A.SEPS[E
le chloroforme après avoir été démontées et flambées avec ménagement : pour cela, on plonge les pièces dans l'alcool, on les en retire vivement et on les allume ; cette manœuvre doit être répétée trois ou quatre fois.
6° Sondes et bougies en gomme. — Les sondes et bougies en gomme sont ramollies par la chaleur humide et altérées par les antiseptiques liquides. Guyon les soumet, durant trois heures, dans un appareil spécial, au contact de l'acide sulfureux. Mais il est plus simple de les stériliser dans la glycérine, ou encore, si elles sont formées d'huile de lin sur trame de soie, de les maintenir, durant une demi-heure, à 140o, dans l'étuve sèche, après les avoir renfermées dans des éprouveltes stérilisées et bouchées à l'ouate (Poncet). A défaut de ces moyens, on les lavera intus et extra à l'alcool à 70°, puis au sublimé à 1 p. 1000 (Le Dentu), et on les conservera dans des éprouvettes stérilisées.
7° Tubes en caoïitchouc. — Les tubes en caoutchouc (drains, sondes, tubes pour le lavage abdominal, pour l'évacuation des liquides kystiques, pour les ligatures élastiques, etc.), doivent d'abord être débarrassés de l'excédent du soufre de la vulcanisation par une macération de trois heures dans une lessive de soude à 1 p. 10, à la température de 60", ou par un lavage au permanganate de potasse, suivi d'un lavage au bisulfite de soude pour décolorer ; puis on les brosse intus et extra; enfin, on les fait bouillir durant une demiheure dans la solution phéniquée forte, de préférence à la solution de sublimé qui les ramollit trop; ou mieux encore, on les soumet au bain de glycérine ou à la vapeur humide sous pression, à 120°, pendant vingt minutes, après les avoir immergés dans une solution de sublimé à 1 ou 2 p. 1000. On les conserve dans une solution identique et on a soin de les faire bouillir immédiatement avant de s'en servir.
8° Table opératoire. — Les tables ■ opératoires en métal nickelé s'aseptisent facilement par un lavage avec la solution de sublimé à 2 p. 1000. Cependant, on peut obtenir un résultat suffisant sur une table en bois, en donnant la préférence au bois de hêtre ([ui est peu perméable aux liquides et susceptible d'un beau poli.
9° Objets de pansement. — Les pièces de pansement, ouate, gaze, bandes, sont asepsiées par la vapeur humide sous pression, puis séchées. Les appareils de Lautenschliigcr, Sorel, etc., réunissent ces deux conditions. On peut encore recourir à l'ébullilion quand elle est possible.
lO-* Tentes intra-utérines. ~ De toutes les substances utilisables pour obtenir la dilatation progressive de l'utérus (éponge corn-
MODES D'APPLICATION. ^^3
primée (Simpson 1844), laminaire (Sloan 1862), racine de gentiane (Winckel 1867), tupelo (Sussdorf 1877), racine de guimauve, écorce d'orme rugueux, ivoire décalcifié, etc.), la laminaire et l'éponge sont les plus employées.
Laminaires. Les racines de laminaire (laminaria digitata, de la
classe des algues fucacées), qui doublent de volume par la dilatation, se trouvent chez les fabricants sous forme de bâtonnets cylindri-
Fig. 148. — A gauclie de la figure, trois laminaires du commerce, l'une sêclie et deux autres dilatées (celle du milieu porte l'empreinte de l'orifice interne du col) ; à droite de la figure, deux laminaires brûles, l'une non dilatée et l'autre dilatée.
ques, de calibre progressif, tournés ou polis soigneusement à leur surface, pleins ou perforés dans leur longueur (Greenhalg), arrondis à une extrémité etmunis, à l'autre, d'un fil destiné à en faciliter l'extraction.
En raison de la régularité de leur surface, ces tiges pénètrent facilement dans l'utérus, mais tendent aussitôt à en sortir. De plus, comme leur longueur ne varie guère qu'entre 5 et 8 centimètres, il peut se faire que la tige employée soit trop longue ou, au contraire, trop courte : dans le premier cas, elle viendra buter sur la cloison recto-vaginale ou sur le fond de l'utérus et déterminera
Bonnet kt Petit. — Gynécologie. 33
ASEPSIE.
une ulcération ou môme une perforation. Dans le second cas, elle pourra s'enclaver au-dessus de l'orifice interne, pendant sa turgescence, surtout chez les nullipares, au point d'être très difficile à dégager.
Enfin ces tiges, parfaitement lisses et cylindriques à l'état sec, se hérissent, en gonflant, d'aspérités parfois très saillantes qui accrochent la muqueuse ou le relief de l'orifice interne et rendent les manœuvres d'extraction très douloureuses.
Nous préférons de beaucoup les tiges brutes du commerce elles présentent, à l'état sec, des cannelures longitudinales qui ne sont en rien défavorables à leur introduction et favorisent leur maintien ; de plus, elles se dilatent en cylindres parfaitement lisses et réguliers (fig. 148).
Nous conseillons la préparation suivante (1) : On choisit les tiges les plus dures et les plus lisses. Après les avoir lavées et brossées, on les segmente en fragments de 6 à 10 centimètres et on les plonge dans une solution chaude de sublimé à 1 p. 1000.
Quand elles ont acquis leur maximum de turgescence (au bout de douze à vingt-quatre heures), on racle la surface de celles qui présentent quelques inégalités (il y en a très peu dans ce cas). Puis, lavage à l'eau bouillie, nouvelle immersion dans l'eau naphtolée, durant vingt-quatre heures, pour éliminer le sublimé, sous peine d'exposer les malades à des ulcérations caractéristiques du col ou du vagin et à de légers accidents de résorption. Ces accidents sont probablement dus à la concentration du sublimé par le fait de la dessiccation.
[1 ne reste plus qu'à retirer les tiges du bain naphtolé, à en arrondir les extrémités avec un bistouri et à les faire sécher incomplètement dans une étuve modéi-ément chauffée ou un simple four de cuisine. Quand elles sont encore malléables, bien qu'à petf près totalement rétractées, on les plonge dans de l'éther naphtolé à 1 p. 100 ou iodoformé à 5 p. 100, où elles finissent de se rétracter tout en conservant leur souplesse. On les conserve dans ce même liquide.
Ainsi préparées, ces tentes ne flattent pas l'œil comme les tiges lisses et ne se dilatent peut-être pas aussi vite; mais elles se maintiennent bien en place, se dilatent en un cylindre très régulier, assurent, sans perforation centrale, l'écoulement des liquides, sont aussi faciles à introduire qu'à extraire et peuvent être taillées de la longueur voulue. Il est facile d'augmenter, au besoin, leur sou-
(1) s Bonnet, Bulletins cl Mémoires de la Soc. obstètr. et gynéc, Janv. 1892.
MODES D'APPLICATION
plesse, en les plongeant, durant quelques secondes, dans une solution antiseptique chaude.
Éponges a i.a ficellk. — Les tentes-éponges du commerce se présentent sous forme de petits cônes de divers calibres, taillés sur des éponges comprimées qui doivent leur poli, soit à l'action du papier de verre, soit à un enduit de cire ou de gomme arabique. Elles sont généralement traversées à leur base par un cordonnet. Ces tentes ne peuvent guère dilater que la cavité cervicale ; d'autre part, comme elles comprennent parfois plusieurs morceaux d'éponges, il est arrivé que l'un de ces morceaux se détachât de la masse principale au moment de l'extraction et déterminât, dans la suite, par son séjour prolongé, des accidents plus ou moins graves d'infection.
Les éponges cylindriques, comprimées à la ficelle et préparées par le chirurgien ou sous sa surveillance, nous paraissent préférables à tous les points de vue. Voici notre mode de préparation :
Il est une variété de grosses éponges, à larges mailles et à tissu très résistant, formées d'une base grossière dont émergent de longues branches coniques atteignant 20 centimètres de longueur et plus : ces éponges, peu appréciées dans le commerce, portent le nom de tétines, en raison de leur grossière ressemblance avec des mamelles de vache. Chacun des mamelons isolé, épointé et régularisé aux ciseaux, peut fournir, par morcellement, deux ou trois tentes qui, réduites par compression, ne dépasseront guère les dimensions de laminaires de moyen calibre. Pour les tentes plus grosses, on peut se servir des éponges dites indiennes, de tissu également résistant et de valeur commerciale inférieure.
Une fois qu'elles sont blanchies par le commei^çant à l'aide du permanganate de potasse et du sulfite de soude, on débarrasse ces éponges de leur calcaire, on les régularise aux ciseaux et on les soumet aux mêmes manipulations que les laminaires : immersion de vingt-quatre heures au moins dans la liqueur de Van Swieten, lavage à l'eau bouillie, immersion de vingt-quatre heures dans l'eau naphtolée. 11 n'y a plus qu'à les exprimer et à les comprimer avec une ficelle de fouet stérilisée.
Pour cela, on fixe la ficelle à un clou, on la tend fortement et on enroule l'éponge sur elle. Tous les tours de spire doivent être en contact. On obtient ainsi des tiges droites, rigides, parfaitement cylindriques et déjà suffisamment asepsiées.
Quand on veut s'en servir, on en détache un fragment de la longueur voulue, après avoir déroulé la ficelle ; on taille ce fragment
n pointe, à son extrémité ; on le plonge dans l'élher iodoformé
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el on attend, avant de s'en servir, que l'évaporation de l'étlier soil complète, ce qui ne demande que quelques minutes.