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BACTÉRIES DES EAUX MINÉRALES

Les eaux minérales profondes, bien captées, se montrent souvent stériles à l'analyse, ou ne donnent que de rares colonies, provenant sans nul doute des influences de surface qui peuvent s'exercer.

Cependant de telles eaux (3), froides ou chaudes (4), renferment aussi fréquemment des Bactéries et souvent en grand nombre. Ce sont des espèces qui se rencontrent dans les eaux ordinaires ou quelques espèces nouvelles qui n’ont pas encore été rencontrées ailleurs (5). On en trouve dans des eaux à température très élevée, de 50° à 60° et au-dessus; certaines espèces, des Bacilles thermophiles (p. 539), ne croissent même qu'à ces températures élevées. Des espèces pathogènes peuvent tout aussi bien s’y rencontrer, provenant alors de l’imperfection des moyens de captage et aussi du peu de précautions prises pour la mise en bouteilles; c’est là un point important, auquel il est nécessaire de songer. On a voulu attribuer un grand rôle aux Bactéries de certaines eaux alcalines dans l’effet stimulant qu’eiles exercent sur la digestion, en faisant intervenir les diastases que ces êtres sécrètent. Ce sont là des questions de pure expérimentation qui exigent, pour être éclaircies, des preuves directes qui sont encore à fournir.

Les eaux embouteillées depuis un certain temps donnent presque toujours un grand nombre de colonies, appartenant à une seule ou à quelques espèces banales, Des espèces à indication peuvent s’y rencontrer, provenant alors du manque de soins dans le remplissage.

L’eau de mer n’est pas un milieu défavorable aux Bactéries, comme l'ont montré différentes recherches; de fait, elle en contient comme Veau douce, dans des proportions qui varient suivant ses chances de contamination (6). On en rencontre beaucoup dans les ports, au voisi-

(1) Frazxxerz, Ueber den Bacteriengehalt des Eises (Zeitschr. für Hygiene, I, 2 p.,

(2) ABB4a, Sul meccanesimo della autodepurazione biologica del ghiaccio (Rivista d'Igiene, XIV, 1903).

(3) G. Poucuer. Analyses bactériologiques des eaux de Vichy, 1891. — F. Poncer, Les microbes des eaux minérales de Vichy, avec 26 planches comprenant 132 photogravures. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1895. \

(4) Karumwskr, Zur Kenntniss der Bakterien der Thermalquellen (H{ygienische Rundschau, 1895, n° 15).

(5) Vox Ricrer, Die Bakterienflora der natürlichen Mineralwässer (Hygienische Rundschau, 1902, p. 173).

(6) Russer, Untersuchungen über im Golf von Neapel lebende Bakterien (Zeitschr. für Hygiene, XI, 1891, p. 165). — Marcaxronio, Ricerche batteriologiche dell'acqua

nage des points habités, apportées par les déversements d'égouts, de déchets de toutes sortes. Le voisinage des côtes, les courants, ont une très grande influence. Leur nombre est en rapport avec le degré de contamination, comme l’a montré Fischer (1). Dans les ports où se déversent des égouts, le nombre des Bactéries peut devenir considérable, ressembler à ce que l’on constate dans les eaux très souillées ; on rencontre aussi les mêmes espèces. On en trouve de moins en moins à mesure qu'on s'éloigne vers le large, où leur nombre devient alors souvent très restreint. Levin (2) en a rencontré, en petite quantité, dans l’eau des mers arctiques; l’eau prise à 25 mètres de profondeur en contenait encore moins que celle puisée à la surface ; toutefois, il dit même avoir obtenu le développement de trente-neuf colonies avec 51 centimètres cubes d’eau prélevée à 2 700 mètres de profondeur ayant une température de — 1°,5. Dans les grandes profondeurs, l’eau paraît être stérile. D'après les recherches de Russel, de Giaxa (3), Otto et Neumann (4), le maximum des germes ne se rencontre pas dans l’eau de surface ou des couches supérieures, mais à une certaine profondeur ; les derniers expérimentateurs trouvent 50 mètres environ pour l'Atlantique.

Parmi les espèces obtenues, il en est de celles que l’on rencontre habituellement dans les eaux douces ; d’autres, encore insuffisamment décrites, paraissent spéciales ou, du moins, n'ont pas encore été signalées ailleurs (5). La plupart sont des saprophytes ; on a toutefois signalé la présence d'espèces pathogènes provenant de détritus déversés. Le Colibacille a été maintes fois rencontré, surtout dans les eaux des ports ou au voisinage d’agglomérations, apporté surtout par les égouts ; le Bacille typhique peut très probablement s’y trouver, dans les mêmes circonstances ; on admet la possibilité du transport du microbe par les huîtres vivant dans des eaux souillées surtout par mélange avec des eaux d'égout (p. 113). Ona, à plusieursreprises, isolé d'eaux de mer des Vibrions appartenant au type du Vibrion du choléra vrai ou à ceux de Vrbrions cholériformes voisins (Voy. p. 624, 626). Lortet (6) a reconnu la présence du Vibrion septique et du Bacille du tétanos dans des vases de la mer Morte.

L'eau de mer est du reste un milieu suffisant pour beaucoup d'espèces pathogènes, qui continuent à y vivre, peuvent même y pulluler en gar-

del Golfo di Napoli (Giorn. intern. delle Scienze mediche, 1891, p. 991). — Fiscxer, Untersuchungen über die Verunreinigung des Kieler Hafens (Zei{schr. für Hygiene, XXIII, 1896, p. 1). — Guisremin, Essais sur la bactériologie de l’eau de mer. Thèse

de Bordeaux, 1901.

(1) Fiscuer, Die Bakterien des Meeres nach den Untersuchungen der Plankton-Expedition. Leipzig, 1871. — Untersuchungen über die Vereinigung der Kieler Hafens (Zeischr. für Hygiene, XXII, 1896, p. 1).

(2) Levin, Les microbes dans les régions arctiques (Ann. de l’Inst. Pasteur, XII, 1899, p. 558).

(3) De Graxa, Ueber das Verhaiten einiger pathogener Mikroorganismem in Meer wasser (Zeitschr. für Hygiene, VI, 1889, p. 162). :

(4) Orro et Neumanx, Ueber einige bakteriologische Wasseruntersuchungen im Atlantischen Ozean (Centralbl. für Bakt., 2 Abth., XIIT, 1904, p. 481).

(5) Gunzevwnx, Essai sur la bactériologie de l’eau de mer. Thèse de l'Université de Bordeaux, 1901,

(6) Lonrer, Microbes pathogènes des vases de la mer Morte (Lyon médical, 1891, n° 33).

dant leur virulence, comme le démontrent les recherches de de Giaxa, Anfrecht (1), Cassedebat (2), Ginna (3), Klein (4), Massone (5), sur le Bacille typhique, le Spirille du choléra, le Bacille du charbon, le Staphylocoque doré entre autres. L'eau de mer, par conséquent, peut jouer le même rôle que l’eau douce au point de vue de la dissémination et de la transmission de ces agents de contage.

L'épuration se fait de la même façon que pour l’eau douce ; la sédimentation et les processus d'oxydation, les êtres inférieurs, paraissent jouer le principal rôle.

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