BACILLUS AURATUS
Harz (1) a décrit sous le nom de Bacterium auratum un microbe qu'il a isolé d’un cas de chromhidrose, sueur orangée. |
C'est un court bâtonnet de 0,4 y à 0,5 sur 0,3 u, immobile, isolé ou en courtes chainettes, ne produisant pas de spores.
Il se développe peu et lentement sur gélose et sur gélatine sans liquéfier ce dernier milieu ; la colonie, d'abord Jaune pâle, devient orange.
Sur pomme de lerre, vers 300, la culture est abondante, d’un beau jaune d’or.
La matière colorante est insoluble dans l'alcool, les éthers, le sulfure de carbone, le chloroforme, le toluol, le xylol.
BACILLUS FERRUGINEUS RuLLMANN.
Rullmann (2) décrit sous ce nom un Bacille qu'il a isolé de l’eau.
Sur plaques de gélatine, il donne des colonies brunâtres qui liquéfient rapidement et forment un dépôt couleur de rouille.
Sur gélose, sur sérum et sur pomme de terre, il forme une épaisse
olonie couleur de rouille.
En piqûre, la gélatine est rapidement liquéfiée et colorée en brun foncé.
Les éléments sont des bâtonnets très mobiles de 1,5 & à 2,2 y de long sur 0,5 y à 0,8 de large. Dans la solution de Winogradsky, à 30°, ils paraissent être encapsulés.
La matière colorante est très peu soluble dans l’eau et l'alcool, un peu plus dans l'alcool acide ou alcalin ; tout à fait insoluble dans la benzine et l’éther de pétrole, soluble dans l’acétone.
Les cultures n'ont montré aucune action pathogène pour les souris.
Il n’y a peut-être pas lieu d’en distinguer le Bacillus rubiginosus décrit par Catiano (3) dans la sécrétion vaginale.
BACILLUS PRODIGIOSUS EHRENBERG.
(Micrococcus prodigiosus, Voy. I, p. 581.)
Cette espèce est fréquente dans l'air ; on la trouve souvent comme impureté sur les cultures sur plaques. Elle s’observe souvent sur les matières amylacées oule blanc d'œuf cuit, sur bien des aliments exposés à l'air. Les colonies formées sur ces milieux apparaissent comme de petites taches rosées, fonçant rapidement en couleur et devenant rouge-
(1) Hanz, Pomernzfarbiger Schwaiss (Centralbl. für Bakl., At Abth., Orig., XXXV, 1904, p.153).
(2) Rurzmanw, Ueber einen neuen Chromogenen Bacillus aus Städtischen Kanalwasser (Centralbl. für Bakt., XXIV, 1898, p. 465).
(3) Carrano, Ueber zwei fadenbildende Bakterien (Cohn's Beitr, zur Biol. der Pflanzen, VII, 1896, p.537).
432 BACTÉRIACÉES.
sang. Sur le blanc d'œuf ou l'amidon cuits, leurs bords nettement tranchés, leur consistance visqueuse, leur donnent l'aspect de gouttelettes d'huile. Elle est également commune dans l’eau et le sol.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — Les éléments sont tantôt régulièrement sphériques, tantôt ovales ou elliptiques, tantôt en forme de courts bâtonnets ; ils mesurent de 0,5 & à 1 x de plus grand diamètre. La tendance à donner de courts bâtonnets est plus marquée dans certaines cultures, surtout en milieux bien alcalins ; ce qui a fait que ce microbe, longtemps rangé dans les Coccacées sous le nom de Micrococcus prodigiosus, est actuellement réuni au genre Bacillus, sous le nom de Bacillus prodigiosus, si ces formes allongées, observées surtout dans les bouillons faiblement acides, ne doivent pas être considérées comme des dégénérescences, dues à un changement de milieu (1).
En culture dans des liquides, elles présentent une motilité très nette ; sur les milieux solides, au contraire, elles paraissent tout à fait immobiles. La mobilité serait due, d’après Scheurlen (2), à la présence de quatre à huit cils vibratiles que la méthode de coloration de Loeffler permet de déceler sur tout le pourtour des éléments.
On n'observe jamais de production de spores.
Coloration. — Ce microbe se colore bien, quoique faiblement, aux colorants ordinaires. Il se décolore par la méthode de Gram.
Cultures. — Le Bacillus prodigiosus croit facilement sur les différents milieux nutritifs. Il végète surtout bien en aérobie, mais aussi, quoique plus lentement, en anaérobie, sans Jamais alors donner de pigment.
Son optimum de température parait être de 23° à 25°. À 35° et au- . dessus, la production de pigment se ralentit et cesse bientôt. Cultivé longtemps à ces températures, le microbe perd définitivement sa fonction chromogène.
Sur plaques de gélatine, il donne, en vingt-quatre heures, à 20°, de petites colonies arrondies, granuleuses, grisâätres, qui, arrivées à la surface, après peu de temps, s'étalent en un disque de couleur rosée au centre. La colonie s'enfonce dans la gélatine et se colore en rouge, puis s’entoure d’un anneau de gélatine liquéfiée. La liquéfaction procresse rapidement : après une demi-journée, toute la plaque est liquéfiée. Le liquide a une teinte rosée. Si la surface de la couche de gélatine se dessèche un peu, la liquéfaction s'arrête, la colonie forme alors un bouton rose rouge foncé, situé au fond d’une légère dépression.
Sur gélaline, en piqûre, il liquéfie d'ordinaire très rapidement ce milieu, La cupule de liquéfaction est très nelte en douze heures ; elle a beaucoup grandi en vingt-quatre heures et s’est étendue dans toute la longueur de la piqûre. La gélatine liquéfiée est trouble et à la pointe de l’entonnoir se trouve une petite masse floconneuse rouge-sang. La liquéfaction continue et, au bout de quelques jours, toute la gelée est devenue liquide. Dès que ce changement s’est opéré sur une certaine
(1) Wasserzuc, Variations durables de la forme et de la fonction chez les Bactéries (Ann. de l'Inst. Pasteur, 11, 1888, p. 153).
(2) Scueurzen, Geschichtliche und experimentelle Studien über den Prodigiosus (Arch. für Hygiene, 1896, XXVI, p. 1).