‹ Traité pratique de gynécologieChapitre 139 sur 242 · VI. — KYSTES DES GLANDES DE BARTHOLIN · texte numérisé non relu

VI. — KYSTES DES GLANDES DE BARTHOLIN

Historique.

. Ces kystes méritent de nous arrêter plus longtemps. C'est Huguier qui, le premier, en a donné une bonne description.

Avant lui, il est vrai, on avait signalé des faits se rapportant très vraisemblablement à ce genre d'affection ; mais la glande étant inconnue, on ne pouvait en faire le siège de la dilatation kystique. Citons : les cavités sculptées dans l'épaisseur du vagin et pleines de mucus, décrites dès 1564 par Eustache; les deux tumeurs contenant une substance analogue au blanc d'œuf, opérées par Th. Bonnet en 1670, et dont l'observation est rapportée par Potier; les nombreux cas signalés par Cruveilhier, Boyer, Regnoli, Boys de Loury, etc., et confondus avec les diverses variétés de kystes de la vulve ou du vagin, avec l'hydrocèle de la grande lèvre, ou faussement localisés dans le tissu cellulaire.

Les auteurs étrangers ont largement emprunté aux travaux d'Huguier sans y rien ajouter; les thèses d'Aubenas (Strasbourg, 1860), de Leroux (Paris, 1878),de Mouray (Paris, 1882),Alary (1892), puisent surtout à cette même source (1).

(1) Voir s. Bonnet : Kysles et abcès dus glandes vulvo-vaginales (Gaz. des Hôpitaux ■ 888, n' 69). '

Étiologie et pathogénie.

Les kystes de la glande vulvo-vaginale siègent dans son canal excréteur ou dans la glande elle-même, et sont décrits comme des kystes par rétention. Cependant, dans bon nombre d'observations, il est dit qu'une très légère pression suffit à faire sourdre par l'orifice le contenu du kyste, que le cathétérisme du conduit était possible, facile môme, et qu'on pouvait y pratiquer des injections.

Aussi pensons-nous que l'obstacle mécanique à l'excrétion ne peut expliquer la totalité des cas; que l'hypersécrétion inflammatoire joue souvent un rôle prédominant; que, dans d'autres cas, il peut s'agir d'un trouble primitif de sécrétion, relevant d'une véritable néoplasie.

Le défaut de propreté, une plaque d'eczéma, une végétation, une cicatrice {périnéorrhaphie, cas de Goodell) , diverses lésions muqueuses de la vulve, telles sont les causes occasionnelles des kystes par rétention. En fait de circonstances prédisposantes ; il faut tenir compte de l'obliquité du canal excréteur, de la disposition valvulaire de la muqueuse à son orifice, et peut-être, du tempérament lymphatique et de l'usage de la machine à coudre (Martineau). " Le kyste se limite, le plus souvent, au conduit excréteur. M. Dun- can dit n'avoir rencontré que cette variété et nie presque les kystes glandulaires proprement dits. Ils existent cependant, qu'ils résultent de la distension progressive et rétrograde des canalicules secondaires d'excrétion, n'étant ainsi qu'une extension du kyste t du conduit, ou qu'ils se forment primitivement dans les lobules : sécréteurs.

Anatomie pathologique.

Le contenu des kystes vulvo-vaginaux est assez variable d'aspect, i 11 estmuqueux, filant, onctueux, hmpide et incolore ; ou bien, coloré, hématique, variant du jaune vert au brun foncé et quelquefois de consistance plus épaisse ; on y a trouvé des cristaux dei> cholestérine. Nous avons déjà parlé (livre VI), des kystes sero-. purulents ou franchement purulents.

Les auteurs sont muets sur la structure hislologique de la paroi. Nous avons trouvé dans un cas se rapportant, comme siège, a nw kyste du canal excréteur, la succession des couches ^"'^^«'^t^^' ^« dedans en dehors : 1" une couche incomplète de cellules en degé-^ nérescence colloïde; 2° une paroi propre fibro-elastique; 3 une»

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