BACILLES DU TYPE AZOTOBACTER
Les éléments se décolorent à la méthode de Gram ; mais les formes en Sarcines restent en partie colorées.
Azotobacter vitreum. —Il a été isolé du sol par Lühnis. Les éléments sont de gros coccus, de 2 y au moins, toujours immobiles, restant colorés par la méthode de Gram, mais d'une façon irrégulière, certains devenant très clairs, d’autres restant foncés. On voit souvent des paquets de Sarcines.
Sur gélose sucrée, il donne des colonies muqueuses, transparentes comme du verre.
Sur pomme de lerre, une petite culture transparente, difficile à voir.
Dans le lait, il se comporte comme l’Azotobacter chroococcum.
Les microbes du type Azotobacler sont tous des aérobies, dont la température optima de développement est voisine de 28°. Ils attaquent beaucoup d'hydrocarbonés, surtout les sucres, peut-être aussi les amylacés ; ils ont besoin de la présence de chaux et d'acide phosphorique. D'après Keutner (1), l’Azotobacler chroococcum pourrait encore très bien végéter en présence de 8 p. 100 de chlorure de sodium, véritable microbe chlorurophile.
En cultures pures, ils peuvent fixer l'azote gazeux ; cette fixalion, pour Beijerinck et van Delden (2), serait cependant beaucoup plus forte lorsqu'ils sont associés à d’autres Bactéries qui se rencontrent dans les mêmes conditions.
La fixation d'azote ne peut se faire qu’en présence d’un aliment hydrocarboné, surtout d'un sucre. Sloklasa (3) a trouvé que la fixation d'un gramme d'azote exigeait la consommation de 165 grammes de glucose ; les produits de dédoublement sont de l'acide carbonique et un peu d'hydrogène, de l'alcool, des acides acétique, lactique et butyrique. La cellulose pourrait même être utilisée (4).
L’Azolobacler chroococcum pourrait transformer les nitrates en ammoniaque sans formation de nitrites.
Ces microbes sont très abondants dans les sols, dans les eaux, même dans les eaux de mer. Ils sont surtout abondants dans les sols cultivés, bien remués, aérés. Ils ne se rencontrent que s’il existe de la chaux, au moins à la dose de 08,10 p. 100.
On a cherché à tirer profit de la fixation d'azote pour augmenter le rendement des sols. Les résultats ont été peu encourageants. La fixation d'azote exige une consommation énorme de matière hydrocarbonée, de glucose par exemple; de telle sorte que l'augmentation obtenue est tout à fait hors de toute proportion avec la dépense (5).
La propriété de fixer l'azote gazeux est loin de leur être spéciale. De nombreuses autres espèces microbiennes la présentent, certaines à un degré plus élevé, comme le Clostridium Pasteurianum de Winogradsky
(1) Keurxer, Wissenschaftliche Mecresuntersuchungen, VIII, 1906,
(2) Berserinex et van DELnen, Centralbl. für Bakt., 2te Abth., IX, 1902, p. 3.
(3) SroxLas4, Beitrag zur Kenntniss der chemischen Vorgange bei der Assimilation des elementaren Sickstoffs durch Azotobacter and Radiobacter (Centralbl, für Bakt., 2% Abth., XXI, 1908, p. 484).
(4) PrinGsxgm, Centralhl. für Bakt., 2&/Abth., XXII, 1909, p. 300 ; XXVI, 1910, p: 222.
(5) Bourraxcer, L'assimilation de l'azote libre. Revue (Bull, de l'Inst. Pasteur, VI, 1908, p. 1,:49 et 97).
534 BACTÉRIACÉES.
(p. 468) ; d'autres à des degrés divers, parfois plus faibles, le Bacillus radicicola, le Bacillus Ellenbachensis, le Bacillus megalerium, mais aussi le Bacille de Fr iedlaender, le Bacillus lactis aerogenes, le Bacillus lactis viscosus, le Bacillus prodigiosus, certains Bacillus mesentericus, le Bacillus oxalaticus, le Bacillus danicus, et probablement beaucoup d'autres. Il ne peut être aucunement question de réunir toutes ces espèces dans un même groupe naturel.
D'ailleurs, beaucoup d’autres organismes inférieurs, très différents des Bactéries, des Levures, des Torula, des Moisissures même telles que l'Aspergillus niger, le Penicillium glaucum, le Botrytis cinerea, peuvent aussi fixer l’azote atmosphérique, en quantité plus ou moins grande ; c'est un processus biologique, qui paraîtrait assez répandu dans le monde des organismes inférieurs (1).
BACILLUS DANICUS Lünnis et WESTERMANN.
Lühnis et Westermann (2) l'ont obtenu en faisant des cultures avec des nodosités d’une Légumineuse, Vicia villosa, suivant le procédé employé pour l isolement des Azotobacter (p. 530).
La forme des éléments obtenus dans la solution de mannite employée est très variable. Ce sont de gros diplocoques ou streptocoques de 2 à 3 y de large sur ?, 4 et 8 de long, ou des bâtonnets de 1 4 de large sur 3 à » w de long, ou u des andere assez longs.
Ils se colorent irrégulièrement par les procédés ordinaires. Les longs. bâtonnets restent colorés par la méthode de Gram ; les autres formes se décolorent.
Ils sont mobiles, mais faiblement. Ils donnent facilement des spores, sphériques ou ovalaires.
Sur gélose, simple ou mannitée, le développement se faitabondamment ; il donne une large culture blanc grisâtre, qui devient jaunâtre à la longue.
Sur gélatine, le microbe pousse bien et liquéfie en entonnoir ; le liquide trouble, blanchâtre, donne un dépôt de même couleur.
Sur pomme de lerre, on a une large culture plissée, jaunâtre, muqueuse, rappelant celle des Bacillus meSchieridue.
Dans le bouillon, la culture est faible ; le liquide reste clair, il se fait un dépôt floconneux.
Dans le lait, le développement est bon. Le liquide, après quelques jours, devient transparent dans sa partie supérieure, sans qu'il Y ait de coagulation, puis dans toute son épaisseur après plusieurs semaines.
C'est une espèce qui fixe l’azote gazeux dans les mêmes conditions.
‘que les précédentes.
BACILLUS RADIOBACTER BEuERINCK.
Beijerinck (3) l’a isolé de la terre, en recherchant des Azotobacter.
(1) Lipmax, Nitrogen fixation by yeats and other fungi (Journ. of biol. Chimie, X, 1911, p. 169). ]
(2) Lônnis et Wesrermanx, Ueber stickstoflixierende Bakterien (Centralbl. für Bakl., 2te Abhth., XXII, 1908, p. 234}.
(3) Beruerinex et van Deznen, Ueber die Assimilation des freien Stickstoffs durch Bakterien (Centralbl. für Bakt., 21 Abth., IX, 1902, p. 3).
BACILLUS ASTEROSPORUS. 533%
Les éléments sont de courts bâtonnets à extrémités arrondies, mesurant de 1 à2 v, rarement 3 4 de long sur 0,5 à 0,8 y de large, parfois faiblement courbés, quelquefois ayant l'apparence de coccus. Ils sont nettement mobiles. Ils ne forment pas de spores.
Ils se colorent aux méthodes ordinaires et se décolorent à Ia méthode de Gram.
Sur gélatine, le développement est minime, mince membrane, blanchâtre, assez transparente. La gélatine n’est pas liquéfiée.
Sur gélose, la culture est peu abondante, blanc grisätre, à bords dentés.
Sur pomme de terre, il se fait une belle culture, d’abord transparente, blanchâtre, puis jaune brunâtre.
Dans le bouillon, il se produit un trouble marqué, un dépôt floconneux abondant, et quelquefois une sorte de pellicule fragile.
Dans le Jait, la caséine se coagule lentement, en flocons; le liquide prend une réaction faiblement Fire
C'est aussi un microbe fixateur d'azote, mais faible, comme les précédents. Son identité est loin d’être bien déterminée
BACILLUS ASTEROSPORUS A. Msver.
Il se rencontre sur beaucoup de plantes (1).
Les éléments sont des bâtonnets mobiles, de 3 à 6 u de long sur {
- au moins de large, un peu moins épais aux deux bouts, le plus souvent
isolés, rarement réunis à plusieurs en courts filaments.
Il s'y forme facilement des spores ovoïdes dont la membrane externe est munie de bandes d’épaississement longitudinales, qui, en coupe optique, donnent à la spore un aspect étoilé, très caractéristique. La germination se fait à un pôle.
Les méthodes de coloration spéciales montrent de nombreux cils. péritriches.
Les cultures s’obtiennent facilement. C’est un microbe aérobie, pouvant, pour certains, vivre en anaérobie, ce que nie Kursteiner (2).
Sur plaques de gélatine, il se développe de petites colonies muqueuses arrondies qui liquéfient assez rapidement:
Sur gélatine, surtout glucosée, la hiquéfaction se fait rapidement avec production de gaz.
Sur gélose glucosée, il se fait une mince culture transparente, blanchâtre, qui jaunit un peu à la longue.
Sur tranches de belterave, il se développe une large culture muqueuse transparente, un peu grisätre , qui envahit toute la surface et dans laquelle apparaissent des bulles de gaz. Il se développe une odeur agréable.
(1) A. Meyer, Studien über die Morphologie und Entwickelungsgeschichte der Bakterien, ausgeführt an Astasia asterospora A. M. und Bacillus tumescens. Flora, 1897. Engangzungsband, p. 185. — BrREDEmANx, Untersuchungen über die Variation und den Stickstoffthbindungsvermügen des Bacillus asterosporus (Centralbl, für Bakt., 2te Abth., XXII, 1908, p. 44).
(2) Kursreixer, Beitrage zur Untersuchungtechnik obligat anacrober Bakterien (Centralbl. für Bakl., 2te Abth., XIX, 1907, p. 216).
Le
536 BACTÉRIACÉES.
Sur pomme de lerre, on a une culture brillante, où se produisent des bulles de gaz. On perçoit une odeur éthérée.
Dans le bouillon, pas de voile; un trouble et formation d’un dépôt blanchâtre.
Le lait se coagule lentement, par couches ; pas d'attaque sensible du caillot et production d’odeur éthérée.
C'est une espèce qui parait attaquer fortement les hydrocarbonés, surtout les sucres. D’après Meyer, elle agit même sur certaines celluloses, l'hémicellulose surtout qu'elle transformeraiten matière pectique. Elle sé rencontrerait dans la panse des ruminants et aurait une action dans la digestion des matières végélales (1).
Comme beaucoup des espèces précédentes, le Bacillus asterosporus paraît être un agent énergique des décomposilions végétales. D’après
3redemann, il serait aussi un microbe fixateur d'azote gazeux.
BACILLUS UREZÆ Miquer.
Miquel (2) a obtenu, dès 1878, de l'eau d’égout, un Bacille qui détermine dans l'urine une modification en tout analogue à celle du Wicrococcus ureæ, la transformation de l’urée en carbonate d'ammoniaque. Pour l'isoler d’autres espèces qui l'accompagnent, en particulier de cette dernière, {toujours présente dans ces conditions, il recommandait de chauffer l'eau d’égout pendant deux heures entre 80° et 90°. Le Bacillus ureæ résiste, les autres meurent. En ensemencçant alors l'urine stérilisée avec quelques gouttes du liquide chauffé, on observe en très peu de temps son développement. Ce sont de minces bàätonnets, de moins de 1 y de largeur, unis souvent en longs filaments, qui troublent très rapidement le milieu. La fermentation de l’urée est complète en quarante-huit heures. Le développement se ralentit; beaucoup de bâtonnets forment des spores elliptiques, brillantes, qui supportent impunément pendant plusieurs heures une température de 90°. C'est un anaérobie facultatif; il croit très bien sans oxygène libre, mais il vit aussi à l'air. Il ne peut se cultiver que dans les bouillons auxquels on a ajouté de l’urée.
Une Bactérie, voisine de celle-ci ou identique à elle, a été trouvée par Leube (3) dans l'urine putréfiée. Les éléments sont des bätonnets de 1 & de largeur et 2 x de longueur, à extrémités arrondies, qui provoquent énergiquement le dédoublement de l’urée en carbonate d'ammoniaque. Les cultures s'obtiennent facilement sur la gélatine, qui n'est jamais liquéfiée. Sur plaques, ce sont de petits disques opalescents, pouvant atteindre un assez fort diamètre. En piqûre, le développement se fait presque exclusivement à la surface. Il s'y forme une couche blanche assez épaisse, à bords sinueux, pouvant montrer une série d’anneaux concentriques ; dans le canal, ce n’est qu'au bout de longtemps qu'on aperçoit une mince culture grisâtre. Les cultures dégagent une odeur de propylamine.
(1) Axkersmir, Untersuchungen über die Bacterien im Verdauungskanal des Rindes (Centralbl. für Bakt.,1te Abth., Orig., XL, 1905, p. 207).
(2) Mrauez, Recherches sur le Bacillus ferment de l’urée (Bull. de la Soc. chim., 1878, XXXT, p.391, et 1879, XXXII, p. 126):
(3) Leuse, Ueber die ammoniakalische Harngahrung (Virchow's Archiv, C, p. 540).
BACILLUS UREÆ. ‘ 537
Dans d’autres recherches, Miquel (1) décrit un assez grand nombre de Bactéries, isolées de l'air, des eaux, du sol, qui peuvent déterminer la transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque. Les unes sont des Micrococcus, comme le Micrococcus ureæ ; d'autres des Sarcines, la Sarcina ureæ par exemple; le plus grand nombre sont des Bacilles. Pour ces derniers, il n'est pas possible d'accepter la dénomination d'Urobacillus qu'il propose, rien ne démontrant que le pouvoir de transformer l'urée en carbonate d'ammoniaque est leur principale propriété physiologique, et aucun caractère morphologique ne permettant de les séparer des autres Bacillus. Du reste, l'identification possible avec des espèces déjà décrites n’a malheureusement pas été recherchée et elle est au moins probable pour quelques-unes; un assez grand nombre de saprophytes, nous l'avons vu, jouissent, dans une étendue limitée, du pouvoir de déterminer la fermentalion ammoniacale de l'urée. Il peut cependant être commode de les grouper sous la rubrique d’Urobactéries qu'il leur applique.
Toutes ces Urobactéries, pour exercer leur fonction et manifester leur présence, doivent être mises dans des conditions convenables el cultivées dans des milieux contenant de l’urée. Ces milieux peuvent être l'urine stérilisée, les solulions d'urée plus ou moins additionnées de bouillons, de la gélatine ou de la gélose, à base d'urine ou contenant de l’urée. L'isolement des différentes espèces peut être fait dans ces milieux en se servant des méthodes habituelles.
Miquel a étudié, au point de vue spécial de l'hydratation de l'urée surtout, une série d'espèces de Bacilles dont les plus importants sont les espèces qu'il dénomme Urobacillus Pasleurii, Urobactillus Duclauxtt, Urobacillus Freudenreichii et Urobacillus Maddoxii. I est à désirer d'avoir, sur ces microbes, des détails morphologiques plus complets qui puissent permettre de les caractériser facilement.
Les deux premières espèces ne végètent dans le bouillon ou la gélaline ordinaires que lorsqu'on a fortement alcalinisé ces milieux.
L'Urobacillus Freudenreichit croit bien dans la gélatine vers 20° ; 1l forme à la surface une tache d’un blanc de lait, qui s’affaisse vers le huitième jour, pendant qu'il se produit au-dessous une cupule remplie d’un liquide trouble et visqueux. La liquéfaction de la gelée se poursuit lentement. Le liquide devient limpide avec le temps ; il s'est déposé une masse muqueuse blanche qui exhale une légère odeur de carbonate d’ammoniaque. Dans la gélatine additionnée d'urée, on observe, en quelques jours, autour des colonies blanches, une auréole de très fins cristaux. Cette même espèce croit bien dans le bouillon peptonisé et mieux dans l'urine naturelle ou artificielle, mais ne pullule plus à 37°, dans ces derniers milieux, en occasionnant la réaction spéciale, tandis que les deux premières le font très bien à 40°. Ce sont de gros bâtonnets mobiles, donnant des spores, réunis le plus souvent en longues chaînes.
L'Urobacillus Maddoxii rend l'urine filante et visqueuse. Il croit difficilement sur gélatine, sans produire de liquéfaction. Il trouble rapidement le bouillon peptonisé additionné de 1 p. 1000 de carbonate
(1) Mrquer, Étude sur la fermentation ammoniacale et sur les ferments de l'urée (Ann. de micr., 1889 à 1896).
538 BACTÉRIACÉES.
d'ammoniaque. Dans la gélatine additionnée d’urée, il se forme également des cristaux autour des colonies. Les bâtonnets sont très gros, mobiles, et produisent des spores.
Les Urobactéries sont communes dans les urines, les purins, le sol et les eaux, souillés par ses produits. Elles forment souvent de l’indol dans les solutions peptonisées, coagulent le lait, liquéfient le plus souvent la gélatine et le sérum coagulé. Elles font virer les milieux au rouge neutre (1). Elles ne font pas fermenter les sucres, ce qui permet de les distinguer du Colhibacille.
BACILLUS SULFHYDROGENUS Miquer.
Miquel (2) a rencontré en abondance dans les eaux d’égout, dans les eaux potables et dans les eaux pluviales, une Bactérie qui s'attaque à l'albumine insoluble, la détruit lentement et élimine la majeure partie de son soufre à l’état d'acide sulfhydrique libre. Les cellules sont de très courts bâtonnets mobiles, larges à peine de 1 » ; la longueur peut devenir plus grande dans les solutions très nutritives. C’est une espèce qui vit parfaitement en anaérobie. Cultivée dans un milieu dépourvu de soufre, elle dégage de l'acide carbonique et de l'hydrogène ; dès qu'on introduit du soufre, l'acide sulfhydrique apparaît. Une température de 30°-55° favorise la production d'hydrogène sulfuré. En ARE Tee -huit heures, 1 gramme de soufre est transformé dans une culture de 4 litres d'eau bouillie additionnée de tartrate d'ammoniaque et d’un excès de soufre. La production de ce composé sulfuré cesse lorsque sa quantité devient toxique pour la Bactérie : en le chassant par un courant d'acide carbonique, on peut prolonger la réaction. Lorsque le milieu est alcalin, il se produit un sulfure : en semant dans une solution d’urée cette espèce et du Wicrococcus ureæ, on oblüent du sulfure ammonique.
Avec le caoutchouc, on observe un long dégagement d'hydrogène
sulfuré.
Dans tous les milieux où cet organisme trouve du soufre à l'état de liberté ou en combinaison avec des matières plastiques, il prodüit de l'hydrogène sulfuré. Par contre, il ne s'attaque jamais aux sulfates. On peut obtenir de l'hydrogène sulfuré en le mettant en présence de sels minéraux peu stables, comme les hyposulfites, mais seulement lorsque le milieu renferme un acide organique qui décompose l’'hyposulfite et met du soufre en liberté.
Les Bactéries qui peuvent donner de l'hydrogène sulfuré, dans les mêmes conditions, sont très nombreuses (Voy. I, p. 331). Il suffit, pour s'en convaincre, de suspendre dans des vases de cultures des bandes de papier à l’acétate de plomb ; elles noircissent très souvent. En ajoutant aux cultures de la fleur de soufre lavée, le phénomène devient beaucoup plus sensible ; il se dégage souvent des flots d'hydrogène sulfuré. C'est encore une réaction qu'on ne peut, pas plus que la fermentation de l'urée, regarder comme bien spéciale. Il faut éviter de créer des espèces en se basant sur ce seul caractère.
(1) Rocnaix et Durourr, Contribution à l’étude des Urobactéries et de la réaction du neutral-rot (Journ. de physiologie, XIII, 1911, p. 67).
(2) Mrouez, Sur la fermentation sulfhydrique(Bull. dela Soc. chim., XXXII, p. 127). Et : Biogenèse de l'hydrogène sulfuré (Ann. de micr., 1880).
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BACILLES THERMOPHILES. 539
C'est dans cet excès qu'est tombé Holschenikoff (1) en désignant sous le nom de Proteus sulfureus une espèce qui est certainement le Proteus vulgaris de Hauser, donnant dans ces conditions voulues de grandes quantités d'hydrogène sulfuré
. Rosenheim (2) a retiré d’une urine contenant, dès son émission, de fortes proportions d'acide sulfhydrique, des Bactéries ne liquéfiant pas la gélatine, qui végètent lentement dans l'urine fraiche en produisant le même composé sulfuré.
De nouvelles recherches sont nécessaires pour préciser la nature et l'action chimique intéressante de ces Bactéries.
BACILLES THERMOPHILES.
La découverte d'organismes pouvant vivre à des températures relativement élevées, 60° et plus, a dû forcément changer les idées en cours sur la résistance à la chaleur du protoplasma vivant et faire admettre que la vie était possible bien au-dessus de la limite fixée généralement entre 42° et 45°.
On a trouvé des Algues diverses vivant dans des eaux thermales atteignant 70° et même 83°.
On connaît un assez grand nombre d'espèces microbiennes végétant bien à ces hautes températures. On les désigne sous le nom général de Bacilles thermophiles. Elles ne présentent du reste aucun autre caractère général commun ; les espèces qui montrent ces curieuses propriétés physiologiques doivent être disséminées dans la classification bactériologique suivant leurs affinités appréciées à l’aide des caractères dont on se sert habituellement. La lumière n’est pas encore suffisamment faite à leur égard ; c’est la seule raison qu'on aie pour les maintenir groupées sous une telle dénomination.
IL parait toutefois indispensable de fixer nettement la valeur de ce caractère et les limites dans lesquelles doit s'appliquer la dénomination de Bacilles thermophiles.
On ne doit comprendre sous ce nom que des espèces qui peuvent parcourir leur évolution normale entière, sans processus de dégénérescence dominants, en réalisant d'une façon convenable leurs actions biologiques propres, à des températures relativement élevées, notablement supérieures à celles qui tuent d'ordinaire le protoplasma vivant, même supérieures aux températures de coagulation d’albumines, températures vérilablement dysgénésiques suiv ant les idées courantes. Cet état de vie bien spécial a été désigné sous le nom de hermobiose.
Il n'y a pas à considérer comme thermophiles des espèces qui présentent la particularité de végéter à des températures un peu plus élevées que celles que l'on admet comme normales, 42°, 45°, 50°, 55° même ; ce n'est guère qu'à partir de cette dernière limite, que le caractère peut être affirmé. Comme l’a proposé Schillinger (3), on peut considérer de telles espèces simplement comme {hermotolérantes. Ainsi,
(1) Horscaenixorr, Sur la formation de l'hydrogène sulfuré par les Bactéries (Ann. de micr., 1889).
(2) Rosenuei, Soc. de med. interne de Berlin, 6 juin 1887.
(3) ScmizuixGer, Ucber thermophilen Bakterien (Hygienische Rundschau, VIIL, 1898, p. 568).
940 BACTÉRIACÉES. NS ;
on ne doit pas comprendre dans les Bacilles thermophiles le Colibacille, le Bacille typhique et les espèces voisines qui végètent bien encore à 42° et peuvent se développer jusque vers 46°.
Les Bacilles thermophiles ont un optimum de température situé de 60° à 70° pour beaucoup d'espèces, de 55° à 60° pour d'autres. Leur maximum est souvent de 60° à 70°, même 74° et 76°. Ils peuvent tantôt végéter à des températures relativement basses, vers 20°; tantôt ne commencer qu'à des températures plus élevées, 37°-40°, ou même déjà vérilablement dysgénésiques, 49°-50°.
Dans l’étal actuel des connaissances, il est difficile de donner du phénomène une explicalion quelque peu satisfaisante. Il n’est toutefois pas niable. La chaleur peut être absorbée, puis transformée immédiatement pour ne pas nuire au protoplasme. Reste à voir comment cela se fait.
Van Tieghem (1), en 1881, a signalé la présence, dans une décoction de haricots, d’un microcoque en chaïînettes, streptocoque, pouvant encore croître à 74°, et d'un Bacille qui végéterait jusqu’à 77°, sporulant encore à 74. C’est le premier exemple de Bactéries thermophiles.
Certes et Garrigou (2), en 1886, ont observé dans l’eau thermale de Luchon, à 64°, de courts Bacilles mobiles, de longs Bacilles immobiles, des Oscillaires, des Diatomées, des Infusoires.
Globig (3) reconnait en 1888 la présence, dans le sol, de Bacilles pouvant se cultiver jusque vers 70°. Il en cite une trentaine d'espèces dont un Acinomyces thermophilus.
Miquel (4) fait connaitre peu après une très intéressante espèce qu'il nomme Bacillus thermophilus.
Elle se rencontre surtout dans les eaux de rivières et le sol, rarement dans l'air ; elle existe dans le contenu intestinal de l’homme et des animaux. C’est un microbe tout à fait inoffensif ; inoculé à fortes doses, il disparaît rapidement sans occasionner de troubles appréciables.
On l'oblient facilement en ensemençant, avec une goutte d'eau d'égout, des ballons de bouillon maintenus à 69°; au bout de vingt-quatre heures, ces vases sont troubles et renferment presque tous cette espèce. En faisant alors avec le contenu de ces ballons une série de cultures dans des bouillons neufs maintenus à 71°, on arrive, après trois ou quatre passages, à obtenir des ballons qui ne se troublent pas si on les mainlient à 40°, mais qui se troublent rapidement à 70°.
La forme des éléments varie suivant les conditions de culture, surtout la température à laquelle l'espèce a végété. Les éléments ont une largeur de 1 # environ. À 50°, les bâtonnets sont courts et présentent, à une extrémité, une spore ovale ; à 60°, les éléments s’allongent, les spores sont plus rares ; à 70°, les filaments sont longs et ont un aspect
(1) Van Tircnex, Sur les Bactériacées vivant à la température de 74° centigrades (Bull. de la Soc. bot., XXVIII, 1881, p. 35).
(2) Ceres et GarriGou, De la présence constante de microorganismes dans les eaux de Luchon, recueillies au griffon à la température de 640, et de leur action sur la-production de la barégine (C. R. de l'Acad. desse., CHI, 1886, p. 703).
(3) GrosiG, Ucber Bakterienwachsthum bei 50° bis 700 (Zeitschr. für Hygiene, II, 1888, p. 294).
(4) Miquez, Monographie d'un Bacille vivant au delà de 70° centigrades (Ann. de micr., I, 1888).
BACILLES THERMOPHILES. 541
granuleux manifeste ; à 71°-72°, celte Bactérie se présente en articles bosselés, granuleux, absolument dépourvus de spores.
Sur gélatine, la culture ne peut se faire qu'à une température où le milieu est liquéfié et a les caractères des cultures dans le bouillon.
Sur gélose, le microbe ne se développe qu'à partir de 42°; il y forme, en quelques jours, une tache blanche, bombée. Les éléments de la colonie sont des Bacilles courts, munis de spores. On obtient de très belles cultures d'un blanc grisätre, humides, à 50°, 60° et 65° ; à 70°, le milieu se ramollit trop.
Jusqu'à 40°, le bouillon ne se trouble pas, même après un long temps. Les cultures, maintenues à 42°, se troublent au bout de trois ou quatre Jours. À 50°, le trouble est très net en quarante-huit heures ; à 60°, il est apparent dès le lendemain el s'accompagne de la formation de voiles légers, facilement dissociables. Entre 65° et 70°, le bouillon se trouble en douze heures : au-dessus, la végétation languit, puis ne se fait plus.
Le bouillon des cultures âgées est devenu faiblement alcalin et exhale une odeur fade. Il ne renferme pas de produits solubles toxiques.
Mac Fadyen et Blaxal (1), en 1894, trouvent dans les malières fécales d'homme, de souris, de cheval, de poule, dans l'eau d'égout, dans la terre, dans l’eau de la Tamise, vingt espèces de Bacilles thermophiles, tous produisant des spores. Chez toutes le développement ne commence qu'au-dessus de 37° ; son oplimum est souvent vers 60°-65°, avec une limite supérieure vers 70°-75°.
Lydia Rabinowitseh (2), en 1895, a isolé de la terre, de la neige, d’eau de rivière, de lait, de céréales, du contenu de tout le canal intestinal de l'homme ou des animaux, et surtout de l'intestin grêle, huit types de Bacilles thermophiles, Yégétant jusqu'à une température de 75° et présentant un optimum de végétation entre 60° et 70°. Ce sont toutes des espèces immobiles, formant des spores.
On les obtient facilement en ensemençant de grosses pommes de terre avec de la terre, ou les autres produits, eten laissant les cultures dans une éluve réglée vers 62°-63°. En un jour déjà, on peut trouver à la sur-
-face de petites colonies blanches, jaunes, brunâtres ou rougeatres. On les reporte sur pomme de terre, sur gélose ou sur bouillon, dans les mêmes conditions, en évitant la dessiccalion qui empêche le développement.
Elles végèlent encore un peu vers 36°, presque plus à 33°et demandent alors un long temps pour donner quelques maigres colonies. Aux autres tempéralures, elles végètent surtout bien en aérobies, mais croissent aussi en anaérobies, quoique beaucoup plus lentement. Voici les principaux caractères de ces espèces :
Bacillus thermophilus I. — 1 forme sur pomme de terre des colonies blanches qui confluent souvent; sur gélose, des colonies granuleuses, à bords dentés. Les bâtonnets sont immobiles, souvent réunis en filaments el produisent des spores ovales terminales. Le milieu devient acide.
Bacillus Thermophilus II. — 1] forme sur pomme de terre des colonies
(1) Mac Fapyen et BLaxar, Thermophilic Bacteria (Journ. of Palhol. and Bacleriol., IT, 1891).
(2) Lydia Ramnowirsen, Ucber die thermophilen Bakterien (Zeilschr, für Hygiene, 1895, XX, p. 154).
D42 BACTÉRIACÉES,
gris jaunâtre, à bords sinueux; sur gélose, des colonies verdâtres, moyennement granuleuses, proéminentes. Les bâtonnets immobiles sont un peu courbés et renferment des spores situées dans leur partie médiane. Le milieu a une réaction alcaline.
Bacillus thermophilus III. — 1] forme sur pomme de terre des colonies brunes; sur gélose, de petites colonies blanchâtres, rondes, bien délimitées. Les bàätonnets immobiles sont assez épais et renferment une spore terminale. Le milieu devient acide.
Bacillus thermophilus IV. — I] forme sur pomme de terre des colonies rouges, aplaties; sur gélose, des coloniesincolores, donnant denombreux prolongements minces. Les bâtonnets immobiles forment souvent des filaments et contiennent une spore médiane sphérique. La réaction du milieu est faiblement alcaline.
Bacillus thermophilus V.— Il forme sur pomme de terre de très pelites colonies proéminentes, d’un gris brunâtre; sur gélose, des colonies incolores à centre granuleux. Les bâtonnets immobiles ont des spores terminales ovales. Le milieu devient légèrement acide.
Bacillus thermophilus VI. — 11 forme sur pomme de terre des colonies grises, aplaties, humides; sur gélose, des colonies d’un gris verdâtre, à centre granuleux et à bords transparents. Les bâtonnets ressemblent aux précédents. La réaction du milieu devient fortement alcaline.
Bacillus thermophilus VII. — II forme sur pomme de terre des colonies blanc grisâtre ; sur gélose, des colonies granuleuses à bords dentés. Les autres caractères sont semblables aux précédents.
Bacillus thermophilus VIII. — H forme sur pomme de terre des colonies d’un gris brunâtre humide; sur gélose, des colonies granuleuses, tout à fait transparentes. Les bâtounets immobiles forment des spores médianes. Le milieu devient légèrement acide.
Les spores de toutes ces espèces sont très résistantes ; elles donnent d'abondantes colonies après un chauffage de cinq ou six heures dans la vapeur à 100°.
Karlinski (1) signale dans les eaux thermales d’Ilidze, en Bosnie, trois espèces de Bacillus qui y vivent de 51° à 580, dont un Bacille nettement capsulé.
Kedzior (2) isole de l’eau d’égout et de l’eau de la Spréeun Cladothrix, qui a son optimum de développement vers 55°, ne pousse pas encore à 35° et plus à 70°.
Oprescu (3) a isolé cinq espèces de la terre de jardin, d'eaux de rivières, de fromages, de sérum ayant subi la stérilisation par chauffages répétés. D'après lui, elles se distinguent facilement par leurs caractères de culture sur les milieux habituels et les diverses réactions que l’on peut alors constater.
Laxa (4) a trouvé dans les eaux de déchet des sucreries une espèce
(1) en Zur Kenntniss der Bakterien der Thermalquellen (Iygienische Rundschau, V, 1895, p. 685).
(2) Kenzion, Deer eine thermophile Cladothrix (Arch. für Hygiene, XX VII, 1896).
(3) Oprescu, Studien über thermophile Bacterien (Arch. für Hygiene, XXXIHI, 1898, p. 161).
(4) Laxa, Ucber einen thermophilen Bacillus aus Zuckerfabriksprodukten (Cendralbl. für Bakt., 2€ Abth., IV, 1898, p. 362).
BACILLES THERMOPHILES. 543
qui présente de grandes ressemblances morphologiques avec le Proteus Zenkeri.
Schillinger (1) en rencontre quatre espèces dans la terre de jardin.
Michaelis (2) donne une description de quatre espèces, qu'il a rencontrées dans diverses eaux de puits.
M'e Tsilinski (3) a isolé six ou sept espèces d'eaux de sources thermales, puis d’autres du sol et du fumier, des matières fécales de nourrissons, d'enfants ou d'adultes. Elle a obtenu en particulier deux espèces d’'Actinomyces.
Sames (4) a étudié huit Bacilles thermophiles et un Streptothrix dont l’'optimum de développement est à 55°.
Russell et Hastings (5) ont isolé d’un lait stérilisé un Micrococeus qui se développe encore dans le bouillon à 75° et dans le lait à 76°.
Schardinger (6) en signale comme fréquents dans le lait, dans d’autres aliments végétaux ou animaux, dans des condiments.
Gilbert (7) donne comme fréquent dans la terre l’Aclinomyces thermophilus. Kedzior avait déjà signalé un Cladothrix; M'° Tsilinski, deux Actinomyces.
Blau (8) isole de la terre de champs quatre espèces de Bacilles thermophiles, Bacillus cylindricus, Bacillus robustus, Bacillus tostus, Bacillus calidus, qui ont un optimum de développement très élevé, de 70° à 75°, et des spores extrêmement résistantes, celles du Bacillus loslus résistant pendant vingt heures à la température de 100°.
Anitschkow (9) en trouve plusieurs espèces dans le contenu intestinal de l'homme.
Bruini (10), dans les selles de nourrissons el d'adultes, rencontre quatre Bacilles et un Streptothrix absolument thermophiles.
Bardou (11) décrit quatre espèces, Bacillus thermophilus x, 8, y, à, qu'il a obtenues de l’eau d'égout à Lille.
Tirelli (12) trouve dans l’eau potable quatre espèces de coccus, quatre
(1) ScxizuinGer, Loc. cil., p. 539.
(2) Micnazuis, Beitrage zur Kenntniss der thermophilen Backterien (Arch. für Hy-
. giene, XXXIV, 1900).
(3) Tsizinsky, Sur les microbes thermophiles des sources thermales (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVII, 1899, p. 788). — Sur la flore microbienne thermophile du canal intestinal de l'homme (/bid., XVII, 1903, p. 217).
(4) SauEs, Zur Kenntniss der bei hüherer Temperaturen wachsenden Bakterien und Streptothrixarten (Zeitschr. für Hygiene, XXXII, 1900, p. 313). \ (5) Russezz et HasrinGs, À Micrococcus, the thermal dead limit of which is 760 C.
(Centralbl. für Bakt., 2 Abth., VIII, 1902, p. 339).
(6) ScnarniNGEer,, Ueber thermophile Bakterien aus verschiedenen Speisen und Getränken (Zeitschr. für Unters. der Nahrungs und Genussmiltel., VI, 1903, p.865)
(7) GizserT, Ueber Actinomyces thermophilus und andere Actinomyceten (Zeitschr. für Hygiene, XLVII, 1904, p. 283).
(8) Brau, Ueber Temperaturmaxima der Sporenkeimung (Centralbl. für Bakt., 2 Abth., XV, 1906, p. 97).
(9) Axrrscakow, Zur Frage über die Rolle der thermophilen Bakterien im Darmkanal des Menschen (Centralbl. für Bakt., 1® Abth., XLI, 1906).
(10) Bruni, Ueber die thermophile mikroben Flora des menschlichen Darmkanals (Ibid., XXXVIII, 1905).
(11) Barvou, Étude biochimique de quelques Bactériacées thermophiles et de leur rôle dans la désintégration des matières organiques des eaux d'égout, Thèse de pharmacie de l’Université de Lille, 1906.
(12) Tirezur, I termofili delle acque potabile (Riforma medica, 1907, p. 266).
544 BACTÉRIACÉES.
de Bacilles et deux de Bactéries filamenteuses, vivant encore très bien à 70° el pas ou presque à 37°.
Miehe (1) rapporte aux microbes thermophiles, particulièrement au Bacillus calefactor, les phénomènes d'échauffement, allant même jusqu'à l’inflammation, que l'on observe dans les amas de certaines substances végétales, le foin et le coton principalement. Il fait aussi jouer un rôle, dans ce phénomène, à un Aclinomyces thermophilus, à une Moisissure, le Thermomuyces lanuginosus, puis à un Ascomycète, le Thermoascus aurantiacus.
De Kruyff (2) a isolé du sol cultivé ou non, d'eaux de rivière, d'air, sous les tropiques, dix espèces de Bactéries nettement thermophiles, dont certaines, qu'il dénomme ZLipobacler, ont une action lipasique énergique, d’autres sont nettement dénitrifiantes.
Georgewitch (3) trouve dans l’eau thermale de Vranze, en Serbie, un Bacillus thermophilus Vranzensis, qui serait une véritable Bactérie sulfuraire, décomposant l'hydrogène sulfuré ét fixant le soufre dans son protoplasma comme les Peggtatoa, ne croissant pas au-dessous de 49°, ayant son optimum vers 56°-60°, avec un maximum à 68°. Ce sont des bâtonnets de 3 à 4 y de long sur 1,1 y de large, très mobiles, produisant des spores. Dans l’eau thermale de Losanitche, 1l signale deux espèces, une seule véritablement thermophile, ayant son optimum vers 73° et un maximum à 78°, rappelant le\Bacille capsulé de Karlinski.
Tous ces microbes présentent le caractère de végéter aisément à des températures élevées. Leur optimum de croissance paraît être vers 55°- 60° ; la végétalion se fait encore sensiblement, quoique d'une façon bien ralentie, à 70°-73° et même 74°-76°. La plupart ne végètent guère audessous de 40°; presque tous ne croissent plus à 37°.
Dans les microbes isolés par Mie Tsilinski, il s’en trouvait un qui, sauf sa propriété thermophile, élait absolument identique, dans tous ses caractères, au Bacillus subtilis type. De plus, il lui a été possible d'amener graduellement un Bacillus subtilis type à se développer abondamment à 58° après trente générations. Il est très possible d'admettre que les Bacilles thermophiles ne sont que des types microbiens ordinaires qui se sont adaptés à ces conditions de vie spéciale, portant principalement sur la grande résistance de leur protoplasma à la chaleur.
De telles Bactéries n'auraient pas d'action biologique particulière, mais pourraient occasionner, à des températures élevées, les mêmes phénomènes que les espèces ordinaires déterminent à des températures ordinaires. La thermobiose serait un état accidentel, pouvant même être seulement transitoire.
La curieuse propriété que possèdent certaines Bactéries d'émettre des lueurs dans l'obscurité a été depuis longtemps signalée sans qu'on ait
(4) Mur, Die Selbsterhitzung des Heues. lena, Fischer, 1907.
(2) DE Keuyrr, Les Bactéries thermophiles sous les tropiques (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XX VI, 1910, p. 65).
(3) Georcewiren, Bacillus thermophilus Vranzensis (Arch. für Hygiene, LXXIT, 1910, p. 201).
eu, jusqu'il y a peu de temps, des détails assez précis sur les espèces qui la présentaient. Des recherches nouvelles en ont fait connaître plusieurs, que la forme des éléments et lescaractères des cultures font facilément distinguer. Des données générales sur cette question ont été exposées dans la première partie de ce livre (I, p. 174); il n'est pas nécessaire de les répéter.
Pflüger et Cohn ont été les premiers à signaler la phosphorescence chezles Bactéries; puis d’autres en ont observé sur des viandes devenues phosphorescentes, luisant dans l'obscurité (I, p. 174). Fischer (1) a le premier isolé et étudié une de ces curieuses espèces.
Il a donné le nom de Bacillus phosphorescens à une très belle Bactérie lumineuse qu'il a isolée de l’eau de la mer des Indes, et retrouvée, dans les mêmes parages, sur des poissons ou d’autres animaux marins morts, luisant dans l'obscurité.
Cette espèce forme des bâtonnets très mobiles, isolés, réunis par deux ou plus en filaments. Les bâtonnets mesurent en moyenne de 1,15 à à 1,75 y de long et ontune largeur deux à trois fois moindre. Ilsse colorent très bien aux méthodes ordinaires et n’ont jamais montré de spores à leur intérieur, mais seulement des vacuoles ne prenant pas la matière colorante. Les cultures s’obtiennent facilement sur tous les milieux habituels ; elles sont plus abondantes lorsqu'on a ajouté une petite quantité, 2 ou 3 p. 100, de chlorure de sodium.
Sur plaques de gélatine, on observe au bout de trente-six heures de tout petits points ronds, grisâtres, qui, à un grossissement moyen, paraissent complètement homogènes et doués d’un éclat verdâtre. Ces
colonies grossissent, deviennent brunâtres et s’enfoncent dans la gelée
qu'elles liquéfient rapidement.
Sur gélatine, en piqüre, ce Bacille détermine en trois ou quatre jours une dépression cupuliforme à la surface de la gelée, au fond de laquelle se trouve une mince couche grisâtre; le canal offre un léger trouble. La liquéfaction se fait ensuite plus lentement. A la surface du liquide trouble des vieilles cultures, nage une pellicule mince, jaune sale.
Sur gélose, il se forme une culture grisâtre qui ne présente rien de spécial, sauf sa propriété de luire dans l'obscurité.
Le sérum solidifié est un excellent terrain de culture; la Bactérie s’y développe en quelques jours en une bande grisâtre qui peut atteindre 1 centimètre de large.
Sur pomme de terre, la culture est blanche et mince.
Dans le bouillon, en vingt-quatre heures, on observe un léger trouble. Il se forme vers le troisième jour une fine pellicule à la surface.
La viande, le poisson sont aussi d’excellents milieux. En peu de temps, les morceaux sont recouverts d'une couche mince, glaireuse, qui leur communique la propriété de luire dans l'obscurité.
L'inoculation à des poissons vivants n’a pas donné de résultats.
Le Bacillus phosphorescens est une espèce aérobie. Les cultures ont un optimum de 20° à 30°; elles ne progressent plus au-dessous de 10°; elles paraissent être plus vigoureuses sur les milieux additionnés d’une petite quantité de sel. Ces cultures ne développent aucune odeur et ne
(1) FiscHer, Bacteriologische Untersuchungen auf einer Reise nach Westindien (Zeitschr. für Hygiene, IL, 17e p., p. 54, 1887).
Macé. — Bactériologie, 6e édit. II. — 35
546 BACTÉRIACÉES.
dégagent aucun gaz. L’inoculation, même de doses massives, aux animaux d'expérience a toujours été inoffensive.
La particularité la plus intéressante, qu'il manifeste sur tous les
milieux, est celle de luire dans l’obscurité. La lumière est blanche, un peu bleuâtre ; son intensité est maxima de 25° à 30° ; elle est à peine perceplible à 10°; elle disparaît dès que la culture est portée à 40°.
Lehmann (1) a observé que l'oxygène était nécessaire pour que la phosphorescence se manifeste; les parties profondes des cultures, où ce gaz ne pénètre pas, ne sont pas lumineuses ; si l’on chasse l'air par un courant d'hydrogène ou d'acide carbonique, la phosphorescence disparaît.
La phosphorescence est sous la dépendance immédiate des cellules vivantes, car les bouillons de culture filtrés ne sont jamais phosphorescents.
Cette Bactérie paraît être dépourvue de toute action pathogène pour l'homme et les animaux d'expériences.
Fischer a rencontré une espèce différente de Bactérie photogène sur des poissons morts provenant de la mer du Nord (2). Ce sont de courts
bâtonnets mobiles, de 1,3 w à 2,1 u de longueur sur une largeur qui varie entre 0,4 et0,7 u. Ils liquéfient lentement la gélatine et végètent au mieux entre 5° et 10°, luisant encore dans la glace au-dessous de zéro degré, ce qui les distingue nettement de l'espèce précédente. La lumière émise est en outre plus bleuâtre. Cette espèce doit être celle qu'ont signalée Pflüger et Ludwig (I, p. 174) sur les viandes de boucherie et
le poisson de mer.
Forster (3) et Hermès (4) ont aussi étudié des Bactéries lumineuses.
qui semblent devoir être rapportées à une troisième espèce, se différen-
ciant surtout par ce qu'elle ne liquéfie pas la gélatine. Elles ont été ren-.
contrées également sur des poissons de la mer du Nord et se rapprochent
beaucoup comme forme et dimensions de la dernière espèce décrite par
Fischer, mais ne liquéfient pas la gélatine. La lumière qu'elles émettent est verdàtre. Elles se cultivent et luisent très bien de 0° à 20° et périssent rapidement à 37°. Hermès a proposé pour cette espèce le nom de Baclerium phosphorescens. Il esttrès probable que c’est cette espèce que
Cobhn a décrite et nommée Micrococcus phosphoreus dès 1878; aussi
devrait-on lui réserver le nom spécifique de Bacillus phosphoreus Cohn.
[we
Beyerinck (5) a décrit de son côté cinq espèces de Bactéries photogènes, les trois précédentes et deux nouvelles, se distinguant par les
(1) Lenmann, Studien über Bacterium phosphorescens Fischer (Centralbl. für Bakt.,1889, V, p. 785).
(2) Fiscuer, Ucber einen lichtentwickelnden Bacillus (Centralbl für Bakt.,1888, IL p. 105).
{:(3) Forsrer, Ueber einige Eigenschaften leuchtenden Bacterien (/bid., II, p.337).
(4) Hernës, 609 Versammlung deutscher Naturforscher und Aertze in Wiesbaden,
(5) Bexermwex, Le Photobaclerium luminosum, Bactérie lumineuse de la mer du Nord (Arch. néerl.des sc. exactes el nalurelles, XXII, 1889, p. 401). — Iv., Les Bactéries lumineuses dans leurs rapports avec l'oxygène (Jbid., p. 416). — Iv., Dverlichtvardsel du plastichvordsel vad Lichthacterien (Acad. van Wesenschappen, Amsterdam, 1590),
caractères des cultures et certaines particularités biologiques. Il les réunit dans le genre Photobacterium, simplement établi sur la curieuse propriété physiologique d'émettre des lueurs dans l'obscurité; rien ne permet de distinguer ce groupe du genre Bacillus tel qu'il doit être compris.
Le Bacillus phosphorescens de Fischer devient son Photobacleritum indicüm ; l'espèce rencontrée sur les poissons de la mer du Nord par Pflüger, et sur la viande par Ludwig, est son Photobacterium Pflügert; enfin, son Photobacterium phosphorescens est celle cultivée par Forster et Hermès. Les deux espèces nouvelles ont élé nommées par lui Photobacterium luminosum et Pholobacterium Fischer.
Le Photobacterium luminosum de Beyerinck est la cause de la phosphorescence de la mer du Nord; il vit sur un grand nombre d'animaux dits phosphorescents, Crustacés, Polypes, Infusoires, même les Noctiluques. Il se cultive très facilement sur la gélatine préparée au bouillon. de poisson, au mieux salée à 1 ou 2 p. 100. Il liquéfie ce milieu. Son développement est abondant sur certains milieux azotés, ceux qui contiennent de l’asparagine et de la peptone, par exemple. Lorsque ces substances sont en proportion suffisante, 1/2 et 1 p. 100, on ne perçoit aucune odeur; il se produit, au contraire, une odeur putride lorsque sa nourriture azotée est insuffisante.
Les bâtonnets de cette espèce mesurent environ 2 v de long sur 0,7 y de large ; leurs extrémités sont arrondies; ils sont très mobiles. Ils se colorent faiblement par les colorants habituels.
La lumière produite par les cultures est très pâle et légèrement jaunâtre.
Le Photobacterium Fischert liquéfie la gélatine comme le précédent; ses colonies y forment de profondes excavations. Les éléments sont plus petits, ils mesurent 1 x de long sur 0,1 x à 0,3 w de large. La lumière dégagée est aussi intense que celle de la première Bactérie de Fischer, mais ne présente pas sa teinte bleuâtre, ni la coloration bleu vert de celle des deux autres Bactéries suivantes; elle a plutôt une nuance orange et moins de brillant.
Ce sont certainement ces mêmes espèces qui ont été retrouvées par Katz (1), en Australie, dans des conditions très semblables à celles où elles ontété découvertes. Dans l'important mémoire que cet auteur a publié, il donne les caractères de six espèces de ces intéressants microbes.
Le Bacillus cyaneo-phosphorescens a été isolé directement d’eau de mer prise à la côte, aux environs de Sidney. Il est identique au premier Bacillus phosphorescens trouvé par Fischer dans la mer des Indes et, par conséquent, au Pholobacterium indicum de Beyerinck.
Ce sont de courts bâtonnets, de 2 à 3 y de long sur 1 » de large à peu près, mobiles, isolés ou réunis par deux, se décolorant par la méthode de Gram. Ilse cultive aisément sur milieux salés, liquéfie la
gélatine ; ne végèle pas sur pomme de terre. Il émet des lueurs bleuâtres avec un peu de vert.
(1) Karz, Zur Kenntniss der Leu:htbacterien (Centralbl. für Bakt., IX, 1891, D FL55E 199, 229, 258, 311 et 343).
548 BACTÉRIACÉES.
Le Bacillus smaragdino-phosphorescens a été trouvé au marché de Sidney sur une espèce de hareng (Clupea hypelosoma) qui avait été trempé dans l’eau de mer fraiche et conservé entre deux assiettes; en peu de temps, toute la surface montrait des points lumineux. Il doit être rapproché de la Bactérie phosphorescente de Cohn, de Hermès, de Forster, de Ludwig, du Pholobacterium Pflügeri de Beyerinck.
Ce sont de courts bâtonnets, de 2 w sur Î{ environ, isolés ou par deux, immobiles, restant colorés en bonne partie par la méthode de Gram. Ils ne liquéfient pas la gélaline, ou peut-être très lentement. Les lueurs sont bleuâtres, plus nettement vertes.
Le Bacillus argenteo-phosphorescens I a été isolé de l’eau de la baie de Sidney. IL est voisin de la Bactérie trouvée par Fischer dans la mer du Nord ou du Photobacterium Fischeri de Beyerinck.
Les éléments sont des bâtonnets mobiles, de 2,5 x sur 0,8 x, isolés, réunis par deux ou parfois plus. Les cultures se font facilement à 20°- 22°, plus à 35°. La gélatine est liquéfiée. On n'obtient pas de culture sur pomme de terre. Ta lumière est très forte, d’un blanc d'argent.
Le Bacillus argenteo-phosphorescens IT à élé trouvé sur un morceau de chair d'un poulpe, devenu lumineux spontanément.
Il ne se différencie du précédent que par l'immobilité. Les lueurs sont faibles, blanc d'argent.
Le Bacillus argenleo-phosphorescens III a été obtenu en même temps; il est très voisin du précédent.
Les éléments sont mobiles. Il émet des lueurs assez intenses, d'un blanc verdâtre argenté.
Le Bacillus argenteo-phosphorescens liquefaciens provient de l'eau de
mer des environs de Sidney; il doit être identique au Pholobacterium
luminosum de Beyerinck.
Ce sont des bâtonnets mobiles, de 2 4 sur 0,6 4, formant parfois des filaments. ‘Les colonies, jaunâtres, liquétient la gélatine. Il ne se cultive pas sur viande, ni sur pomme de terre. Ses lueurs sont assez faibles,
d’un blanc un peu jaunâtre.
Le Pholobacterium javanense d'Eijkmann (1), trouvé à Batavia sur des poissons morts, se distingue en ce qu'il ne liquéfie pas la gélatine et vit au mieux entre 23° et 33°.
Giard et Billet (2) ont pu isoler et cultiver une Bactérie qui rend lumineux de petits Crustacés marins, les Talitres, en pullulant à la surface de leur corps ou dans l'intérieur même des tissus. Cette Bactérie, comme les précédentes du reste, est pathogène pour ces animaux marins. Billet propose de la nommer Baclertum Giardi. D'après Russell (3), elle ne serait pas pathogène pour les autres Crustacés.
(1) Euxmanx, Lichtgevende Bacterien (Ref. in Centralbl. für Bakt., XIL, 1892, p. 656).
(2) Gran» et Brier, Observations sur la maladie phosphorescente des Talitres et autres Crustacés (Soc. de Biol., 19 oct. 1889). — In., Nouvelles recherches sur les Bactéries lumineuses pathogènes (Ibid. 16 avril 1890). — Brrzer, Contribution à l'étude de la morphologie et du développement des Bactériacées (Bull. sc. de la France et de la Belgique, XXI, 1898, p. li
(3) Russezz, Impfungsversuche mit Giard’s pathogenen Leuchtbacillus (Centralbl. für Bakt., XI, 1892, p. 557).
x 5 ES 3 4
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Hermann (1) a rencontré sur du homard cuit devenu phosphorescent un Bacille à très petits bâlonnets, à peine plus longs que larges, prenant même dans les jeunes cultures l'aspect d'un Microcoque disposé en Staphylocoque. Ce microbe est mobile ; il reste coloré par la méthode de Gram et ne liquéfie pas la gélatine. Il se cultive sur tous les milieux ordinaires et au mieux sur la gélatine faite avec du bouillon de hareng. Les cultures montrent dans l'obscurité une belle phosphorescence verte ; la lumière se développe déjà à 10° et au mieux à 20°.
Foa et Chiapella (2) ont trouvé un Pholobacterium ilalicum sur un gâteau d'œufs devenu phosphorescent dans l'obscurité.
Les éléments sont de courts bâtonnets, presque ovoïdes, le plus souvent isolés, rarement réunis par trois ou quatre, très mobiles, munis d'un seul cil polaire, se décolorant à la: méthode de Gram, ne donnant Jamais de spores.
Molisch.(3) a rencontré sur des poissons de mer ou d’autres animaux marins, morts depuis quelque temps, quatre espèces de Bactéries phosphorescentes qu'il donne comme nouvelles, en les caractérisant ainsi quil suit:
Bacillus photogenus.— C'est l'espèce la plus commune paraissant se rapprocher du Bacille de Fischer. Les bâtonnets sont droits ou un peu courbés, en virgule ou en S, de 0,45 y à 2 y de long sur 0,3 & delarge, Ils sont très mobiles, munis souvent d'un long cil terminal, rarement d’un bouquet de deux ou trois. Ils se colorent bien aux procédés ordinaires et se décolorent à la méthode de Gram. Le développement se fait bien de 0° à 30°; la gélatine n'est pas liquéfiée.
Bacillus luminescens. — Les éléments ont de 0,5 à 2 w de long sur 0,3 y à 0,6 y de large, munis d'un cil polaire. Il ne liquéfie pas la gélatine.
Bacillus gliscens.— Les bâtonnets ont de 0,54 à 3 y de long. La gélatine n’est pas liquéfiée. Les lueurs sont faibles, d'un blanc vert.
Bacillus luciferus. — La forme des éléments est très variable ; dans les jeunes cultures, ils sont presque arrondis, allongés dans les vieilles. La
- longueur varie de 1,3 y à 4 u et plus. Ils sont très mobiles et munis d’un seul c1l, polaire. Les cultures se font entre 12° et 31°. La gélatine n’est pas liquéfiée ; il se développe des gaz dans la gélatine glucosée. Il se cullive bien dans le lait salé et sur pomme de terre salée. Leslueurs émises sont très fortes ; c’est l'espèce la plus phosphorescente.
Des types bactériens bien différents peuvent également présenter ce curieux phénomène de la phosphorescence.
Kutscher (4) signale une forte phosphorescence verdâtre chez des Spirilles voisins de celui du choléra, isolés de selles d'individus atteints
(1) Herman, La phosphorescence bactérienne (Le Scalpel, 25 février 1889. Liége).
(2) Foa et CurapeLA, Riserche sopra un nuovo microorganismo fosforescente sperimentale (Arch. di Biologia, LXII, 1904).
(3) Mouse, Leuchtende Pflanzen zum Fischer, 1994. — Die Leuchtbacterien im Hafen von Triest (Sitz. d. k. Acad. d. Wissensch. in Wien, CXIII, 1904, p. 513).
(4) Kurscaer, Ein Beitrag zur Kenntniss der den Cholera Vibrionenänlichen Wasserbakterien (Deutsche med. Wochenschr., 1893, n° 49).
90 BACTÉRIACÉES.
de diarrhées cholériformes, ou isolés d’eau de l'Elbe pendant l épidémie de-Hambourg, Spirillum albense.
La phosphorescence de certains Agarics, d’après Patouillard, serait aussi due à la présence de Bactéries photogènes. Il en est de même aussi de la phosphorescence observée chez d'autres animaux vivants, Géophiles (1), Taupe-grillon (2), etc.
La natureintime de ce curieux phénomène est encore bien peu connue. Pour Dubois (3), les microbes lumineux produiraient une diastase particulière, la luciférase, qui donnerait lieu au phénomène de la phosphorescence, au contact des produits organiques phosphorés contenus dans le milieu où ils vivent. La lumière a une action marquée sur la phosphorescence, qu ‘elle arrive à faire disparaître assez rapidement ; les cultures conservées à l'obscurité gardent bien plus longtemps la propriété d'être phosphorescentes. La présence de sel marin favorise la production du phénomène.
BACILLUS LIODERMOS FLucces.
C’est une espèce commune dans l'air, l'eau, et venant fréquemment contaminer les milieux de culture.
Les éléments sont de courts bâtonnets, très mobiles.
Sur plaques de gélatine, ils donnent de petites colonies irrégulières qui liquéfient rapidement; la colonie forme une pellicule blanchâtre au-dessus du liquide.
Dans la gélatine, en piqûre, la liquéfaction se fait vite; le liquide trouble laisse déposer des flocons d'un gris sale.
Sur pomme de terre, il se forme d'abord un revêtement transparent, lisse, brillant, semblable à une mince couche de solution de gomme, qui
se transforme, au moment de la sporulation, en une membrane épaisse,
fortement plissée, mais ne pénétrant pas dans le substratum. La matière sgommeuse est soluble dans l’eau.
Le laitest coagulé etle précipité decaséine peptonisé ; l'acide lactique est transformé en acide butyrique.
À rapprocher peut-être des Bacrlles visqueux suivants.
BACILLUS VISCOSUS.
Un grand nombre de liquides, contenant des sucres en dissolution, deviennent filants dans certaines circonstances. Sous l'influence du développement, à leurs dépens, de divers microorganismes, il se forme un composé ternaire qui communique au liquide une viscosité très grande, parfois telle que le milieu a une consistance gélatineuse. Plusieurs espèces de Bactléries peuvent produire ce phénomène, que l'on désigne souvent sous le nom de fermentation visqueuse. Diverses espèces de Bactéries, appartenant à des types variés, peuvent déterminer à des
(1) Macé, Sur la phosphorescence des Géophiles (Soc. de Biol., 1888).
(2) une Ueber die Phosphorescenz von Gryllotalpa oh s (Centralbl. für
Bakt., IX, 1891, p. 561).
(3) ue BOIS, Sur le rôle de la symbiose chez certains animaux marins lumineux (C. de l'Acad. des sc., CVII, 1888, p. 502). — In., Extinction de la luminosité du Photobacterium sarcophilum par la lumière (Soc. de Biol., 11 février 1893).
BACILLUS VISCOSUS . 591
degrés différents celte action spéciale. On a vu précédemment que le Micrococcus viscosus était un agent commun de l’altéralion visqueuse ou maladie de la graisse des vins (1, p. 596); le Wicrococcus Freudenreichii (X, p.606) rend le lait très visqueux. L’Actinobacter polymorphus (p. 487) rend le lait très filant, peut même lui donner une consistance gélatineuse. Le Bacillus mesentericus vulqalus et, à un degré moindre, le Bacillus liodermos communiquent aussi de la viscosité à certains milieux.
Il est des espèces chez lesquelles cette production de matière visqueuse est plus constante et souvent plus marquée. Ce sont elles qui doivent être particulièrement regardées comme agents de la fermentation visqueuse. Elles se trouvent d'ordinaire dans les milieux riches en hydrates de carbone, principalement en sucres; c’est Le propre de beaucoup de matières alimentaires, du lait en première ligne, des bières, des vins, du pain, des pâtes.
Van Laer (1) a isolé de nombreux échantillons de bières filantes des Bactéries en bâtonnets qu'on doit considérer comme la cause de l’altération de ces boissons; obtenues en cultures pures et reportées dans des moûts stérilisés, elles occasionnent toujours, en effet, une altération visqueuse typique. D'après lui, deux espèces de Bacilles sont toujours associées dans les bières filantes. I1les désigne sousles noms de Bacillus viscosus n° 1 et Bacillus viscosus n° 2. |
Ce sont des bâtonnets très grê les de 1,6 x à.2,4 y de long sur 0,8 de large; les éléments du Bacillus viscosus n° 1 sont plus “grêles que ceux de son congénère. Ces bâtonnets sont ordinairement isolés, mais aussi souvent accolés deux par deux par du mucilage ; les chainettes de {trois ou quatre individus sont rares.
Ces Bactéries s'isolent facilement à l'aide des cultures sur plaques.
Ces deux espèces se développent d’une facon identique sur gélatine et gélose.
Sur plaques de gélaline, les colonies sont visibles à l'œil nu, au bout de quarante-huit heures, à la température ordinaire; elles sont rondes ou ovales. Celles qui sont à la surface sont un peu bombées, blanches par transparence et jaunâtres par réflexion, légèrement visqueuses. En grandissant, les bords deviennent irréguliers; la partie centrale est moutonnée. La gélatine n’est pas liquéfiée.
Sur gélaline,en piqûre, on obtientune culture blanche, àbordssinueux, qui se développe aussi dans le canal de la piqûre. On n'observe jamais de liquéfaction.
Sur gélose vers 33°,le développement est très rapide ; il se forme une large bande blanche, glaireuse.
Sur pomme de terre, il se forme une colonie blanche, mamelonnée, très visqueuse, ne se développant pas dans la profondeur. La culture dégage une odeur de poisson pourri.
Dans le moût de bière liquide houblonné, le Bacillus viscosus n° 1 rend le milieu filant au bout de vingt-quatre heures, à 27°. Au bout de quarante-huit heures, le liquide est trouble et tellement visqueux que sa consistance ressemble à celle de l’albumine; il se dégage
(1) Van Larr, Note sur les fermentations visqueuses (Mém. de l'Acad. roy. de Belgique, XLIII, 1889. Et : C. R. de la station sc. de brasserie de Gand, I, 1890).
552 BACTÉRIACÉES.
en même temps de grandes quantités d'acide carbonique. Puis la
viscosité augmente, le dégagement d'acide carbonique diminue. Le liquide reste trouble, avec une couleur brune et une odeur caractéristique; sa surface est recouverte d'ilots d'une matière glaireuse, blanc jaunâtre, envoyant des ramifications dans la profondeur. Ce voile est souvent soulevé en petits mamelons par des bulles de gaz qu'il emprisonne.
Dans le même milieu, le Bacillus viscosus n° 2 produit une viscosité bien moindre, le dégagement d'acide carbonique est beaucoup moins abondant et il ne se forme pour ainsi dire pas de matière glaireuse à la surface du liquide.
Dans le lait, ces deux microbes se développent très bien, en communiquant au milieu une grande viscosité. Le liquide montre à la surface une couronne jaune verdâtre, très gluante ; la caséine est précipitée, puis dissoule ; le sérum prend une belle fluorescence verte.
Ces ferments visqueux, ajoutés à la bière après fermentation à l’aide de Levure pure, ne la font plus filer. Le filage se produit au contraire plus rapidement que dans le moût stérilisé, quand on ajoute en même temps un peu de carbonale d'ammoniaque. C'est probablement la raison pour laquelle les bières fabriquées avec de l'eau qui a reçu des infiltrations de fosses d’aisances deviennent souvent filantes.
Van Laer croit que la. matière visqueuse est formée uniquement aux dépens des substances azotées; les matières sucrées sont plutôt contraires à l'apparition et au développement de la fermentation visqueuse. De faibles traces d’acidité s'opposent aussi à l’altération, mais seulement quand la proportion de substances azotées n’est pas trop forte.
D'après lui, la glaire produite contiendrait deux substances visqueuses : l’une, insoluble dans l’eau, de nature azotée, donnant la réaction du biuret ; l’autre, soluble dans l’eau, précipitable par l'alcool absolu et ne donnant aucune des réactions des matières azotées.
Ce même auteur dit avoir isolé un troisième Bacillus viscosus, qui diffère des premiers en ce qu'il liquéfie la gélatine; il n’en a pas donné d'autres caractères.
Dans les bières présentant l’altération connue à Bruxelles sous le nom de double face, due à l'aspect différent que présente le liquide suivant qu'on l’examine par transparence ou par réflexion, il a rencontré un autre microbe voisin qu'il nomme Bacillus viscosus bruxellensis, cause de la maladie (1).
Ce sont des bâtonnets de 1,7 x à 2,8 de long sur 0,5 y à 0,8 y de large, entourés d’une capsule bien nette dans les milieux qui ne deviennent pas visqueux. Dans les cultures filantes, tous les éléments sont réunis par une masse glaireuse.
Sur plaques de gélatine au moût, le microbe donne de grandes colonies arrondies, lranslucides, visqueuses, à zones annulaires; le bord est blancet le centre jaune. La gélatine n’est pas liquéfiée. En piqûre, sur le même milieu, il forme une colonie blanche, visqueuse.
Le moûtde bière se trouble et devient visqueux ; sa surface se recouvre d'une couche glaireuse blanchâtre. Il se dégage de l'acide carbonique.
(1) Van LaEr, Recherches sur les bières à double face (Ann. de l’Inst. Pasteur, XIV, 1902, p. 82).
ss
BACILLUS VISCOSUS,. 93
Au bout d’un certain temps, la viscosité a disparu; le liquide est couleur café au lait, d'odeur désagréable.
Le laitse coagule sans présenter de viscosité.
L'eau de levure additionnée de saccharose, dextrose, maltose, lactose, ne devient pas filante la plupart du temps; elle le devient toujours en ajoutant de la peptone ou de l’asparagine.
Les saccharoses peptonisés deviennent gluants.
Sur pomme de lerre, il se forme une colonie grisâtre, visqueuse.
Aux dépens des matières ternaires, il se forme de l'acide lactique ordinaire, un peu d'acide butyrique et d'acide acétique.
Certaines associations, la présence de Mycoderma vini surtout, sont favorables à la production et à la persistance de la viscosité.
Kramer (1) a décrit d’autres microbes occasionnant des allérations de même nature, qui paraissent différents des précédents.
Son Bacillus viscosus sacchari détermine la viscosité dans les solutions neutres ou faiblementalcalines de saccharose, qui se transforment, en quelques jours, en une masse filante. Ce sont des bâtonnets de 2,5 à 4 y de long sur 1 de large, à extrémités arrondies, souvent réunis en longues chaïnettes, immobiles, ne formant pas de spores. Il liquéfie la gélatine, donne une culture blanchâtre sur gélose, une couche blanc sale, filante sur pomme de terre, une couche muqueuse hyaline sur betterave. Il ne croît pas dans les milieux acides.
Son Bacillus viscosus vini se développe dans les solutions de glucose à réaction acide, particulièrement dans le vin, qu'il rend filant. Ce sont des bâtonnets immobiles de 2 à 6 de long sur 0,6 à 0,8 x de large ; on trouve souvent des filaments formés d'un grand nombre d’articles. C'est une espèce anaérobie qui ne croît que dans les milieux acides.
Une troisième espèce est un Micrococcus qui produit le filage des solutions de sucre de lait faiblement alcalines ou très légèrement acides. Elle occasionne la viscosité du lait, où les deux espèces précédentes ne se développent pas.
Pour Kramer, la substance visqueuse est voisine, comme composition et nature, de la cellulose.
Les altérations visqueuses du lait sont assez communes. Elles sont occasionnées par le développement de Micrococcus, le Micrococcus Freudenreichii (I, p. 606), le Micrococcus lactis viscosi de Gruber (id.), le Micrococcus de Kramer dont il vient d'être question, par l’Actinobacler polymorphus (p. 487) et par plusieurs espèces de Bacillus.
Loeffler (2) a décrit sous le nom de Bacillus lactis pituitosi une espèce qui rend le lait visqueux, très filant. |
Ce sont des bâtonnets assez épais, légèrement courbés, immobiles, qui pourraient se segmenter en courts articles, prenant l'apparence d’une chaîne de coccus.
Sur plaques de gélaline, ils donnent de petites colonies blanches, à bords nets ou faiblement ondulés, montrant au microscope une légère strialion radiaire, ne liquéfiant pas.
Sur gélose, il se fait une colonie d'un blanc sale.
(1) Kramer, Studien über die Schleimige Gährung (Silzungsber. der k. Acad. der Wissensch. in Wien, X, 1889, p. 467).
(2) Loerrrer, Ueber Bakterien in der Milch (Berl. klin. Wochenschr., 1887).
554 BACTÉRIACÉES. |
Sur pomme de lerre, une culture sèche gris blanchâtre.
Dans le lait, il se développe une réaction acide et une odeur spéciale, puis la substance visqueuse qui le rend très filant.
Le pain subit quelquefois l'altération visqueuse. Le pain visqueux a la mie très molle, collante, parfois filante.
L'altération peut être produite par plusieurs espèces de Bactéries. Ce sont d’abord les Bacillus mesentericus fuscus(1) et Bacillus mesentericus vulgalus (2), des types très voisins désignés par Vogel (3) sous le nom de Bacillus mesentericus panis discosi; puis le Bacillus dysodes, de Zopf (p. 561).
Fuhrmann (4) a décrit, sous le nom de Baclerium panis, un microbe qui paraît distinct. Ce sont des bâtonnets de 2 à4 y de long sur 1 à 1,2 w de large, immobiles, donnant en leur milieu des spores ovales, restant colorés par la méthode de Gram. Ils liquéfient rapidement la gélatine ; donnent sur gélose une mince culture blanc jaunâtre, transparente.
Sur pomme de lerre, ils donnent une épaisse colonie jaunâtre, muqueuse, très filante, ne se plissant jamais ; coagulent le lait et dissolvent le caillot. Cultivés sur de la mie de pain, ils la rendent facilement visqueuse, sans changement de couleur, avec développement d'une odeur plutôt agréable. Les cultures n’ont aucune action pathogène.
Kayser et Delaval (5) ont isolé, d'une mie de pain visqueuse, un
Bacille à éléments légèrement courbes, de 3 à 6 u sur 0,4 à 0,6 ., isolés ou quelquefois réunis par deux, très mobiles, donnant des spores ovoïdes. Ils restent colorés par la méthode de Gram.
Ce microbe ne liquéfie pas la gélatine; donne sur pomme de terre une culture d’abord grisâtre, puis jaune rougeâtre, d'odeur repoussante. Il trouble le bouillon et forme un léger voile ; il coagule le lait et le peptonise légèrement. Dans le pain, il se développe rapidement en donnant une coloration jaune brun et une odeur désagréable. Il se forme de l'alcool, des acides acétique et valérianique, de l’acétylméthylearbinol.
Adametz (6) a donné le nom de Bacillus lactis viscosus à une Bactérie qu'il a isolée de lait devenu spontanément visqueux. Ce sont de très courts bâtonnets immobiles de 1 4 à 1,5 u de long sur 1 v de large, qui présentent d'ordinaire une sorle de capsule épaisse. Ce microbe se cultive bien sur tous les milieux habituels. Ses colonies sur plaques de gélatine glycérinée sont caractéristiques. Elles ne liquéfient pas la gélatine et se développent rapidement, atteignant environ 1 centimètre en une semaine. Elles forment une masse muqueuse, mince, transparente, à reflets d'opale, à bords plus ou moins sinueux. En en transportant dans du lait stérilisé, on n'observe d’abord aucune modification
(1) Jucrkexacx, Beiträg zur Kenntniss des fadenziehenden Brotea (Zectschr. für analyt. Chemie, XXXIX, 1900, p. 73). F
(2) UFFELMANN, Verdorbenes Brot (Centralbl. für Bakt., VII, 1890, p. 481).
(3) Vocer, Beiträg zur Kenntniss des fadenziehenden Brote (Zeitschr. für Hygiene, XX VI, 1877, p. 398).
(4) Fuxrmanx, Ueber die Erreger des Fadenziehens beim Brote (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XIV, 1905, p. 385).
(5) Kayser et Decavar, Contrib. à l'étude du pain visqueux (C. R. de l'Acad. des sc. (CUII/-41911) p.0576).
(6) Anamerz, Ueber einen Erreger der schleimigen Milch, Bacillus lactis viscosus {Mich. Zeilung, 1889, p. 94).
BACILLUS VERMIFORMIS. 299
appréciable pendant deux ou trois jours, puis le liquide devient filantet sa viscosité augmente avec l'âge. La même espèce a été isolée par Ward (1) du lait et de la crème ; on la trouve dansles jus sucrés devenus visqueux ; elle paraît assez commune dans les eaux souillées.
G. et P. Frankland (2) décrivent sous le nom de Bacillus viscosus une espèce qui abonde dans l'eau de rivière et qui paraît n'être que le Bacillus fluorescens liquefaciens si commun partout. Il ne communique, du reste, aux milieux de culture, qu'une viscosité bien moins marquée que celle occasionnée par les espèces précédemment citées.
Happ (3) a décrit, sous le nom de Bacillus qummosus, un Bacille qu'il a isolé d’une infusion végétale devenue filante. Les bätonnets mesurent de 5 y à 7,5 u de long sur 0,6 u à 2 w de large ; ils sont lentement mobiles et forment des spores ovoïdes.
En cultures, ce microbe liquéfie rapidement la gélatine.
La matière gommeuse produite aux dépens des sucres est soluble dans l’eau, insoluble dans l'alcool et l’éther. A côté d'elle, comme sousproduits de la fermentation, on trouve de la mannite, de l acide lactique, de l'acide butyrique et de l acide carbonique.
Nicolas (4) a rencontré dans les fausses membranes d'une angine un gros Bacille qui, cultivé dans le bouillon, le rend gélatineux et lui fait prendre l'aspect du sirop d'orgeat.
Les bätonnets ont de 10 à 20 y de long sur 1 y de large ; ils ontune capsule bien nette. Ils se décolorent par la méthode de Gram. La gélatine n'est pas liquéfiée.
Le microbe est pathogène pour le cobaye. En inoculation souscutanée, il produit de la suppuration, avec les grands Bacilles dans le pus. En inoculation intrapérilonéale, il tue l’animal en seize heures; le péritoine présente des fausses membranes renfermant le microbe.
Pane (5) a isolé du sang d’un âne malade un court Bacille un peu plus gros que le Pneumocoque, immobile, restant coloré par la méthode de Gram, liquéfiant la gélatine etrendantle bouillon très visqueux. Comme il se montre nettement virulent pour le cobaye et le lapin, il propose de
de désigner sous le nom de Bacillus viscosus pathogenes.
BACILLUS VERMIFORMIS War.
(Baclerium vermiforme.) Ward le considère comme la partie essentielle du ferment de la
(1) Warp, Ropiness in milk and cream (Bull. of the Cornell University agricultural experiment. station. Ithaca N.-Y., 1889).
(2) GRACE et Percy Fraxxzann, Ueber einige typische Microorganismen im Wasser und in Boden (Zeitschr. für Hygiene, VI; 1889, p. 373).
(3) Hapr, Bakteriologische und chemisehe Untersuchungen über die schleimige ‘Gäbhrung (Centralbl. für Bakt., XIV, 1893, p. 175),
(4) Nicozas, Sur la coexistence d'une angine pseudo-membraneuse atypique et d'un microbe nouveau (Arch. de méd. expér., X, 1898).
(5) PAxE, Zur Biologie eines pathogenen Bacterium viscosum (Centralbl. für Bakt., îte Abth., Orig., XL, 1906, p. 279).
556 BACTÉRIACÉES. RS?
bière de gingembre (1). Ce ferment est en petites masses transparentes, élastiques à l’état frais, cornées à l’état sec.
Les éléments sont des bâtonnets de longueurs très différentes, droits ou plus ou moins courbés (fig. 112), mobiles; pouvant avoir de 1 à5 y
Fig. 112. — Bactlerium vermiforme (Marshal Ward).
de long sur 0,5 y, ou presque des coccus, ou des filaments de 10 à 50 w de longueur. | Dans les milieux sucrés acides, ils forment des sortes de capsules muqueuses très épaisses; landis que dans les milieux neutres, sans sucres, les bâtonnets sont tout à fait dépourvus de ces enveloppes. En même temps que cette espèce, on rencontre, dans le ferment, des levures et des éléments mycéliens.
BACILLUS PEDICULATUS Kocu et Hosarus.
(Bacterium pediculatum.)
Koch et Hosaeus (2) l’ont rencontré dans des solulions sucrées devenues gommeuses, semblables à celles envahies par le Leuconosloc mesenleroides, autre sorte de frai de grenouille.
Il s’y trouve des masses gélatineuses, brunâtres, qui, par compression entre lamelles de verre, se dissocient en courts filaments épais, souvent ramifiés. En colorant au bleu de méthylène, on aperçoit des bâtonnets, fortement colorés, se trouvant, par un ou par deux, à l'extrémité de petites masses gélalineuses allongées, claires, incolores, simples ou
(1) Wanp, The Gingibeer plant and the organisms composing it (Proceed. of the roy. Soc., L, n° 304, 1892).
(2) Kocn et Hosarus, Ueber einen neuen Froschlaich der Zuckerfabriken {Centralbl.
für Bakt., XNI, 1894, p. 225).
BACILLUS DEVORANS. 597
ramifiées, surtout bifurquées (fig. 113). Par dessiccation à la flamme, les enveloppes gélatineuses écla-
tent, disparaissent ; il ne reste (4 que les bâtonnets.
BACILLUS STOLONATUS Eu
ADAMETZ.
NE C'est une espèce assez com- ?
, \ £ C \ mune dans l’eau. \
Les bâtonnets,; très mobiles, sont deux fois et demie aussi Fig. 113. — Bacterium pediculalum (Koch longs que larges. él, Horaeus):
Sur plaques de gélatine, les colonies profondes sont d’un jaune brun, sphériques ou ovoiïdes, finement granuleuses; celles de la surface sont blanchâtres ou brunâtres, et proéminent assez forlement. La gélatine n’est pas liquéfiée, mais prend souvent une teinte brune autour de la colonie.
Sur gélose, la culture est très caractéristique. D'une partie centrale partent un petit nombre de tractus rameux qui produisent latéralement de fins filaments onduleux. La colonie atteint jusqu'à 3 centimètres de largeur.
Sur pomme de terre, la culture est d'un blanc sale.
BACILLUS DEVORANS ZIMMERMANN.
Il se trouve dans les eaux de puits (1).
Les éléments sont de courts bâtonnets à extrémités arrondies, mesurant de 0,99 à 1,2 w sur 0,74 uw, isolés ou réunis par deux, rarement plus, très mobiles, à mouvements surtout circulaires. Ils ne forment pas de spores. Ils se décolorent à la méthode de Gram.
Les cultures paraissent pouvoir bien se faire à l'air et sans air.
Sur plaques de gélatine, les colonies, qui sont incluses dans la gelée, sont sphériques et blanchâtres. Dès qu'elles arrivent à la surface, elles liquéfient en entonnoir où elles forment une masse blanchâtre.
Sur gélatine, en piqüre, la culture est très particulière. Dès vingtquatre heures, il se forme dans le canal une culture blanchâtre. En deux ou trois jours, à la surface, la gélatine se creuse fort, donne l'aspect d'une bulle d’air avec un enduit blanchâtre au fond. Ce creux s'élargit de plus en plus, sans qu'il se forme de liquide; après des semaines, 1l peut même atteindre le fond du tube. La gélatine est comme rongée, dévorée, d'où le nom. Dans certains cas, peut-être quand il y a un ensemencement très abondant, on observe la production de liquéfaction.
Sur gélose, il se fait une culture mince, grisâtre, qui s'étend vite sur toute la surface.
Sur pomme de terre, aucun développement n’a été observé,
Le bouillon se trouble et laisse déposer des flocons grisâtres.
(1) ZimmerManN, Loc, cit., p. 508, 1te Reïhe, p. 48.
Qt Qt
BACILLUS GAZOFORMANS Eisex8ErG (1).
Il est fréquent dans l’eau.
Les éléments sont de petits bâtonnets très mobiles, ne formant pas de spores.
Sur plaques de gélatine, les colonies liquéfient rapidement, en cupule remplie d’un liquide trouble grisâtre. Celles qui sont incluses dans la gelée produisent souvent une bulle de gaz.
Sur gélatine, en piqûre, la liquéfaction se produit rapidement le long de la piqûre, avec souvent une longue bulle de gaz sur le trajet du canal. La liquéfaction s'avance rapidement.
Sur pomme de terre, il se fait une culture gluante, jaune sombre,
puis devenant brunâtre.
BACILLUS.BULLESCENS Z1MMERMANN.
Il serait fréquent dans les eaux, d'après Zimmermann (2).
Les éléments sont de courts bâtonnets d’une épaisseur moyenne, immobiles, ne produisant pas de spores.
Sur plaques de gélatine, on trouve, dès vingt-quatre heures, de petites colonies, circulaires, brunâtres, qui s ‘allongent pour gagner la surface où elles s'étendent en une mince pellicule, formant une goutte blanchâtre, légèrement teintée de brun.
Sur gélatine, en piqûre, il se fait à la surface une petite culture grisâtre, qui se prolonge peu dans la piqûre où il se forme de toutes petites colonies. Dans toute l'épaisseur de la gélatine, il se produit des bulles de gaz de dimensions variées, qui souvent déplacent des portions du milieu.
Sur gélose, il se produit une culture mince, grisâtre, irisée.
Sur pomme de lerre, une colonie mince, d’un gris brunâtre
Le bouillon se trouble vite el laisse déposer un sédiment floconneux
gris blanchâtre.
BACILLUS PROPELLENS ZIMMERMANN.
C’est une espèce assez commune dans l’eau (3).
Les éléments sont des bâtonnets fins et courts, bien mobiles, ne donnant pas de spores.
Sur plaques de gélatine, il:se forme des colonies jaunâtres, qui montrent bientôt de courtes expansions latérales, disposées irrégulièrement. Ces expansions grandissent, prennent une forme allongée ou en massue, puis se séparent complètement de la colonie mère, autour de laquelle elles se disposent irrégulièrement. La liquéfaction se fait assez vite.
Sur gélatine, en piqûre, la liquéfaction est assez rapide; dans l’entonnoir formé, on trouve une masse blanc grisâtre, floconneuse.
(1) EisexserG, Bakteriologische Diagnostik, 1891, n° 84. (2) Zimmeruanxx, Loc. cit., p. 508, IILte Réihe, 1900, p- 14. ) Zimmeruanx, Loc. cit., p. 508, IITte Reïhe, 1900, p. 18
BACILLUS CLOACAE. 559-
Sur gélose, il se développe une colonie blanc grisâtre, épaisse, visqueuse, s'étirant en fils.
Sur pomme de terre, une culture gris brunâtre, qui peul présenter des. plis circulaires.
Le bouillon est troublé rapidement et abandonne un dépôt blanc grisàtre.
BACILLUS FILIFORMIS Tirs.
C'est une espèce fréquente dans l’eau (1).
Les éléments sont de gros Bacilles de 4 sur 1 4, rarement isolés et présentant alors un faible mouvement d'oscillation, plus souvent réunis en chaînes assez longues (d'où ie nom), tout à fait immobiles. On peut y voir de grosses spores ovales, situées au milieu des articles.
Sur plaques de gélatine, on (rouve, après deux jours, de petites colonies blanchâtres, à intérieur marbré. Au microscope, celles de la profondeur sont finement granuleuses et ont des contours irréguliers. Celles de la surface ont un centre granuleux jaunâtre entouré d’une zone incolore avec bords sinueux. Après huit ou dix jours, la colonie est enfoncée dans la gélatine qui se liquéfie lentement.
Sur gélatine, en piqüre, 1l se forme à la surface une mince culture à bords dentés, qui liquéfie graduellement la gelée.
Sur gélose, on a une culture blanchätre.
Sur pomme de terre, une colonie épaisse, muqueuse, d'un blanc sale, puis brunâtre.
Le lait est coagulé en trente-six heures et dégage une odeur putride.
BACILLUS CLOACAE Jorpan.
IL a été isolé par Jordan (2) d'eaux d'égout, où il est très commun. On le rencontre fréquemment dans les eaux plus ou moins souillées.
Les éléments sont de gros bâtonnets courts, à extrémités arrondies, pouvant être presque ovoïdes, dont la longueur varie de 0,8 y à 2 u, sur une largeur de 0,7 x à 1 . Ils sont très mobiles et ne forment pas de
Ils se colorent bien aux procédés ordinaires et se décolorent à la méthode de Gram.
Les cultures poussent facilement à la température ordinaire et à l'étuve. C’est une espèce aérobie, mais qui se développe aussi à l'abri de l'air, quoique faiblement.
Sur plaques de gélatine, en vingt-quatre à quarante-huit heures il donne, dans l'épaisseur, des colonies rondes, jaunâtres, qui, à un faible grossissement, montrent un centre sombre et une zone transparente avec un bord foncé; celles de la surface sont presque transparentes, bleutées, à bords sinueux. La gélatine est bientôt liquéfiée.
Sur gélatine, en piqûre, il se produit vite une liquéfaction en enton-
(1) Tis, Bakteriologische Untersuchungen der Freiburger Leitungswasser (Zeitschr. für Hygiene, 1X, 1890, p. 317).
(2) Jornaw, Report on certain Species of Bacteria sans ed in Sewage (S{ade Board of Health of Massachuselts, IT, 1890, p. 821).
560 BACTÉRIACÉES.
noir; à la surface, on a une pellicule irisée et au fond un dépôt flocon-
neux blanchâtre.
Sur gélose, en strie, la culture est humide, muqueuse, d’un blanc porcelané.
Sur pomme de terre, il se fait rapidement un large revêtement blanc jaunâtre.
Le bouillon devient très trouble, avec voile très fragile et dépôt blancs.
Le lait est coagulé en trois Jours, avec réaction fortement acide.
Il se produit de l’indol aux dépens des peptones. Les nitrates sont réduits.
Les sucres sont fermentés (1), avec dégagement abondant d'acide carbonique et d'hydrogène, glucose et saccharose surtout, lactose un peu moins.
D'après Ferrera, Horta et Paredes (2), le Bacillus cloacae fait virer le bouillon au rouge neutre, mais tardivement, la fluorescence n'apparaissant qu'après cinq jours.
BACILLUS GELATICUS Gran.
C’est une espèce qui dissout la gélose, pouvant être considérée, par conséquent, comme un ferment aérobie de la matière cellulosique.
Elle a été isolée par Gran (3) de l’eau de mer. Il fait décocter des Floridées dans de l’eau de mer et ensemence le liquide obtenu avec un petit fragment de ces mêmes Algues; met en culture à 20°. Après vingtquatre heures, il fait des plaques de gélose confectionnée à la décoction de Floridées. Ou bien, il ensemence ces plaques simplement avec de l’eau de mer.
Parmi les colonies qui se développent, il en est qui dissolvent la gélose, même à plusieurs millimètres de distance. |
Le microbe sécrète une zymase spéciale, la gélase, qui agit sur la matière cellulosique en formant des sucres à ses dépens, et même, dans un sens identique, sur l’amidon. -
On a trop peu de détails sur cette intéressante espèce.
BACILLUS NENCKII B1ERNACKkI.
C'est aussi un microbe liquéfiant la gélose, que Biernacki (4) a isolé de raisins secs de Malaga. ,
Les éléments sont de petits bâtonnets immobiles, de 1,25 à 24 de long sur 0,8 & de large, à extrémités arrondies, habituellement réunis par deux, souvent isolés, quelquefois en courtes chaînes. Ils ne forment pas de spores.
(1) Mewoer, Ueber Umsetzung verschiedener Zuckerarten durch Bakterien (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XXIX, 1911, p. 290).
(2) FErRRERA, Horra et PAREDEs, Loc. cit., p. 175.
(3) Grax, Die Hydrolyse des Agars durch ein Enzyme (Bergens Museums Aarbog, 1902, n° 2).
(4) Brerxacxr, Bacterium Nenckii, ein neuerden Agar verflüssigender Mikroorganismus (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XXIX, 1911, p. 166).
BACILLUS TUMESCENS. 561
Ils se colorent bien aux solutions habituelles et se décolorent par la méthode de Gram.
Les cultures s’obtiennent facilement. Le microbe est un aérobie facultatif.
Sur gélatine, il donne de petites colonies blanc jaunâtre, ne liquéfiant pas. Le développement est bien meilleur sur gélatine glucosée.
Sur gélose, le développement est abondant à 35°. Les colonies sont grisâtres, brillantes, granuleuses, à zones concentriques.
En piqûre surtout, la liquéfaction commence après vingt-quatre heures; le milieu se creuse, donne l'apparence d’une bulle d’air avec du liquide à la partie inférieure. Avec de la gélose glucosée ou saccharosée, la cullure est plus forte et développe une odeur de fruits. En mélangeant un tube de gélose, il se fait dans la masse de petites colonies, qui produisent du gaz, cassent même la gelée qu’elles liquéfient autour d'elles.
Sur pomme de lerre, glycérinée surtout, il se fait une culture d’aspect et de consistance de crème.
Dans le bouillon, il se fait un léger dépôt et le liquide reste clair; en bouillon sucré, on perçoit une odeur agréable.
Le lait devient acide; après longtemps, il développe une odeur de fruits, la caséine n’est pas précipitée.
Les cultures n'ont aucune action pathogène.
Panek (1) a décrit sous le nom de Bacterium belæ viscosum une espèce isolée de fermentations de betteraves, qui liquéfierait également
. la gélose.
BACILLUS AEROPHILUS LiBorius.
C’est encore une des nombreuses espèces de l’air, qui viennent envahir les cultures.
Les bâtonnets sont grêles, isolés ou réunis à plusieurs en filaments; ils présentent parfois une sorte de mince capsule. Ils sont très avides d'oxygène et ne se développent que dans les couches supérieures des milicux.
Ce Bacille donne, en cullure sur plaques, de petites colonies ovalaires d’un jaune verdâtre. La gélatine se liquéfie rapidement, avant que l'aspect des colonies ait changé.
En piqûre, il donne un large entonnoir de liquéfaction. Le liquide est Jaune sale, peu trouble.
Sur pomme de terre, on observe une couche jaunâtre mate, d'aspect cireux, qui se dessèche ensuite et devient chagrinée.
BACILLUS TUMESCENS Zop»r.
Zopf (2) l'a obtenu en exposant à l’air des tranches de carottes cuites. Il s'y forme souvent, en peu de jours, de petites zooglées gélatineuses,
(1) Paxex, Bakteriologischeund chemische Studien über die Barzcez genannte Gährung der roten Rüben (Acad. des sc. de Cracovie, sc. nat., janvier 1905). (2) Zorr, Die Spaltpilze, p. 95.
Macé. — Bactériologie, 6e édit. II. — 36
discoïdes, atteignant 1 centimètre de diamètre, donnant ensuite une membrane plissée, visqueuse, blanchâtre. Cette membrane est formée de courts bâtonnets qui produisent des spores rondes.
La gélatine est liquéfiée. Sur gélose, on obtient une colonie blanchâtre, muqueuse; sur pomme de lerre, une culture jaunâtre. Le lait est coagulé.
BACILLUS DYSODES Zorr.
C'est une Bactérie qui occasionne, d'après Zopf (1), une sorte de fermentation du pain. Le pain devient mou, visqueux; il exhale une odeur désagréable, analogue à celle d'un mélange d'essence de menthe et d'essence de térébenthine. On observe d'assez longs bâtonnets et des filaments; les articles peuvent former des spores elliptiques. L
Pour préserver de ce ferment nuisible, Zopf recommande de laver la levure, qu'il croit être la cause du dommage, avec de l’eau acidulée avec 1/2 p. 100 d'acide chlorhydrique.
BACILLUS POLYMYXA PrazMowski.
(Clostridium polymyxa.)
Il se développe sur les tranches de betteraves et de navets cuits, exposées à l’air. Il y forme de grosses masses de consistance gélatineuse, ridées, ressemblant un peu aux zooglées du Leuconosloc mesenderoides.
Ces masses contiennent des bâtonnets mobiles ressemblant à ceux du Bacillus butyricus, qui produisent des spores de la même manière que ces derniers, après s'être gonflés en ellipse ou en massue. Ces spores sont elliptiques, plus petites que les bâtonnets. Les éléments qui proviennent de cultures sur pomme de terre se colorent en bleu ou en violet par l’iode.
Il se cultive sur les milieux liquides en donnant à la surface une épaisse membrane crémeuse. C’est un anaérobie facultatif.
On doit peut-être lui attribuer le pouvoir de dissoudre la cellulose et l’amidon et de les faire fermenter.
BACILLUS LINEOLA \MuLrer.
Cette espèce très ancienne (2) est loin d’être nettement définie. Les descriptions qui en sont données ne suffisent pas à la faire reconnaître avec certitude. C’est selon toute probabilité le Bacterium triloculare d’Ehrenberg, auquel ce savant a décrit des cils vibratiles formant ce qu'il appelait les frompes.
Elle se rencontre dans l’eau stagnante, constituant souvent une pellicule à la surface.
Les cellules sont de gros bätonnets cylindriques, très mobiles, mesu-
(1) Zorr, Die Spaltpilze, p. 82 et 90.
(2) O.-F. Murrer, Animalcula infusoria fluviatilia et marina, 4786.
BACILLUS BÜTSCHLII. 563
rant de 3,8 y à 5,25 y de long et jusqu'à 1,5 y de large. Le protoplasma très réfringent renferme de nombreuses granulalions. Les éléments sont isolés ou réunis par deux, rarement par quatre; on ne rencontre jamais de longs filaments. Ils forment des zooglées rondes ou lobées, dans lesquelles on trouve les articles immobiles, renfermés dans une masse gélatineuse transparente, d'où ils sortent facilement pour se mouvoir dans le liquide.
BACILLUS ULNA Con.
Il a été observé par Cohn, puis par Prazmowski dans l’eau putréfiée, sur le blanc d'œuf cuit, sur les œufs pourris.
Ce sont de très gros bâtonnets de 4 à 10 u de long sur 1,5 à 2 u de large, réunis par deux, par quatre ou en grandes chaines dote ou sinueuses. Les mouvements sont un peu lourds. Dans les milieux favorables, ils forment de longs filaments. Les articles produisent de grosses spores ovoides, parfois en ellipse allongée de 2 à 2,8 y de long sur 1 de large.
Les cullures ne réussissent bien que sur les milieux richesen albumine. Sur les liquides, elles donnent une pellicule épaisse sèche; sur le blanc d'œuf cuit, de petites zooglées muqueuses dont le développement ne modifie en rien la couleur ni la consistance du substratum.
BACILLUS BUTSCHLII SCHAUDINN.
Schaudinn (1) l’a rencontré dans l'intestin du cafard. Ce sont de longs bâtonnets cylindriques à extrémités arrondies (fig. 114). La longueur oscille entre 50 et 60 &.; elle atteint parfois 80 &.; la largeur, entre 3 et6w. Ces bâtonnets sont mobiles, à mouvements assez lents ; ils portent des cils péritriches, paraissant sortir d’une substance enveloppante homogène, entourant entièrement l’élément.
La membrane cellulaire est forte, à doubles contours très nets et ne donne aucune des réactions de la cellulose, mais paraît plutôt de nature albuminoïde. Le contenu protoplasmique montre une structure en réseau bien régulière, sans présenter d’inclusions pouvant être regardées comme étant de nature nucléaire, sauf des granules réfrmgents, prenant bien les colorants, se trouvant surtout aux points nodaux des mailles.
Les bâtonnets se multiplient par division transversale et produisent des spores, chaque élément formant deux spores. La formation des spores se fait au plus tôt au troisième jour après la germination et seulement dans les gros bâtonnets, riches en granulations. La spore, ovale, un peu moins large que le bâtonnet, a une double membrane et un micropyle à l'un des pôles. La membrane se déchire à l'endroit du micropyle et le jeuné bâtonnet sort peu à peu.
Des détails ont été donnés sur ce microbe intéressant, sur sa Structure (I. p. 21), sa multiplication (I, p. 76), ses spores (I, p. 78).
On ne connaît rien de ses caractères culturaux.
(1) ScHauninw, Beiträge zur Kenntniss der Bakterien und verwandter Organismen. [, Bacillus Bütschlii (Arch. für Protislenkunde, I, 1902, p. 306).
BACTEÉRIACEÉES.
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