C. ilccorcb de onzième et de treizième
D'après le principe de la formation des accords par la superposition de tierces au-dessus d'une note de basse, on peut arriver à construire des accords de onzième et de treizième, c'est à dire des agrégations de six et de sept sons. Chaque degré de la gamme pouvant servir de basse à cette combinaison, on pourrait donc former sept de ces accords dans chaque tonalité majeure et dans chaque tonalité mineure^ soit, par exemple: en ut maj: do, mi, sol^ si, re, fa, réj fa, to, do, mi, soL etc.
en ut min: do, mi^, sol, si, ré, fa.
ré, fa, la^, do, mi^, soL etc.
Gomme accords de six sons, et, comme accords de sept sons: en ut maj: do, mi, sol, si, ré, fa, la.
etc.
en ut min: do, mi^, sol, si, ré, fa, Ic^.
Mais, en réalité, ces combinaisons ne se présentent pas sous cette forme. Ainsi, dans les accords de six sons, la tierce est toujours omise et ils deviennent, alors, ce qu'on appelle «accords de onzième».
Dans les accords de seft sons, la tierce est également supprimée et, souvent, la quinte aussi. C'est lorsqu'ils sont présentés sous cette forme qu'on les nomme «accords de treizième d.
Une autre restriction très importante c'est que, dans la pratique, on n'emploie de ces sept accords (à la rigueur, possibles) que ceux qui ont le 1 •' ou le 5* degré pour basse.
Sont donc seuls employés, en ut maj, par exemple, les accords de onzième:
DOp sol, si, ré, fa, et: Sol, ré, fa, la, do. et les accords de treizième:
Do, {sol), si, ré, fa, la, et: Sol, {ré), fa, la, do, mi.
et en ut min. les accords de onzième:
I>Oy solj siy réj fa, et: Sol, ré, /a, îaj?, do. et les accords de treizième:
Do, (sol)j si, ré, fa, et: 8olf {ré), fa, la, do, mi>. Il convient d'ajouter que ces accords se rencontrent fort rarement à Tétat d^ accords réels, car les quelques exemples de leur emploi que nous pourrions citer seraient facilement expliqués comme des artifices harmoniques dans lesquels on pourrait trouver trace de préparation ^ comme par exemple:
Richard Wagner. La Walkyrie.
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Richard Wagner. La Walkyrie.
On peut, dans ces deux fragments, considérer les accords de onzième comme de simples septièmes de dominante avec double retard. (Voyez le chapitre suivant.)
Beaucoup de théoriciens se refusent donc à admettre les accords de neuvième (sur tous les degrés de la gamme) et, à plus forte raison, les accords de onzième et de treizième comme des accords indépendants. Ils s'appuient, pour justifier cette opinion, sur le fait que les renversements de ces accords sont impraticables. Du reste, les ouvrages des Maîtres ne renferment qu'un seul exemple qui se trouve dans le final de la symphonie avec chœurs de Beethoven et encore il convient d'ajouter que les commentateurs ne sont pas du même avis à l'égard de cet accord composé de fa, la, dojf, mi, sol, si^, ré, que beaucoup d'entre eux considèrent comme un effet discordant voulu avant les mots: »0 amis, plus de ces accords «, tandis que quelques autres ne voient, dans ce passage, qu'une erreur du compositeur.
Les exercices écrits, pour remploi de ces accords, se feront avec ceux qui concernent les retards. Pour le moment, il suffira à relève de chercher, au piano, les accords de onsième et de treizième dans diverses tonalités en leur donnant leur résolution régulière.