BACILLUS VIOLACEUS
plaques, où la coloration peut tarder beaucoup, et souvent les cultures sur gélatine ne produisent pas la même matière colorante caractéristique. Je l'ai également rencontrée en grande abondance dans divers échantillons de terre, pris à d'assez grandes profondeurs, 2 et même 3 mètres, aussi dans bien des liquides organiques en voie de décomposition putride.
Les éléments sont des bâtonnets courts, à extrémités arrondies, mesurant de 2 & à 3 u de long sur 0,4 w à 0,5 w de large. Ils sont immobiles. Il peut se former, dans les vieilles cultures, des spores arrondies ou un peu elliptiques, de même largeur que les bâtonnets.
Sur plaques de gélatine, les colonies se développent rapidement; elles peuvent avoir atteint leur maximum en trois jours. Ce sont de petites taches hyalines, à bords sinueux, à surface ondulée, dont le centre surbaissé est opalescent, jaunâtre. La partie centrale se creuse rapidement et la liquéfaction se fait en très peu de temps. Sur le liquide nage une peau épaisse très visqueuse, très cohérente, souvent plissée ou gaufrée, qui s'enlève d'un seul bloc; elle se colore souvent en violet après un temps assez long, en totalité ou en partie seulement, par zones concentriques. Parfois elle reste incolore; rien ne différencie plus ces colonies, qui se sont fondues en un liquide trouble, blanchâtre.
Sur gélatine, en piqüre, celte espèce liquéfie très vite le milieu. Le liquide est trouble; 1l se forme à la surface une pellicule blanche, adhérente aux parois. Au bout d’un long temps, plusieurs semaines, ce voile peut présenter un mince liséré violet. Au fond du tube, s'est déposé un sédiment épais, blanchâtre. D'autres fois la liquéfaction est plus lente à s’observer, surtout avec les gelées très consistantes; la colonie, qui forme alors une couche assez épaisse d’un beau violet, creuse d’abord le milieu, puis la liquéfaction se produit graduellement. Sur le liquide nage une épaisse pellicule violette; au fond se trouve un dépôt blanc un peu violet; le liquide peut être faiblement teinté de rose violacé. Les cultures développent parfois une forte odeur butyrique.
Sur gélose, le développement est plus spécial : en deux ou trois jours, il apparaît, le long de la strie, une petite tache blanche, qui grandit et donne une pellicule épaisse et plissée. Cette culture devient rapidement d’un beau violet noir. La même odeur butyrique se perçoit; elle manque sans qu’on en puisse saisir la raison.
Sur pomme de terre, il se forme une culture visqueuse, assez peu épaisse, qui devient d'un beau violet foncé. Elle peut toutefois rester brunâtre ou bien n'avoir que certaines parties violettes.
Dans le bouillon, le développement se fait comme dans la gélatine liquéfiée.
La particularité la plus intéressante de cette espèce est sans contredit la production de pigment. La matière colorante ne se produit pour ainsi dire pas dans les liquides, ou seulement dans des proportions tout à fait insignifiantes et immédiatement à la surface. Elle est très abondante dans les premières cultures sur gélose; elle ne s’y forme qu'au contact de l'air; si l’on verse à la surface du milieu ensemencé une petite couche d'huile, la culture est très lente et reste blanche. Les couches inférieures d'une colonie épaisse sont beaucoup plus claires que les superficielles. Le pigment ne semble pas imprégner les cellules, mais plutôt la substance gélatineuse qui les réunit en zooglées; c’est
414 BACTÉRIACÉES.
surtout cette dernière qui paraît colorée. Cette matière colorante est insoluble dans l’eau et très soluble dans l'alcool absolu en une liqueur d’un beau violet foncé, prenant la teinte d’une solution de violet d’aniline lorsque la proportion de culture est assez forte; la solution peut se conserver longtemps sans s’altérer, surtout à l'obscurité. En solution, l’'ammoniaque la fait passer au bleu, puis au vert; il se produit en peu de temps une décoloration totale; par neutralisation avec l'acide acétique, il réapparaît une légère teinte violette. La potasse donne du vert, puis du jaune-orange; la couleur ne se régénère plus après neutralisation. L'acide acétique ne change pas la nuance, même après
un long contact. L’acide azotique fait virer au vert, puis au jaune un
peu verdâtre.
Cette propriété de sécréter du pigment diminue et arrive même à disparaître presque complètement après un certain nombre de généra-
tions. Les cultures sont alors moins fortes et colorées dans une faible
portion de leur étendue. De semblables cultures, par un passage sur pomme de terre, récupèrent, en partie au moins, leur puissance chromogène; les nouvelles colonies qui en proviennent, par ensemencement sur gélose, sont beaucoup plus fortes et plus colorées. On rencontre des colonies qui n’ont cette propriété de produire du pigment que très atlénuée : les premières cultures sont simplement un peu violacées ou même striées de quelques raies violettes.
On doit rapporter à cette même espèce les Bacilles violels décrits par G. et P. Frankland (1), Jordan (2), Migula (3), Marshall Ward (4).
Tous ces Bacilles violets ne semblent avoir aucune propriété pathogène.
Woolley (5) a décrit sous le nom de Bacillus violaceus Manilae un microbe se montrant très pathogène pour le cobaye et le lapin, ressemblant beaucoup, par sa morphologie, aux types précédents. Il l’a isolé des ganglions lymphatiques et des poumons de trois buffles ayant succombé très rapidement. Chez le cobaye et le lapin, il occasionne la mort en quelques Jours, avec nécrose au point d'inoculation, lésions miliaires des poumons, du foie et des capsules surrénales. Les bouillons de culture, filtrés sur bougie, ne sont pas toxiques.
Gauducheau (6) a signalé dans une eau de puits, près de Hanoï, un Bacille violet mobile tuant le cobaye et le lapin.
BACILLUS JANTHINUS Zorr.
Cette Bactérie violette est assurément à distinguer de la précédente: c'est elle sans doute que Zopf (7) a décrite sous le:nom de Bacterium
(1) Grace et Percy FraxkraxD, Ueber einige typische Mikroorganismen im Wasser und im Boden (Zeitschr. für Hygiene, VI, p. 394).
(2) Jorpaw, Stade Board of Health, Massachusetts. Purification of sewage water, 1890, p. 838.
(3) MiGuca, Pseudomonas violacea. System der Bakterien, vol. II, p. 943.
(4) Marsnazz Wap, À violet Bacillus of the Thames (Ann. of Bot., 1898, p. 29.
(5) Woozex, Report on Bacillus violaceus Mauilae : a pathogenic microorganism (Bureau of governm. labor., 1904).
(6) Gaupucaeau, Sur un Bacille violet pathogène (Soc. de Biol., LXII, 1907, p. 278).
(7) Zorr, Die Spaltpilze, 1885.
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BACILLUS JANTHINUS. 415
janthinum et donne comme ne liquéfiant pas la gélatine. Il l'a rencontrée sur des morceaux de vessie de porc, flottant dans une eau stagnante. Je l'ai observée dans des cultures sur plaques d’une eau de boisson, pauvre en matières organiques et très peu riche en Bactéries.
Sur plaques de gélatine, elle forme des colonies presque identiques à celles du Bacille lyphique (1). Même forme, même transparence, même aspect bleuté irisé. Toutefois, il subsiste dans la partie centrale un reste de la colonie profonde qui s'aperçoit comme une tache plus sombre. Les colonies des premières cultures peuvent ne pas se colorer ou se leindre en violet sombre dans la partie centrale; elles ne liquéfient pas la gélatine, dans le temps assez court que peut durer une semblable culture. Après plusieurs générations, les colonies obtenues présentent bien les mêmes caractères, mais la liquéfaction se produit vers le quatrième ou cinquième jour et la gélatine prend une légère teinte bleu-ardoise.
Sur gélatine, en strie, on obtient une bande blanche opaque, à bords nets, qui ne s’accroit Jamais beaucoup. La teinte violette n'apparaît souvent que fort tard et bien après encore la liquéfaction, qui se produit quelquefois un mois après l’ensemencement et ne progresse que lentement. La gélatine liquéfiée reste toujours limpide; la colonie violette tombe au fond en gardant sa couleur et y forme un amas lourd et visqueux.
Les cultures sur gélose sont moins fortes que celles de l'espèce précédente et ne se colorent jamais d’une façon aussi intense. Celles sur pomme de terre sont identiques.
Ces cultures renferment des bâtonnets de 1,8 y à 2 » de long sur 0,6 y de large, à extrémités arrondies, isolés ou unis par deux. Ils ont un mouvement assez vif, mais ne subissent pas de grands déplacements ; c'est plutôt une trépidation rapide.
La matière colorante est très soluble dans l’alcool absolu en une belle liqueur violette, plus claire que celle obtenue de l'espèce précédente. Les réactions des deux solutions, avec les acides et les alcalis, sont identiques. Le pigment du Bacillus janthinus paraît bien moins stable que celui du Bacillus violaceus; sa solution alcoolique se décolore complètement en quelques jours à la lumière.
Le Bacillus lividus de Plagge et Proskauer (2), le Bacillus amethyslinus (3) d'Eisenberg, le Bacillus membranaceus amethystinus mobilis de Germano (4) sont à rapprocher de cette espèce.
Bréaudat (5) a signalé, dans l’eau d'alimentation de Saïgon, un Bacille viole! mobile, qui donne de l’acétone dans les solutions de peptones.
(1) Voy. Atlas de microbiologie, pl. XL, fig. 5.
(2) PLac@r et Proskauer, Untersuchungen des Berliner Leitungswassers (Zeitschr. für Hygiene, II, 1887, p. 401).
(3) ErsexBErG, Bakteriologische Diagnostik.
(£) GErmaxo, Der Bacillus membranaceus amethystinus mobilis (Centralbl. für Bakt:, XII, 1892, p. 516).
(5) Bréaunar, Sur un nouveau microbe producteur d’acétone (Ann. de l’Inst. Pasteur, XX, 1906, p. 874).
416 BACTÉRIACÉES,
BACILLUS LILACINUS.
C'est une espèce qui me semble devoir être distinguée des Bactéries violettes précédentes.
Elle se rencontre assez fréquemment dans les eaux, dans les mêmes conditions que Bacillus violaceus, souvent en même temps.
Les éléments sont de fins bâtonnets immobiles.
Sur plaques de gélatine, les colonies superficielles sont d’abord de petits disques opalescents, blanchâtres. La pellicule s'enfonce dans la gelée qu'elle creuse beaucoup, formant une cupule profonde, avec très peu de liquide sous la colonie qui s’est colorée en violet-lilas clair.
Sur gélatine, en piqûre, il se forme un petit disque lilas rosé ou mauve, qui creuse fortement la gelée, arrive à y former une cupule profonde, dont les parois se tapissent d'une pellicule très cohérente de même nuance. La production de liquide est très restreinte au début. Dans la piqûre, il y a un peu de liquide trouble. La liquéfaction progresse ensuite très lentement au-dessous de la cupule; on obtient, après plusieurs semaines, un entonnoir rempli d'un liquide trouble à flocons blanes, et au fond un petit amas un peu violacé.
Sur gélose, la culture est d’un mauve rosé, un peu lie de vin.
Sur pomme de terre, le développement n’est pas très abondant. La colonie, grenue, peu épaisse, a une teinte amarante, rouge lie de vin foncé.
Sur sérum coaqulé, la culture est muqueuse, d’un mauve rosé clair. Elle creuse le milieu qui se liquéfie très lentement.
BACILLUS CHLORINUS ENGELMANN.
Engelmann (1) a décrit, sans détails suffisants, sous le nom de Bacteriumchlorinum, une espèce en gros bätonnels mobiles, qu'il a rencontrée dans de l’eau où se putréfiaient des plantes. La coloration verdâtre des cellules lui a paru due à de la chlorophylle; elle était cependant plus pâle que celle des grains chlorophylliens de même grosseur. Les bàtonnets sont sensibles à l’action de la lumière; dans un vase dont un des côtés seul est éclairé, ils s’'amassent dans cette partie.
Il faut probablement rapprocher de cette espèce une Bactérie que je dois à l’obligeance du professeur Le Monnier. Elle format à la surface de Truffes conservées un enduit muqueux assez épais, de consistance crenue, friable, coloré en vert clair, un peu jaunâtre. Cette zooglée renfermait des Bacilles gros et courts, mesurant 2 & de long sur 1 y de large, à extrémités arrondies. Ils élaient vivement mobiles, sans présenter toutefois de mouvements étendus. J’ai pu les cultiver sur les milieux ordinaires, mais sans obtenir sur aucun une coloration verte aussi intense que celle de la colonie où je les avais observés.
Sur plaques de gélatine, ils forment, dans l'épaisseur de la gelée, de petites colonies rondes, d’un jaune vert, qui se développent peu et liquéfient très vite la gélatine, sans s'étendre.
(1) ENGELMaANN, Zur Biologie der Schizomyceten (Bot. Zeil., 1882, no 20, p. 320).
Sur gélatine, en piqûre, ils liquéfient la gelée ; il se dépose un sédiment blanchâtre.
Sur gélose, on obtient, en strie, une large culture jaune un peu verdâtre, épaisse, de consistance butyreuse.
Le bouillon ensemencé verdit assez vite et peut même devenir vertpomme. Le liquide s’éclaircit peu à peu par séparation d'un dépôt blanc, teinté de vert.
La matière colorante est soluble dans l'alcool absolu ; elle donne un liquide vert jaunâtre ou, plutôt, vert de vessie clair. Je n'en ai pas pu obtenir une quantité suffisante pour l'étudier.
BACILLUS VIRIDIS Van TiEGHEM.
Van Tieghem (1), qui n'a malheureusement donné que trop peu de détails sur ces Bactéries vertes intéressantes, a rencontré celle-ci dans un mince dépôt vert formé dans la cavité, pleine d'eau, d’un chapeau de Polypore.
Ce sont de petits bâtonnets d'un vert pur, étranglés au milieu, complètement immobiles. Dans l’eau, ils deviennent jaunâtres; il apparaît dans leur intérieur un noyau brillant, très réfringent, sphérique ou légèrement ovale; c'est une vraie spore. Le restant du protoplasma se décolore complètement. La spore est mise en liberté par gélification.
BACILLUS VIRENS Van TlIEGHEM,
Il a élé trouvé (2) dans l’eau parmi les Spirogyres, puis dans des eaux stagnantes.
Ce sont des filaments étroits, d'un vert pur tirant sur le jaune, ordinairement immobiles, mais parfois doués de mouvements lents. Les articles qui se forment par leur segmentation sont assez longs; ils ressemblent, comme dimensions, à ceux du Bacillus anthracis. Exposés pendant plusieurs jours à l'obscurité, il se produit, dans chacun d'eux, une spore ovale, très réfringente, incolore, au niveau de laquelle larticle est parfois légèrement renflé ; en même lemps, on observe une décoloration complète. Mises en liberté, les spores germent dans l'eau, en donnant un filament mince, d'abord incolore, puis verdissant à la lumière el atteignant les dimensions du filament primitif.
Aucun caractère de culture n’a été donné pour ces deux espèces, qui n'ont pas encore élé retrouvées par d'autres observateurs. La matière colorante verte n’a pas été étudiée ; c'est sans aucune raison positive que beaucoup la considèrent comme de la substance chlorophyllienne.
Dangeard (3) rapporteau Bacillus virens un Bacille de 6 à 8 v de long sur 1 y de large, à éléments réunis en filaments droits très longs, colorés
en vert jaunâtre, qu'il a rencontré dans une eau sulfureuse, au milieu d'amas de Beggialou.
(1) Van Trecnex, Observations sur les Bactériacées vertes (Bull. de la Soc. bot.,
(2} Van Tiecnem, Loc. cit.
(3) DaxéEarn», Sur deux Bactériacées vertes (Bulletin de la Société botanique de France, LVI, 1909, p- 322).
MACcÉ. — Bactériologie, 6° édit, L ITS
418 BACTÉRIACÉES.
L'organisme filamenteux étudié en 1891 par Dangeard (1) sous le nom
d'Eubacillus mullisporus, à spores endogènes d’un bleu verdâtre, n’est très probablement pas une Bactérie: en tout cas, rien de précis n’est acquis sur le pigment vert clair qu'il contient.
BACILLUS VIRESCENS Dancrarp.
Dangeard (2) a rencontré ce microbe dans une eau un peu sulfureuse, laissée croupissante dans des vases. Il formait de petits amas verdâtres au milieu de colonies rouges de Beggiatoa. Billiard (3) l'a étudié avec lui.
Les éléments sont de petits bâtonnets de 1,2 w à 1,5 w de long sur 0,3 y de large, isolés, réunis par deux, quelquefois en petits amas, très mobiles. Ils ne paraissent pas former de spores.
Ils se colorent aux procédés ordinaires, mais souvent imparfaitement. Ils se décolorent par la méthode de Gram. -
Ils se cultivent aisément à la température ordinaire.
Sur gélatine, la culture est abondante et liquéfie vite: il ne se produit pas de coloration.
Sur gélose, la culture est blanchâtre, abondante, sans coloration.
Sur gélose-ascile, les cultures faites à la température ordinaire, à la lumière et aérées, non capuchonnées, ont une coloration verte. La coloration ne s oblient pas à l’étuve. C’est ce seul milieu qui puisse montrer du pigment.
Sur pomme de lerre, il ne se fait aucun développement.
Dans le bouillon, le liquide se trouble vite et donne un voile assez mince. La couleur du liquide est dichroïque, jaune par transparence, opalescente par réflexion. Les vieilles cultures deviennent filantes.
Le lait est coagulé en soixante-douze heures.
Toutes ces cultures sont dépourvues d’odeur.
Les cultures sont pathogènes pour la souris.
D’après Dangeard, le pigment est soluble dans l'alcool. L'acide chlorhydrique, l'acide formique foncent la nuance verte des amas microbiens; l'acide azotique la fait passer au rouge vif.
BACILLUS CHLORORAPHIS GUIGNARD et SAUVAGEAU.
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL, XXX,
Guignard et Sauvageau (4) ont rencontré cette espèce sur des cadavres de vers blancs; je l'ai, peu après eux, rencontrée à plusieurs reprises dans des eaux de puits ou de rivière, toujours assez fortement microbiennes, conséquemment souillées. Elle se distingue surtout par la formation, dans des conditions déterminées, de cristaux d’un beau
(1) DaxGranp, Contribution à l'étude des Bactériacées vertes (Jour. de micr., 25 février 1891, et Ann. de micr., VII, 1895, p. 67).
(2) DaxGearp, Note sur deux Bactériacées vertes (Bull. de la Societé botanique, LVI,
(3) Bizcraro, Sur une Bactérie productrice de couleur verte (Zhid., p. 328).
(4) GuiGxarp et SauvaGeavu, Sur un nouveau microbe chromogène, le Bacillus chlororaphis (Soc. de Biol., 22 décembre 1894).
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BACILLUS GHLORORAPHIS. 419
vert, réunis en amas qui sont visibles à l’œil nu sous forme de points d'un vert sombre, souvent un peu noirâtre
On l'a bien rarement signalé depuis, et uniquement dans l'eau. C’est probablement dû à la raison suivante : Le Bacillus chlororaphis paraît se trouver dans les eaux riches en microbes variés, liquéfiant facilement les plaques de gélatine. Or, au début sa colonie se confond facilement avec d'autres, surtout celle du Bacillus fluorescens liquefaciens. Les points verts. caractéristiques n'apparaissent que tardivement ; pour pouvoir bien les constater, 1l faut que l’on puisse observer une colonie isolée, pouvant se développer convenablement au moins une huitaine de jours. En plus, ce microbe ne semble pas être très abondant dans les eaux où on le rencontre.
Lasseur (1) en a fait une étude détaillée et bien documentée.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — C’est un pelit Bacille assez court, mesurant de 1,5 x à 2,5 y de long sur 0,8 y de large, à extrémités arrondies, parfois légèrement renflées. On peut trouver des éléments presque arrondis ou ovoïdes, isolés ou réunis par deux; ou bien des formes allongées, plus grandes, de 3 y. à 7 u, atteignant même jusqu'à 15 y, lorsque le milieu est additionné d’un peu d'ammoniaque.
Les éléments sont souvent très mobiles; les traitements spéciaux permettent d'y reconnaitre de un à six cils vibratiles, situés tantôt à une extrémité, tantôt aux deux.
Guignard et Sauvageau ont décrit des spores, nombreuses dans les cultures de cinq à six jours. Jirou (2) signale la présence de deux corps arrondis aux extrémités du bâtonnet, rarement un seul; il penche pour les considérer comme des spores. Lasseur n'a jamais vu de spores, nl de formes résistant dix minutes à 63°. On peut admettre qu'il n'existe pas de spores, les formes citées comme telles étant de simples contractions protoplasmiques.
Coloration. — Les éléments se colorent aisément aux méthodes ordinaires. On observe souvent une coloration bipolaire, les deux masses colorées étant séparées par une vacuole centrale. Ils se décolorent par la méthode de Gram, mais un peu irrégulièrement; il faut bien laver à l'alcool.
Cultures. — Ce microbe est très avide d'oxygène; il ne se développe pas sans air. Le développement commence vers 10°-12°; il présente un optimum vers 25° et se fait déjà moins bien à 37°, est faible à 40°, et ne se fait plus du tout à 42°.
Les milieux ordinaires conviennent bien pour la simple végétation. La production des cristaux verts se fait au mieux dans de milieux Spéciaux, surtout celui que Lasseur désigne sous le nom de milieu synthétique.
Sur plaques de gélatine, après trente-six heures, on trouve de petites
colonies grisâtres, à centre plus sombre, entouré d'une zone claire émettant des prolongements radiés droits ou sinueux, ou, pour les colo-
(1) Lasseur, Contribution à l'étude du Bacillus chlororaphis. Thèses de la Faculté dés sciences de l'Université de Nancy, 1911.
(2) Jirov, Sur les Bacilles fluorescents et Le pyocyanique (Journ. de physiol., 1901).
420 BACTÉRIACÉES.
nies superficielles, formés d’une fine striation. Vers le troisième jour, la liquéfaction se fait nettement, le noyau se désagrège, la striation radiaire persiste à la périphérie. Il se forme alors une cupule très nette, de 2 à 3 millimètres, remplie d’un liquide trouble, avec petit dépôt blanc grisâätre; cette cupule s’élargit et vers le sixième Jour, ou seulement du dixième au douzième, peut donner des points d’un vert sombre, qui, au microscope, apparaissent comme des sphérocristaux d'un beau vert. La liquéfaction des plaques est souvent complète avant l'apparition des cristaux. Le liquide ne présente pas de fluorescence verte.
Sur gélatine, en piqûre, la liquéfaction est rapide. Le liquide jaunit et prend une légère fluorescence ; il s’y développe des cristaux verts. Les cristaux sont plus nombreux dans la gélatine glucosée à 5 p. 100; il ne s’en produirait pas en remplaçant le glucose par le maltose, le saccharose ou la dextrine.
Sur gélose, la culture est grisätre, visqueuse, un peu transparente; il s'y forme difficilement quelques points verts, surtout dans le liquide qui s'amasse au fond du tube. En ajoutant 1 p. 100 de glucose et 0,3 p. 100 d’asparagine, Lasseur obtient une gélose qui donne de nombreux cristaux.
Sur sérum coagulé, la culture ressemble d'abord à celle sur gélose, puis détermine la liquéfaction du milieu.
Sur pomme de lerre, il se produit une glaçure jaunâtre, s'étendant facilement sur tout le tubercule. La culture peut présenter des points verts après trois ou quatre jours; ils sont nombreux après une quinzaine de Jours.
Le bouillon se trouble vite, devient un peu fluorescent. Des cristaux verts se forment, parfois très nombreux, sur les parois du vase, surtout du côté opposé à la lumière. Le liquide devient très visqueux. Dans ces cultures en bouillon, le microbe perd vite la propriété de donner des cristaux.
Le lait est rapidement coagulé; le coagulum est dissous, on a un liquide jaunâtre, visqueux. Les cristaux verts se montrent après une huitaine de jours. Le lactose n’est pas attaqué, le milieu reste neutre ou alcalin ; la coagulation est due à la sécrétion d’une présure, la liquéfaction à une caséase. La culture dégage une odeur qui rappelle celle de la coumarine.
Les milieux synthétiques donnent des résultats variables suivant leur composilion. Le microbe s'y développe bien en montrant d’intéressantes variations dans la production des pigments. Le milieu synthétique: de Lasseur donne de très bons résultats pour la production des cristaux verts; il a la composition suivante :
Fou Pere HS d'a RD UE Bo do 0 66e tree r el 100 grammes. ASparainesssreeter ete EEE EME E eee Cr 0:r,700 Giscenine Nr RANCE GS OR SR RS A RANE 28r,500 Phosphate dipotassique Re er" Fr "re DOS TL LOG RE 0 dou 0er,100 SULATeRAeRMARNESIE MP E TEEN E RC AE CO EEE 0,500 Chlorure de calcium........ cr Nec AN TA ENT Or,040 DULIATEMENTEUREE ARR EEE EE PPS PURE ARTE 0er, 010
A la température de 25°, le liquide se trouble assez vite; après vingtquatre heuresils’estformé un voile à la surface et une légère fluorescence dans la partie supérieure. Le voile s'épaissit les jours suivants et les
BACILLUS CHLORORAPHIS. 421
cristaux verts se forment, parfois dès le second jour, plus souvent vers le troisième ou le quatrième. Le liquide jaunit plus ou moins avant l'apparition des cristaux. Après un certain temps, le liquide s’éclaireit, il s'y fait un dépôt blanchâtre et les cristaux verts jaunissent. Ilest devenu alcalin et exhale une odeur agréable mêlée à de l’'ammoniaque. Exceptionnellement le liquide a pris une teinte brune.
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
Le microbe est tué par une température de 63° maintenue pendant dix minutes.
Il ne forme pas d’indol aux dépens des peptones.
C’est un microbe dénitrifiant, comme le Bacille pyocyanique, mais moins énergique que lui.
Il ne fait pas fermenter de sucres.
Il sécrète une présure, une caséase et un ferment trypsique.
Pigments.— La sécrétion de pigments paraît être sa propriété la plus intéressante, Il produit surtout une substance fluorescente et un pigment vert; ces deux caractères paraissent tout à fait indépendants.
Certains milieux, où végète cependant le microbe, ne prêtent à la formation d'aucune matière colorante, tel le milieu de composition suivante (Lasseur) :
SUHa led ammMONAQUE eee Ce ee CCR 1 gramme.
Bbosphaleldipotassique CAE eee et 0sr,100 SUIIaAterAeMarNneEslE see re a de e 07,500 BND de CAC ee en en dede nee des 0:r,040
M IVCÉ ILE SR MARNE vie CEL MN Aq CES CAS EN AR ET 2 grammes.
AN RS en RMI en M ae den See ee Le 100 —
D'autres ne permettent que la production de substance fluorescente ; tel ce milieu de Gessard :
SUCCUTa te dAMMONAUE ES e CrCece 1 gramme.
Phosphate de potasse............... IR Pa ad: gr, EAU A ete Men ne AIN LA à PAGE AUS UE GUN EE NR ES 100 grammes.
D’autres, en première ligne le milieu synthétique de Lasseur (p. 420), peuvent faire donner à la fois la substance fluorescente, les cristaux verts, même quelquefois un pigment brun.
La substance fluorescente est de même nature que celle du Bacille pyocyanique et des Bacilles fluorescents.
La formation du pigment vert, chlororaphine de Lasseur, est en rapport avec la composition du milieu : Il faut des éléments minéraux, une source d'azote organique, un élément hydrocarboné et du fer; le milieu synthétique cité plus haut réalise au mieux ces conditions. L'action du fer semble spécifique; on ne peut pas le remplacer par d'autres métaux. Dans ce milieu, le microbe produit beaucoup plus de cristaux verts que dans d’autres.
Des recherches de Lasseur, il ressort que la Bactérie produit d’abord une substance jaune soluble dans l’eau, véritable chromogène, la œanthoraphine, qui, par réduction, donne le pigment vert se précipitant en cristaux.
429 BACTÉRIACÉES.
Ces cristaux sont des aiguilles longues, flexueuses, disposées en faisceaux, rosaces, macles, houppes. J'ai observé une fois de longs prismes aplatis, disposés en sphérocristaux. Ils s’oxydent facilement, se transformant en oxychlororaphine jaune.
La chlororaphine, chauffée à l'abri de l'oxygène, se sublime vers 210° en donnant des cristaux verts par refroidissement. Elle est insoluble dans l’eau, le chloroforme, le sulfure de carbone, l’éther de pétrole, la benzine et les alcalis; faiblement soluble dans l'alcool ; soluble dans l’acétone, le phénol, l’aniline, les acides chlorhydrique, sulfurique, azotique, phosphorique, acétique, lactique. En présence d'air, ses solutions jaunissent vite et peuvent donner des cristaux d'oxychlororaphine.
L'oxychlororaphine est un peu soluble dans l’eau, faiblement soluble dans l’aicool et l'éther, assez soluble dans le chlerat ne et l’aniline, soluble dans l’acétone et dans les acides : insoluble dans la benzine; l'éther de pétrole et les alcalis. La réduction, en liqueur acide, donne de belles solutions vertes. Elle précipite par tous les réactifs des alcaloïdes.
Dans certains milieux additionnés d'ammoniaque, le microbe peut produire une coloration bleuâtre.
En somme, on peut observer la production de la substance fluores-
cente, du pigment vert, et secondairement une matière colorante brune el une bleue,
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Lasseur a trouvé les cultures pathogènes pour la souris, le cobaye, la grenouille, les poissons d'eau douce et l’écrevisse.
Un centimètre cube, en inoculation intrapéritonéale ou sous-cutanée, tue la souris, de la quatrième à la vingt-quatrième heure. Le passage par la souris semble favoriser la production du pigment vert.
Le cobaye est plus résistant.
La grenoutlle est tuée en vingt-quatre heures.
Les poissons et l’écrevisse meurent aussi rapidement.
Le Bacillus chlororaphis intervient peut-être comme agent d’affections épizootiques, pestes des poissons, peste de l’écrevisse, dont 1l a été question précédemment (p. 357 et 362).
BACILLUS FLUORESCENS LIQUEFACIENS Fiuvcce.
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL, XLVII
Cette espèce, très répandue dans la nature, faisait certainement partie des Bactéries anciennement comprises sous la dénomination de Bacterium lermo. Elle abonde dans toutes les putréfactions, surtout au début ; elle est très commune dans l'eau, l'air et les couches supérièures du sol.
La propriété qui la signale le plus à l’attention est la production, dans beaucoup de milieux, d'une belle fluorescence verte; c’est la pro-
ane -
BACILLUS FLUORESCENS LIQUEFACIENS. 493
priété qui a fait donner son nom au microbe (1). Elle est commune, du reste, à beaucoup d'espèces microbiennes; Jirou (2) en compte 64 qui peuvent la posséder.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — Ce sont de courts bâtonnets, à extrémités arrondies, mesurant en moyenne 1,5 de longueur et 0,4 y de largeur, isolés ou plus souvent réunis par deux, mobiles. La longueur peut s'accroitre, dans les cultures sur milieux solides, et atteindre presque 3,2 1.
Dans les milieux défavorables, il peut se montrer des formes d’involution variées, des éléments courbés, en forme de crosse, spiralés.
Il ne semble pas se produire de vraies spores.
Coloration.—Les bâlonnets prennent bien les colorations ordinaires. La coloration peut surtout porter sur deux ou trois corpuscules arrondis, intrabacillaires. Traités par la méthode de Gram, ils se décolorent irrégulièrement; certains éléments gardent un peu la couleur. Tout se décolore par la méthode de Claudius.
Cultures. — Sur plaques de gélatine, cette espèce donne, en deux ou trois jours, de petites colonies circulaires grises, qui s'entourent rapidement d’une zone annulaire, très régulière, de liquéfaction. Le quatrième ou le cinquième jour, la colonie est bien développée; au milieu de la masse liquéfiée, qui mesure de 4à 5 millimètres de diamètre, on trouve les restes de la colonie profonde, sous forme de petits amas blanchâtres,
-floconneux, égaux, disposés en masse ou en anneau autour du centre.
La gelée environnante se teint en vert clair. Cette colonie peut grandir beaucoup et atteindre de fortes dimensions; les bords sont alors taillés à pic dans la gélatine et la cupule est à moitié remplie d'un liquide peu trouble, où nagent des flocons blancs.
Sur gélatine, en piqûre, le milieu est rapidement liquéfié. Il se forme à la surface, dès le premier jour, une petite cupule de hquéfaction et un trouble blanchâtre dans le canal. La liquéfaction progresse et atteint, au bout de quelque temps, le fond du tube. Le liquide se colore en vert dans sa partie supérieure et reste très longtemps trouble; on trouve au fond un épais sédiment blanchâtre ; la teinte verte du liquide a disparu ou est remplacée par une coloration brunâtre.
Sur gélose, il forme une colonie muqueuse, gris jaunâtre, visqueuse, qui peut devenir très épaisse; la gelée se colore souvent en vert dans sa partie supérieure.
Sur pomme de lerre, on obtient une couche jaune sale, luisante, peu épaisse.
Le bouillon se trouble dès la douzième heure; il ne se forme pas de voile à la surface, ou un très léger voile blanc, mais un dépôt assez épais au fond du vase. La fluorescence apparaît en vingt-quatre à quarante-huit heures. Le liquide devient dichroïque ; jaune par transmission, il est d’un beau vert clair par réflexion. Le liquide reste
(1) Taux, Biologie der fluorescierenden Bakterien (Arb. aus dem bakt, Inst. der techn. Hochschule zu Karlsruhe, 1, 1895).
(2) Jirou, Sur les Bacilles fluorescents et le pyocyanique ; de leur fonction chromogène (Journ. de physiol., mars 1901, p. 188).
424 BACTÉRIACÉES..
trouble pendant longtemps. Lorsqu'il s’est éclairei, dansles très vieilles cultures, la fluorescence verte a diminué, le bouillon est un peu brunâtre. Les peptones pepsiques paraissent mieux convenir pour la fluorescence.
Le sérum coagqulé est hquéfié, mais parfois lentement.
Dans le /art, il se produit lentement un coagulum visqueux et une fluorescence assez tardive. Le liquide est alcalin. Une peptonisation peut se faire à la longue.
Dans les milieux minéraux, surtout le liquide d'Arnaud et Charrin, ils donnent rapidement de la fluorescence. Cette fluorescence est bleue au début et peut rester telle Lout le temps, ou passer plus ou moins vite au vert, probablement par suite de production d'ammoniaque. Si l’on remplace l’asparagine par d'autres sources d'azote, l'urée par exemple, ou des sels ammoniacaux à acide organique, on ne constate plus de fluorescence, à moins de mettre en même temps du glucose ou de la glycérine.
PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES
Vitalité. — C'est un microbe aérobie strict. Le développement et la fluorescence évoluent très bien à 14°; l'optimum pour la production de pigment paraît être vers 20°-22°, pour le développement à 28°. À 32°, il ne se produit plus de fluorescence. On peut encore observer un développement sans fluorescence vers 420. Une température de 70° maintenue dix minutes amène la mort.
Produits formés dans les cultures. — Les cultures développent à la longue une odeur fécaloïde; au début, elles n’ont presque pas d'odeur; celles sur albuminoïdes ont une odeur de choux pourris.
Elles présentent une réaction alcaline, due à l'ammoniaque produite en quantité nolable, à un peu de triméthylamine.
On ne constate jamais la production d’indol. Il se forme souvent de pelites quantités d'hydrogène sulfuré, lorsqu'il existe des albuminoïdes dans le milieu.
Ce microbe n'intervertit pas les sucres, ne modifie pas l’amidon et ne fait pas fermenter l’urée. 11 donne toujours de l’ammoniaque aux dépens des matières albuminoïdes.
C'est un agent de dénitrification énergique ; il décompose les nitrates en nitrites, pousse peut-être le processus jusqu’à la formation d'ammoniaque el même au dégagement de l'azote gazeux.
Matière colorante. — Le pigment est certainement dissous dans le liquide; du bouillon filtré sur porcelaine et absolument stérile est même plus fortement coloré qu'avant. Le bouillon coloré devient bien plus vert par addilion de potasse ou d’ammoniaque. De très faibles quantités d'acide détruisent la couleur, qui est alors régénérée par neutralisation à l'ammoniaque. L'ébullition fait pâlir la nuance verte.
Le pigment n’est soluble que dans l’eau et n'est précipité que par l'alcool. On l’obtient ainsi, impur probablement, sous forme d’une poudre Jaune vert, soluble dans l’eau qu’elle rend fluorescente.
La nuance normale du pigment fluorescent paraît être bleue ; la coloration verte serait due à l’action sur ce pigment bleu d'une petite quantité d'ammoniaque formée par le microbe.
PT
BACILLUS FLUORESCENS LIQUEFACIENS. 425
D'après Gessard (1), la fluorescence serait liée à la présence de phosphates dans le milieu. La présence de tels microbes fluorescents dans les eaux devrait faire suspecter une souillure d’origine animale, pouvant seule faire apport d'acide phosphorique dans ce milieu. Cette constalation de l'influence des phosphates a été faite, ilest vrai, avec le Bacille pyocyanique, produisant, à côté de la pyocyanine, une autre substance douée de la propriété de fluorescence verte; il n'est pas à dire que les mêmes résultats s’obtiennent avec les autres espèces, assez nombreuses, qui présentent une fluorescence semblable.
Cette Bactérie ne paraît avoir aucune propriété réellement pathogène à l'égard des animaux d'expérience; Jirou a cependant observé des phénomènes d'infection chez la souris et le rat blanc.
Elle parait jouer un rôle important en pathologie végétale (2); elle peut occasionner des pourritures de plantes ou de parties de plantes.
Ducamp et Planchon (3) ont isolé des eaux de Montpellier une autre espèce bacillaire très voisine du Bacillus fluorescens liquefaciens. Klle en diffère surtout en ce qu'elle produit un voile dans les bouillons et qu'elle est nettement pathogène pour le lapin.
C'est un Bacille court et épais, à extrémités arrondies, mesurant 2 y de longueur sur 0,8 y de large. Les éléments, souvent isolés ou réunis par deux ou trois, sont très mobiles. Ils se colorent difficilement.
Sur plaques de gélatine, les colonies sont d’abord de petites gouttelettes huileuses, jaunâtres, arrondies ; elles s'entourent d’une auréole plus claire et liquéfient très rapidement le milieu.
Sur gélatine, en piqüre, il se forme d’abord une petite culture en clou; puis une cupule de liquéfaction qui progresse très vite. La gélatine prend une belle fluorescence verte; le liquide se couvre d’un voile plissé.
Sur gélose, il se forme rapidement une colonie blanche, humide. Le milieu prend une fluorescence verte, qui fait parfois défaut.
Sur pomme de terre, la culture, d'abord blanchâtre, devient d'un beau jaune d'or, d'aspect cireux.
Le bouillon se trouble très vite; il se forme, à la surface, un voile d'abord délicat, puis épais, plissé, et, au fond du vase, un dépôt blanc jaunâtre, épais. Le liquide a d’abord une belle fluorescence verdâtre; avec l'âge, il brunit. Dans le dépôt et parfois dans le voile, 1l se forme des granulations pigmentaires d'un vert presque noir.
Le lail se coagule assez vite, surtout à l'étuve. Le coagulum se teint en verdâtre, puis se dissout en grande partie après quelques jours.
Ce microbe pousse très rapidement vers 20°; très abondamment à 37°, mais alors sans produire de pigment. La fluorescence, d'un vert bleuâtre, est probablement indépendante du pigment vert qui se forme en granulations.
Une inoculation de 1 centimètre cube de culture dans la veine de
l'oreille, dans le péritoine ou sous la peau d’un lapin, tue l'animal en
(1) Gessarp, Sur la fonction fluorescigène des microbes (Ann. de l’Inst. Pasteur, VI,1892, p. 801).
(2) Grirrox, Sur lerôle des Bacilles fluorescents en pathologie végétale(C. R.de l'Acad. des se., CXLIX, 1909, p.51).
(3) Ducamp et Prancnow, Sur un Bacille fluorescent et liquéfiant des eaux d’alimentation de Montpellier (Soc. de Biol., 17 mars 1894).
426 BACTÉRIACÉES.
dix à quinze heures; il en est de même avec les oiseaux. Les cultures du sang ou des organes donnent l'espèce bactérienne employée. Les rats et les cobayes paraissent réfractaires.
BACILLUS FLUORESCENS PUTRIDUS FLruccr.
(Bacille fluorescent non liquéfiant.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XL VIII
Cette Bactérie s’observe dans les mêmes circonstances que la précédente qu'elle accompagne fréquemment. Plusieurs caractères sont communs aux deux espèces; la dernière se distingue surtout par la nonliquéfaction de la gélatine sur laquelle elle croît.
Les bâtonnets ont une longueur de 2 4 à2,2uet une largeur de 0,45 y; ils sont mobiles, mais ne présentent jamais de grands mouvements.
Sur plaques de gélatine, les colonies apparaissent comme de petits disques transparents, un peu jaunâtres. Celles qui arrivent à la surface de la gelée prennent en peu de temps un grand développement. Elles donnent, en quelques jours, de minces pellicules hyalines, à bords très sinueux, à surface lourmentée, ressemblant un peu aux colonies de Bacille typhique, mais plus aplaties et beaucoup plus larges. De plus, la gelée ambiante se teint en vert dans une assez grande largeur et la plaque dégage une odeur forte, urineuse.
Sur gélatine, en strie, on obtient une culture incolore, presque transparente, plus épaisse que celle du Bacille typhique; il se forme une
bande médiane à bords lobés, rappelant comme aspect la fronde de.
certaines Fougères, les Polypodium, dont les plis se continuent dans la colonie. La gelée ambiante se teint en vert dans une bonne partie de son étendue; la coloration est parfois brunâtre.
Sur gélose, c'est une couche muqueuse grisâtre, pâteuse plutôt que visqueuse. Le milieu est aussi coloré en vert.
Sur pomme de lerre, la culture ressemble assez au début à celle du Bacille typhique: c'est une mince glaçure incolore, un peu gluante. Elle devient rosée ou brunâtre, luisante, comme vernissée et produit souvent des bulles de gaz qui la soulèvent en certains endroits.
Le bouillon se trouble dès le premier jour, à 20°; en trois ou quatre jours, il s'y est formé un voile incomplet, mince, se déchirant par grands lambeaux: il existe au fond du vase un dépôt blanchâtre très abondant. Le liquide présente aussi une fluorescence verdâtre, mais beaucoup moins prononcée que celle produite par l'espèce précédente.
Toutes les cultures, mais surtout celles sur pomme de terre et dans le bouillon, développent une odeur, souvent très forte, qui rappelle celle de l'urine putréfiée. Cependant les cultures sur gélatine et sur gélose peuvent être presque inodores. Les cultures ne paraissent avoir aucune propriété pathogène.
Comme l'espèce précédente, celle-ci se rencontre souvent dans les crachats verts. C’est très probablement un microbe d'habitat intestinal, se rencontrant fréquemment dans les eaux contaminées, où sa présence est un mauvais indice, dénotant une souillure par des matières fécaloïdes ou des purins.
BACILLUS FLUORESCENS PUTRIDUS. 4977
Frick (1) a isolé des crachats verts une Bactérie voisine, qui se distingue de celle-ci par des caractères assez nels.
C’est un mince Bacille dont la longueur est de six à sept fois supérieure à la largeur, très mobile. Il ne liquéfie pas la gélatine et lui communique, ainsi qu'à la gélose et au bouillon, une fluorescence verte. II coagule la caséine du lait sans l attaquer; les vieilles cultures prennent aussi une teinte verdâtre. Sur pomme de terre, il forme un revêtement brunâtre ressemblant à de la compote de pommes; la pomme de terre prend, autour de la culture, une teinte violet sale.
La matière colorante est insoluble dans l'alcool, l’éther, le chloroforme ; très soluble dans l’eau, surtout si l’on ajoute un peu d’alcali.
Ce microbe se colore bien aux couleurs d’aniline et reste coloré par la méthode de Gram.
Lepierre (2) a isolé des eaux d’une citerne de Coïmbre un Bacille fluorescent non liquéfiant, différant surtout du Bacillus fluorescens putridus par ses propriétés pathogènes très marquées pour le lapin et le cobaye.
:e Bacille mesure 2? à 3 y de long sur 0,5 4 de large; dans les milieux liquides, il atteint de 4 à 6 y. Il est parfois légèrement : incurvé et presque immobile. Il prend bien les couleurs d’ aniline et se décolore par la méthode de Gram.
Sur plaques de gélatine, les colonies profondes sont rondes et colorées en jaune brunâtre ; les superficielles sont hyalines, à bords nets, peu sinueux, à surface humide, granuleuse, sans sillons. La gélatine prend autour d'elles une belle fluorescence verte et ne se liquéfie pas.
Sur gélaline, en piqüre, le développement ne se fait qu'à la surface; en s/rie, la cullure est hyaline, grisâtre, à bords sinueux. La fluorescence vert pâle diffuse dans toute la gelée.
Sur gélose, le développement est très rapide; la culture est d’un blanc sale. La fluorescence se manifeste après deux jours, pour disparaître vers le dixième jour; la gelée prend alors une teinte brunâtre.
Sur sérum, le développement est semblable à celui de la gélose; la fluorescence n'apparait pas.
Sur pomme de terre, il se forme en vingt-quatre heures un enduit jaune brun humide ; le milieu-devient noirâtre autour de la colonie; il ne se produit pas de fluorescence.
Dans le bouillon, il se forme, à la surface, des voiles successifs qui tombent rapidement au fond; le liquide reste assez transparent. La fluorescence ést très nette après deux jours. L'odeur des cultures jeunes rappelle celle de l'infusion de choux ; celle des vieilles cultures l'odeur des choux pourris. La fluorescence se conserve longtemps dans les bouillons de viande; dans les peptones, elle disparaît au bout de quelques jours.
Dans le Jai, il ne se produit d'abord aucun phénomène appréciable ; le liquide fourmille de Bactéries et devient alcalin, sans se coaguler.
Après deux mois, il est coagulé en partie et reste alcalin. fl ne Sy produit jamais de fluorescence, même avec addition de phosphates.
(1) Frrex, Virchow’s Arch. für path. Anat., CXVI, p. 266 (2) Lertgrre, Étude d'un Bacille fluorescent pathogène (Ann. de l'Inst. Pasteur, IX, 1895, p. 643).
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Le microbe ne fait pas fermenter les sucres et ne produit jamais d'indol. Ilne se développe pas sans air. Il végète très peu à 10°, au mieux entre 20° et 30°; très bien à 37°, mais sans produire de pigment. Chauffé en tubes capillaires, il est tué en une minute, vers 55°-60°.
Les phosphates n'ont ici aucune influence sur la fluorescence.
Les cobayes succombent en un à six jours, après une inoculation intrapéritonéale ; ils présentent une péritonite, avec exsudat abondant, et des abcès blanchâtres, à contenu caséeux, dans le foie et la rate.
Rocha, Lepierre et Fonseca (1) ont isolé, des crachats d'un malade atteint d’un état fébrile ayant pu faire songer à la peste pneumonique, un Bacille fluorescent non liquéfiant produisant de l'indol dans les bouillons de peptones, très pathogène pour le cobaye et le lapin.
Ces Bacilles fluorescents non liquéfiants paraissent être bien voisins du Bacille nyocyanique.
BACILLUS LUTEUS Fiucc.
Flügge (2) a donné ce nom à une espèce de l'air qui vient fréquemment contaminer les plaques.
Ce sont des bâtonnets d’une longueur moyenne de 2,8 et d'une largeur de 1,5 z, immobiles, isolés ou souventréunis par deux. J'ai observé dans les cellules la formation de spores ovoïdes, de 1,8 w de long et de même largeur que les bâtonnets, qui se renflent un peu pour les contenir. Elles sont situées le plus souvent au milieu du bâtonnet parfois plus rapprochées de l’une ou de l’autre des extrémités.
Sur plaques de gélatine, les colonies sont des disques assez gros,
jaune d’or, ne liquéfiant pas la gélatine.
Sur gélatine en strie, il se produit une culture assez large, membraneuse, plissée, colorée en un beau jaune d’or. La gelée n’est pasliquéfiée.
Sur gélose, le développement est beaucoup plus abondant, surtout à une température de 30° environ. Il se forme une couche jaune qui peut atteindre une grande épaisseur et recouvrir une bonne partie de la surface libre du milieu. Les bords sont nets; la surface en est verruqueuse.
La matière colorante est très soluble dans l'alcool absolu; elle donne une liqueur jaune d'or pâle. Sous l'influence des alcalis, elie vire au jaune-bistre ; elle est ramenée à sa teinte par neutralisation; les acides sont sans action sur elle. Elle se produit mieux à l’étuve vers 30° et se détruit en partie dans les vieilles cultures qui pâlissent.
Dobrzyniecki (3) a isolé de la bouche un Bacille jaune qu'il nomme Bacillus luteus, à bâtonnels immobiles, de 1,5 y de long. Il ne liquéfie pas la gélatine et y formedes colonies jaune d’or. De semblables colonies se développent sur les autres milieux.
Rodsewitsch (4) a rencontré sur des épis de blé un Bacille très court,
(1) Rocua, Lerierre et Foxseca, Un cas de fièvre infectieuse simulant la peste pneumonique, produite par un Bacille fluorescent nouveau (Soc. de Biol., 10 mars 1900).
(2) FruGce, Die Microorganismen.
(3) DosrzyNiEcxr, Zwei chromogen Mikroorganismen der Mundhôühle (Centralbl. für Bakt., XXI, 1897, p. 833). È
(4) RonsewirscH, Ein neuer pigmentbildender Saprophyt (Wratch, 1897, n° 15, p. 436).
BACILLUS SYNXANTHUS. 4929
mobile, liquéfiant fortement la gélatine, donnant sur pomme de terre et sur gélose une culture d’un jaune vif. Il reste coloré par la méthode de Gram et se montre dépourvu de toute action pathogène.
Smith'et Baker (1) nomment Bacillus luteus sporogenes une espèce qu'ils ont rencontrée dans des sirops de betterave.
C'est un long Bacille de 4 à 5 », mobile, possédant des spores endogènes, restant coloré à la méthode de Gram.
Sur gélatine, il donne une culture un peujaunâtre etliquéfie lentement.
Sur gélose, il donne une bande jaunâtre et développe une odeur d’acétamide.
Sur pomme de terre, la culture est très rapide, et se colore en jaune intense.
Il est sans action sur les animaux.
BACILLUS FLAVUS.
J'ai rencontré dans plusieurs eaux de boisson une Bactérie jaune se distinguant facilement de la précédente par l'aspect de ses cultures et surtout par la liquéfaction de la gélatine, qu’elle occasionne assez rapidement.
Les bâtonnets, qui sont immobiles, mesurent de 1,8 à 2 y de long sur 0,45 y de large.
Sur plaques de gélatine, les colonies bien développées sont des disques irrégulièrement lobés, jaune brunâtre avec des reflets verdâtres, situés au fond d’un entonnoir de liquéfaction assez profond. Ces colonies sont très visqueuses ; elles s’enlèvent d'un seul bloc.
En piqüre, la gélatine est assez vite liquéfiée dans une bonne partie de sa hauteur. Le liquide est absolument clair; il est recouvert d'une peau épaisse, floconneuse, d’un beau jaune d’or, et a laissé déposer un sédiment plus léger et plus terne.
Sur gélose, la culture est assez épaisse, muqueuse, un peu coulante. Sur pomme de terre, c'est une membrane moyennement épaisse, jaune d'or.
Les cultures développent une faible odeur fade.
BACILLUS SYNXANTHUS EnRrEeNBERG.
{Vibrio synæanthus, Baclerium zanthinum.)
L'espèce a été donnée par Ehrenberg comme la cause d’une coloration jaune du lait cuit, s’observant assez fréquemment dans certaines régions. Elle a été étudiée depuis par Schroeter (2).
Ce sont de courts bâtonnets minces, doués d'une vive motilité. Ils se cultivent très bien dans le lait cuit, qu'ils teignent rapidement en jaune d’or. La caséine est précipitée, puis dissoute ; le lait devient fortement alcalin.
La matière colorante est insoluble dans l'alcoolet l’éther. Elle serait,
(1) Suite et Baker, Bacillus luteus sporogenes (Centralbl. für Bakt., 21e Abth., IV, 1898, p. 788).
(2] Scarosrer, Ueber einige durch Bacterien gebildete Pigmente (Beiträge zur Biol. der Pflanzen, I, 2e p., p. 120).
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d'après Schroeter, soluble dans l’eau. Le liquide de culture filtré est jaune-citron avec une légère teinte verte. Les alcalis ne font pas varier la couleur ; les acides, même en faibles proportions, la détruisent.
Il existe certainement un assez grand nombre d'espèces produisant des pigments jaunes ; leur différenciation est à établir d’une façon plus précise (1).
BACILLUS BRUNNEUS SCHROETER.
Schroeter (2) a donné ce nom à une Bactérie produisant une matière colorante brune dans une infusion de maïs putréfiée.
Flügge (3) en rapproche, sous le nom de Bacillus fuscus, une Bactérie qu'il ne décrit que d'une manière très incomplète. Le principal caractère qu'il signale est la présence autour des colonies de cultures sur plaques d'une auréole brune.
Adametz (4) décrit, sous le nom de Brauner Pigmentbildender Wasserbacillus, une autre Bactérie de l’eau produisant un pigment brun. Ce sont de petits bâtonnets immobiles, qui contiennent souvent des spores.
Sur plaques de gélatine, les colonies sont d’un blanc sale, muqueuses, filantes même ; elles ne croissent que lentement. Après un temps assez long, dix à quatorze jours, elles s’entourent d’une auréole brune. La gélatine n'est pas liquéfiée.
Sur gélose ou sur gélaline, la culture forme une colonie blanche, muqueuse, autour de laquelle la gelée se colore en brun.
BACILLUS OCHRACEUS ZIMMERMANN.
Zimmermann (5) l’a isolé de l’eau où il est commun. Les éléments sont des bâtonnets à extrémités arrondies, de 1,25 y à 4uw de long sur 0,65 y à 0,79 y. de large, souvent réunis par deux ou plus. Ils présentent de lents mouvements onduleux. Quelques bâtonnets sont entourés d'une petite capsule.
Ils se colorent aisément aux procédés ordinaires et se décolorent par la méthode de Gram.
Sur plaques de gélatine, les colonies sont d’abord de petites masses sphériques, jaunâtres, liquéfiant la gélatine autour d'elles. Elles s’élargissent, prennent une teinte jaune d’ocre et forment une large cupule de liquéfaction.
Sur gélatine, en piqûre, il se fait un large entonnoir de liquéfaction, au fond duquel se trouve un dépôt d’abord jaune pâle, puis ochracé.
Sur gélose, il se produit une colonie jaune d’ocre.
(1) Fervaxpez, Studien über Wasserbakterien des Leitungswassers der Stadt Buenos-Aires, mit Besonderer Berücksichtigung der Pigmentbakterien (Centralbl,. für Bakt., XXXIII, Originale, 1903, p. 34 et 97).
(2) ScxrogrTer, Loc. cil., p. 429.
(3) FzuGcr, Die Microorganismen.
(4) Anawerz, Die Bakterien der Trink und Nutzwässer, 1888.
(5) Zimmermanx, Die Bakterien unserer Trink und Nutzwässer, I, p. 60. Chemnitz,
BACILLUS PRODIGIOSUS. 431
Sur pomme de terre, une culture mince, jaune d'ocre. Le bouillon se trouble et abandonne un sédiment jaune pâle.