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PREFACE

Depuis la publication de la première édition de notre Traité, la chirurgie orthopédique a fait de rapides et d'importants progrès .

Des méthodes thérapeutiques nouvelles permettent de guérir des difformités qui naguère étaient considérées comme audessus des ressources de l'art.

Une connaissance plus approfondie de l'anatomie, de la physiologie pathologique et de la symptomatologie, permet d'appliquer, avec précision et sécurité, le traitement chirurgical ou orthopédique qui convient à chaque cas.

Dans cette deuxième édition, nous signalerons les perfectionnements réalisés, dans ces dix dernières années^ pour le traitement de quelques affections orthopédiques. Nous décrirons surtout, nous appuyant sur notre pratique, les nouvelles méthodes de traitement des luxations congénitales de la hanche, des déviations du rachis, du mal de Pott, du pied bot, des difformités d'origine nerveuse.

Nous insisterons enfin sur la précision que la radioscopie et la radiographie donnent au diagnostic et au traftement d'un grand nombre de difformités.

DE

HISTOIRE DE L'ORTHOPEDIE

Avant la création du mot Orthopédie , les anciens avaient reconnu la nécessité d'étudier le traitement des difformités.

Hippocrate établissait une division entre les déviations du rachis de cause externe et de cause interne. Aux premières, on opposait L'extension et la contre-extension combinées à la pression exercée sur la gibbosité. Contre les secondes, on employait le procédé barbare de la succussion qu'Hippocrate signale d'ailleurs pour le combattre. Bans son chapitre sur les maladies des articulations, le médecin grec indique les moyens de redresser et de maintenir le pied bot après l'opération.

Certaines dénominations anciennes que la médecine a gardées prouvent que les difformités étaient déjà l'objet d'une étude spéciale. C'est ainsi que les mots grecs lordose, scoliose, cyphose, nous sont venus de Galien.

Pendant longtemps et jusqu'à Ambroise Paré et Fabrice de Hilden, les notions d'orthomorphie ne firent guère de progrès.

Les Arabes ne nous ont laissé que des compilations et peu de travaux originaux. Leur chirurgie, sous le rapport de l'orthopédie, n'est qu'un reflet des anciennes traditions. La question. des cals difformes est cependant discutée. Rhazès repousse les procédés brusques et violents. Avicenne pense que la rupture du

cal peut être obtenue par des moyens de douceur qui n'exposent pas à une nouvelle fracture.

Avec Ambroise Paré, la chirurgie brille d'un nouvel éclat. Les travaux de ce chirurgien,. ceux de ses élèves et de ses successeurs, préparent les bases même de l'orthopédie qui va prendre corps avec la publication d'Andry.

Les déviations du rachis, le pied bot, sont cependant les seules difTormités qu'étudient les chirurgiens de cette époque. Ambroise Paré imagine un corselet d'acier, une bottine pour corriger le pied bot, un doigtier pour suppléer à l'action des tendons des extenseurs du pouce, sectionnés à la suite de blessures.

Arcœur, chirurgien espagnol, contemporain d' Ambroise Paré, invente quelques appareils orthopédiques.

Pendant longtemps encore, les appareils jouent le principal rôle, soit pour corriger les déformations, soit pour suppléer à quelque impotence fonctionnelle.

Les moyens mécaniques, plus ou moins ingénieux, consistent toujours dans les pressions, l'extension. C'est ainsi que, dès 1660, Glisson emploie Textension et la suspension au moyen d'un collier, dit escarpolette anglaise^ par un procédé analogue à celui recommandé dans ces dernières années par L.-A. Sayre,de New-York.

Nuck et Soîingen inventent un collier très ingénieux destiné au traitement du torticolis.

L'année 1641 marque un progrès important dans l'histoire de l'orthopédie. A cette date L Minnius sectionne à ciel ouvert le sternocléido- mastoïdien. Tulpius, Flurianus, Mekren, Blasius, Roonhuysen (1670), suivent son exemple.

Cheselden recommande, en 1740, l'usage de bandes adhésives dans le traitement du pied bot. Cette méthode, appliquée au traitement d'autres difformités, s'est aujourd'hui généralisée et rend les plus grands services dans la pratique orthopédique.

Bientôt Andry publie, en 1741, son ouvrage Y Orthopédie ou fart de corriger^ dans les enfants, les difformités du corps. D'après cet auteur, le mot orthopédie qu'il propose le premier, dérive des deux mots grecs : opQôç, droit; Tcalçv, enfant. De Saint-Germain se demande si ce mot a bien réellement Fétymologie qu'on lui donne et s'il ne vient pas plutôt de itaios'.a, éducation; orthopédie voulant dire : éducation correcte de l'enfant.

Quoi qu'il en soit de cette question, il est juste de reconnaître

que c'est à Andry que Von doit le premier traité sur la matière. Cet auteur a eu, le premier, l'idée de centraliser dans un ouvrage d'ensemble tout ce que l'on savait à cette époque sur les causes, les symptômes, le traitement des difformités. On trouve dans cet ouvrage, publié à l'âge de quatre-vingts ans, des notions pratiques sur les causes des déviations de la taille et sur leur traitement. Andry accorde une grande influence à l'hygiène scolaire.

L'œuvre d' Andry ne fut suivie que de quelques travaux peu importants sur des appareils mécaniques empruntés au passé et modifiés.

Levacher (1768) propose une machine à extension pour le traitement des incurvations du rachis chez les enfants.

Portai publie, en 1779, son livre sur la Nature et le traitement des incurvations du rachis et des membres, et insiste sur la valeur du traitement préventif des difformités.

André Venel (1780) crée un établissement orthopédique à Orbe, dans le canton de Vaud, et publie, en 1778, une brochure dans laquelle il expose le traitement des déviations de la taille et décrit, le premier, le lit à extension, m.oài{\é, plus tard par Heine de Wurzbourg et importé, en France, en 1823, par Milly. 11 invente son appareil pour le traitement du pied bot, le sabot de Venel.

Vers la même époque, Typhaine et Yerdier exercent l'orthopédie à Paris, Jackson et Sheldrake à Londres, Bruckner et Heine en Allemagne.

Yers 1793, Jaccard succède à Venel.

D'Ivernois etE. Mellet, élèves de Venel, fondent, à Paris, des établissements orthopédiques. On doit à Mellet (1823) une thèse sur la torsion des pieds, dans laquelle il décrit les appareils de Venel et Jaccard, et un intéressant Manuel pratique d'orthopédie (1836).

En 1827, paraît la Méthode nouvelle pour le traitement des déviations de la colonne vertébrale, de G. -G. Pravaz.

En 1829, les Recherches sur les principales difformités du corps humain, de Jalade-Lafond; en 1833, V Orthopédie clinique, de G. -A. Maisonnabe; en 1838, le Traité des difformités du système osseux, de Humbert et Jacquier.

Jusqu'à ce moment, les progrès consistent à peu près seulement dans l'amélioration des appareils; les déviations du rachis, les pieds bots sont les seules difformités orthopédiques étudiées. Signalons

cependant les travaux de Richter sur le torticolis, ceuxdeDuverney, J.-L. Petit sur les affections articulaires et osseuses.

Avec le xviii'' siècle commence Fère véritablement scientifique de l'orthopédie. A l'empirisme des premiers chirurgiens succède l'étude raisonnée des causes, des lésions anatomiques, de la physiologie pathologique des difformités sur lesquelles se basent des traitements rationnels.

Palletta publie ses remarquables études anatomiques sur la luxation congénitale de la hanche et complète l'histoire de la spondijlite déjà étudiée par Percival Pott.

Scarpa publie, en 1802, son admirable travail sur les pieds bots et donne une étude complète de l'anatomie pathologique du pied varus, que les descriptions modernes ont peu modifiée.

La Société de médecine de Londres met au concours en 1822 : De la valeur des moyens mécaniques dans la cure des difformités de la colonne vertébrale.

Bampfield, J. Shaw [On the nature and treatment of distorsions^ 1823; Further observations on the latéral curvature of the spine), Dods (O^i^/^e^/jme), Ward, publient d'importants mémoires sur ce point.

En 1821, Dupuytren pratique la ténotomie sous-cutanée du sterno-cléido-mastoïdien, adoptée par Dieffenbach (1830), Stromeyer (1836), Syme (1833), Bouvier (1836), J. Guérin (1837).

Le célèbre chirurgien publie, en 1882, ses travaux sur les luxations congénitale de la hanche.

Les établissements pour le traitement des difformités se multiplient : Heine fonde un institut orthopédique à Wurzbourg, Humberg àMorley (Meuse), Milly à Ghaillot (1846), Pravaz à Lyon (1845), Delpech à Montpellier.

Yers 1830, il existait, à Paris, huit ou dix instituts orthopédiques.

Yers l'année 1827, on note une réaction contre l'abus des appareils mécaniques et des lits à extension.

Lachaise, un des premiers, critique l'usage exclusif des lits à extension qui ne doivent, à son avis, servir que comme des moyens adjuvants; avec An dry et Portai, on insiste sur la valeur de la gymnastique et du traitement préventif.

Avec Delpech, Pravaz, l'hygiène et la gymnastique reprennent le rang qui leur est dû dans la prophylaxie des déformations.

HISTOIRE DE L'ORTHOPEDIE 5

L'Académie des sciences met au concours, pour l'un des prix Montyon, la question du Traitement des difformités par la gymnastique et les appareils mécaniques.

Après trois concours infructueux, huit ans après l'ouverture du concours, J. Guérin et Bouvier remportent le prix.

Parmi tous les chirurgiens auxquels revient le mérite de la renaissance de l'orthopédie au commencement de ce siècle, Delpech se distingue entre tous par ses remarquables publications. Résumant les travaux de ses devanciers, ajoutant le fruit de ses propres recherches, il publie (1829), un Traité d'Orthomorpliie dans lequel il étudie la pathogénie, les états morbides qui sont le point de départ des difformités, le rôle des muscles dans les déviations, l'anatomie pathologique. Il donne, en détail, le traitement hygiénique, gymnastique, médical ou opératoire, suivant les cas. Delpech a le mérite d'avoir indiqué les ressources que la chirurgie peut fournir à l'orthopédie. C'est à Delpech que revient l'honneur d'avoir, le premier., fait, en 1816, la section sous-cutanée du tendon d'Achille. Jusqu'à ce moment les sections tendineuses avaient été pratiquées à ciel ouvert (I. Minnius (1633), Lorenz(1782), Thilénius (de Francfort) (1784). Delpech fit voir l'innocuité de la méthode sous-cutanée. L'exemple de Delpech ne tarde pas à être suivi. Dupuytren (1821), Stromeyer (1833), D.-L. Rogers (1844), Gunther, Dieffenbach, Gooper, Little adoptent la ténotomie souscutanée. De Serre, Sédillot, Bouvier, Duval, Philips, Bonnet, mais surtout J. Guérin, en proclament l'utilité et les nombreuses applications.

De nombreux abus suivent la découverte de la ténotomie souscutanée, la section des tendons ou des muscles paraissent devoir guérir toutes les difformités. Avec Duchenne (de Boulogne) et quelques médecins instruits, on reconnaît que les causes des difformités tiennent à des lésions musculaires et nerveuses variées, les unes justiciables delà ténotomie, les autres devant être traitées par l'électricité, l'hydrothérapie, la gymnastique, etc.

Deux noms doivent être associés à celui de J. Guérin dans cette brillante période de la chirurgie orthopédique, ceux de V. Duval et de Bouvier. Y. Duval pratique un des premiers, après Delpech, les ténotomies sous-cutanées et démontre la valeur de cette opération dans son excellent Traité pratique du pied bot, réédité récemment par son fils E. Duval, avec des additions importantes. Malgré

les injustes tracasseries dont il est l'objet, il dirige avec éclat la consultation hebdomadaire d'orthopédie du Bureau central, créée par arrêté du Conseil général des hospices en 1831.

J. Guérin attire l'attention du monde médical par son enseignement clinique à l'hôpital des Enfants (1838), par ses études sur les lits orthopédiques, la ténotomie, les déviations du rachis. Malgré les services rendus, J. Guérin, n'appartenant pas au monde officiel, est congédié et privé de son service d'hôpital, en 1848.

Bouvier commence ses études d'orthopédie dans son établissement de Chaillot, Bientôt nommé médecin des hôpitaux, en 1831, il finit par obtenir un service de médecine à l'hospice des Enfants trouvés (1838), puisa l'hôpital des Enfants. 11 publie un mémoire sur le pied bot et son traitement par la section du tendon d'Achille, il indique la cause des insuccès. Il recommande une seule incision à la peau et au lieu de laisser le pied dans l'extension, comme le faisait Delpech, il le place de suite dans la flexion. Il démontre le rôle exagéré que l'on a voulu faire jouer à la rétraction musculaire, particulièrement pour les déviations du rachis. Il faudrait une longue bibliographie pour donner une idée de l'importance des travaux de Bouvier sur l'orthopédie. Nous nous contenterons de citer ses recherches sur les corsets, sur le mal de Pott, le torticolis , la paralysie musculaire atrophique. Ses leçons sur les Affections du système locomoteur (1838) contiennent de précieux documents sur l'anatomie et la physiologie pathologique des difformités.

P. Bouland fut le digne collaborateur de Bouvier dans plusieurs de ses travaux, et publia des mémoires originaux très importants sur les scolioses.

A. Bonnet (de Lyon) fait paraître, en 1841, son Traité des sections tendineuses et musculaires^ et quelques années plus tard un Traité des maladies des articulations.

C.-G. Pravaz (de Lyon) publie d'intéressants mémoires sur le traitement des difformités et particulièrement le Traité théorique et pratique des luxations congénitales du fémur (1847).

Citons encore les tentatives deLouvrier (1837), pour la rupture des ankyloses au moyen de puissantes machines. Cette méthode abandonnée en raison des nombreux insuccès du début, fut perfectionnée et heureusement reprise par Dieffenbach, Palasciano, Bonnet (de Lyon). Elle devient le point de départ des études sur

rostéoclasie que Delore applique, dès 1865, au traitement du genu valgum.

En 1813, Lemercier , chirurgien français, résèque les deux fragments du tibia pour un cal vicieux.

En 1834, Glémot (de Rochefort) ouvre une ère nouvelle à l'ostéotomie en créant son procédé d'excision cunéiforme du cal.

En 1840, Jobert de Lamballe fait la première ostéotomie pour redresser une courbure rachitique.

Velpeau émet l'idée, en 1839, d'appliquer la resection cunéiforme aux déviations du pied, du genou, du poignet et du coude.

En 1847, MaisonneuVe pratique la première opération d'ostéotomie pour ankylose de la hanche.

Malgaigne (1847) signale, en termes précis, l'idée et le manuel opératoire de l'ostéotomie sous-cutanée pratiquée plus tard par Meyer et Langenbeck.

Les citations précédentes démontrent la priorité des chirurgiens français pour la plupart des opérations importantes de chirurgie orthopédique.

Les chirurgiens étrangers prennent aussi une grande part dans les progrès orthopédiques de cette époque, appliquent les méthodes sanglantes opératoires à la cure des difformités.

En Italie, paraissent les travaux de Gittadini (1820) et de du Canus (1838) sur le traitement chirurgical des pseudarthroses ; ceux de Portai (de Palerme) et de Gherardi sur les cals difformes ; ceux de Petrali (de Yicenze) et de Bertrandi (de Milan), sur les difformités osseuses. Bruni (de Naples) et Garbonai (de Florence) dirigent des établissements orthopédiques.

Yers 1843, Rizzoli propose la fracture du fémur sain dans le but de raccourcir le membre correspondant et de lui donner la même longueur que son voisin, plus court à la suite de fracture.

Il fait voir l'importance de l'ostéoclasie etinventeun ostéoclaste, macchinetta ossifraga, qu'il applique au traitement de l'ankylose de la hanche, du genou, des luxations.

Il applique l'ostéotomie linéaire à la cure des contractures de la mâchoire.

En Allemagne, les chirurgiens démontrent, par de nombreuses opérations, la valeur des ostéotomies et des resections.

Dès 1826, RheaBarton (de Philadelphie) sectionne le fémur dans un cas d'ankylose de la hanche. Vilcox pratique, en 1849, la

resection de la hanche. David L. Roger (1834) et Detmold pratiquent, les premiers, en Amérique, des ténotomies et des myotomies sous-cutanées.

Valentine Mott (1842) dans ses Voyages dans l'Est et en Europe^ exprime son admiration pour la science orthopédique telle qu'il l'a vue pratiquer à Paris. La mort soudaine de V. Mott ne lui permet pas de réaliser son projet de création d'un institut orthopédique à New-York.

Chase (1842) publie un mémoire sur le traitement du pied bot sans ténotomie. Muller (1845) fait un travail sur le même sujet. H.-J. Bigelow, dans son important Manual of Orthopœdic Surgeri/ (1843), fait une large part au traitement chirurgical des difformités, par les myotomies sous-cutanées. Avec le pied bot, les déviations rachidiennes, le torticolis, il s'occupe du traitement du bégaiement et du strabisme.

Quelques années plus tard, vers 1832, David Green invente les appareils à traction élastique, perfectionnés plus tard par Barwell, Bruns, et recommande un très ingénieux appareil d'extension destiné aux affections de la hanche.

n.-F. Taylor invente son appareil pour le traitement mécanique du mal de Pott. Bauer, L.-A. Sayre, G. -F. Taylor et l'Ecole orthopédique américaine s'occupent du traitement préventif et ciiratif des difformités succédant à des affections articulaires. Ils démontrent la valeur du traitement mécanique par des appareils et des attelles à traction et à extension.

L.-A. Sayre pratique un des premiers, en 1854, la resection de la hanche, propose en 1862 son opération pour le traitement des ankyloses de la hanche, et invente, quelques années plus tard, de très nombreux appareils orthopédiques, parmi lesquels l'admimirable corset plâtré.

En Allemagne, Ross, Wildberger, Eulenburg, Meyer, Heine (de Wurzbourg), Berend, Bruns (de Tubinge), s'occupent surtout du traitement opératoire des difformités. Meyer et Langenbeck appliquent l'ostéotomie sous-cutanée au traitement des cals vicieux et des courbures rachitiques. Werner publie un intéressant mémoire : Refonn der Orthopœdie, Berlin, 1851.

Les Instituts orthopédiques de Berend (fondé en 1840), d'Eulenburg (fondé en 1851), de Lôwenstein à Berlin, de ZahnàJNuremberg, de Hessingà Gôggingen près d'Augsbourg, de Kriegel et Nuss-

baum à Munich, sont florissants et reçoivent de nombreux malades.

En Angleterre, Little fonde à Londres le Royal Orthopœdic IIospital. Le National et le City Orthopsedic Hospitalsont destinés au traitement des difformités.

Bishop, Tamplin, AV. Adams, Brodhurst, Lonsdale, Little, M. Roth, L.-J. Chance, Bigg- publient leurs intéressants travaux sur l'orthopédie.

De 1860 à 1870, paraissent les travaux de Malgaigne {Leçons d'orthopédie, 1862), de G. Gaujot et E. Spillmann [Arsenal de la chirurgie contemporaine^ 1867), en France; de G. Fischer, de Klopsch, de R. Nitzsche (de Dresde), de Goldschmidt, deLorinser, de Langgaard {Zur Orthopœdie),^^ L. Bauer, de Scharlau {Handbuch der orthop. Chirurgie, 1870), de Bœttg-er [Beitrage zur Orlhopœdiçk, 1871), de Langenbeck, en Allemagne; de L.-J. Chance,' Heather H. Bigg, Little, AV. Adams [Club-foot, 1860)^ Barwiell {On the cure of club-foot), en Angleterre; de Bauer, D. Prince [Orthopsedics for 1866), Ph. Wales {MecJianiccd therapeutics, Philadelphie, 1867), en Amérique.

Les opérations chirurgicales pratiquées pour les difformités étant souvent suivies d'accidents, sont combattues par quelques orthopédistes, timidement pratiquées par d'autres.

De 1870 à 1890, les progrès obtenus en orthopédie sont considérables.

Ces progrès sont dus à l'étude plus scientifique des difformités par des chirurgiens instruits et possédant des connaissances médicales générales, aux ressources créées par la chirurgie antiseptique qui permet de faire, avec sécurité, toutes les opérations orthopédiques nécessaires, à l'association dans une juste mesure des moyens chirurgicaux aux moyens mécaniques, anciens ou nouveaux.

Le bistouri, l'ostéotome, la scie deviennent de puissants auxiliaires dans le traitement des difformités, incurables par d'autres moyens.

\^ ostéotomie est appliquée à la cure des cals vicieux (Lister, Bardeleben, Richet, Lefort, Verneuil, Ollier, Poncet); des ankyloses de la hanche (Adams, Gant, L.-A. Sayre, Volkmann); des courbures rachitiques (AVahl, Howard Marsh, Bœckel, Lannelongue) ; du genu valgum (Max Schede, Volkmann, Billroth, Annandale, Ogston, Reeves, Messenger Bradley, Riedinger, Chiene, AV. Macewen, Démons, Beauregard). AA'". Macewen

fait surtout connaître la valeur de l'ostéotomie, et particulièrement de V ostéotomie cunéiforme , appliquée à la cure des difformités.

Les sections osseuses, les diverses resections totales ou partielles des os du tarse sont appliquées à la cure du pied bot (Weber, Davis Colley, Little, Lund, Ried, Rupprecht, Kocher, Hahn, E. Bœckel, Gross, Margary, Chauvel, A. Paci, Lannelongue, Lucas-Championnière, Gh. Nélaton). Gette magnifique méthode chirurgicale transforme le traitement de cette difformité et permet la guérison des cas les plus graves, les plus invétérés.

Les resections osseuses articulaires sont largement appliquées à la cure des difformités et donnent de brillants résultats. Ollier publie ses remarquables travaux sur ce sujet.

Uostéoclasie manuelle de Delore (de Lyon), ou instrumentale, prend une extension considérable. Gollin et Y. Robin (de Lyon) ont le mérite de construire des ostéoclastes reposant sur des données scientifiques. V. Robin a le très grand mérite de créer une véritable méthode nouvelle d'ostéoclasie, qui rend tous les jours d'immenses services dans le traitement des difformités.

L'Ecole de Lyon, toujours au premier rang pour le traitement des -affections orthopédiques, avec Ollier, V. Robin, D. Mollière, Vincent, A. Poucet, Tripier, Levrat, perfectionnent les méthodes d'ostéoclasie et l'appliquent avec succès au traitement des ankyloses et des déviations latérales du genou.

Aysaguer (1879), Gampenon (1883), Pousson (1886) publient de remarquables travaux sur l'ostéotomie et l'ostéoclasie.

Les interventions sanglantes sont proposées pour la cure des luxations congénitales de la hanche (Margary, Hoffa).

Les sections tendineuses à ciel ouvert sont fréquemment pratiquées dans des cas spéciaux, et quelques chirurgiens ont même de la tendance à les substituer dans presque tous les cas aux sections tendineuses sous-cutanées (Volkmann, A. Lorenz).

A. -M. Phelps (de New-York) publie son importante méthode de traitement du pied bot par les sections tendineuses et hgamenteuses.

UArthrodèse^ récente conquête de la chirurgie orthopédique, grâce aux travaux d'Albert (de Yienne), Yon Lesser, Zinsmeister, J. Wolff, Karewski, Defontaine, Petersen, Ogston, a ses applications dans de nombreux cas.

Grâce aux travaux précédents, la chirurgie, malgré quelques abus, est aujourd'hui inséparable de l'orthopédie. Ses indications

HISTOIRE DE L'ORTHOPEDIE 11

sont nettement posées, les procédés opératoires sont précis et appropriés aux différents cas.

Les résultats obtenus par le traitement mécanique , la mécanothérapie, ne sont pas moins importants.

Les exercices orthopédiques, de suspension et de redressement basés sur l'étude de la physiologie des mouvements ont pris dans ces derniers temps une juste extension. La méthode de redressement brusque ou forcé, particulièrement utile dans le traitement du pied bot, des ankyloses, du genu valgum, des luxations, mal appliquée au début, tend à reprendre la place qu'elle mérite.

Le corset plâtré de L.-A. Sayre (1874), malgré d'injustes critiques, reste un appareil de premier ordre qui rend des services signalés dans le traitement des affections du rachis.

Les appareils à immobilisation, à extension continue, surtout recommandés par Lannelongue et les chirurgiens américains, les appareils à traction continue , à traction élastique , les bandages adhésifs, sont mieux connus et journellement appliqués dans les difformités articulaires. Les chirurgiens américains contribuent pour une large part au traitement des difformités à la suite des maladies articulaires, et nous aurons souvent l'occasion de signaler les ingénieux appareils qu'ils ont proposés.

Les appareils, bandages, corsets que le chirurgien peut construire lui-même, appareils rigides de contention ou de redressement, principalement les appareils plâtrés, aujourd'hui très perfectionnés, donnent des cures rapides et brillantes.

Quant aux appareils orthopédiques, on sait aujourd'hui à quel point l'art du constructeur est poussé et quels ingénieux mécanismes sont journellement proposés. L'orthopédiste, au courant de la partie mécanique de sa spécialité, donne ses indications pour la construction de ces appareils, les modifie suivant les besoins et surveille leur application.

D'importants travaux [G.-H. Meyer.Die Statikund Mechanik des menschlichen Knochengeruestes ; Hueter. Aetiologie clerFusswurzel- Contracturen, A?'ch. f. Klin. Chir., 1863, t. IV, et Klinik der Gelenkkrankh. Leipzig, 1870), sont faits sur la statique et la mécanique animale.

La gymnastique, basée sur les connaissances physiologiques et sur des principes rationnels, devient un des plus puissants auxiliaires du traitement des difformités.

Les continuateurs de Ling, et particulièrement Zander (gymnastique suédoise), attirent l'attention sur les services que la gymnastique manuelle et mécanique, les exercices orthopédiques et les exercices respiratoires peuvent rendre à l'orthopédie.

La gymnastique manuelle, les manipulations, surtout dans le traitement des scolioses et du pied bot, le massage, sont d'une application journalière dans le traitement des difïormités.

L'électricité s'adresse aux difformités d'origine nerveuse et musculaire, qui sont devenues un chapitre important de la chirurgie orthopédique.

L'étiologie, le traitement préventif, consistant à diriger, dans une bonne voie, le développement régulier de l'individu et à supprimer toutes les causes qui peuvent le faire dévier, sont mieux connues.

Dans l'étude des scolioses, on recherche les causes de cette difformité, si difficile à traiter. On insiste sur le traitement préventif, sur rinfluence des causes prédisposantes, mauvaises attitudes, hygiène scolaire défectueuse. Le traitement des difformités se ressent de la connaissance plus précise de l'étiologie.

Malgré les immenses progrès réalisés en orthopédie, il existe encore de nombreuses obscurités et des contradictions, surtout dans les indications du traitement de certaines difformités. Nous ne doutons pas que, grâce au concours des chirurgiens de valeur, en Europe et aux Etats-Unis, qui étudient cette spécialité, aujourd'hui réhabilitée, les quelques desiderata qui existent encore ne disparaissent bientôt.

Parmi les ouvrages d'orthopédie générale, publiés dans ces dernières années, nous citerons :

Holmes. — Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants. Trad. par 0. Larcher. Paris, 1870.

E. Kormann. — Compendium der Orthopœdie. Leipzig, 1873.

Schildbach. — Orthopœdische Klinik. Leipzig, 1877.

B. Brodhurst. — Orthopœdie Surc/ery, 1876.

H. Heather Bigg. — Orthopraxy . The mecaniccd treatment of deformities^ 1877.

A. Dubreuil. — Éléments cV orthopédie, 1882.

P. Yogt. — Moderne Orthopddik, 1883.

L.-A. Sayre. — Leçons cliniques sur la chirurgie orthopédique^

De Saint-Germain. — Chirurgie orthopédique^ 1882. F. Busch. — Allgemeine Orthojjœdie, Gijmnastik tmd Massage, Leipzig-, 1882-

A. -H. Reeves. — Bodily Beformities and their treatment, 1886. Die Chirurgischen Erkrankungen des Kindesalters, par F. Beely,

F. Trendelenburg, E. von Wahl, F. Meusel, J. Bokai, T. Rocher,

G. von Mosengeil, 0. Witzel.

A. Schreiber. — Allgemeine und Specielle- Orthopœdische Chirurgie^ 1888.

W. Pye. Surgical treatment of the common Beformities of children. London, 1889.

E.-H. Bradfordet R.-W. Lovelt. — Treatise on Orthopédie Surgery. New-York, 1890.

The surgical Diseases of children^ de Edmund Oiven, traduit récemment par 0. Laurent avec des additions importantes, contient plusieurs chapitres intéressants d'orthopédie.

Nous signalerons en faisant la description des difformités et, dans notre bibliographie, les nombreux mémoires originaux et les monographies publiées récemment sur l'orthopédie.

Parmi les principaux auteurs qui, dans ces dernières années, ont fait accomplir de grands progrès à la chirurgie orthopédique, nous devons citer : W. Adams, H. -F. Backer, Balkwill, Barwell, A.-H. Bigg, Brodhurst, R. Dave, G. -T. Dent, R. Fischer, G. -H. Golding Bird, Harrison, J.-W. Havard, J. et E.-M. Little, Robert Jones, Lund, W. Macewen, Marsh, E. Owen, W. Parker, Pye, A.-H. Reeves, Mathias Roth, Bernard Roth, Noble Smith, H.-O. Thomas, W.-J. Walsham, G. -A. Wright, en Angleterre; E--H. Bradford, de Forest Willard, Y.-P. Gibney, G.-F. Stillman, A.-B. Judson, R. Lovett, T. Morton, A.-M. Phelps, J. Ridlon, L.-A. Sayre, R.-H. Sayre, N.-M. Shafîer, G. Scudder, A.-J. Steele, G.-F. Taylor, H.-L. ïaylor, R. Whitman, en Amérique ; Rauchfuss, en Russie; Beely, Bessel-Hagen, F. Busch, E. Fischer, Hoffa, Karewski, Kôlliker (Leipzig), E. Kormann, A. Landerer, (Leipzig), V. Lesser, Mosengeil, H. Nebel, Petersen (Kiel), Schede, A. Schreiber, H. Staffel, R. Yogt, J. Wolff, Yolkmann, en Allemagne ; A. Albert, Dollinger, A. Lorenz, en Autriche-Hongrie ; Albanèse, A. d'Ambrosio, A.-Paci, Albertini, Bonadei, A. Gaselli, Margary, M. Motta, Panzeri, Piantanida, Rota en Italie ; L. Burkhard, Dumont, H. Martin, G. Reymond, Schenk, W. Schul-

thess, en Suisse; 0. Bloch, Ipsen, Sigfrecl Lévy, Panum, en Danemark ; Berg, Murray, A. Wide, G. Zander, en Suède ; Casse, Charon, Deschamps, G. Gevaert, en Belgique; Tilanus, en Hollande; Bilhaut, Bouland, Dailly, Defontaine, de Saint-Germain, Kirmisson, Lannelongue, OUier, Phocas, T. Piéchaud, Pravaz, Y. Robin, Yerneuil, ïhorens, en France.

Aux États-Unis, le nombre des hôpitaux et dispensaires orthopédiques que nous avons visités dans un récent voyage est considérable. Nous citerons à New-York '•

New-York Hospital for Ruptured and Crippled (chirurgiens : Y.-P. Gibney, Royal Whitman).

Belleviie Hospital Médical Collège (Lewis-A. Sayre, J.Bryant; assistant : R.-H. Sayre).

S. Lucke's Hospital (W. Shaffer, T. Halsted Myers).

Nurserg and Child's Hospital {N .-V . Gibney).

New-York Hosjntal (A.-B. Judson).

New-York Orthojoœdic Hosjntal and Dispensary (N. Shaffer, A.-B. Judson, S. Ketch, T. Halsted Myers, T. -P. Gibney).

New-York Policlinic (W.-R. Townsend).

Vanderbilt Clinic (J. Ridlon).

A Boston :

Childrens Hospital (Rradford, Burrell, Brackett, R. Lovett).

Samaritan Hospital (dont le premier chirurgien fut Buckminster- Brown, aujourd'hui chirurgien consultant; chirurgiens actuels : Bradfort, R. Lovett).

Boston city Hospital (Bradfort, Burrell).

A Philadelphie :

Orthopœdic Hospital [i.-K.mUcheil, T. Morton, H.-E. Goodmann).

1\ existe d'importantes cliniques orthopédiques dans les Collèges ou Universités dont les professeurs sont : L.-A. Sayre, J. Bryant [Bellevue Hospital médical Collège), A. -M. Phelps {University of the city of New-York)^ à New-York; de Forest Willard {University of Pensylvania) ; T. Morton {Philadelphia policlinic and collège for graduater) ; Bernard Bartow et Roswell Park [Médical department of the University of Buffalo) ; J. Moore {University of Minnesota) ; G.-W. Ryan (Clinical lecturer in the Médical Collège of Ohio) ; A.-J. Steele [St-Louis Post-gradiiate School of médecine).

A V Académie de médecine de New-York^ il existe une section

HISTOIRE DE L'ORTHOPEDIE 15

d'orthopédie, "U American Orthopédie Association, fondée en 1887, compte actuellement près de quatre-vingt-cinq membres. Ses congrès très importants ont lieu tous les ans.

En Angleterre, il existe depuis longtemps des hôpitaux destinés au traitement des difformités. Nous citerons, à Londres : The National Orthopéedic Hosjntal, chirurgiens : W. Adams, F. Fisher, E. Muirrhead Little, G. -F. Roberts; The Royal Orthopsedic Hospital, chirurgiens : B.-E. Brodhurst, H. -A. Reeves,C. Read, W.-E. Balwill, H. -F. Backer ; City Orthopsedic Hospital, chirurgien : E.-J. Chance, ipui&ï Hospital for Sick Children^ chirurgiens : E. Owen, Lane; VEast London Hospital for Children, chirurgiens : R.-W. Parker ; V Evelina Hospital for Children^ le North Eastern Hospital or Children; le Victoria Hospital for Children; le Paddington rjreen Children s Hospital; VAlexandria Hospital for Hip Disease, chirurgien : E. Owen. Les hôpitaux St-George (chirurgiens : J. Warrington Havard, C.-F. Dent) ; St-Bartholomeio (chirurgiens : AV.-J. Walsham, H. Cripps) ; St-Mary ont un département spécial pour l'orthopédie.

Nous devons une mention spéciale à la Clinique particulière de B. Roth.

A Liverpool, Hugh Owen Thomas, R. Jones; à Glasgow, W. Macewen ; à Manchester, E. Lund, G.-A. Wright; à Dublin, Lambert, H. Ormsby ; à Edimbourg, Annandale, dirigent d'importants services de chirurgie d'enfants et d'orthopédie.

En Allemagne, nous avons visité les intéressantes cliniques de chirurgie orthopédique de Beely et J.Wolff à Berlin, de F. Hessing à Gôggingen, de Hoffa à Wurzbourg, de KôUiker à Leipzig, de Nebel à Francfort, de Roth à Stuttgard, de Staffel à Wiesbaden, de F. Tausch, à Monaco (Bavière).

J. Wolff vient d'être récemment nommé professeur de chirurgie orthopédique et dirige VUniversitâts Poliklinik fur orthopœdische Chirurgie.

En Autriche-Hongrie, nous devons signaler l'enseignement orthopédique du professeur A. Lorenz (Vienne), l'importante clinique de Dollinger (Buda-Pesth), les instituts orthopédiques de Weil à Wharing, près Vienne, de H.-W. Schwarz, à Prague.

En Italie, il existe des Instituts et Ecoles pour les rachitiques, dans lesquelles les affections orthopédiques sont traitées par d'habiles spécialistes.

En 1886, une chaire de chirurgie orthopédique a été créée à l'Université de Naples et est actuellement occupée par le professeur A. d'Ambrosio, chirurgien de TOspedale degli Incurabili.

Nous avons visité les intéressants Istituti dei Rachitici de Turin, fondé par Ricardi et Gamba (1871-1887), chirurgien : Oliva; de Milan, le plus important de tous, fondé en 1873, par le regretté G. Pini, et sous la direction chirurgicale actuelle de P. Panzeri ; de Gênes (1878), chirurgien : Azio Caselli ; de Crémone (1880), chirurgien : U. Bonadei ; de Bergame, chirurgien : Rota; de Vérone ; de Mantoue; de Padoue; de Venise.

A Gênes (chirurgien : M. Motta), à Milan (chirurgien : Panzeri), il existe d'importantes policliniques avec des sections de chirurgie orthopédique.

L'Ospedale infantile de San Filippo Apostolo fondé par la duchesse Galliera, avec un dispensaire, donne asile à de nombreux enfants atteints de difformités.

A Palerme, le regretté professeur Albanese a fondé un magnifique hôpital maritime, avec une section chirurgicale destinée au traitement des rachitiques.

A Florence, où existe un ancien Institut orthopédique fondé par Ferdinando et Angiolo Carbonai, Bruci, Landi, Paolo Cresci- Carbonai, Levi, Masina, Guidi, ont contribué à la création d'un hôpital pour les rachitiques de cette ville.

A Rome, le docteur Ceccarelli et Pio Blasi sont chargés du service chirurgical et orthopédique de l'Ospedale de Bambino Gèsu, dont le chirurgien en chef est F. Topai.

A Naples, il existe un important hôpital dispensaire, sous la direction chirurgicale du professeur Gallozzi, VOspedaFe Lina, fondé par la duchesse de Raveschieri.

Ces instituts et hôpitaux ont été construits et sont entretenus, grâce à des dons particuliers.

En Belgique, le docteur Charon dirige un service de chirurgie d'enfants et d'orthopédie à l'hôpital Saint- Jean. L'hospice d'Ixelies, près de Bruxelles, est destiné aux enfants malades, aux rachitiques et aux convalescents. L'hospice maritime de Middelkerke possède un important service de chirurgie d'enfants et d'orthopédie dirigé par le D"" Casse.

En Suisse, nous signalerons les Instituts orthopédiques de

HISTOIRE DE L'ORTHOPEDIE 17

Biirkhard à Bâle, de Martin et de L. Perret à Lausanne, de C.Reymond à Genève, de Lûning etdeW. Scliulthess à Zurich.

En Danemark, à Copenhague, nous avons récemment visité les intéressants services d'orthopédie d'O. Bloch et Plûm au Frederiks-Hospital ; d'Ipsen à la Policlinique, de Sigfred Levi et de Panum à la Société pour l'Assistance aux mutilés et estropiés.

En Suède, à Stockholm, il existe d'importantes cliniques de massage, de gymnastique manuelle et mécanique dans Flnstilut de gymnastique orthopédique, si habilement dirigé par A. Wide, dans l'Institut central de gymnastique (professeur Murray, etc.), qui dépendent de l'Université, et dans les deux gymnases de G. Zander. Dans un récent voyage, nous avons pu constater l'importance et la bonne organisation de ces Instituts.

En France, nous ne possédons que quelques établissements destinés aux traitements des difformités. A Paris, nous citerons : l'Hôpital des Enfants (chirurgiens : Lannelongue, Brun) ; l'Hôpital Trousseau (chirurgien : Kirmisson) ; l'Hôpital Bretonnea.u (chirurgien : Félizet) ; l'Hôpital Tenon (chirurgien : A. Broca) ; l'Hospice des Enfants Assistés (chirurgien : Jalaguier) ; le Dispensaire Furtado-Heine (chirurgien : Redard) ; le service de chirurgie orthopédique, à l'hôpital International, de Bilhaut ; à Lyon, les services de Robin, Vincent, Jaboulay, C. Nové-Josserand, l'Institut orthopédique de Pravaz ; à Bordeaux, les cliniques du professeur T. Piéchaud et de Gourdon ; à Berck-sur mer, les hôpitaux de Calot et de Ménard ; à Nancy, la clinique de Frœlich.

Une chaire de clinique de chirurgie infantile (professeur : Kirmisson) vient d'être récemment créée à Paris.

Un grand nombre de journaux et de recueils spéciaux, créés surtout dans ces dernières années, traitent de la chirurgie orthopédique. En Allemagne, le Jahrbiich fur Kinderheilkunde , Leipzig, dirigé par Wiederhofer, Politzer, etc.; les Archiv fur Kinderheilkunde, Stuttgart, dirigés par Baginski, Herz et Monti (de Vienne) ; le Zeitschi'ift fur orthopâdische chirurgie^ fondé et dirigé par A. Hoffa, récemment nommé professeur de chirurgie orthopédique à l'Université de Berlin, en remplacement du regretté J. V\^oIff.

En Amérique, les Archives of Pediatrics, dirigées par W. Perry, depuis 1884; Y American Journal of Obstetrics and Ffiseasea of

18 TRAITl^ DE CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE

ivoï7ienandchildren, les TransacfÂons of American Orthopédie Association.

En Angleterre, The Archives ofPediatrics (1884).

En Italie, les Archivio di Ortopedia, fondées par Margary et Panzeri, actuellement dirigées par A. Codivilla (de Bologne).

En France, la Revue mensuelle des maladies de T enfance^ dirigée par A. Broca et Guinon; les Annales de chirurgie et d' orthopédie de Bilhaut; la Revue d orthopédie de Kirmisson.

D'importants traités d'orthopédie ou de chirurgie infantile ont été enfin publiés dans ces dernières années.

Nous citerons les traités de Hofla, Bradford et Lovett, Young, Tubby, Clarke, Keetly, Lûning et Schulthess, Moore, Piéchaud, Wiiitman, Kirmisson.

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