PLICATILE EHRENBERG.

(Spirochæte plicatilis.)

Ce sont de très minces filaments formant une spire à nombreux tours étroits et serrés (fig. 159), pouvant se replier sur eux-mêmes, former des nœuds ou des spirulines. La longueur atteint souvent 50 y à 200 y, sur une largeur de 0,5 x. Les extrémités sont arrondies. Les mouvements sont très | rapides, tourbillonnants ; on peut distüinguer une rotation en pas de vis et des ondulations répétées. Les méthodes spéciales de coloration ne montrent ni cils ni flagella. :

Ces formes sont très communes dans ; À toutes les eaux stagnantes, surtout dans celles où se trouvent des plantes His Bo ve suéiinm plicatile | Es vivantes ou mortes. stagnante. 800/1.

(1) Prazmowsxr, Untersuchungen über Entwickelungsgeschichte und Fermentwirkung

elniger Bacterienarten. Leipzig, 1880.

(2) Jarré, Spirochaete culicis (Arch. für Protistenkunde, IX, 1907, p. 100).

Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 45

BACTÉRIACÉES.

SPIRILLUM SERPENS Murrer.

(Vibrio serpens.)

Il est commun dans les eaux stagnantes et dans'les purins ou liquides putréfiés. Les éléments mesurent de 11 ;5 à 30 y de long sur 1 » de large et décrivent de trois à cinq tours de spire aplatis. Leurs mouvements sont vifs. Ils peuvent se réunir en flocons ou en pellicules superficielles, en s’agglutinant par de la matière muqueuse.

Kutscher en a obtenu des cultures.

Sur gélatine, il donne des colonies rondes, granuleuses, d'un jaune verdâtre ou brunâtre, liquéfiant lentement.

Sur gélose, une culture jaune ou brune.

Sur pomme de terre, une culture blanchâtre, épaisse et humide.

SPIRILLUM ENDOPARAGOGICUM Sorokin.

Sorokin (1) a observé, dans les creux de la tige vermoulue d’un vieux peuplier, un liquide blanchâtre, gluant, à odeur désagréable, fourmillant de Spirilles très mobiles, auxquels n'était mêlé aucun autre organisme.

Ce sont des Spirilles à tours peu nombreux, deux d'ordinaire, trois chez

les plus grands, et assez irré-

P guliers, à contenu transpa-

6 \ rent, dépourvu de toute “a granulation. Ils se reproduisent rapidement par division, restent parfois unis en zooglées, mais toujours en

petit nombre.

A côté des individus mo- LL à biles, on en rencontre d’au-

tres sans mouvement, qui Fig. 160. — Spirillum endoparagogicum renferment des spores ovales,

(d'après Sorokin). brillantes, de diamètre plus

petit que celui du filament, dont le nombre est d’autant plus grand que la cellule mère est plus longue. Ces organes reproducteurs germent dans l'intérieur même de la cellule mère; il en sort d'abord un bâtonnet droit, que l’on voit se courber après quinze ou vingt minutes. Les jeunes Spirilles peuvent se détacher de la cellule mère; souvent ils restent unis avec elle en donnant des formes ramifiées, comme celles qui sont représentées figure 160. A l’endroit de la spore, on ne trouve plus qu'un petit amas de fines granulations.

SPIRILLUM AMYLIFERUM Van TiEGHEM.

Van Tieghem (2) l'a rencontré dans des liquides sucrés avec le 1} Sorokix, Eine neue Spirillum Art (Centralbl. für Bakt., 1, 1887, p. 465, et VII, 1890, nie Tisenex, Développement du Spirillum amyliferum (Bull. de la Soc. botan. de France, XXVI, 1879, p. 65).

SPIRILLEUM CONCENTRICUM. 707

Leuconosloc mesenteroides et le Bacillus amylobacter. Ce sont des filaments rigides, enroulés vers la droite, ayant de 2 & à 1,5 de large et décrivant de deux à quatre tours de spire; le pas de l’hélice a en moyenne 6 . Dès qu'un article possède quatre tours, 1l se divise. Tant qu'ils se multiplient par division, ils jaunissent simplement par liode.

Cette espèce peut donner des spores. Le filament qui va sporuler cesse de s’allonger, grossit, devient plus réfringent ; l’iode le colore en bleu, sauf à deux places, si la spire est à deux tours, qui restent blanches.

Ces deux taches se trouvent parfois à chacune des extrémités, parfois une à un bout, l’autre au milieu, plus rarement toutes deux au milieu. Il a dû se former probablement une cloison séparant l’article en deux. . chaque place blanche se forme une spore brillante, ovale, de 2,5 y à

3 u de long sur 1,5 y de large. Le filament cesse alors de bleuir par l'iode. Ls cloison qui sépare deux tours devient évidente. Les spores sont mises en liberté par résorption de la membrane de la cellule mère. Elles germent en très peu de temps : leur membrane externe se rompt, il sort un tube hyalin qui se courbe d’abord en arc, puis en hélice.

En faisant vivre cetle Bactérie à l'abri de l'air, elle devient un agent de fermentation énergique des hydrocarbonés.

SPIRILLUM CONCENTRICUM Krrasaro.

C'est une.espèce saprophyte trouvée par Kitasato (1) dans du sang putréfié.

Les éléments sont de courtes spires, à deux ou trois tours, dont les extrémités sont en pointe. La hauteur d’un tour est de 3,5 w à 4 y; l'épaisseur du filament est d'environ 0,8 w. Les mouvements sont rapides. Il existe des faisceaux de cils polaires. Les spores n’ont pas été observées.

Les cultures se font mieux à la température de la chambre qu'à l’étuve.

Sur plaques de gélatine, les colonies sont de très petits disques arrondis, d'un gris pâle, présentant des anneaux concentriques leur donnant l'apparence de cocardes, d'où le nom spécifique.

Sur gélatine, en piqûre, la croissance se fait facilement à la température ordinaire; la surface se couvre peu à peu d'une culture floconneuse qui pénètre dans la portion supérieure de la piqûre. La gelée n’est pas liquéfiée.

Sur gélose, en strie, la culture s'étend sur la surface et adhère tellement au milieu qu'il est impossible d'en prélever une portion sans enlever une parcelle de gelée.

Le bouillon se trouble lentement. Dans les vieilles res le liquide s'est éclairci et a laissé déposer un épais sédiment muqueux.

Sur pomme de terre, il ne se fait pas de développement.

Les animaux d'expérience supportent sans inconvénients les inoculalions de cultures pures, même à fortes doses.

(1) Kirasaro, Ueber die Reincultur einer Spirillen aus faulendem Blut, Spirillum concentricum (Centralbl. für Bakt., III, 1888, n° 3),

SPIRILLUM POLYSPIRUM Worr.

(Spirochæte polyspira.)

Wolf (1) l'a trouvé dans des pommes de terre pourries, avec d'autres microbes.

Il y avait de gros éléments de 70 à 80 & de long, sur 1,5 à 1,6 4. de large, avec soixante à soixante-dix tours de spire. D’autres, plus fins, atteignaient jusqu'à 140 4 et plus, avec une largeur de 0,3 à 0,5 p. Certains montreraient une membrane ondulante.

SPIRILLUM FLEXIBILE NAGLrer.

(Spirochæte flexibilis.)

Nagler (2) l’a observé dans la vase d'un lac stagnant, avec le Spirillum plicatile.

Ce sont des filaments lâchement spiralés, plutôt onduleux, de 20 à 70 y. de long, d’une flexibilité extrême, montrant, par la coloration de Giemsa, des bandes chromosomiques spiralées.

Il n'y a ni cils, ni membrane ondulante.

Ce n’est probablement pas une Bactérie.

SPIRILLUM TENUE ÉuREeNBerc.

Cette espèce se rencontre dans les purins ou liquides similaires (3).

Les éléments mesurent de 4 y à 15 w de long,et à peine 0,4 y delarge; ils décrivent de un à cinq tours, écartés l’un de l'autre de 2 à 3 y. Les mouvements sont vifs; Künstler (4) décrit un bouquet de cils à chaque extrémité. C'est une espèce des eaux stagnantes et des liquides de macérations, animales ou végétales.

D'après Bonhoff (5), sur plaques de gélaline, il forme, après quarantehuit heures, de petites colonies rondes, d’un brun sombre, qui ne liquéfient pasla gelée ; sur gélatine, en piqûre, le développement est abondant etla cultureblanchâtre. Il ne donne rien sur pomme de terre et se développe très luxurieusementdansle bourllon en formant à la surface une pellicule épaisse. Les cultures dans les solutions de peptones donnent la réaction de l’indol.

Il ne semble pas pathogène. Bonhoff a cependant une fois observé, chez une souris blanche inoculée dans le péritoine, le développement d’une péritonite mortelle. Dansle sang du cœur, on retrouvait le microbe en culture pure.

{i) Wozr, Spirochaete polyspira (Centralbl. für Bakt., 2€ Abth., XVIII, 1907,

2) Naczer, Eine neue Spirochäte aus dem Süsswasser (Centralbl. für Bakt., 1 Abth., Orig., L, 1909, p. 445).

3) KUTSCHER, Loc. cit., p. 703.

4) Kuxsrzer, Contribution à la technique des Bactériacées (C. R. de l’Acad. des sc., CV, 1884, p. 684).

(5) Bonnorr, Untersuchungen über Vibrionen (Arch. für Hygiene, XXVI, 1896, p. 173).

SPIRILLUM GIGANTEUM. 709

SPIRILLUM UNDULA Murrer.

(Vibrio undula.)

Il est fréquent dans les eaux croupies, putrides, les purins et liquides similaires, où il forme souvent de gros flocons muqueux.

Les filaments décrivent de un et demi à quatre, quelquefois six tours de spire : ils ont de 8 y à.16 y de long sur 1 & à 1,5 u de large. Les mouvements sont très . rapides, dus à des bouquets de cils polaires (fig. 161).

D’après Kütscher (1), 1l formierait sur gélose un revêtement incolore, transparent, très mince, et donnerait sur gélaline de petites colonies trans parentes, assez semblables à celles du Bacille typhique.

Les gros Spirilles des cultures montrent desdétails de structure assez curieux (2).

Fig. 161. — Spirillum undula avec cils.

SPIRILLUM VOLUTANS EHRENBERG.

Il se rencontre dans les eaux stagnantes et les liquides putréfiés.

Les éléments ont de 25 y à 30 y, parfois même jusqu'à 70 y de long et de 1,5 à 2 y de large. Les extrémités sont un peu amincies et arrondies; chacune d'elles est munie d'un eil. Les mouvements sont rapides. Le protoplasma renferme de nombreux corpuscules sombres, que certains observateurs pensent être des granulations de soufre. La spire est à deux ou quatre tours au plus; chacun d’eux a de 9 y à 12 y de haut et 6 x de large. On trouve, aux extrémités, des bouquets de dix à quinze cils.

Il n'y aurait peut-être pas lieu d’en séparer l'espèce suivante, le Spirillum giganteum.

SPIRILLUM GIGANTEUM Micura.

Il se rencontre dans les eaux croupies, les eaux putrides, les purins (3). Les éléments, très mobiles, ont de 10 à 20 & de long sur 1,5 & de

(1) Kursoner, Spirillum undula minus und Spirillum undula majus (Centralbl. für Bakt., XVIII, 1895, p. 614).

(2) Zerrnow, Bilder von Spirillum undula majus bei freiwilligem Absterben (/Zbid., XIX, 1896, p. 177).

(3) Kurscner, Die Vibrionen und Spirillenflora der Düngerjauche (Zeitschr. für: Hygiene, XX, 1895, p. 58). — Ezus, Untersuchungen über Sarcina, Streptococcus und Spirillum (Centralbl. für Bakt., XXXIII, Orig., 1903, p. 88).

710 ; BACTÉRIACÉES.

large, avec deux, trois ou quatre tours de épire lâches et irréguliers. Les mouvements sont vifs, de plusieurs sortes, en tire-bouchon, de progression en avant, et une sorte de mouvement circulaire sur un plan

pene Fig. 162. — Spirillum qi- BEA ganteum (d'après Swel-

lengrebel}.Zeiss,apochr.

2 millim., oc. comp. 18.

dans 3 et 4. On aperçoit A des grains de volutine

noirs avec centre clair.

donné; ils sont dus à des cils polaires, disposés en bouquets de trois à huit d'après Ellis, à un seul d’après Swellengrebel.

A l'intérieur (1), en colorant au bleu de méthylène dilué, on trouve une structure alvéolaire du protoplasme avec des grains de volutine et de graisse et un filament chromidial (I, p. 27) décrivant une ligne spirale autour de l’axe cellulaire (fig. 162); la membrane cellulaire ne se colore que faiblement.

La division se fait transversalement, par élranglement.

Il se fait des formes d'involution sphériques ou ovoïdes, en navette, même ramifiées.

D'après Kutscher, on obtiendrait assez facilement des cultures, en méthodes aérobies.

Sur plaques de gélaline, il se développe des colonies blanchâtres rondes, à bords nets au début, granuleuses, paraissant d'un brun vyerdâtre à un faible grossissement; la gélatine se creuse un peu autour d'elles.

Sur gélose, ilse fait une culture blanchätre, porcelanée.

Sur pomme de lerre, des taches grisâtres, sèches. Le bouillon se trouble régulièrement et ne montre pas de voile. Le microbe ne paraît pas être pathogène.

SPIRILLUM BALBIANII CERTES.

(Spirochæte Balbianii.)

Il a été décrit commeun Trypanosome par Certes (2) qui l’a trouvé dans l'intestin et le stylet cristallin des huîtres et d’autres mollusques voisins.

Pour Laveran et Mesnil (3), il serait bien une Bactérie. La question toutefois ne doit pas être regardée comme résolue (4).

(1) SWELLENGREBEL, Sur la cytologie comparée des Spirochètes et des Spirilles (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXI, 1907, p. 448 et 562). |

(2) Certes, Bull. de la Soc. zoologique de France, 1882.

(3) Lavera et Mesxir, Sur la nature bactérienne du prétendu Trypanosome des huîtres, Tr. Balbiantüi (C. R. de la Soc. de biol., LIT, 1901, p. 883).

(4) Perrin, Researches upon the life history of Trypanosoma Balbianii (Arch. für

Protistenkunde, VII, 1906, p. 131).

PIFET

SPIRILLUM RUBRUM. 711

Ce sont de très gros éléments rubanés, de 26 à 180 y de long sur 2 à 3 uw de large, à extrémités arrondies, à mouvement ondulatoire très vif, à mouvement de flexion plus lent.

La structure rappelle celle du Spirillum giganteum, quoique plus simple (1). Il existe une membrane ondulante très semblable à celle des Trypanosomes (2). La division se fait normalement par cloisonnement transversal.

On ne sait rien du rôle que peut jouer cet organisme.

SPIRILLUM ANODONTÆ KEYssEeri1TZ.

Il est commun dans le tube digestif de l’anodonte (3) et se rapproche beaucoup du précédent dont il né serait peut-être pas à distinguer. Il est cependant plus fin, mesurant en moyenne 35 à 40 & de long sur 0,7 y de large. Il possède une membrane ondulante.

Il se colore facilement.

Il paraît se diviser longitudinalement surtout; la division transversale s'observerait également (4).

SPIRILLUM LEUCOMELZÆNUM Perry.

Les Spirilles ont de deux à trois tours; ils sont formés par la réunion de courts articles à contenu noir foncé, entourés d’une auréole claire. On les trouve dans l’eau croupissante (5), fréquemment en compagnie de Beggiatoa, au cycle d'évolution desquels ils appartiendraient, d'après certains auteurs.

SPIRILLUM RUBRUM Esuarcu.

Il a été rencontré par Esmarch (6) sur un cadavre de souris morte de septicémie de la souris et laissée à putréfier depuis trois mois. Les organes internes étaient réduits en une masse homogène, grumeleuse, d'un rouge pâle. En en faisant des cultures sur plaques, il a obtenu des colonies d’un court Spirille de 0,8 à 1 u d'épaisseur, très court, ayant deux ou trois tours, ou de longueur très variable, jusqu'à 100 w.

Ce Spirille se cultive très bien sur tous les milieux; il ne liquéfie pas la gélatine. Dans les liquides, les spires sont très longues; certaines ont jusqu’à trente et quarante tours. Les courts Spirilles ont un mouvement très vif; les longs sont immobiles ou présentent un lent mouvement

(1) SweizexGresez, Sur la cytologie comparée des Spirochètes et des Spirilles (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXI, 1907, p. 562).

(2) Hôüzuwe, Spirillum giganteum und Spirochaete.Balbianii (Centralbl. für Bakt., 1e Abth., Orig., XLIV, 1907, p. 665).

(3) Prowazex, Morphologische und Entwickelungsgeschichtliche Untersuchungen über Hühnerspirochaete. Anhang : Beschreibung von Spirochaete Anodontae (Arb. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, XXIII, 1906, p. 554).

(4) Fanrnam, Spirochaete Balbianii, and on the recurrence of Spirochaete Anodontae in the british mussel, Anodonta cygnea (Ann. and Mag. of nat, hist., XIX, 1907, p. 493).

(5) Perry, Zur Kenntniss kleinster Lebensformen. Berne, 1852.

(6) Esmarcn, Ueber die Reincultur eines Spirillum (Centralbl. für Bakt., 1, 1887, p. 2%5).

d’ondulation. On trouve aux deux extrémités des faisceaux de nombreux cils.

Sur plaques de gélatine, les colonies mettent longtemps à apparaître et croissent lentement; elles ne sont guère visibles avant huit jours et sont, au bout de quatorze jours, comme des têtes d’épingle. Elles ont une teinte rose pâle, passant plus tard au rouge vineux.

Sur gélatine, en piqûre, il se forme une mince culture colorée en rouge vineux. La coloration est plus forte dans la piqûre, ou lorsqu'on fait la culture à l'abri de l'air. L'absence complète d'oxygène ne paraît pas nuire à la végétation.

Sur gélose ou sur sérum, en strie, il se forme une bande grisâtre, puis rouge rose, assez épaisse, mais ne s'étendant que peu de chaque côté de la strie. Lorsque les tubes contiennent de l’eau de condensation, on y trouve des Spirilles beaucoup plus grands que ceux de la culture.

Sur pomme de terre, le développement se fait très lentement; on obtient de petites colonies d’un rouge sombre.

Le bouillon est trouble en un jour à 37°; il renferme beaucoup de très grands Spirilles.

Cette Bactérie ne possède aucune action pathogène.

SPIRILLUM ROSEUM.

J'ai observé, dans un tube de gélose ensemencé avec du pus blennorragique, le développement d'une colonie d’un beau rose rouge, qui s’est montrée formée de courts Spirilles. Cette Bactérie vient-elle d’une contamination par l’air, ou est-ce une des nombreuses espèces qui habitent le canal de l’urètre, même à l’état normal? Je n'ai pu résoudre la question.

Les Spirilles sont très courts. Ceux des cultures sur milieux solides ont en moyenne 2? y de long sur 0,6 y de large; ce sont de petits bâtonnets courbés en arc, à extrémités arrondies, isolés ou rarement réunis par deux. Ceux qui vivent dans le bouillon sont un peu plus grands, ils atteignent 4,5 » sur 0,8 y; ils ont la forme d’un S allongé et aplati. Des éléments plus longs sont rares. Les mouvements sont vifs sans être bien étendus. Quelques articles renferment des spores rondes ou un peu ovoiïdes. Elles se forment de préférence dans les éléments courts presque droits; dans un article qui mesure 2,4 sur 0,6 y, la spore mesure 0,6 y sur 0,8 y.

La gélatine n'est pas liquéfiée. Il s'y forme des colonies assez épaisses, d’un rouge un peu violet, à surface granuleuse.

Sur gélose, la culture est plus épaisse; elle est teintée en rouge plus vif, la surface est luisante et les bords bien nets. Elle ressemble à de grosses gouttes de cire tombées sur la gelée.

Sur bouillon, on obtient, après un temps assez long, un voile rose foncé, mince, à surface luisante, comme verruqueuse. Les bords, plus foncés que le reste, sont très adhérents au vase. Le liquide reste clair; le voile se brise en grands lambeaux et tombe au fond.

Les cultures sur pomme de terre poussent très bien à l'étuve; ce sont des bandes chagrinées d’un rouge vif.

SPIRILLUM AUREUM. 713

La matière colorante est très soluble dans l'alcool; elle donne une liqueur d'un rouge un peu jaunâtre, teinte dite pelure d'oignon. Ces cultures ne paraissent avoir aucune action pathogène.

SPIRILLUM RUFUM Perry (1).

Il a été rencontré dans l’eau de puits; il formait à la surface des parois de vases qui le contenaient des taches muqueuses, d'un rouge rose ou d’un rouge-sang. Ce sont de longs éléments de 8 à 16 y, légèrement rougeâtres, très mobiles, décrivant de un et demi à quatre tours de spire. Les filaments ne paraissent jamais se segmenter en articles.

SPIRILLUM LUTEUM JUMELLE (2).

Il a élé rencontré sur des débris de Sphaignes.

Sur gélose et sur pomme de terre, il forme des colonies épaisses, d'un jaune-citron; sur gélatine, une culture jaune seulement à la surface, commençant à liquéfier après cinq ou six jours. Les éléments, très fins, mobiles, sont en virgules, en are, en S ou en spirales, mesurant de 2 à 11 & sur 0,4 à 0,7 pu.

Ce microbe pourrait vivre dans un milieu tout à fait dépourvu d'azote,

SPIRILLUM AUREUM Were.

{Vibrio aureus.)

Weibel (3) l’a isolé de boue d’égouts.

Les éléments sont des virgules courbes, une fois et demie plus épais que ceux du Spirille du choléra, de longueur variable, pouvant même former de longues hélices ou des filaments presque droits, toujours immobiles.

Sur plaques de gélatine, ce microbe donne de petits disques d'un beau jaune d’or ; dans la profondeur, des colonies fusiformes plus petites, à centre jaune puis noirâtre, à périphérie plus claire, ne liquéfiant pas.

Sur gélatine, en piqûre, il se fait dans le canal une fine culture granuleuse et une minime colonie à la surface. Jamais de liquéfaction.

Sur gélose, on a une culture d’un blanc sale, qui s’étend sur toute la surface et montre des îlots jaune d’or ; puis la coloration gagne toute la surface.

Sur pomme de terre, revêtement épais, jaune d’or ou jaune orangé.

Dans le bouillon, trouble rapide et sédiment notable; pas de voile.

Le Spirillum flavum, du même auteur, est très voisin et ne diffère guère que par la nuance ocracée des cultures ; de même le Spirillum flavescens à pigment jaune verdâtre, isolés tous deux dans les mêmes conditions.

(1) Perry, Zur Kenntniss kleinster Lebensformen. Berne, 1552. (2) Jumeze, C. R. de l’Acad. des sc., CXV, 1892, p. 843. (3) Waæisez, Untersuchungen über Vibrionen (Centralbl. für Bakt., IV, 1888, p. 225).

BACTÉRIACÉES.

ES

SPIRILLUM NIGRUM hRisr.

C'est une espèce anaérobie vraie, qui a été isolée par Rist (1) des pus fétides d’affections de l'oreille; Guillemot (2) l’a vraisemblablement rencontrée dans un foyer de gangrène pulmonaire.

Les éléments sont petits, minces, courbés en arc ou formant un S ; quelques-uns sont rectilignes. Ils présentent des mouvements très vifs,

souvent onduleux ou en vrille, qui cessent

NS au contact de l'air. La plupart montrent, SS— à une extrémité ou en leur milieu, un cor- LA pepe puscule noir situé dans un léger renflenn Se ment (fig. 163).

HÉRDUN ? La coloration s'obtient assez difficile- HE ed ; ment avec les couleurs d’aniline; c’est la Le k l PR fuchsine phéniquée qui paraît le mieux SNS PU ES convenir. Par la méthode de Gram, la

V gi au 1 décoloration est complète.

US OR Les cultures sont assez faciles, avec les Eure RES méthodes des anaérobies. Le développe- Re RS Cr ment se fait à partir de 20°, mais lente-

Vo Ale re ment, rapidement à 37°

Fig. 163. — Spirillum nigrum, Dans la gélose glucosée, les colonies

d'une culture sur gélose (Rist). apparaissent en vingt-quatre heures, puis

DEN QU ON RENE UE croissent jusqu'à atteindre de 2 à 3 milli-

mètres de diamètre; elles sont lenticu-

laires, à forme de ménisques biconvexes, opaques, presque toujours

d’un noir de charbon, quelquefois grises ou brun noirâtre, à bords nets, quelquefois d'un brun grisâtre et alors comme nuageuses.

Dans la gélatine glucosée, les colonies sont opaques et d'un noir intense, entourées parfois d’un fin nuage blanchâtre, transparent, ne liquéfiant pas.

Le bouillon devient trouble, d'un gris sombre, avec un dépôt de même nuance.

Sur tous les milieux, la production du gaz est minime.

Les cultures sont très fétides, rappelant l’œuf pourri. Elles gardent leur vitalité pendant plus d'un mois. Elles sont pathogènes pour les cobayes, mais déterminent plutôt des cffets toxiques qu'une véritable infection ; les animaux meurent après quatorze jours, sans montrer de lésions macroscopiques. Le lapin semble réfractaire.

Dans des pus d'otites chroniques, Rist signale en outre la présence de nombreux Spirochètes extrêmement fins el longs, à mouvements onduleux rapides, se colorant mal et ne s’obtenant pas en cultures aérobies ou anaérobies; c'est peut-être le Spirochète de l’angine de Vincent.

(1) Risr, Études bactériologiques sur les infections d'origine otique. Thèse de Paris, (2) Guirrzemor, Recherches sur la gangrène pulmonaire. Thèse de Paris, 1898.

SPIRILLUM CRASSUM.

Qu [14

SPIRILLUM DESULFURICANS PEuERINCK.

Beïjerinck (1) l’a isolé d'eaux de fossés.

C'est un Spirille très mobile, de 4 y de long sur 1 y de large, à un seul tour ou rarement deux.

Il paraît être anaérobie vrai.

D'après Beijerinck, il réduit les sulfates; lorsqu'il y a dans le milieu de petites quantités de sulfate de fer, il précipite le fer sous forme de

sulfure qui se précipite en grains noirs ou se fixe sur les microbes morts qu'il colore en noir.

SPIRILLUM CRASSUM VEILLON.

Veillon et Repaci (2) l'ont trouvé dans le contenu de cavernes pulmonaires ; ils l’ont aussi constaté dans le pus d’une pleurésie putride et dans la bouche, surtout sur les plaies, dents cariées, abcès dentaires.

Les éléments se présentent sous l'aspect d’un fuseau très effilé, le plus souvent incurvé, quelquefois en forme de croissant; ils sont parfois réunis par deux, formant un S allongé. Dans les cultures, ils sont plus longs et peuvent avoir quelques tours de spire.

Ils sont très mobiles, montrant un rapide mouvement de va-et-vient.

Ils se colorent bien par le violet de gentiane, surtout par la fuchsine phéniquée ou la méthode de Giemsa. Ils se décolorent par la méthode de Gram. Les méthodes spéciales montrent des cils très longs et très fins, situés aux extrémités et le long du corps.

C'est un anaérobie vrai, à rapprocher peut-être du Spirillum sputtgenum (p. 702).

Les cultures ne s’obtiennent qu’à la température de l’étuve et sont peu résistantes; 1l faut les réensemencer tous les quatre ou cinq jours.

Sur gélose, on obtient de petites colonies sphériques, jaunâtres, qui s’estompent sur les bords et deviennent une masse nuageuse blanche.

Dans le bourllon, il se fait un léger trouble, puis un minime précipité et le liquide s "éclaircit.

Les cultures ne donnent pas de gaz, mais une odeur fétide.

Elles donnent, chez le cobaye, des abcès gangreneux par inoculation sous-cutanée ; presque rien chez le lapin.

Ce microbe pourrait se rencontrer dans l’angine de Vincent, où on le confond d'ordinaire avec le Bacille fusiforme; c'est lui qui aurait été signalé comme Bacille fusiforme mobile.

(1) Bewerwox, Ueber Spirillum desulfuricans als Ursache von Sulfatreduktion (Centralbl. für Bakt., 2e Abth., I, 1895, p. 1).

(2) Verxcon et Repaar, Des infections secondaires dans la tuberculose ulcéreuse du poumon (Ann. de l'Inst. Pasteur, XXVI, 1912, p. 306).

716 BACTÉRIACÉES.

3e GENRE. — LEPTOTHRIX Kurzinc.

Ce sont des Bactéries en très longs filaments, non ramifiés, droits, courbés ou ondulés, entourés d’une gaine mince de gelée et semblant

être toujours immobiles. À un momentdonné, ces éléments se segmentent

en articles plus ou moins courts qui s’isolent et peuvent donner, en croissant, des filaments semblables aux premiers.

Le genre Leplothrix n'est peut-être pas à distinguer du genre Bacillus. Beaucoup de Bacilles, en effet, possèdent la propriété, dans des conditions particulières de milieu, de croître en très longs filaments dont la éomposilion en bâtonnets n’est visible que lorsqu'on les traite par des réactifs coagulants ou colorants. Or, c’est ce qui arrive pour le seul Leplothrix dont la morphologie est un peu connue, celui de la bouche. Plusieurs espèces de Bactéries en bâtonnets, habitant normalement la cavité buccale, peuvent peut-être contribuer, à cause des conditions de milieu, à donner ces touffes de longs filaments; on s'expliquerait alors facilement la divergence des caractères exposés par les divers auteurs, surtout la différence des dimensions. On doit faire de très grandes réserves sur la constitution du genre Leptothrix.

LEPTOTHRIX BUCCALIS CH. RoBin (1).

MORPHOLOGIE

Ce sont de longs filaments mesurant de 0,8 à 1 y de large avec une longueur très variable de 15 à 100 y, et en moyenne de 30 à 50 y, entourés souvent d'une très mince gaine de gelée. Ils forment souvent des amas floconneux denses, ou sont réunis côte à côte en faisceaux. Le contenu est hyalin, dépourvu de granulations. Lorsque les filaments atteignent un certain âge, ils se divisent en articles qui s'isolent et végètent indépendants. Cette segmentation est visible très tôt sur les préparations fixées et colorées aux couleurs d’aniline; elle représente peutètre même l'état normal. Certains filaments peuvent présenter des

ondulations assez régulières, rappelant les longs Spirilles; Zopf rat-

tache même, mais sans preuve, le Spirillum Puceale à ce type de Leplothrix.

Traités par l'iode, eau iodée ou solution de Lugol, les filaments se colorent en violet ou en bleu sombre, plus ou moins violacé, selon le séjour plus ou moins long dans le réactif. Le fait doit être dû à la présence d'une substance amylacée soluble. Les filaments morts ne présenteraient plus celte particularité (2).

Les éléments se colorent très bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.

(1) Ch. Romix, Histoire naturelle des végétaux parasites, p.345. Paris, J.-B. Baillière, 1 853.

2) Iuuxe, Contribution à la biologie du Leptothrir bucealis (Wratch, 1894, p. 448).

TON V'PANENT

LEPTOTHRIX BUCCALIS. 717

HABITAT

Ces formes sont très communes dans la bouche; on en rencontre en abondance dans l’enduit lingual, dans la salive, dans la matière onctueuse qui se trouve sur les dents, dans celle qui remplit les cavités des dents cariées, dans les cryptes des amygdales, où elles peuvent végéter abondamment et former des efflorescences blanches: on en observe parfois dans le contenu stomacal, où elles sont entrainées par la salive ou les aliments, mais elles n’y croissent pas, à cause de l’acidité du milieu.

On les trouve chez l’homme et les carnivores, plus rarement chez les herbivores. Elles doivent jouer un grand rôle dans la formation du tartre dentaire, rôle qu'avait entrevu Mandl (1) il y a longtemps; elles le constituent en se fixant aux dents et en déterminant autour d'elles la précipitation des sels calcaires de la salive. Miller (2) en a obtenu de très reconnaissables du tartre dentaire de momies égyptiennes, en enlevant les sels de chaux à l’aide d’acides étendus. Ces Leptothrix pourraient être aussi une des causes de caries des dents; lorsque la couche d'émail disparaît, elles peuvent pénétrer progressivement dans les canalicules dentaires et miner peu à peu l'ivoire.

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