RECHERCHE DU BACILLE TYPHIQUE DANS LE SOL
On peut employer les mêmes procédés que pour le rechercher dans les matières fécales ou dans l’eau, en leur apportant de légères modifications en rapport avec la différence de nature du produit. De petites quantités de terre, prélevée aseptiquement, sont fortement agitées dans des tubes de bouillon, de manière à répartir le mieux possible dans le liquide. Avec le liquide ainsi préparé, on ensemence la gélatine ou la gélose qui sert à confectionner des plaques, ou l'on ensemence des milieux phéniqués préparés comme il a été dit pour l’eau. Ou bien on pratique des ensemencements directs avec une très petite quantité de produit, comme il a été dit pour la recherche dans les matières fécales, en usant des mêmes milieux (p. 122).
DIAGNOSE Du BACGILLE TYPHIQUE ET DES ESPÈCES SIMILAIRES.
Un assez grand nombre d'espèces bactériennes présentent plusieurs des caractères du Bacille lyphique. S1 l’on s'en tenait à la constatation de ces caractères communs, qui peuvent être des aspects de culture ou des ressemblances morphologiques, il est certain qu'il pourrait y avoir souvent confusion et qu'on affirmerait fréquemment à tort la présence du Bacille d'Eberth. Y n'en est plus de même heureusement si l’on se livre à un examen minutieux et attentif, si l’on recherche les différentes particularités qui peuvent servir pour établir une distinction spécifique bien assurée; on arrive alors, à l’aide d'une série de caractères, à éliminer facilement la plupart des espèces pouvant prêter à confusion et à limiter le problème à la diagnose d’un petit nombre de types.
L'aspect seul des colonies en culture sur plaques, nous l'avons déjà vu, est loin de suffire pour établir un diagnostic certain. D'autres espèces, qu'on rencontre souvent dans les différents milieux, offrent dés caractères bien voisins ou identiques. Ce sont ces nombreuses es-
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pèces qu'on a classées sous les noms de Bactéries pseudo-lyphiques (1), éberthiformes, simillyphiques. On a beaucoup trop abusé de ces distine- Lions, basées, trop souvent, sur des caractères de peu de valeur, ce qui a conduit à compliquer encore énormément, en apparence principalement, la question du diagnostic du Bacille d'Eberth, particulièrement dans les recherches bactériologiques de l’eau. Il n’est pas admissible de comprendre comme pseudo-typhiques, sous le seul prétexte d’apparences similaires de colonies en cultures sur plaques, des espèces qui sont nettement des Microcoques ou des Streptocoques, d'autres qui liquéfient la gélatine, d’autres qui donnent sur pomme de terre des cul-tures épaisses et fortement colorées, qui ne présentent souvent rien d'autre de commun avec le Bacille d'Eberth.
En recherchant les principaux caractères du Bacille typhique, le problème se réduit d'ordinaire à la différenciation, délicate et souvent difficile, il est vrai, à établir entre cette espèce, le Colibacille, les Bacilles paralyphiques el quelques espèces voisines.
Il est nécessaire avant tout d’avoir bien présents à l'esprit les caracières du Bacille typhique qui peuvent servir à la solution du problème. L'ordre suivant peut être conseillé pour les recherches :
1° Aspect des cullures sur plaques. — Il est important à connaitre ; mais nous savons qu'on ne doit lui reconnaître qu'une valeur relative;
2 Forme el grandeur des éléments. — Même remarque que pour le caractère précédent ;
3 Motililé. — Elle est bien marquée: c'est un bon caractère (Voy.
p. 62); 4° Cils vibraltiles. — Bon caractère ; les cils, assez longs et résistants, sont répartis tout autour des bâtonnets (Voy. p. 62); x Décoloration par la mélhode de Gram. Toujours à rechercher; ° Culture sur pomme de terre. — A FPnee cher avec les restrictions re page 65; 7° Culture sur gélatine. — Ne liquéfie pas ; & Culture dans le bouillon. — La culture prend, par agitation, dès la dixième ou douzième heure, un aspect moiré, à ondes soyeuses, bien net; 9° Cullure dans les milieux lactosés. — Pas de dé égagement de bulles gazeuses dans le bouillon lactosé à 2 p. 100 et additionné de craie; 10° Culture dans le lait stérilisé. — Pas de changement, même après un long temps; 11° Pas de production d'indol dans les bouillons peptonisés, même après un long temps; 12 Production de la réaction d'agglutination avec le sérum d’animaux vaccinés ou de typhiques (p. 165).
130 Production de la réaction de fixalion du complément (p. 166). Les caractères qui viennent d’être cités permettent de distinguer le Bacille d'Eberth de la plupart des espèces similaires. La différenciation du Colibacille et des Bacilles paralyphiques est beaucoup plus délicate ; quelques particularités seulement peuvent servir de point de repère assez sûr. Pour ce motif et en raison du grand intérêt qu'on a, souvent, à établir le diagnostic de ces espèces, il est nécessaire d'étudier la question avec détails.
(1) Cassenesar, Le Bacille d'Eberth-Gaffky et les Bacilles pseudo-typhiques dans les eaux de rivière (Ann. de l'Inst, Pasteur, IV, 1890, p. 625).
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