‹ Traité pratique de bactériologieChapitre 90 sur 210 · DV OP CI · texte numérisé non relu

DV OP CI

# , BACILLUS MYCOIDES. 505

BACILLUS FIGURANS CROoKsHANK (1).

C'est une espèce commune dans lair, qui vient fréquemment contaminer les cultures sur plaques, surtout lorsque la gélatine commence à se dessécher. Elle y forme de petits îlots blanchâtres, opalescents, de forme et de grandeur très diverses, reliés entre eux par de fins prolongements droits ou élégamment courbés. Les Bacilles affectent dans ces cultures une disposition très régulière, qu'on peut parfaitement étudier dans les préparations par impression.

La culture se fait sur gélatine sans la liquéfier ; ils’en échappe en tous sens des filaments qui parcourent la gelée.

L'inoculation sur gélose, en strie, donne une culture dont l'aspect rappelle une plume. De la ligne médiane, assez épaisse, part une série de tractus filamenteux, placés comme les barbes de la plume.

A rapprocher du Bacillus Zopfir.

BACILLUS MYCOIDES FLUGGE.

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL, XLIII

Il s'observe très fréquemment, on peut même dire constamment, dans la terre cultivée, de champs ou de jardins, prise à la surface. Il est assez commun dans l’eau, surtout dans les eaux de surface, insuffisamment filtrées, qui l’empruntent sans contredit au sol.

Les dimensions et l'aspect des bâtonnets rappellent le Bacille du charbon, mais les premiers sont nettement mobiles ; ils mesurent de 21 à 3,5 & de long sur environ 1 y de large. Ils peuvent former de longs filaments. Au milieu des bâtonnets, se forment rapidement, surtout sur gélose et pomme de terre, des spores ovales ou ellipsoïdes mesurant de 1,5 & à 2 y sur 0,8 uw; le bâtonnet se renfle souvent un peu à l'endroit de la spore.

Ils se colorent bien aux procédés ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram. Les procédés spéciaux de coloration montrent plusieurs cils péritriches, ou d'autres fois un seul à une extrémité.

Les cultures s'obtiennent facilement sur tous les milieux, même à la température ordinaire.

Sur plaques de gélatine, les colonies apparaissent comme de petits nuages blanchâtres, formés de fins filaments irrégulièrement sinueux, ramifiés, entrelacés. Ce fin réseau s'accroît vite et peut atteindre en un Jour un diamètre d’un centimètre, rappelant très bien l'aspect d'un Jeune mycélium de Moisissure.

Ces filaments restent très fins, tant qu'ils sont dans la gélatine ; dès qu’ils parviennent à la surface, ils s'épaississent, s'étendent en prenant des directions plus irrégulières, et liquéfient le milieu, Au bout de plu< sieurs jours, la colonie est devenue très large, forme une sorte de large réseau blanc, en pellicule émettant sur ses bords des arborisations nombreuses, souvent disposées en crosses ou plumeuses.

Sur gélatine, en piqüre, on obtient dans le canal une minime culture blanchâtre, d’où partent perpendiculairement de minces filaments paral-

(1) Crooksæanx, Manuel pratique de bactériologie, p. 199.

506 ; BACTÉRIACÉES,

lèles. La liquéfaction commence alors à la surface et s'étend lentement. Le liquide est clair, surmonté d’une membrane blanchâtre, et a laissé déposer de gros flocons de même nuance.

Sur gélatine, ensfrie,il se fait une bande médiane blanche, peu épaisse, d'où partent de nombreux filaments qui s'étendent dans la gelée en une auréole blanchâtre. Si le tube est dressé, ces filaments prennent une directionrégulière vers lehaut, moins prononcée cependant que celle du Bacillus Zopfit; si le tube est maintenu horizontal, leur direction est à peu près perpendiculaire au sillon. La liquéfaction se fait lentement.

Sur gélose, en strie, il se forme une bande médiane blanche, crémeuse, d'où partent de nombreux tractus filamenteux, s'étendant seulement à la surface de la gelée, formant des arborisations sinueuses blanches, fines à la périphérie, plus épaisses à l'origine.

Sur pomme de terre, on obtient une bande blanchâtre, muqueuse, assez limitée près de la strie d’inoculation.

Dans le bouillon, il se produit une couche crémeuse à la surface et de gros flocons blancs, denses, quitombentau fond du vase, où ils forment un dépôt grossier, léger. Le liquide reste toujours clair.

Le lait est lentement et irrégulièrement coagulé; le caillotest peu à peu attaqué et finalement dissous.

Ce microbe produit de fortes quantités d'ammoniaque aux dépens des matières albuminoïdes, surtout des peptones et de la gélatine. C'est un des agents importants de la fermentation ammoniacale de ce groupe de substances qui s’opère dans le sol. Il n'y a pas de formation d’indol.

D'un autrecôté, comme l’a montré Marchal (1),1l réduit énergiquement les nitrates, formant d'abord de l'acide nitreux, puis de Fammoniaque.

Les sucres sont un peu attaqués, avec formation de petites quantités d'acide, pas de gaz.

L'introduction de doses massives dans l'organisme n’occasionne pas d'accidents.

Le Bacillus mycoides pourrait nuire à certaines plantes en déterminant des phénomènes de pourriture, chez les pommes de terre par exemple (2).

Il semble y avoir plusieurs variétés de Bacillus mycoides, pouvant se

différencier par les caractères des spores et certaines particularités des cultures (3).

Le Bacillus mycoides, ainsi que les espèces voisines similaires, doit èlre un puissant modificateur des substances végétales. Son rôle apparaît important dans la fertilisation du sol. On peut apporter à l'appui de celte opinion la très grande abondance des espèces à colonies mycoïdes dans les sols cultivés et leur rareté relative, facile et étonnante à conslater, dans les sols non cultivés, terres de friches ou terres de forêts par exemple.

(1) Marcaz, Sur la production de l'ammoniaque dans le sol par les microbes (Bull. île l’Acad. roy. de Belgique, XXV, 1893).

(2) Harrison, A bacteriol rot of the potato (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XVII, 1906, p. 34). :

(3) Hozzuuzzer, Die Gruppe des Bacillus mycoides (Zhid,, XXIII, 1909, p. 304).

BACILLUS MYCOIDES ROSEUS, 507

BACILLUS RADICOSUS ZIMMERMANN.

{(Wurzelbacillus.)

C’est une espèce commune dans l’eau, très voisine de la précédente, sinon à identifier avec elle.

Les éléments sont de courts bâtonnets à extrémités arrondies ; ils mesurent environ 2 4 de long sur près de 1 x de large. Ils sont peu mobiles et fréquemment réunis en filaments. Beaucoup peuvent avoir des sporés en leur milieu.

Sur plaques de gélatine, les colonies se voient aisément, au bout de quarante-huit heures, sous forme de petits nuages blanchàtres, ressemblant à un mycélium de Moisissure. A un faible grossissement, ces colonies apparaissent formées par l'enchevêtrement de fins filaments tordus et souvent bouclés. La gélatine est liquéfiée.

Sur gélatine, en piqûre, ilse produit, le longde la piqûre, des filaments très ténus qui peuvent atteindre la paroï du tube ; l'aspect rappelle celui d’une radicelle. La liquéfaction s'opère rapidement.

Sur gélose, il se développe une culture blanche, qui s’épaissit et se plisse.

Sur pomme de lerre, la culture est très abondante, grisätre, muqueuse.

Le bouillon se trouble peu; il se forme à la surface un mince

voile qui se désagrège à la longue et donne un dépôt blanchâtre au fond du vase.

BACILLUS MYCOIDES ROSEUS ScHoLL

: Scholl (1) l’a isolé dela terre de jardin.

ILest très semblable, comme forme des éléments et aspect des cultures, au Bacillus anthracis. I s'en distingue par l'absence de tout pouvoir pathogène et la production d'un pigment rose.

Sur plaques de gélatine, les colonies sont de petits amas filamenteux roses, qui liquéfient le milieu.

Sur gélatine, en piqûre, la liquéfaction se produit vite ; à la surface du liquide, il se forme une pellicule rougeâtre et, au fond, un dépôt de même nuance. Sur gélose, la colonie est d’un rouge rosé vif.

D’après Schneider (2\, le pigment est insoluble dans eau, chaude ou froide, soluble dans l'alcool, la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone et l' éther. Traitée par une goutte d'acide sulfurique, la solution alcoolique conserve d’abord sa couleur, puis plus tard devient bleu verdâtre ; l'acide chlorhydrique ne produit guère de changement. L'addition d'ammoniaque ne fait rien; la potasse fait passer au jaune d'or. Le spectre est très caractéristique; il montre une bande d’absorption qui s'étend de 95 à 99; puis le spectre redevient net jusqu’à

4; de 114 à 116, on voit un assombrissement, puis une absorption complète.

(1) Scnorr, Fortschr. der Med., 1889, p. 46

(2) Scnneiner, Arb. aus dem bakt. Inst. der Techn. Hochschule zu Karlsruhe, 1,%p-1212;

508 | BACTÉRIACÉES.

Le Bacillus mycoides corallinus, de Hefferan (1), nes’en distingue que

par une teinte rouge-corail, plus foncée.

BACILLUS ANTHRACOIDES Huepre et Woop.

Hueppe et Wood (2) ont donné ce nom à un Bacille qu'ils ont isolé de la terre et des eaux, qui ressemble tout à fait par sa morphologie au Bacillus anthracis, mais est tout à fait dépourvu de virulence (I, p. 677).

Ce sont des bàtonnets immobiles, de mêmes dimensions que ceux du charbon, à extrémités nettement arrondies.

Les cultures sur milieux divers rappellent tout à fait celles du Bacillus anthracis.

C'est probablement le même microbe que Lutz (3) a obtenu dans des cultures d'eaux en bouillon phéniqué à 1 p. 1000, et que Zikes (4) a isolé également de plusieurs eaux.

Il pourrait n'être qu'un Bacillus anthracis tout à fait dépourvu de virulence, comme aussi le Bacillus pseudanthracis et le Bacillus anthracis similis dont il a été question I, p. 677.

BACILLUS NUBILUS ZIMMERMANN.

C'est une espèce fréquente dans l’eau (5).

Les éléments sont de fins bâtonnets très mobiles, mesurant d’ordinaire de 2 à 3,5 & sur 0,33 y, réunis par deux ou trois ; on trouve quelquefois de longs filaments immobiles, coudés à plusieurs endroits. Il n’y a Jamais formation de spores.

Ils se colorent un peu difficilement à la fuchsine phéniquée et se décolorent à la méthode de Gram.

Sur plaques de gélatine, les colonies sont caractéristiques ; vers le lroisième jour, elles apparaissent comme de petites taches blanchâtres, rondes, nuageuses, souvent difficiles à délimiter dans la gelée. Au

microscope, on reconnaît qu’elles sont formées d’un entrelacement de

très fins filaments. Elles liquéfient la gélatine, mais lentement.

Sur gélatine, en piqûre, il se produit à la surface une liquéfaction lente ; dans le canal, on trouve une culture blanche qui envoie dans la gelée de très fins prolongements radiaires. Le liquide est trouble et laisse déposer un sédiment légèrement jaunâtre.

Sur gélose, en strie,1lse produit une culture mince, opalescente, blanchâtre avec reflets irisés, qui jaunit plus tard.

Sur pomme de terre, toute la surface se recouvre d’un enduit jaune d'or.

(1) HerreRAN, À comparative and experimental study of bacilli producing red pigment (Centralbl. für Bakt., XT, 1904, p. 456).

(2) Husrre et Woop, Untersuchungen über die Beziehung zwischen Saprophytismus und Parasitismus (Berl. klin. Wochenschr., 1889, n° 16).

(3) Lurz, Sur la recherche et la caractérisation de la Bactéridie charbonneuse dans les eaux d'alimentation (Soc. de Biol., LXX, 1911, p. 789).

(4) Zixes, Beitrage zum Vorkommen milzbrandähnlicher Bakterium im Leitungswasser (Ref. in Centralbl. für Bakt., XXXII, 1902, p. 389).

(9) ZiMmERMANN, Die Bakterien unserer Trink und Nutzwässer. Chemnitz, 1890, Ite Reihe, p.28).

BACILLUS ARBORESCENS, 509

Dans le bouillon, il se fait un trouble léger, puis de fins flocons se déposent ; parfois, à la surface, on trouve une mince pellicule,

Zimmermann (1)a nommé Bacillus obnubilus une espèce de l’eau, présentant le même aspect en cultures sur plaques, mais donnant, sur pomme de terre surtout, des colonies blanc grisâätre, peu abondantes.

BACILLUS IMPLEXUS ZIMMERMANN.

C'est une espèce fréquente dans l’eau (2).

Les éléments sont de gros bâtonnets immobiles, mesurant environ 2,5 w sur 1,15 uw, réunis souvent en longs filaments. Ils montrent souvént des spores ovoides de 1,6 m sur 1 y, situées au milieu des articles.

Ils se colorent facilement aux procédés ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.

Sur plaques de gélatine, les colonies forment, en trente-six heures, de petits points blancs. Au microscope, on voit que d'un centre plus sombre partent des filaments entrelacés (d’où le nom), formant une zone plus claire; la colonie s'enfonce dans la gelée après quelques jours, et paraît entièrement formée de filaments pelotonnés. La liquéfaction se fait lentement.

Sur gélatine, en piqûre, il se développe dans le canal de petites colonies rondes, blanches, qui envoient dans la gelée de courts prolongements radiaires. La liquéfaction se fait vite à Ja surface ; il se forme une pellicule épaisse au-dessus du liquide.

Sur gélose, en strie, il se fait une colonie blanche, mate, chagrinée, quise plisse vite.

Sur pomme de terre, on aune culture blanc grisâtre.

Le bourllon se trouble vite; puis il se forme des flocons et le liquide s’éclaircit.

BACILLUS ARBORESCENS FRANKLAND.

Décrit par P. et G. Frankland (3), il est commun dans beaucoup d'eaux, où on doit lui attribuer la signification des espèces du groupe du Bacillus mycoides.

Les éléments sont des bâtonnets à extrémités arrondies, de 2,5 y sur 1,5 & environ, doués d’un lent mouvement vibratoire, réunis par deux ou trois, parfois en longues chaînes dans les bouillons. Ils ne forment pas de spores. Ils se décolorent par la méthode de Gram.

Sur plaques de gélatine, on voit, à l’œil nu, après deux à trois jours, ses colonies comme de petites taches nuageuses, blanchâtres un peu irisées. Plus tard, on peut leur reconnaître un centre jaune d'or, un peu irrégulier, entouré d’un bord filamenteux, ou bien l'aspect, signalé par

. Frankland, d'une gerbe de blé peu fournie, avec ligature ou constricture

médiane. Au microscope, on voit une partie centrale, jaune d'or, irré-

(1) ZimmerManx, Jbid., IIIe Reïhe, 1900, p. 24. (2) Zimuermanx, 1bid., Ite Reïhe, p. 32.

(3) P. et G. FranxLanp, Ueber einige typische Mikroorganismen im Wasser und im

* Boden (Zeitschr. für Hygiene, VI, 1889, p. 379).

510 BACTÉRIACÉES.

gulière, d'où partent de nombreux filaments ondulés, ramifiés, anastomosés entre eux, formant un entortillement plus ou moins épais.

Devéet entortillement, qui montre de fins filaments et de gros nœuds, partent, tout autour, des zooglées noueuses, souvent disposées re en séries, émettant de fins prolongements ramifiés, en forme de racines ou d’arborescences, qui s'étendent dans la gelée ambiante qu'ils liquéfient, mais très lentement. ,

Sur gélatine, en piqûre, il se fait à la surface une colonie jaune verdâtre, qui s'enfonce bientôt en creusant la gelée; le canal de la piqûre s’entoure, jusqu'à son extrémité, d'une couche floconneuse qui liquéfie le milieu.

A la surface du liquide formé, on trouve une masse blanche floconneuse, qui se précipite peu à peu en formant un dépôt jaune orangé sale; le liquide s'éclaircit.

Sur gélose, on a une colonie jaune sale au début, brunissant plus tard.

Sur pomme de terre, une culture épaisse, jaune plus ou moins foncé, pouvant brunir.

Dans le bouillon, liquide trouble et dépôt jaune.

BACILLUS RETICULARIS JorpaAn.

Jordan (1) le donne comme commun dans l’eau d’égout.

Les éléments sont de longs bâtonnets de 5 y sur 1 », isolés et alors lentement mobiles, très souvent en chaînes de huit ou dix articles. Ils ne forment pas de spores.

Sur plaques de gélatine, les jeunes colonies, incluses dans la gelée, s'entourent de longs filaments tordus, qui leur donnent, à l'œil nu, un aspect nuageux; à un faible grossissement, elles ressemblent à un polype à tentacules rayonnants ; elles liquéfient lentement la gélatine. Les colonies superficielles s'étendent beaucoup; la gélatine est lentement liquéfiée, mais le liquide est évaporé aussitôt et l’on voit se former une large cupule creuse dont la surface est recouverte d’un fin réseau de filaments réticulés.

Sur gélatine, en piqüre, la colonie se développe à la surface, el déter- ] mine la formation, à la suite d’une liquéfaction lente, d'une cupule très creuse avec filaments réliculés, comme ci-dessus. Après trois jours, tout le long de la piqûre on trouve de fins filaments radiaires assez courts. |

Sur gélose, la culture est mate et sèche. 4

Sur pomme de terre, il se fait une épaisse colonie blanche, mate, prenant l'aspect cotonneux.

Le bouillon est lentement troublé et montre un léger sédiment filant.

Le lait est lentement coagulé et prend une réaction légèrement acide.

Ce microbe réduit énergiquement les nitrates en nitrites.

BACILLUS VERMICULARIS FRANKLAND. %4

Il a été isolé d’eau de rivière (2). Il formait une large pellicule grisätre à la surface de cultures sur plaques.

sms ft ot à déc À me

(1) Jorpax, A report on certain species of Bacteria observed in sewage (Stade Board of health Massachussetts, 1890).

(2) G. et P. FranxLanD, Loc. cit., p. 509.

BACILLUS HELIXOIDES. o11

Les éléments sont de larges bätonnets de 2 à3 w sur 1 , à extrémités arrondies. On les trouve isolés où réunis en filaments vermiformes très longs ; ils sont toujours immobiles. Ils forment, surtout sur pomme de terre, des spores ovales, de 1,5 sur 1 y.

Sur plaques de gélatine, les colonies profondes ont des contours irréguliers, qui se régularisent quand la liquéfaction commence.

A la surface, il se forme de petites colonies plates, à bords ondulés, à centre irrégulier et plissé; elles s’enfoncent dans la gélatine, qui se liquéfie lentement.

Sur gélatine, en piqûre, il se fait une petite culture grisâtre à la surface, et la liquéfaction se produit lentement.

Sur gélose, on a une culture grisâtre, s'accroissant peu.

Sur pomme de lerre, une culture épaisse, irrégulière, d’un rouge chair.

Le bouillon reste clair et laisse un dépôt floconneux, blanchâtre.

Cette espèce réduit faiblement les nitrates en nitrites.

BACILLUS VERMICULOSUS ZIMMERMANN.

Zimmermann (1) l’a trouvé dans une eau de boisson.

Ce sont de gros Bacilles à extrémités arrondies, de 1,5 uw sur 0,85 vu, tantôt isolés ou plutôt réunis par deux ou trois, alors ayant des mouvements circulaires nets et munis d’une capsule ; tantôt en longs filaments ondulés ou courbés, vermiformes. Ils montrent souvent en leur milieu une spore ovoiïde.

Sur plaques de gélatine, les colonies profondes apparaissent comme de petites sphères blanches. Celles de la surface s’élargissent en un petit disque rond, plat, presque transparent; au microscope, elles montrent des bords sinueux ou fortement ondulés et un contenu granuleux, divisé par des lignes claires.

Sur gélatine, en piqûre, il se fait à la surface une colonie muqueuse filante, grisätre, un peu irisée, à bords sinueux. Vers le quatrième jour, la liquéfaction commence et s'étend lentement. Le liquide est trouble et laisse un épais dépôt gris rougeâlre

Sur gélose, il se développe une culture grisâtre, humide, aplatie.

Sur ponme de terre, une colonie épaisse, gris jaunâtre, brillante.

Le bourllon est trouble, avec un dépôt blanc el une pellicule irrégulière à la surface. Il se produit des bulles de gaz dans le liquide.

BACILLUS HELIXOIDES Muro.

Muto (2) l’a isolé de sa propre salive.

La forme des éléments est variable. Ceux de la périphérie des colonies sont de longs bätonnets à extrémités arrondies, de 2 à 4,5 w sur 0,6 #; ils sont isolés ou réunis par deux ou trois, très mobiles, ou par plus en longs filaments qui sont immobiles. Ceux de la partie centrale des colo-

Le

(1) Zimmermann, Loc. cil., p. 508, [te Reïhe, p. 40.

(2) Muro, Ein eigenthümlicher Bacillus, welcher sich Schneckenartig bewegende Kolonieen bildet (B. helixoides)(Centralbl. für Bakt., 1te Abth., Orig., XXX VII, 1904, p. 321).

012 BACTÉRIACÉES. x

nies sont beaucoup plus courts, ont souvent l'aspect de cocci un peu ovoides. Il n’a pas été observé de spores.

Ils se colorent légèrement aux méthodes ordinaires et se décolorent à la méthode de Gram. On peut leur reconnaître huit ou dix cils.

Ce microbe se cultive facilement, au mieux vers 30°; est aérobie, mais facultatif. Il est tué à 60° après quinze minutes.

Sur plaques de gélatine, les colonies profondes ressemblent à un mycélium de moisissure. Les colonies qui se développent à la surface peuvent avoir des formes diverses; d'un axe central, partent des

branches latérales, disposées en barbes de plumes, dont l'extrémité

s'enroule en crosse, ou comme une coquille d’escargot (d’où le nom); ou bien, ce sont des prolongements très fins, donnant une apparence nuageuse.

La gélatine n’est pas eee À un grossissement suffisant, on reconnaît que, dans les parties de colonies contournées, les Bacilles affectent une disposition en spirales, parrangées régulières; ces parties présentent des mouvements de rotation très nets.

Sur gélatine, en strie ou en piqûre, on peut observer les mêmes aspects que ci-dessus.

Sur gélose, de même. Il se développe une odeur assez particulière.

Sur pomme de lerre, il se fait une culture mince, jaune brunâtre.

En bouillon, le développement se fait mal. Le liquide reste clair. On trouve un dépôt muqueux ou floconneux. Il ne se produit pas d'indol.

Le lait n'est pas modifié ; la végétation y est très minime.

Les cultures n’ont aucune action pathogène.

BACILLUS TERMO DusarDin.

(Bacterium termo.)

Il est bien certain que la dénomination de Bacterium termo, telle que la comprenaient les anciens auteurs, ne s'appliquait pas à une seule espèce bien définie, mais pouvait convenir à plusieurs autres dont certains caractères étaient voisins ou identiques. Ce n’est pas une raison suffisante pour supprimer de la nomenclature des dénominations établies et ayant un droit de priorité acquis ; c'est ce qui se fait beaucoup dans les classifications actuelles, et à grand lort assurément. Les éléments, auxquels Dujardin (1) appliquait cette dénomination, étaient des bâtonnets cylindriques, un peu renflés au milieu, souvent mesurant de 2 y à 3 en longueur et de 0,6 y à 1,8 x en largeur. Espèce des plus communes parlout, dans les eaux, dans le sol, dans les putréfactions animales ou végétales, elle y apparaît des premières, mais disparait assez vite, cédant la place à d'autres plus actives, au moment où l'odeur de putréfaction devient intense. Aérobie vrai, elle se répand d’abord dans toute la masse liquide, puis abandonne les parties profondes au fur et à mesure que l'oxygène est consommé, el se concentre à la partie superficielle où elle forme un voile.

Les Bacillus fluorescens liquefaciens et Bacillus fluorescens putridus faisaient partie sans aucun doute de l’ancien type de Dujardin ; il en

(1) Dusarni, Histoire naturelle des Zoophytes. Infusoires. Paris, Roret, 1841,

BACILLUS TERMO. ile

est de même des deux espèces étudiées par Hauser (1) sous les noms de Proteus vulgaris et Proteus mirabilis: Mais il existe une autre Bactérie, répandue partout, très commune dans l’eau et les macérations, spécifiquement distincte des précédentes, à laquelle on peut réserver le nom de Dujardin, en la faisant rentrer dans le genre Bacillus avec les limites que nous lui avons assignées ; elle est souvent désignée sous le nom de

Bacillus albus liquefaciens. C’est à elle que s'applique la description suivante.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Ce sont des bâtonnets trapus, mesurant en moyenne 1,4 & de longueur sur 0,7 y de largeur. Réunis par deux d'ordinaire, ils ne se séparent que par un étranglement médian peu prononcé ; il peut aussi se former des chaînes à plusieurs articles. Les mouvements sont vifs ; Dallinger et Drysdale (2) ont décrit des cils vibratiles chez une petite espèce qu'ils rapprochent du Baclerium lermo.

Cultures.— CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — Les colonies sont assez caractéristiques. Il se forme, en deux jours, une petite colonie blanchâtre dont la périphérie devient grisâtre, trouble et s’entoure d’une zone de liquéfaction. En trois ou quatre jours, celles qui arrivent à la surface prennent l'aspect représenté figure 105. C’est une tache circulaire blanche, un peu grise, à centre opaque, floconneux, entourée d’un liquide légèrement trouble, atteignant de 2 à 4 millimètres de diamètre. A la périphérie s'observe une bordure pâle, tout à fait transparente, très sinueuse, parfois lobée, faisant

Fig. 105. — Culture de Ba-

ressembler la Bactérie à une Amibe ayant en- cillus termo sur plaques de globé un gros corps sphérique. Cette bor- FR (d pre une phodure présente des mouvements lents vers 20°, t°8raphie). 50/1:

quand la gélatine devient un peu visqueuse ;

en l’examinant attentivement pendant longtemps, on s'aperçoit que les lobes changent de forme. Elle disparait dès que la liquéfaction marche rapidement. Ces colonies peuvent atteindre 1 centimètre et plus de diamètre ; elles forment dans la gelée une profonde cupule remplie d'un liquide un peu trouble. La gelée ambiante prend, quelquefois seulement, une teinte verdâtre rappelant celle du Bacillus fluorescens liquefaciens, qui se distingue aisément parce que, dans les mêmes condilions, ses colonies ont un centre formé de masses floconneuses disposées côte à côte, en anneau, et manquent de la bordure spéciale. CULTURES DANS LA GÉLATINE. — En piqüre, dans un tube de gélatine, il se forme en douze heures une petite cupule de liquéfaction remplie d'un liquide presque clair (fig. 106) ; en deux jours la cupule a atteint les parois du tube (fig. 107). Les couches supérieures de la gelée pren-

(1) Hauser, Ueber Fäulniss-Bacterien. Leipzig, 1885.

(2) DALLINGER et Dryspare, On the existence of Flagella in Bacterium termo (The Monthly microscopical Journal, 1875).

Macé. — Bactériologie, 6° édit. II. — 33

514 BACTÉRIACÉES.

nent une teinte verdâtre. La gélatine du tube est liquéfiée rapidement dans la moitié de sa hauteur fig. 108), puis très lentement jusqu’en bas ; elle reste longtemps trouble et montre un dépôt blanchâtre, formé de gros flocons denses. La culture ne développe qu’une faible odeur. |

CULTURES SUR GÉLOSE. — Sur gélose, on observe une couche muqueuse grisâtre, peu consislante, presque fluide.

CULTURES SUR SÉRUM. — Le sérum coagulé est liquéfié.

CULTURES SUR POMME DETERRE. — Sur pomme de terre, l’inoculation donne, en huit Jours, une large culture gris jaunâtre, glaireuse.

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Le bouillon se trouble d'abord uniformément ; il se recouvre d'un mince voile qui se brise facilement et

Fig. 106. — Culture de Fig. 107. — Culture de Ba- Fig. 108. — Culture de Ba-

Bacillus termo dans cillus termo dans la gé- cillus termo dans la géla gélatine. Agée de latine. Agée de deux latine. Culture plus âgée. douze heures. jours.

donne un dépôt peu abondant au fond du vase. D’après Cohn, il se formerait un voile léger, verdâtre, dans la solution minérale qui porte son nom.

BACILLUS SUBTILIS EHRENBERG.

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XLV

Le Bacillus subtilis est une espèce des plus répandue ; ses spores abondent d'ordinaire dans l'air, la poussière, l’eau, les couches supérieures du sol. On le rencontre toujours sur les plantes fraîches ou sèches, le foin par exemple, d'où son nom vulgaire de Bacille du foin (Heubacillus). Il estnaturellement absorbé parles herbivores ; les spores

BACILLUS SUBTILIS. 519

traversent l'intestin, résistant au suc gastrique qui tue les bâtonnets et se retrouvent en grand nombre dansles excréments. Il doit certainement exister, vivant dans les mêmes conditions, plusieurs espèces à caractères très voisins, qu'une étude très attentive peutseule faire différencier; c’est très probablement la raison des divergences que l’on remarque dans les descriptions.

L'espèce qui peut être considérée comme le vrai Bacillus sublilis s'obtient en faisant bouillir, pendant un quart d'heure à une demi-heure, une macération de foin neutralisée d’avance. Les spores de cette Bactérie résistent assez longtemps à la température de 100° qui tue d'ordinaire les autres mélangées avec elles. Les spores des Bacilles de la pomme de terre cependant résistent aussi bien; aussi obtient-on souvent des cultures de ces espèces au lieu et place de Bacillus LH ss ist ue a Enr Fig. 109. — Bacillus subtilis. — Bàdeux à 30°, à la surface de l'infusion, tonnet isolé avec cils. — Chaîne un voile caractéristique. de bâtonnets. — Spores dans un

Toutefois, le Bacillus sublilis vrai filament. — Spores libres. — n'est peut-être pas encore suffisamment °P9re germant. 1200/1: défini (1). Il semble exister plusieurs types, très voisins, peut-être simples variétés, dont les rapports ne sont pas exactement déterminés.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Les éléments sont des bâtonnels cylindriques, à extrémités légèrement arrondies, mesurant 2 u, 3 u, jusqu’à 4 & à 5,5 à de long sur 0,8 à 1 w de large. Ils sont tantôt isolés, tantôt réunis en chaînes plus ou moins longues ; à la surface des liquides, ils forment par leur accolement des voiles épais. Les Bacilles isolés, en suspension dans un liquide, présentent des mouvements très vifs ; les organes du mouvement sont de longs cils, que Koch a découverts en colorant les bâtonnets à l’aide d’une solution d'extrait de bois de campèche (fig. 109). Les méthodes de coloration des cils actuelles montrent de longs flagella, répartis, au nombre de dix à douze, sur toute la périphérie des éléments ; ils sont surtout bien visibles sur les bâtonnets isolés. Les chaînes sont mobiles comme les bâtonnets isolés, mais ont un mouvement pluslent et plus onduleux ; les seuls bâtonnets qui occupent les bouts de la chaine peuvent être munis d’un cil à leur extrémité libre ; lorsqu'une chaîne vient à se rompre, les articles qui terminent chaque partie gagnent leurs cils en peu de temps. La division des bâtonnets se fait rapidement et peut s'observer aisément dans une

(1) CHesre, À review of Bacillus subtilis groupe of bacteria (Centralbl. für Bakt., 2® Abth., XIII, 1904, p. 737). — SrreGuzina, Ueber die im Zuricher Boden vorkom, menden Heubacillen (Zeitschr. für Hygiene, LI, 1905, p. 18). — Gorruerr, Botanische

UE einiger Bodenbakterien (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., VII, 1901, p.439).

516 BACTÉRIACÉES.

culture sur porte-objet. Le temps qu’elle demande pour s’'opérer est fonction directe de la température ; à 21°, un bâtonnet issu d’une division demande cinq quarts d’heure pour se partager à son tour; à 35°, ilsuffit de vingt minutes.

Des spores se forment très vite dans les bâtonnets ; on les trouve en grand nombre dans les cultures après quelques jours. L'article qui va sporuler devient immobile et montre une tache sombre en son milieu, parfois en un point plus rapproché d’une extrémité. Cette tache grandit, devient ovoïde et gagne des contours sombres. Elle forme une spore d'habitude elliptique, parfois en court cylindre ou presque régulièrement sphérique, mesurant de 1,5 y. à 1,9 u de long sur 0,8 & de large, à membrane épaisse, à reflet bleuâtre (fig. 109). Lorsque la spore est formée, les bâtonnets peuvent redevenir mobiles, puis leur membrane se dissocie et les spores sont mises en liberté. Elles tombent au fond du vase, si le milieu est liquide, et ont besoin pour germer d'être portées dans un milieu nouveau. Leur longueur est en moyenne 1,2 & et leur largeur 0,6 , un peu inférieure à celle du bâtonnet ; elles sont souvent. entourées d’un anneau de protoplasma grisâtre, résidu du contenu de la cellule mère.

La germination peut se faire en douze heures à la température ordinaire. D’après Büchner (1), elle est hâtée si l’on fait bouillir au préalable les spores dans l'eau pendant cinq minutes et qu'on laisse refroidir lentement ; on la voit alors commencer après deux ou trois heures. La spore pâlit un peu, puis la membrane semble se fendre suivant son petit diamètre ; c'est à celte place que sort le jeune bâtonnet, auquel restent souvent accolées les deux valves de la membrane. La direction de ces jeunes cellules est par conséquent perpendiculaire à celle des cellules mères.

Coloration. — La coloration s'obtient très facilement par les méthodes ordinaires ; ce microbe reste coloré par la méthode de Gram. |

Cultures. — Le Bacillus sublilis est un aérobie vrai; il ne croît absolument pas en l’absence d’oxygène. Lorsqu'on le prive de ce gaz, les cellules végétatives deviennent immobiles et meurent en peu de temps ; les spores résistent, mais ne peuvent germer qu'à la condition d’avoir de l’oxygène à leur disposition. Il est très avide d'oxygène ; développé en voile à la surface d’un liquide, il l’absorbe si complètement qu'il est possible de cultiver dans les couches inférieures du liquide, resté clair, des anaérobies vrais. Les spores sont très résistantes ; elles ne sont tuées qu'après une longue exposition à 100° et beaucoup de solutions antiseptiques habituelles ne les atteignent pas.

Les cultures s'obtiennent très facilement sur les milieux nutritifs ordinaires.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — Ce Bacille y donne, en vingtquatre heures, de petites colonies rondes, jaunâtres, discoïdes, qui, arrivant à la surface de la gelée, s’y étalent en petiles taches transparentes à bords sinueux, à centre jaunâtre ; les bords pénètrent rapidement dans la gélatine ambiante sous forme de fins tractus filamenteux qui donnent l'aspect cilié à la colonie. Le centre se déprime peu à peu

(1) Bücaxer, Ueber ein experimentelle Erzeugung des Milzbrandcontagium aus den Heupilze (Naegelis Untersuchungen über niederen Pilze, 1882).

BACILLUS SUBTILIS. 517

et, vers le quatrième jour, commence à se liquéfier. La liquéfaction progresse ; au cinquième ou au sixième Jour, on observe un creux assez prononcé qui présente au centre un amas circulaire blanc jaunâtre, restant de la colonie profonde, et tout autour, tapissant la cavité, de petits flocons formés de fins filaments pelotonnés, parfois ondulés : de nombreux prolongements radiaires fins s’observent à la périphérie. Ces colonies peuvent atteindre près de 1 centimètre de diamètre. Toute la plaque est alors bientôt liquéfiée ; dans le liquide un peu trouble nagent de nombreux flocons semblables à ceux des colonies. Les colonies profondes, qui restent dans les couches inférieures de gelée, liquéfient sans passer par la première phase ; elles se trouvent alors au fond d'un creux profond, à bords taillés à pic, semblant fait à l'emporte-pièce, le liquide produit s'évaporant en partie.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre sur gélatine, il se forme à la surface et dans le canal une mince culture blanchâtre qui liquéfie progressivement la gelée. Le liquide, d’abord crouble, s'éclaircit lentement ; il se forme, au fond du vase, un dépôt abondant et, à la surface du liquide, une pellicule blanche assez épaisse.

CULTURES SUR GÉLOSE. — Il se développe sur gélose en une couche blanche laiteuse, muqueuse, se transformant en une membrane ridée, un peu transparente.

CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Le développement y est très rapide ; on y observe, en quarante-huit heures, à 37°, une couche épaisse, crémeuse, d’un blanc un peu jaunâtre.

CULTURES SUR SÉRUM COAGULÉ. — Le milieu est lentement liquéfié.

CULTURES SUR LE BOUILLON. — Le bouillon se trouble dès le premier jour. Au second jour, il s’est formé à la surface un voile mince, blanc, sec, qui se ride au quatrième et donne ensuite une membrane assez épaisse, fortement plissée, à surface supérieure sèche, comme poudreuse. Ce voile est cohérent, se brise difficilement et s’accole fortement aux parois du vase. Le liquide sous-jacent est limpide ; il existe dans le fond du vase un léger dépôt blanc, formé entièrement de spores.

CULTURES DANS LE Lair. — Le lait serait coagulé sans formation d'acides, par la production de présure ; le caillot n'est pas attaqué.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

C'est un microbe commun partout, dans le sol surtout, présent dans toutes les décompositions, au début au moins ; il doit donc jouer un rôle important.

On ne sait cependant que peu de chose sur les actions qu'il peut opérer.

Il agit sur les matières azolées, les albuminoïdes en particulier, qu'il peut solubiliser puisqu'il liquéfie la gélatine et sécrète par conséquent un ferment peptolytique. Mais les transformations qu'il fait subir ne paraissent pas profondes.

D'après Nicolle (1), le Bacillus subtilis jouirait de propriétés bactériolytiques très marquées, surtout sur le Pneumocoque, puis, à un degré

(1) Nicoue, Action du Bacillus subtilis sur diverses Bactéries (Ann. de l'Inst, Pasteur, XXI, 1907, p. 613).

518 BACTÉRIACÉES.

moindre, le Bacille de la morve, le Bacille de la peste, le Bacille yphique, le Bacille du charbon, le Vibrion cholérique.

Il ne se produit pas d’indol dans les solutions peplonées.

Les cultures n’ont aucune odeur.

Les matières sucrées sont très peu attaquées, avec formation minime d'acide, sauf peut-être avec le lactose.

Le Bacillus subltilis ne paraît agir en aucun cas comme ferment. Vandevelde (1) a annoncé qu’en le privant en partie d'oxygène on pouvait l'amener à produire une fermentation. En soumettant à une analyse minutieuse un milieu de composition bien connue où cette Bactérie avait végété pendant un temps suffisant, il a remarqué que de la glycérine et du sucre avaient été consommés et qu'on trouvait par contre dans le liquide de l'acide lactique, des traces d'acides gras, de l’acide carbonique et de l'hydrogène. Mais ces dernières substances ne se trouvalent qu'en très faibles proportions, provenant sans aucun doute des phénomènes chimiques de l’assimilation. D'ailleurs, la pureté absolue des cultures est loin d’avoir été assurée, et la détermination exacte de la Bactérie étudiée n’a pas été faite.

Cette espèce ne semble pas avoir normalement de propriétés pathogènes. On peut en introduire des doses considérables dans l’organisme sans occasionner d'accidents. Wyssokowitsch (2) a observé que les spores, injectées dans les veines, se fixaient dans le foie et la rate où l’on pouvait les retrouver longtemps après, plusieurs mois, en état de germer, sans que ces organes parussent souffrir de leur présence. Cette innocuité absolue est une preuve certaine de la non-identité du Bacillus subtilis avec le Bacillus anthracis. L'identité des deux espèces a été en effet soutenue par Büchner, qui avait été conduit à cette opinion par des méthodes d’expérimentation défectueuses et de graves erreurs d'observation. «

Il ne faudrait cependant pas être trop affirmatif sur son innocuité. Poplawska (3), Baenziger et Silberschmidt (4), Kayser (5) ont décrit des affections oculaires, conjonctivites, iritis, panophtalmie, survenues à la suite de souillures ou blessures de l’œil par de la terre ou des objets souillés par elle, dues à n’en pas douter au Bacillus subtilis qu'on pouvait retrouver seul, envahissant, dans diverses parties de l'organe.

Ferrarini (6) a observé un cas de spléno-adénopathie chronique où il a pu isoler du sang et des ganglions extirpés, comme seul microbe et très abondant, un Bacille à spores très voisin du Bacillus subtilis, pathogène pour le cobaye, le lapin, le chien, où il détermine une sorte de marasme

(1) Vanneveinr, Studien zur Chemie des Bacillus subtilis (Zeitschr. für physiol. Chemie, VIII, 1884).

(2) Wyssokowirscx, Ueber die Schicksale der in’s Blute injicirten Mikroorganismen (Zeitschr. für Hygiene, 1, p. 3, 1886).

(3) PoprawskA, Zur Aetiologie der Entzündung des Auges nach Verletzung durch fremdkôürper (Arch. für. Augenheilk., XXII, 1890, p. 337).

(4) BaewziGer et SizBerscaminr, Zur Aetiologie der Panophthalmie nach Hackensplitterverletzung (30€ Vorsaml. der ophth. Gesellsch. Heidelberg, 1912). — SiLBersCHMIDT, Le Bacillus subtilis comme cause de la panophtalmie chez l'homme (Ann. de l'Inst. Pasteur, XVII, 1903, p. 268).

(5) Kayser, Ein Beitrag zur Frage der Pathogenität der Bacillus subtilis, besonders für das Auge (Centralbl. für Bakt., 1® Abth., Orig., XXXIII, 1903, p. 241).

(6) Ferrari, Di una forma di spleno adenopatia cronica ee ad un Bacillo sottile (XXe Congresso della Soc. ilal. dè chirurgica. Roma, 27 octobre 1907).

BACILLUS MESENTERICUS VULGATUS. 119

pouvant aboutir à la mort. Les effets seraient dus à un produit soluble ; les filtrats de cultures arrivent à les déterminer identiques, mais à un moindre degré.

Il semble que, dans certaines conditions, le Bacillus subtilis puisse avoir réellement des propriétés pathogènes. Charrin et de Niltis (1) ont pu conférer une certaine virulence pour le cobaye à un Bacillus subtilis banal en le faisant passer par l'animal plusieurs fois de suite, ou en le cultivant dans du bouillon riche en sang ou renfermant de la toxine diphtérique, créant ainsi une réelle adaptation à la vie parasitaire. Des faits similaires seront cités pour le Bacillus mesentericus vulguatus (p.522) et le Bacillus megaterium (p. 524).

A des températures assez hautes, vers 25°, ce microbe pourrait agir en véritable parasite chez beaucoup de plantes (2), pommes de terre et autres plantes à tubercules surtout, où 1] déterminerait des phénomènes de pourriture, avec production d'ammoniaque et de triméthylamine et coloration brune ou grisâtre due à l'oxydation de la tyrosine.

HABITAT

C’est une espèce très répandue dans la nature ; elle abonde dans le sol, l'air, les eaux. Aussi l’isole-t-on fréquemment de bien des milieux.

Elle paraît être une des espècesles plus répandues et, par conséquent, très actives dans les décompositions organiques végétales. Son rôle est certainement bien moindre dans les décompositions de matières animales.

C'est en majeure partie à cette espèce qu'il faut rapporter les soidisant Bacilles du jéquirity, se développant dans les macérations de graines de jéquirity, auxquels certains auteurs ont attribué l'action 1rritante de ces macérations, utilisées dans la thérapeutique oculaire. Il est amplement prouvé aujourd'hui que la substance active est une toxalbumine qui se trouve dans les graines ; les Bactéries qui s'observent dans le liquide proviennent uniquement de germes apportés par l'air et n'ont à revendiquer aucune part dans l'effet produit.

BACILLUS MESENTERICUS VULGATUS FLuGcGE.

(Bacille commun de la pomme de terre, Kartoffelbacillus de Koch.)

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL, XLV,

C'est une Bactérie extrêmement répandue (3). Elle existe abondamment dans l'air et vient fréquemment contaminer les milieux de culture qui ne sont pas mis complètement à l'abri ; elle est fréquente dans la terre des couches supérieures du sol, dans les excréments de l'homme ou des animaux, fréquente aussi sur les plantes, en particulier sur les épluchures de pomme de terre. On l'oblient souvent sur les pommes de

(1) CnarriN et pe Nrrnis, Un Bacillus sabtilis pathogène (Soc. de Biol.. 17 juillet 1897).

(2) Van Hazz, Bacillus subtilis und Bacillus vulgatus als Pflanzenparasiten (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., IX, 1902, p. 642).

(3) ViGnaz, Contributions à l'étude des Bactériacées. Le Bacillus mesentericus vulgalus. Paris, G. Masson, 1889.

520 BACTÉRIACÉES.

terre incomplètement stérilisées auxquelles on a conservé la pelure. C'est de là que lui vient le nom qui lui a été attribué par Koch. Les spores qui se trouvent à la surface ou dans les couches externes de cette enveloppe peuvent résister longtemps à 100° et même à des températures supérieures. On en observe alors en peu de temps le développement, qui se fait toujours de la même façon et est facilement reconnaissable. La croissance commence par la périphérie de la surface de section ; elle donne une bordure gris jaunâtre, festonnée, mate ; d’abord lisse, puis ridée, frisée, elle s'étend rapidement et recouvre en quelques jours toute la tranche. La pellicule formée est assez résistante, très visqueuse ; lorsqu'on en enlève un morceau avec le fil de platine, elle s'étire en longs filaments. Il apparaît fréquemment à la surface des gouttelettes transparentes, un peu jaunâtres, très visqueuses.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Les éléments sont des bâtonnets cylindriques, à extrémités presque carrées, dont la longueur varie suivant le milieu de culture. Sur les milieux solides, ils ont en moyenne 1,2 y; sur les milieux liquides, ils atteignent 3 y et 4 de long ; dans le lait, il se produit même de longs filaments. La largeur est constante, de 0,9 w environ. Ces Bacilles sont rarement isolés, plus souvent réunis par deux, parfois en grand nombre en chaînes, agglutinés par de la matière visqueuse très cohérente. Ils sont ou immobiles ou animés d’un mouvement d’oscillation lente. Les bâtonnets peuvent produire des spores rondes, ou un peu ovalaires, de même diamètre qu'eux, se trouvant la plupart du temps au Pig. 110. Jeune colonie tien de l’article. Ces spores, entre autres qua-

de Bacillus mesenterieus lités, offrent une très grande résistance à la

vulgatus, sur plaques de chaleur ; une ébullition prolongée les respecte gélatine. 58/1. souvent.

Coloration. — Les bâtonnets se colorent

bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.

Cultures. — Ce microbese cultive très facilement sur tous les milieux ordinaires.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — En culture sur plaques, cette espèce donne en vingt-quatre heures de petites colonies jaunâtres, qui se montrent, à un grossissement moyen, formées d’une partie centrale plus sombre et d’un anneau périphérique plus clair, jaunâtre. En deux jours la colonie a grandi; son centre, toujours plus sombre, s’est entouré d’une zone claire où commence la liquéfaction de la gélatine (fig. 110). De la périphérie partent de nombreux filaments radiaires, courts, donnant aux bords l'apparence ciliée. Au delà de la zone de filaments, on aperçoit un anneau sombre, qui est formé par la liquéfaction de la gélatine et l'enfoncement de la colonie. La liquéfaction progresse, ces particularités disparaissent, la colonie peut atteindre 1 centimètre de diamètre ; c’est une cupule circulaire, remplie d’un liquide grisâtre. En trois ou quatre jours, toute la plaque est liquéfiée.

BACILLUS MESENTERICUS VULGATUS. 521

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre, la gélaline est très vite liquéfiée. En quarante-huit heures, on peut déjà observer une cupule bien développée. Peu après, la partie supérieure du tube est entièrement liquide. Le liquide est blanchâtre et tient en suspension des flocons plus denses. Au quatrième jour, la liquéfaction a atteint le fond de la piqûre.

CULTURES SUR GÉLOSE. — On obtient une pellicule grise, parfois un peu jaune, mate, d'apparence cireuse ; d’abord lisse, elle se ride plus tard. Cette culture est très adhérente à la gelée et ne s’en sépare que difficilement.

CULTURES SUR SÉRUM. — Il se forme une membrane blanche qui se plisse aussi. Le milieu est rapidement liquéfié.

CULTURES SUR POMME DE TERRE. — L’inoculation sur pomme de terre donne une pellicule grisâtre, épaisse, festonnée, envahissant rapidement la surface libre du milieu, laissant souvent perler de petites gouttelettes d’eau. La culture pénètre dans la substance du tubercule ; on en enlève de petites parcelles avec les filaments visqueux caractéristiques. L’amidon de la pomme de terre est rapidement transformé en glucose.

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Il se produit en moins d’un jour un léger trouble ; le liquide se recouvre d’un voile parfois très léger, incomplet, ressemblant à une fine dentelle, à mailles larges, ou d’une membrane plus épaisse, plissée, souvent aréolée. Le bouillon s’éclaircit ; sa coloration peut foncer et devenir brune. La membrane tombe plus tard au fond du ballon et se désagrège lentement.

CuLTURES DANS LE LAIT. — Le lait subit des modifications importantes sous son influence. La caséine se coagule en peu de temps, puis se liquéfie partiellement ; la plus grande partie reste inattaquée. Le liquide est alors séparé en trois couches. La couche médiane est un liquide incolore ou faiblement jaunâtre, fortement alcalin, présentant les réactions des peptones ; il n’est ni visqueux, ni filant. La couche supérieure est formée de crème envahie parles Bacilles et devenue très filante, ainsi que le dépôt inférieur, formé de la caséine qui n’a pas été dissoute. I1se forme toujours des traces d’acide lactique. Cette Bactérie paraît pourtant occasionner à elle seule une transformation visqueuse spontanée du lait qui change toute la masse en un liquide épais, très filant, ressemblant à une forte solution de gomme arabique.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

Comme le Bacillus sublilis, c’est un agent, important certainement, de certaines décompositions organiques, celles de matières d’origine végétale principalement.

Les matières amylacées sont énergiquement attaquées : il se produit une diastase très active ; on constaterait la formation d’un peu d’acide acétique et d'alcool. Ce Bacille ne peut toutefois pas se développer dans les milieux qui ne contiennent que des hydrates de carbone. II lui faut des matières albuminoïdes pour végéter. Il dissout assez rapidement l’albumine de l’œuf, en dégageant une odeur ammoniacale ; on ne trouve jamais d’indol. D’après Lœæffler, l'acide lactique serait transformé en acide butyrique.

522 BACTÉRIAC ES.

Celle espèce et les deux suivantes, ou des microbes bien semblables de caractères, paraissent pouvoir déterminer une altération visqueuse du pain (1). Le pain visqueux a une saveur acide, due probablement à l'acide lactique; il est à rejeter de la consommation, bien qu'il ne paraisse pas évidemment nuisible. Elle peut aussi produire du lait visqueux.

En cultivant ce microbe en sacs de collodion dans le péritoine de cobayes, Vincent (2) est parvenu à le rendre virulent pour la souris, le cobaye et le lapin. L’inoculation des cultures produit une véritable infection et des symptômes d'intoxication dus à des toxines très actives produites dans ces conditions spéciales. Sacquépée (3) a observé, dans le cours d’une fièvre typhoïde, des phénomènes d’infection secondaire dus à la pullulation de cette espèce à la faveur de l'infection typhique.

D’après Hall (4), on devrait le regarder comme un véritable parasite pour les plantes ; l’inoculation déterminerait souvent des phénomènes de pourriture.

BACILLUS MESENTERICUS FUSCUS Fiucces.

(Bacille brun de la pomme de terre.)

On le trouve très communément avec le précédent, ou seul dans les mêmes conditions. Il s’en distingue facilement par les caractères de ses cultures et surtout par la coloration brunâtre de certaines d’entre elles.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Ce sont de petits Bacilles courts, de mêmes dimensions que l’espèce congénère, réunis le plus souvent par deux ou en petit nombre, en courtes chaînes. [ls sont bien mobiles et donnent aussi des spores sphériques.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — En cultures sur plaques, ils forment de petites colonies jaunâtres, granuleuses, qui liquéfient très vite la gélatine, en émettant à leur périphérie de fins prolongements radiés, plutôt ondulés que droits.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre, la gélatine est en partie liquéfiée en trois ou quatre jours ; le liquide trouble renferme d’assez gros flocons d’un blanc sale. |

CULTURES SUR GÉLOSE. — On obtient une couche d’un brun très clair, café au lait, d’abord assez homogène et résistante, puis visqueuse, presque coulante.

(1) Jucxexacx, Beitrag zur Kenntniss des fadenziehenden Brotes (Zeitschr. für anal. Chemie, 1900, p. 73). — Tuomanx,| Beitrag zur Kenntniss des fadenziehenden Brotes Centralbl. für Bakt., 2 Abth., VI, 1900, p. 740). — Czanex et Kornaura, Ueber fadenziehendes Brotes (Zbid., IX, 1902, p. 683). — FunrMann, Ueber die Erreiger des Fadensziehens beim Brote (/Zbid., XV, 1905, p. 385).

(2) Vincenr, Sur les aptitudes pathogènes des microbes saprophytes (Ann. de l'Inst. Pasteur, XII, 1898, p. 785).

(3) SacquéPéEe, Infection secondaire par le B. mesentericus au cours de la fièvre typhoïde (Zbid., XV, 1901, p. 261).

(4) Hazz, Bacillus subtilis und B. vulgatus als Pflanzenparasiten (Centralbl. fàr Bakt.,2te Abth., IX, 1902, p. 643).

BACILLUS MESENTERICUS RUBER. 523

CULTURES SUR POMME DE TERRE. — La culture sur pomme de terre est plus spéciale. C’est en vingt-quatre heures une peau lisse, jaunâtre, qui brunit vite, devient sèche et ridée. Cette membrane est relativement mince et ne pénètre pas dans la substance du tubercule.

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Elles sont semblables à celles que donne l’espèce précédente.

BACILLUS MESENTERICUS RUBER GLogiG (1).

(Bacille rouge de la pomme de terre, Bacille de Globiq.)

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XLVI

C'est une espèce qui se développe assez fréquemment sur les pommes de terre malstérilisées, comme les précédentes. Elle y forme une culture d’un blanc rosé, à contours sinueux ; de consistance molle au début, celte culture prend une apparence membraneuse, puis se plisse, comme celle du Bacillus mesentericus fuscus.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Les bâtonnets mesurent environ 2,2 & de long sur 0,8 y. d'épaisseur; ils sont peu mobiles, rarement isolés, mais plutôt unis par trois ou quatre bout à bout. Ils produisent très facilement des spores ovoides plus larges qu'eux.

Ces spores sont très résistantes aux agents de destruction (2). Le sublimé à 1 p. 100 ne les tue qu'après un séjour de quatre-vingt-dix minutes. Les spores jeunes sont luées par un séjour de quatre heures et demie dans la vapeur d’eau à 100°; les spores vieilles de trois à quatre mois résistent plus longtemps et ne sont tuées qu'après cinq heures au moins. À l’autoclave, ces spores sont mortes au bout de dix minutes à 123°, de deux minutes à 127°, et périssent instantanément à 130°.

Coloration. — Les éléments se colorent bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram.

Cultures. — CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — Les colonies sont visibles au bout de quarante-huit heures, sous forme de petites taches circulaires, granuleuses, dont le centre présente une légère teinte jaunâtre, tandis que la périphérie reste transparente. A la fin du troisième jour, les bords des colonies perdent de leur netteté, il en part de petites houppes qui divergent en tous sens et se montrent, à un faible grossissement, formées de filaments brisés dont les articles sont réunis à angle droit ou obtus. Elles ont souvent alors l’apparence d’un oursin, parfois celle d’un réseau. La liquéfaction commence après le cinquième jour; une auréole de fluidification se montre entre le centre de la coloule, qui présente un aspect plus foncé, et la couronne que forment les filaments fadiaires. D’autres fois, il n’y a pas de tache centrale, c’est un cercle clair avec une auréole de courts filaments radiés. Au bout de huit Jours, toute la plaque est liquéfiée.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre, la liquéfaction commence vers

- (1) Gzromi6, Ueber einen Kartoffel-Bacillus mit ungewühnlich widerstandfähigen Sporen (Zeilschr. für Hygiene, II, 1888, p. 322). (2) LeGraIn, Sur le Bacille rouge de Globig (Revue méd. de l'Est, 1888, p. 595).

524 7 BACTÉRIACÉES.

le quatrième jour; 1l se fait un entonnoir de liquéfaction qui gagne peu à peu en profondeur et atteint, vers le sixième jour, les parois du tube. Le liquide est troublé par des flocons grisâtres qui tombent peu à peu en formant un dépôt nuageux ; à sa surface, flotte une pellicule homogène blanchâtre.

CULTURES SUR GÉLOSE. — À 35°, le développement est très rapide. En seize heures, toute la surface libre est recouverte d’une culture d’un blanc sale légèrement rosé. Puis la culture se plisse et devient plus franchement rosée. Cette colonie n’adhère pas du tout à la gelée. CULTURES SUR POMME DE TERRE. — La surface, ensemencée par plusieurs stries, se recouvre, en vingt-quatre heures, d’une culture d’un blanc rose, à contours sinueux. Cette culture se dessèche un peu, devient presque membraneuse, puis se plisse. Sur de très vieilles cultures, la teinte est devenue d’un gris rougeâtre sale, la surface est fortement plissée. Ces vieilles cultures dégagent une odeur intense de jambon cuit, qui disparaît assez vite dans les cultures successives. La matière colorante est insoluble dans l'alcool et dans l’éther. CULTURES DANS LE BOUILLON. — Dans le bouillon, à l’étuve, cette Bactérie forme en douze heures un voile assez épais; le liquide ne se trouble pas, mais brunit.

Cette espèce n’a aucune action pathogène sur les animaux d’expérience, même à très fortes doses.

Elle est très commune dans l’air ou dans l’eau et contamine souvent les milieux de culture grâce à la résistance de ses spores à la chaleur.

BACILLUS MEGATERIUM 2e Baryx.

ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XLIV

De Bary (1) l'a rencontré sur des choux cuits qui avaient été exposés à l'air; il a été retrouvé depuis dans divers liquides de macération, dans l'eau, parmi des Algues putréfiées, dans l’air, la terre.

Il est commun dans les poussières, dans la terre, dans les eaux.

Comme pour le Bacillus subtilis, il se pourrait qu'il existât plusieurs espèces à caractères très voisins; ce qui expliquerait les divergences qui se rencontrent dans les descriptions.

Caractères microscopiques. — Ce sont des bâtonnets cylindriques, à extrémités arrondies, mesurant 2,5 u de large. Dans les milieux nutritifs nouveaux, la longueur peut atteindre 3 5 &,6 u et même 10 Let 114; ce sont de larges articles droits ou souvent légèrement courbés, ce qui a fait parfois donner à l’espèce le nom de Bacille virgule géant, qui se multiplient par bipartition (fig. 111, 1). Ils ont des mouvements constants assez lents, et sont isolés, réunis par deux, en petitnombre ou en longues chaînes. Dans ce cas, ils ne sont pas accolés en droite ligne,

(1) DE Bary, Vergleichende Morphologie und Biologie der Pilze, Mycetozoen und Bacterien, p. 499. Leipzig, 1884.

BACILLUS MEGATERIUM. 525

exactement les uns contre les autres, mais se touchent un peu latéralement, comme les deux articles du numéro 1 de la figure. Ces bâtonnets âgés paraissent simples; cependant, lorsqu'on les traite par un réactif qui les contracte, l'alcool ou la teinture d'iode, par exemple, ils se montrent, à certains moments, formés de quatre à six articles à peine plus longs que larges (fig. 111, 2, 3, 4, 5, 6). Dans chacun de ces articles peut se produire une spore. À un moment donné, il apparaît dans le protoplasma une tache claire ronde (fig. 111, 3, 4), qui s'agrandit, devient ovale, prend des contours sombres et se transforme, en quelques heures, en une spore ovale, allongée, parfois un peu cylindrique, très réfringente, d'éclat bleuâtre, presque aussi longue que la cellule mère, mais bien moins large; sa largeur ne dépasse guère le tiers de celle du bâtonnet (fig. 111, 5, 6). Pendant la formation des spores,

Fig. 111. — Bacillus megaterium.

1, cellules végétatives mobiles ; 2, 3, 4, 5, 6, division en articles et formation des spores ; 7, spores libres ; 8, 9, germination des spores (d’après De Bary). 600/1.

le mouvement des cellules diminue, mais ne cesse jamais complètement. La spore est mise en liberté par résorption de la membrane de la cellule mère. On peut facilement suivre sa germination, qui se fait en quelques heures, lorsqu'on a eu soin de dessécher pendant vingt-quatre heures un produit de culture contenant des spores mûres. La membrane externe de la spore se rompt le plus souvent sur son plus petit diamètre, pour laisser sortir le jeune bâtonnet ; elle peut même rester accolée à lui pendant un certain temps (fig. 111, 8, 9). Les jeunes bâtonnets grandissent et se divisent en peu de temps.

Coloration. — Les bâtonnets se colorent bien aux solutions ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram. Cultures. — Il se cultive facilement sur les milieux ordinaires ; la

température la plus favorable paraît être celle de 200. C'est un aérobie strict.

CULTURES SUR PLAQUES DE GÉLATINE. — Les colonies sont rondes, grisâtres, finement granuleuses. Au microscope, elles ont un centre jaunâtre, entouré d’une masse grisâtre, sinueuse, vallonnée. Elles n'émettent pas de filaments radiaires ; lagélatine se liquéfie en cupuleautour d'elles.

CULTURES SUR GÉLATINE. — En piqüre, la colonie se développe rapidement à la surface et liquéfie lentement la gélatine en entonnoir. Il se

forme à la surface une pellicule grisâtre, épaisse ; le liquide sous-jacent est clair.

526 BACTÉRIACÉES.

CULTURES SUR GÉLOSE. — Il s'y développe une culture blanche, muqueuse, filante; la gelée ambiante peut prendre une nuance brune.

CULTURES SUR POMME DE TERRE. — Les cultures se développent très vite ; elles sont d'un blanc jaunâtre, muqueuses. |

CULTURES DANS LE BOUILLON. — Cette Bactérie se cultive dans le bouillon peptonisé en produisant un trouble el plus tard un voile. Elle n'y forme pas d’indol, mais pourrait dégager de l'hydrogène sulfuré. Dans les bouillons additionnés de sucres, elle ne paraît produire aucun phénomène de fermentation.

CULTURES DANS LE LAIT. — Elle produit une précipitation de la caséine et peut-être, tardivement, une faible peptonisation.

Le rôle général du Bacillus megäterium parait ressembler à eelui du Bacillus subtilis.

Il est un de ceux qui passént pour pouvoir fixer l’azote libre de l’atmosphère. Avec le Bacillus sublilis et d'autres microbes, il formerait la partie active du produit commercial désigné sous le nom d’A/inite, dont l'emploi est conseillé par certains pour enrichir certains sols en azote. Toutefois, le microbe le plus actif de ce produit serait une espèce distincte, quoique voisine, le Bacillus Ellenbachensis, dont il va être question ci-après.

Vincent est parvenu à le rendre virulent pour les animaux d’expérience, en procédant comme pour le Bacillus mesentericus (p. 522). Il l'a, de plus, rencontré seul dans l'enduit amygdalien d’une angine bénigne (1). Il se trouve fréquemment dans les angines, accompagnant les autres microbes actifs.

BACILLUS ELLENBACHENSIS STUTZER.

Il constituerait la partie la plus active du produit désigné sous le nom d'Alinite, fabriqué par la maison Bayer, d'Elberfeld, substance pulvérulente, gris jaunâtre, d’odeur de semences de Légumineuses, qui, mêlée au sol, favoriserait considérablement son enrichissement en azote (2). L'azote absorbé viendrait de l'atmosphère et serait fixé par action microbienne.

Ce produit renferme en abondance des spores microbiennes, surtout celles d’une espèce qui a été nommée Bacillus Ellenbachensis « par Caron, d'Ellenbach. Par ses divers caractères, ce microbe se rapproche beaucoup du Bacillus sublilis et surtout du Bacillus megaterium.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Ce sont des bâtonnets semblables à

ceux du Bacillus anthracis, mesurant de 3 à 6 & de long sur

(1) VincenT, Angine due au Bacillus megaterium (Presse médicale, 26 juillet 1902).

(2) Srurzer et Harrzes, Untersuchungen über das im Alinit enthaltene Bakterium (Centralbl. für Bakt , 2 Abth., IV, 1898, p. 31). — SroxzasA, Biologische Studien über Alinit (Zbid , p. 39). — Hreinze, Ueber die Bezichungen der sogenannten Alinibakterien zu dem Bac. megaterium bezw. zu den Heubacillen (/bid., VIIT, 1902, p. 391). — Severin, Beitrag zur Alinitfrage (Zbid., IX, 1902, p. 712).

BACILLUS ELLENBACHENSIS. 527

1,5 w à 2 u de large, à extrémités arrondies, ne restant jamais unis en longues chaînes comme on l'observe pour le Bacillus mycoides, animés de mouvements assez marqués, souvent onduleux.

Il s'y forme facilement des spores centrales, ellipsoïdes ou allongées,

mesurant 0,85 y de large sur une longueur de 1,5 & à 2 . La germination

se fait par un des pôles.

On observe fréquemment des formes d’involution.

Coloration. — Les bâtonnets se colorent bien aux méthodes ordinaires et restent colorés par la méthode de Gram. Cultures. — Sur plaques de gélatine, les colonies apparaissent en

deux ou trois jours comme de petits points blanchâtres. Vues à un faible grossissement, les colonies profondes sont arrondies, brun jaunâtre, granuleuses. Les colonies de la surface sont plus larges et montrent déjà autour d'elles un début de liquéfaction qui, en peu de temps, donne une cupule nette; au centre, on trouve la colonie sombre, montrant une zone marginale plus claire, formée d’une couronne de fins filaments radiaires, qui peu à peu se fond dans la gelée qui se liquéfie. Les colonies profondes, surtout quand elles proviennent de spores ayant été soumises à l'ébullition, émettent des prolongements filamenteux formant souvent des tresses.

Sur gélatine, en piqüre, on oblient une rapide liquéfaction en entonnoir et des flocons blanchâtres dans le canal.

Sur gélose, en strie, on voit déjà, en vingt-quatre heures à 22, de petites colonies rondes, blanchâtres; plus tard, on a un large revêtement blanc grisâtre ou jaunâtre, mat, qui peut se plisser et former un voile de même nuance sur l’eau de condensalion. Il ne se produit jamais une couche muqueuse, brillante, comme celle que donne le Bacillus megalerium.

Sur pornme de terre, il se fait un développement abondant, une pellicule blanche ou grisâtre, sèche, pas muqueuse. On n’a aucune coloraton, n1 de la colonie, ni de la pomme de terre.

Dans le bouillon, on a un trouble très rapide, puis, comme avec le Bacillus sublilis, un voile grisätre, plissé, parfois filant ; le liquide sous-jacent s'éclaircit peu à peu et montre un dépôt blanc grisâtre.

Dans le Jai, il se fait une coagulation de la caséine, sans qu'il y ait d’acidité ; il se forme un voile à la surface. La caséine coagulée se dissout très lentement et le liquide devient fortement alcalin.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

Ce microbe est aérobie vrai, quoique pouvant avoir un très faible développement en l'absence d'oxygène. Il produit une présure et un ferment peptonisant, mais pas d'amylase. Il y a formation évidente d’ammoniaque aux dépens des matières azotées.

Il attaque un peu les sucres, donne un peu d'acide avec le saccharose et le maltose, pas avec le lactose. Dans l attaque, il ne se produit pas de gaz.

il fixerait l’azote de l’air. D'après Jacobitz (1), cette fixation serait

(1) Jacosrrz, Beitrag zur Frage der Stickstoffassimilation durch den Bacillus ellenbachensis (Zeifschr. für Hygiene, XLV, 1903, p. 97).

très minime (Bactéries oligonitrophiles) en rapport avec celle que produiraient les vrais microbes fixateurs d'azote, du type Clostridium de Winogradsky et Azolobacter de Beijerinck.

La température optima serait de 28° à 30°, avec un minimum vers 12° et un maximum vers 40°.

BACILLUS RADICICOLA BENERINCK.

La pratique avait signalé depuis longtemps l'enrichissement notable des sols arables en matières azotées à la suite de cultures de Légumineuses, trèfle, luzerne, minette, pois, etc. Les expériences de Hellriegel. et Wilfarth (1), de Schlæsing et Laurent (2) ont démontré qu'il y avait bien réellement, dans ce cas, fixation et assimilation de l’azote atmosphérique et que ce phénomène était en rapportavec le développement, sur les racines des plantes en question, de petites nodosités spéciales. De plus, Hellriegel et Wilfarth ont pu conclure qu'il existait des rapports assurés entre le développement des nodosités et la présence de certaines Bactéries qui se trouvent dans la terre, pénètrent dans les tissus des racines et déterminent la formation de ces petites tumeurs.

Vuillemin (3) a constaté la présence, dans les nodosités bien formées, d’une substance granuleuse, renfermant un grand nombre d'éléments bactériens.

Beijerinck (4) a pu isoler le microbe en cultures pures. Il lui a donné le nom de Bacillus radicicola.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Les résultats obtenus par les divers expérimentateurs paraissent assez variables. A tel point que beaucoup ont conclu à l'existence de plusieurs espèces, se trouvant sur diverses Légumineuses. Buhlert (5), Süchtling (6), de Rossi (7) n’admettent qu'une seule espèce, présentant quelques variations suivant ses conditions d'adaptation; pour Mazé (8), la constitution du sol, surtout sa richesse ou pauvreté en chaux, pourrait intervenir. En raison des différences marquées que l’on observe suivant les espèces de Légumineuses,

(1) Hezrriecez et Wizrarra, Untersuchungen über die Stickstoffnahrung der Gramineen und Leguminosen (Zeitschr. d. Vereins für Rübenzuckerindustrie d. deut. Reiches. Berlin, 1888).

(2) ScHLosinG et avaene Recherches sur la fixation de l'azote libre par les PE (Ann. de l'Inst. Pasteur, VI, 1892, p. 65 et 824).

(3) VuizzemiN, Les tubercules radicaux des Légumineuses (Ann. de la sc. agronomique, V, 1888).

(4) BenEerincx, Die Bakterien der Papillionaceenknôllchen (Bofanische Zeitung, 1888).

(5) BuncerT, Untersuchungen über die Arteinheit der Knôllchenbakterien der Leguminôsen (Centralbl. für Bakt., 2e Abth., IX, 1902, p. 148).

(6) Sücamie, Kritische Studien über die Knôllchenbakterien (Zbid., XI, 1904, p. 377).

(2) De Rossi, Ueber die Mikroorganismen, welche die Wurzelknôllchen der Leguminüsen erzeugen (Zbid., XVIII, 1907, p. 289). — Studien über den Knüllchener zeugenden Mikroorganismus der Leguminüsen (Annali di Botanica, 1909).

(8) Mazé, Les microbes des nodosités des Légumineuses (Ann. de l’Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 44, et XII, 1898, p. 1 et 128).

BACILLUS RADICICOLA. 529

Zipfel (1) admet plusieurs espèces nettement distinctes par leurs caractères morphologiques et culturaux.

-Les éléments sont des bâlonnets mesurant de 2,5 y à 3,5 w de long, sur 0,5 u à 1 de large, droits ou légèrement courbés. Le plus souvent isolés, quelquefois réunis par deux, bout à bout, à extrémités arrondies. Ils sont lentement mobiles généralement, mais peuvent paraître immobiles. Dans les vieilles cultures, beaucoup sont vacuolisés,

Ils ne forment pas de spores.

Dans les nodosités, on trouve des formes spéciales, que l’on a dénommées bactéroïdes, éléments ramifiés, souvent en Y, gonflés, de formes irrégulières, contenus parfois dans une gaine gélatineuse. Ils proviendraient d’une transformation des Bactéries normales sous l'influence des acides organiques et des hylrates de carbone contenus dans les sucs de la plante, transformation en vue d'une fonction biologique spéciale ; Buchanan (2) en prend raison pour faire de ces microbes le genre spécial Rhizobium.

Goloration.— Les éléments se colorent bien aux méthodes ordinaires et se décolorent par la méthode de Gram.

Cultures. — Ce microbe est un aérobie vrai. Il ne se développe absolument pas dans l'azote pur. La température optima est 18°-20°.

On peut obtenir des cultures en brûlant, avec une tige de verre ou de métal chauffée, une place d’une nodosité de Légumineuse, et en enfonçant à cetendroit une fine pipette de verre stérilisée ; on ramène dans le tube un peu du magmainterne, qui estensemencédanslemilieu propice.

Les meilleurs milieux, pour le cultiver, sont les milieux solides, surtout à la gélose, préparés avec de la décoction de feuilles ou de graines de Légumineuses. Les milieux liquides, préparés de même, donnent un développement beaucoup moins bon ou même rien. On peut même ne rien obtenir aussi avec les milieux solides.

Sur gélose, préparée au bouillon de haricots blancs, d’après Mazé, on obtient, en quatre ou cinq jours, une culture muqueuse très épaisse, peu visqueuse, développant une forte odeur de fromage.

Sur gélatine, avec même bouillon, en piqûre ou en strie, le développement est lent et donne une culture blanche, assez épaisse, ne liquéfiant pas.

Dans le bouillon de haricots, il se forme un voile très fragile et très mince, et un dépôt abondant; le liquide est clair, mais visqueux, très épais. Il ne se forme pas d'indol dans les milieux peptonisés.

Le lait serait coagulé.

Dans les cultures, surtout un peu âgées, on trouve, à côté d'éléments normaux, des éléments renflés, sphériques, ou ramifiés comme les bactéroïdes des nodosités.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES

Le Bacillus radicicola pourrait, d’après Beijerinck, se développer de 0° à 37°, avec un optimum vers 15°; d'après Rossi, le développement ne

(1) Ziwrez, Beiträge zur Morphologie und Biologie der Kuëlchen-Bakterien der Leguminôüsen (Centralbl. für Bakt., 2te Abth., XXXIIT, 1911),

(2) BucHanan, The Bacteroids of Bacillus radicicola (Centralbl. für Bakt.,2te Abth., XXIIT, 1909, p. 59)

Macé. — Bactériologie, 6e édit. . II. — 34

D30 BACTÉRIACÉES.

commencerait que vers 4 ou 6°, aurait son optimum vers 25°, diminuerait notablement à 35°, pour ne plus se faire à 37°.

Il périt à une température de 60° à 70°; d’après Laurent, dans les nodosités, il pourrait supporter pendant cinq minutes une température de 90° à 95°.

Sa propriété la plus importante est l'assimilation de l'azote gazéux.

D’après Mazé, la matière visqueuse, qui se produit dans les cultures, doit être regardée comme une matière azotée provenant de la fixation de l'azote libre ; cette matière azotée pourrait être assimilée directement par la plante.

Pour Buchanan (1), la matière visqueuse se produirait exclusivement aux dépens des sucres. Elle ne renferme pas d'azote combiné et n’est pas dialysable; elle ne peut jouer aucun rôle dans l'assimilation de l’azote.

Le microbe vivrait dans le sol en saprophyte et parasiterait les Légumineuses au contact desquelles il peut se trouver. Abondant dans certains sols, il peut être rare ou faire complètement défaut dans d’autres, plus ou moins impropres alors au développement des Légumineuses et à la fixation d’azote.

On vend en Allemagne, sous le nom de nitragine, du produit de cultures du microbe, qui pourrait agir favorablement sur la fertilité de certains terrains.

BACILLES du type AZOTOBACTER BELERINCK.

Beijerinck (2) a isolé du sol et des eaux souillées plusieurs espèces de Bactéries qui présentent, comme caractère le plus intéressant, la propriété de fixer l'azote gazeux de l'atmosphère, paraissant ainsi jouer un très grand rôle dans la fertilisation des terres cultivées.

la cru devoir créer pour ces microbes un genre Azotobacter. Pour la plupart, ce sont de vrais Bacilles à ranger dans le genre Bacillus,

pouvant présenter des formes d’involution diverses, en coccus, en sar-

cines, en bâtonnets ramifiés, suivant l'influence des conditions de milieu ; d'autres seraient peut-être des Microcoques, ou des êtres d’autres séries.

Les formes bacillaires présentent certains rapports avec les Bacillus subtilis, Bacillus mesentericus.

Pour les isoler, il s’est servi de la méthode utilisée:par Winogradsky pour obtenir le Clostridium pasteurianum (p. 468), important fixateur d'azote, basée sur la propriété de se développer dans des milieux très pauvres en azote, contenant des matières sucrées et certains sels.

Il emploie la solution suivante :

Hau/ordinaire "tn er pe Rene FRERE 100 grammes. Manniter ten Chen OT QUE RÉORR FEnéd 2 — Phosphate/bipolassique "Er PEEEP PER REC e 332 0:r,02

On ensemence de ce liquide, mis en large surface dans de petits bal-

(1) Bucnanan, The Gum produced by Bacillus radicicola (Centralbl. für Bakt., 9te Abth., XXII, 1909, p. 371).

(2) a Ueber oligonitrophile Mikroben (Centralbl. für Bakt., 2€ Abth., VII, 1901, p. 561).

Fr l'SPrE

PACILLES DU TYPE AZOTOBACTER. 531

ions d’Erlenmeyer, avec 1 ou 2 centigrammes de terre de jardin fraiche apportant un peu de matière azotée, et on met à l’étuve de 27° à 30°. En deux ou trois jours, on trouve généralement à la surface une mince pellicule flottante, constituée par de gros éléments du microbe qu'il a nommé Azolobacter chroococcum.

En opérant de la mème façon, avec des sols divers et des eaux de canaux ou de fossés, on est arrivé à obtenir plusieurs espèces différentes.

Ces microbes végètent très mal en présence de fortes proportions de matières azolées ; pas ou difficilement dans le bouillon ordinaire ; Gerlach et Vogel (1) donnent même comme moyen de contrôler la pureté d’une culture, de faire un ensemencement dans le bouillon qui doit rester clair.

Voici les principaux caractères de ces microbes, qui ne peuvent guère être réunis qu'en raison d'une similitude d'action physiologique.

Azotobacter chroococcum. — Il a été obtenu comme il vient d'être dit. La pellicule, mince au début, croit et s’épaissit un peu. Après quelques jours, on y trouve beaucoup d’autres microbes, surtout de petits Bacilles, des Amibes, des Monades. Aussi, il faut remettre en culture tout au début, pour bien isoler l’Azo/obacter.

Le mieux est de se servir alors d’une gélose obtenue en ajoutant 2 p. 100 de gélose brute à la solution ci-dessus. Vingt-quatre heures après l’ensemencement, on trouve, à la surface, de petites colonies blanchâtres, opaques, ressemblant à de l'empois d’amidon, se distinguant nettement des autres colonies microbiennes transparentes. Les autres colonies cessent de s’accroître, tandis que celles de l’Azolobacter se développent encore pendant longtemps, deviennent de gros grumeaux muqueux. blancs. faciles à reconnaitre : il semble se produire, du fait de ces dernières, une sorte d action d'arrêt sur es autres.

Le développement s'obtient aussi sur divers milieux (2).

Sur gélatine ordinaire, la culture est peu abondante; la Hiquéfaction est faible ou nulle.

Sur gélose glucosée à 4 p. 100, la culture est plus forte ; le milieu se colore par diffusion en brun noirâtre.

Sur pomme de terre, il se fait au début une culture peu visible, transparente ; elle devient, avec l’âge, muqueuse, brunâtre, parfois même plissée comme celles du Bacillus mesentericus.

Dans le lait, le développement se fait bien. Il ne se produit pas de coagulation ; le liquide s’éclaircit peu à peu et peut devenir comme de l’eau.

Dans les cultures, jeunes surtout, on trouve des Bacilles de 4à 5 4, Jusqu'à 7 y de long ; ou des bâtonnets courts, où même de gros diplocoques ; il en est qui montrent même des paquets à aspect de Sarcines, où les éléments, très gros, pouvant atteindre 10 à 15 4, sont unis par une sorte de gelée, formant souvent une véritable capsule.

(1) GerLacx et Vocer, Versuche mit stickstoffbindenden Bakterien (Centralbl, für Bakt., 2 Abth., VIIL, p. 669; IX, p. 817; X, p. 636).

(2) FU Beitrage ZUr Kenntniss der Stickstoftbakterien, I. — Lôünnis, Przzai, WESTERMANN, Ucben Stickstoffixicrende Bakterien II, III, IV (Centralbl. für

Bakt., 2% Abth., XIV, 1905, p.582; XIX, 1907, p. 87: XX, 1908, p. 781; XXII, 1908 P. 234).

532 BACTÉRIACÉES.

On trouve quelques éléments mobiles dans les jeunes cultures ; les autres sont plutôt immobiles. Tous montrent, à l’aide des colorations | spéciales, un seul cil polaire.

Tous les éléments se colorent bien aux méthodes ordinaires et se décolorent à la méthode de Gram.

Azotobacter agile. — Il a été isolé par Beïjerinck d'une eau de canal, où il accompagnait l'espèce précédente. Il ne l’a pas rencontré dans la terre. Son isolement a été obtenu en opérant comme précédemment.

Il se développe bien mieux avec le glucose et le lévulose ; mais, pour un premier isolement, il est encore bien préférable de se servir de mannite qui nourrit moins bien les microbes étrangers, surtout le ferment acétique qui se rencontrerait fréquemment dans ces conditions.

On obtient la production d’une même pellicule qu'avec l’Azolobacter chroococcum, mais plus tardive, n’apparaissant qu'après trois à sept Jours, moins muqueuse, plus fragile, se dissociant très vite.

La culture brute fourmille bientôt de Spirilles, Monades, Amibes, Infusoires ; il faut, pour l'isolement, la prélever aussitôt que possible. On la transporte sur d’autres milieux.

Sur gélaline ordinaire, le développement reste assez minime; ilya formation d’ammoniaque ; pas de liquéfaction.

Sur gélose, la culture est plus abondante, surtout sur gélose glucosée à 2 p. 100 avec 08r,02 de phosphate bipotassique; vers 30°, déjà après vingt-quatre heures, on trouve de petites colonies qui ne s’accroissent que très lentement. Le milieu se colore quelquefois en violacé, par diffusion. En ajoutant 0%,5 p. 100 de propionate de chaux, il se fait, autour des colonies, une sorte d’auréole fluorescente jaune verdâtre.

Sur pomme de lerre, on n'obtient rien.

Dans le /ail, cette espèce se comporte comme la précédente.

Les éléments sont gros et transparents, rappelant de petites Monades.

Ils ont la forme de bâtonnets ou de coccus et sont toujours nettement mobiles, avec 6 à 14 cils en faisceaux polaires. On ne constate jamais de spores.

Azotobacter Vinelandii. — Il a été isolé du sol par Lipman (1), ressemble assez à lAzolobacter chroococcum, s’en distinguant par la présence de formes d’involution ramifiées ou piriformes, et par ce que beaucoup d'éléments restent encore faiblement colorés par la méthode de Gram.

Azotobacter Beijerinkii. — C'est encore un microbe isolé par Lipman (1). Les éléments sont ovales, plus gros que ceux de l’Azotobacter chroococcum ; ils sont isolés, réunis par deux ou en chaînes de cinq, toujours immobiles.

Sur gélose mannitée, il donne des colonies blanches ou jaunes, renfermant beaucoup de formes en Sarcines.

Sur pomme de lerre, une culture jaunâtre, brillante, pouvant devenir brune.

(1) Lipmax, Ann. report of the New-Jersey agric, exp. Stalion, 1904, p. 235 ,; 1905, p. 254.

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