IV. Malade
1° Peau. — La veille de l'opération, on fera prendre à la malade un grand bain savonneux d'une demi-heure et l'on commencera l'asepsie de la région opératoire : on la lavera à la brosse et au savon, on la rasera et on la recouvrira de compresses trempées, non dans le sublimé, qui provoque parfois de l'érythème, mais dans la solution phéniquée faible.
Immédiatement avant l'opération , changer les draps de la malade et
linge
de corps, entourer ses
son
membres inférieurs d'un bandage ouaté aseptique et compléter l'asepsie de la région opératoire : après savonnage et brossage (fouiller avec soin la dépression ombilicale), passer le rasoir, même sur les parties glabres, enlever le savon avec un courant d'eau, et frotter la région avec un linge rude stérilisé, tandis qu'on l'arrose successivement d'éther, d'alcool et de sublimé à 1 p. 1000. On l'entoure ensuite de plusieurs compresses stérilisées, ou bien on l'enveloppe d'une seule compresse de grandes dimensions que l'on fend largement suivant la future section de la peau.
2" Vulve. — La vulve doit être savonnée, brossée, rasée, lavée à l'éther, puis au sublimé.
3» Vagin. — Durant les quatre ou cinq jours qui précèdent toute opération gynécologique, on doit pratiquer malin et soir un lavage du vagin avec le sublimé à 1 p. 3000 suivi de tamponnement iodoformé. Le lavage, pour être efficace, doit être accompagné de frictions faites jusqu'au fond du cul-de-sac avec l'index et le médius de l'une, puis de l'autre main. Il est bon, en outre, de procéder sous le chloroforme, immédiatement avant l'opération, au brossage et au savonnage de la cavité vaginale, avant de faire le
Fig. 149. — Valve irrigalrice de Frilsl).
Fig. loO. — Pinco irrigalrico de l'aul Polit.
lavage antiseptique. Ce savonnage pourra être fait, dès la veille, avec des tampons montés sur pinces.
4» Utérus. — Avant de pratiquer le cathétérisme, il est indispensable, si le corps utérin n'est pas manifestement contaminé, d'asepsier autant que possible la cavité cervicale par un badigeonnage fortement antiseptique, après abstersion des mucosités.
Il est toujours bon d'asepsier la cavité utérine avant l'hystérectomie abdominale. Terrillon et Chaput conseillent l'injection intrautérine de quelques grammes de teinture d'iode portée aussi haut que possible avec une sonde en gomme.
S'agit-il d'hystérectomie vaginale, le plus simple parait être de pratiquer un curettage préliminaire suivi de badigeonnage au chlorure de zinc à 1 p. 10 (Segond). Enfin, en cas de cancer végétant du col, on ne manquera pas, avant d'entreprendre l'ablation totale, de détruire par la curette et le feu les portions ramollies du néoplasme, sources ordinaires de l'infection péritonéalo.
5» Asepsie interne. — Purger la malade l'avantveille et lui donner un lavement la veille, dès l'a-
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près-midi, pour être sûr qu'il soit rendu avant l'opération. Administrer le naphtol ou ses similaires quelques jours auparavant, au cas de laparotomie, de périnéorrhaphie, de fistule recto- vaginale ; le salol, à la dose de 2 à 3 grammes, s'il s'agit d'une fistule vésicovaginale.
Asepsie au cours de ropération. — Au cours de l'opération, on maintiendra le champ opératoire aseptique, en ayant recours, suivant la région et la nature de l'opération, soit au tamponnement, soit à l'irrigation intermittente ou continue avec de l'eau bouillie ou des liquides faiblement antiseptiques (eau salée à 7 p. 1000, naphtolée à saturation, etc.).
Pour l'irrigation continue du col utérin, du vagin, du périnée, on remplacera avec avantage la canule droite, qui immobilise la main d'un aide, par des appareils qui se maintiennent seuls en place sur le pénil, tels que la valve de Fritsh (fig. 149), la valve de Pichevin, notre tube irrigateur en étain, transformable à volonté (fig. 244) ; mais nous donnons actuellement la préférence à une pince irrigatrice qui, tout en assurant l'abaissement ou la tension des tissus, permet de porter le courant liquide au point même où il est nécessaire (l)(fig. 150),